Je vais sauter le résumé. Je pense que pas mal de personnes ont déjà fait preuve d'un meilleur talent que moi pour résumer ce roman en quelques lignes.
Je vais donc passer directement à la critique.
J'ai lu ce livre dès sa sortie il me semble, et si mes souvenirs sont bons, je devais être âgée d'une quinzaine d'années. Je lisais déjà pas mal de romans à cette époque et la fantaisie était mon domaine de prédilection donc forcément, lorsque j'ai lu des critiques contant que
Eragon était " L'héritage de J.R.R
Tolkien pour adolescents" j'étais plus qu'enthousiaste. Mais le prologue passé, j'ai été de plus en plus déçue par la suite des chapitres.
Je m'explique. L'histoire, l'intrigue, le contexte, sont de bonnes idées dans le fond. le charme du roman réside notamment dans ce monde de dragons et dragonniers, un domaine qui est très peu traité comme a su le faire Paolini. Il n'y a pas la subordination de ces créatures magiques face aux hommes qu'on retrouve habituellement, mais réellement un lien d'égalité qui n'écrase aucune des deux races. Une vraie idée d'équipe. Et c'est un sujet qu'il est bon de lire surtout si comme moi, on aime les êtres magiques aussi ancestraux que les dragons. Cependant, comme j'ai pu le lire dans quelques précédentes critiques, il y a un manque d'approfondissement sur la personnalité des personnages de l'histoire.
Eragon est banal. Il est l'archétype du jeune adolescent qui se laisse tout simplement emporté par le vent. Il hésite trois secondes, puis finalement choisit le chemin le plus simple. Brom, lui aussi tombe dans le classique : il est vieux, froid, distant, mais avec son vécu et toutes ses histoires il aurait tant à raconter, mais malheureusement : non ! Il se cantonne à son simple rôle d'éducateur. C'est bien dommage... Et Saphira ! Je veux bien qu'elle vienne de naitre et donc, est très jeune, mais bon sang, lorsqu'elle se vante d'avoir des pouvoirs magiques et d'avoir hérité des souvenirs des anciens dragons et d'une belle sagesse, on s'attend à ce qu'elle se comporte comme un être qui en est digne et dans la même lignée. Mais non, Paolini lui offre tous ces atouts et la fait agir souvent comme une enfant à tendance capricieuse. Et à long terme, c'est lourd. Très lourd.
Je ne vais pas étaler tous les personnages ( Durza, Arya en autres) parce qu'il y aurait beaucoup à dire, je voulais juste signaler que si le caractère et la profondeur des personnages vous intéressent, je ne pense pas que vous trouverez ce genre d'option dans
Eragon.
L'autre point négatif que je note : L'écriture.
Elle est rentre dans le domaine de la simplicité. Je tiens à préciser que bien que ce ne soit pas ma tasse de thé, je sais apprécier de bonnes tournures de phrase dans ce style. Néanmoins, ici, dans ce roman, ça ne colle pas. Lorsqu'on écrit du fantastique, je trouve qu'il n'est pas bon ton de rentrer dans ce genre d'écriture : l'action ne le permet pas et le mouvement du récit ne se fait pas ressentir. Donc souvent, j'ai eu des passages à vide lors de nombreux chapitres tout en me disant "bon, il finit quand ce passage ?" ou bien "Si je saute ce passage, est-ce que je risque de perdre le fil?". Ca a tendance à vraiment détruire le rythme de la lecture et c'est réellement dommage.. Sans compter des mots dans certaines phrases qui étaient bien trop élevées par rapport à sa structure.
Non, honnêtement, autant l'histoire et l'idée du roman sont pas mal du tout, autant le style laisse à désirer. Et qu'on ne défende pas Paolini en soulignant son âge. Ceci n'est pas une excuse !
M'enfin, je n'irai pas jusqu'à ne pas le conseiller, mais plus à dire que si vous cherchez un best-seller, vous ne le trouverez dans ce roman. Malheureusement.