Deuxième tome, une chance pour
Christopher Paolini de monter la barre un peu plus haut après un premier plutôt moyen...
En ce qui me concerne, mon avis dépendra surtout des différents points de vue, car attention ! Paolini multiplie cette fois les points de vue, ce qui constitue pour moi un vrai plus, comparé au premier où tout n'était vu que par
Eragon, ce qui rendait la lecture un peu énervante du fait que je n'aimais pas ce personnage.
Et c'est toujours le cas dans ce tome 2 :
Eragon ne change pas ! Toujours aussi capricieux, arrogant, vaniteux... et il le devient encore plus après sa transformation à la cérémonie du Serment du Sang ! Et quant à son épopée, on ne peut pas dire qu'elle soit aussi passionnante que dans le premier livre ! Tout n'est que philosophie discutable et leçons agrémentée de caprices de la part de notre "héros"... Autant dire que je n'ai pas trop apprécié. Heureusement, Saphira est là pour rattraper un peu les bavures. Et, chose qui m'a réellement horripilé au début, c'est de voir ce petit
Eragon se la péter en fin politicien alors qu'il sait à peine lire et sort tout juste de sa petite ferme, où il n'avait cure des problèmes du royaume ! Franchement, Paolini aurait pu jouer plus finement...
Le deuxième point de vue principal : Roran. Lui vit des aventures passionnantes et haletantes (surtout les scènes de bataille dans le village, que j'ai vraiment adorées !), lui se bat pour quelque chose d'autre que la survie du monde entier (ce qui rend son aventure bien plus réaliste et compréhensible pour nous, pauvres humains). Les seuls hics (car il y en a, malheureusement) : l'évolution du personnage, qui ressemble par trop à celle d'
Eragon. Roran devient lui aussi de plus en plus orgueilleux et vaniteux (il accepte sans broncher son surnom de Puissant Marteau, s'autoproclame chef du village sans demander l'avis de qui que ce soit...) ; on a de plus de gros problèmes de crédibilité dans ces aventures : 300 personnes qui se baladent à travers le pays ne peuvent pas passer inaperçues comme ça, encore moins aux abords d'une si grande cité telle que Teirm ! Et ce n'était qu'un exemple ! Je veux dire par là que des tribulations en Fantasy peuvent être vécues avec de la chance, mais ça ne peut pas le faire à tous les coups. Trop de chance tue la crédibilité...
Enfin, venons-en à Nasuada. Si j'ai apprécié ses propres épreuves (bien plus politiques qu'épiques, ce qui n'est pas plus mal), je n'ai encore une fois pas du tout aimé la manière dont elle évolue : où est donc passée cette jeune fille fraîche, rieuse, enjouée et courageuse qu'elle était dans le tome 1 ? Certes, le fait de perdre son père et de se retrouver chef des Vardens a de quoi endurcir, mais cet endurcissement est trop rapide et trop marqué. Il aurait mieux valu, sans tomber dans la longueur, marquer une évolution plus lente et surtout moins ressemblante à celle d'
Eragon et de Roran.
Je crois que c'est cela, le problème de
Christopher Paolini : il ne sait pas donner une personnalité propre à ses personnages. Au lieu de chercher à les développer chacun à sa manière, il ne fait que les rendre inexpressifs, sauf en matière de rengorgement, où chacun bat tous les records (les elfes... Mon Dieu, que les elfes peuvent m'agacer !).
Bon, pour terminer sur une note positive, je trouve néanmoins admirables les efforts de Paolini pour améliorer son style d'écriture, pour créer une histoire et une langue à chaque peuple (j'apprécie beaucoup la mythologie qu'il a créée pour les nains), même si j'aurais aimé en savoir plus sur la culture des Urgals.
Voilà, voilà... On a une œuvre tout aussi moyenne que le premier tome, mais qui reste quand même un poil meilleure que ce dernier du fait de la multiplicité des points de vue et l'amélioration du style d'écriture.