ISBN : 2246772818
Éditeur : Grasset (2012)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
"A treize ans, je perds toute ma famille en quelques semaines.
Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 30 avril 2012

    brigittelascombe
    "Je ne cherche pas la vérité mais la parole" affirme le cinéaste cambodgien Rithy Panh dans L'élimination: récit autobiographique (rédigé avec l'aide de l'écrivain Christophe Bataille) sur son vécu à l'âge de treize ans lors de la prise de pouvoir de Phnom Penh en 1975 par les Khmers Rouges, sur les 4 ans de dictature imposée par Pol Pot et les Révolutionnaires (qui "fit 1,7 millions de morts") et sur ses rencontres (lors de son proces) avec Duch "le chef de la police du régime" qui fut "responsable du centre de torture et d'exécution S 21".
    Bien que très dur à lire, j'ai préféré ce témoignage plus réaliste que celui de Tian (dans sa BD L'année du lièvre Tomme 1de Au revoir Phnom Penh pourtant percutante) qui n'était qu'un nourrisson au moment des faits et trouve un récit autobiographique plus crédible que par exemple un roman d'anticipation comme Les années fastes de Chan Koonchung cinéaste et écrivain (paru dernièrement dénonçant les dérives chinoises).
    "A S21, nul n'échappe à la torture, nul n'échappe à la mort".
    "Sans peur et sans haine" Rithy Panh essaye de comprendre la cruauté et la folie des bourreaux.
    Il dresse un portrait psychologique presqu' humain (car complètement inconscient de l'horreur de ses actes) de l'antipathique Duch: rigide, arrogant, rusé, menteur, décontracté, manipulateur, qui avoue s'être pissé dessus (comme un petit garçon) alors qu'il avait une envie pressante face à son supérieur intransigeant. Il essaye de comprendre le mal, inéluctable, mais le dénonce et se délivre par la même occasion de ses propres ressentiments.
    Il ne pardonne pas mais analyse chaque "détail" pour que le génocide ne devienne pas un "détail" dans l'Histoire de son peuple.
    Il relate sans tomber dans le pathos la famine des Cambodgiens,les droits de l'homme bafoués, la "chasse aux traîtres et aux ennemis", le passage de l'inquiétude à la terreur, le déplacement de la population,sa famille bourgeoise de neuf enfants (dont le père intellectuel était "chef de cabinet" ministériel) envoyée en camp de rééducation, "l'extermination de la classe bourgeoise" devenue "nouveau peuple", la faim,la soif, la survie...
    "Je crois en l'image" car malgré la dictature on peut filmer une image juste, confie-t-il. Il en a tiré un film contre ce S 21, ce centre de torture abject et immonde à dénoncer, il publie ce témoignage pour dire plus jamais ça!
    "Je voudrais que ce livre nous rende la noblesse et la dignité" dit-il.
    On ne peut qu'admirer le courage de ceux qui traités d'une façon plus vile que du bétail, n'avaient plus rien, étaient considérés comme rien, étaient interdits de penser et ont su pourtant survivre et conserver leur identité tout au fond d'eux.
    Bravo. L'élimination, faite par les Khmers rouges, qui dit que "l'homme n'a droit a rien" doit être dénoncée car l'homme a des droits à préserver pour conserver son statut d'homme et sa liberté!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par bookaure, le 10 avril 2012

    bookaure
    C'est par curiosité pour ce sombre épisode de l'histoire cambodgienne, dont on n'a pas assez parlé, que je me suis décidée à lire L'élimination de Rithy Panh.
    Dans ce livre remarquable, l'auteur met en parallèle son histoire, comment il a vécu le régime de Pol Pot, et les interviews qu'il a mené auprès de Duch, un des principaux responsables du génocide perpétré par les Khmers rouge.
    Au delà des images horribles des victimes du régime qui défilent sous nos yeux, ce récit nous apporte également un éclaircissement important sur le processus qu'a mis en œuvre les dirigeants pour l'installer: élimination progressive des classes d'intellectuels, famine, installation de l'idéologie khmer, endoctrinement des futurs bourreaux, déshumanisation...
    Tout ce contenu est d'autant plus percutant que M.Panh nous le livre avec un ton dépouillé de tout artifice, qui dit la vérité telle qu'elle a été. Il ne cherche à aucun moment à susciter la pitié et la colère. Il ne fait que témoigner et relater simplement ses entretiens avec Duch.
    En résumé, ce livre constitue un témoignage bouleversant de ce qu'a été la terreur khmer rouge au Cambodge.
    Pour ma part, il a également provoqué une certaine inquiétude: le processus suivi par les dirigeants khmers rouges pour installer leur régime n'est pas nouveau. Dans l'histoire, d'autres régimes de ce type, notamment le régime nazi, on suivit les mêmes étapes. Or, à chaque fois que cela se produit, peu importe la région du monde, les gouvernements se contentent de fermer les yeux, comme si l'histoire devait finalement ne rien nous apprendre. Et c'est cela qui est affolant.
    Reste à espérer que de tels témoignages et l'œuvre de personnes telles que M.Rithy Panh, permettront de faire que tout cela n'arrive plus jamais.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 11 avril 2012

    ignatus-reilly
    Rithy Panh est aujourd'hui un cinéaste reconnu aujourd'hui..
    Dans ce livre, il nous raconte ce qu'il a vécu au Cambodge durant la révolution Khmère rouge. Il avait treize ans au début de cette prise de pouvoir.
    Il nous raconte aussi, trente ans après la fin de cette période, sa confrontation avec Duch, responsable du camp d'extermination S21, lors du procès de ce dernier.
    C'est un livre fort et terrible., sans pathos, par un homme qui cherche à comprendre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par rafoute, le 03 mars 2012

    rafoute
    Un témoignage édifiant sur le génocide des cambodgiens sous le régime des khmers rouges.... Un vrai choc.
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    • Livres 4.00/5
    Par caroline9691, le 25 mars 2012

    caroline9691
    Un livre fort sur le génocide cambodgien... Un écriture percutante pour décrire une période de barbarie....
    Magnifique...
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

Critiques presse (5)


  • NonFiction , le 12 mars 2012
    Avec L’élimination, […] Rithy Panh fait un pas de plus sur le chemin de la connaissance. Il s’impose surtout comme conscience universelle.
    Lire la critique sur le site : NonFiction
  • Telerama , le 01 février 2012
    L'Elimination trouve immédiatement place parmi les ouvrages essentiels qui témoignent des immenses tragédies du XXe siècle. Aux côtés notamment de Si c'est un homme, de Primo Levi, de L'Espèce humaine, de Robert Antelme, ou de La Nuit, d'Elie Wiesel.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Bibliobs , le 16 janvier 2012
    Entre mille autres choses, «l'Elimination» dit comment et pourquoi les mots peuvent tuer, comment et pourquoi ils peuvent apaiser. Cheminement personnel trop intime et complexe pour être un film, mais lumineux dans ce livre qui éclabousse la nuit où tant d'êtres ont été emportés.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LeMonde , le 13 janvier 2012
    L'abîme, l'absence, le souvenir, il l'écrit. Une anxiété transpire entre les lignes, sans doute celle du sens de ses questions à venir, d'une narration sans fin.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 12 janvier 2012
    Cinéaste, Rithy Panh filme Douch. Mais l'écriture lui permet d'aller plus loin. Il interroge, explique sa démarche, nie la possibilité de s'enticher du "silence du bourreau" comme le fit pourtant François Bizot dans son récit de captivité. Il y a là des scènes insoutenables. Mais vraies. L'Elimination est un très grand livre. Un témoignage capital.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par bookaure, le 01 avril 2012

    Sans riz, sans eau, sans force, comment résister ? Sans amis, sans frères et soeurs de combat, comment fuir? Comment rester un homme? Il fallait survivre. C'était notre premier devoir. Notre premier combat. Se révolter, c'était d'abord vivre. Ou plutôt: rester vivant.
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  • Par bookaure, le 29 mars 2012

    Aujourd'hui encore, mon père est pour moi une boussole: un résistant à sa manière. Parler français dans un village khmer rouge, alors que les grands crimes ont commencé, alors qu'on est soi-même fils de paysan illettré, c'est un acte politique qui signifie: ce langage est à moi. Je l'ai acquis pour être un homme, et pour le transmettre. Alors faites la révolution. Répétez vos slogans à l'infini. Mais cette conscience et ce savoir, vous ne pourrez pas me les retirer. Si vous voulez mon silence, il faudra me tuer.
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  • Par bookaure, le 29 mars 2012

    Les Khmers rouges nous observent sans cesse. Ils remarquent mes doigts fins. L'un d'eux ma lance: "Tu as des doigts de bourgeois. Tu n'as jamais tenu la houe!" Je suis un nouveau peuple, j'ai un corps de nouveau peuple: un nouveau corps - à forger, donc. Mais les travaux, les blessures, le cal, ne changent rien. Je garde ces doigts trop fins. Alors je m'éloigne des premiers rangs. J'apprends à cacher mes mains; à serrer les poings; à me fondre; à disparaitre.
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  • Par Nyko_bzh, le 28 février 2012

    Je marchais encore difficilement. Je n'ai pas pu m'approcher. Je n'ai pas pu parler à ma mère, lui souhaiter bon courage. Je n'ai pas pu la remercier de ce qu'elle avait fait pour moi : pour mon pied, pour tout, pour la vie. Elle m'a salué de loin, les bras autour de ses deux porteurs, et elle m'a lancé ces phrases qui auraient été ironiques dans tout autre circonstance : "Il faut marcher dans la vie, Rithy. Quoiqu'il arrive, tu dois marcher."
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  • Par bookaure, le 29 mars 2012

    Être un héros me semble facile: sauter sur une mine; mourir pour sa cause; c'est un état de guerre. Mais être un homme; chercher la liberté et la justice; ne jamais abdiquer sa conscience: c'est un combat.
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Videos de Rithy Panh

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Vidéo de Rithy Panh

Une leçon de cinéma avec Rithy Panh - TRANSFUGE - .
Le magazine TRANSFUGE et le cinéma La Pagode proposent une leçon de cinéma avec Rithy Panh, à l'occasion de la projection, en avant-première, de son dernier film: Duch, le Maître des Forges de l'Enfer.Une rencontre animée par Florence Colombani.








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