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> Soula Aghion (Traducteur)

ISBN : 2867463408
Éditeur : Liana Lévi (2003)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En toile de fond, les années 20 et la montée du fascisme. Au premier plan, les vies croisées des Balmarin, Tolotta Pelz et Bialevski, vieilles familles vénitiennes qui habitent le même palais sur les Zattere. Au centre de ce microcosme, la jeune Giovanna Balmarin, lumin... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 5.00/5
    Par isabellelemest, le 02 février 2013

    isabellelemest
    Dans ce roman situé à Venise à la fin des années 1920, très exactement dans le quartier de Dorsoduro - qui donne son nom au livre en italien - Pasinetti fait œuvre de mémorialiste, à travers le regard aigu d'un enfant "précoce compliqué", le narrateur Giorgio, mais surtout pour fixer par la magie de la littérature, d'une façon quasi proustienne, toute une galerie de personnages des familles bourgeoises et patriciennes de Venise, tout un "entre-soi" représenté essentiellement par les habitants du palazzo Bialevski, un Vénitien d'adoption, parmi lesquels la famille d'Alvise Balmarin, le dentiste cultivé aux idées larges, et celle de Silvio Tolotta Pelz, son ami d'enfance plus attiré par l'idéologie dominante, mais aussi plus largement tout un ensemble de familles "benestanti", où les rapports entre adultes et adolescents, entre amis et parents, ne sont jamais dramatiques, mais marqués d'une complicité et d'une compréhension nées de la proximité géographique, historique et sociale.
    Le roman tourne autour de la figure lumineuse de l'adolescente Giovanna, de ses treize à ses seize ans, et de tous les jeunes, garçons et filles, qui vont se faire à la vie adulte, partageant celle de leurs parents, subissant rarement leurs foudres - comme Annibale, ce gamin malicieux, gai et doué d'un véritable talent "d'histrion", victime des gifles de son père -, se fréquentant très librement, découvrant les plaisirs de l'amour physique, faisant leurs apprentissages, sur fond de fascisme mussolinien.
    Car Mussolini a pris un pouvoir de plus en plus autoritaire, et ceux que l'idéologie du régime attire, sont dépeints avec une légère commisération comme les plus médiocres, rustres, opportunistes ou ratés, qui trouvent dans l'idéologie fasciste un remède au peu d'estime qu'ils ont d'eux-mêmes. Mais libéraux ou fascisants, tous restent d'abord Vénitiens, et continuent à coexister de façon à la fois mondaine et simple, comme de vieilles connaissances. Même les déprédations, agressions ou autres vandalismes sont ramenées à leur juste proportion : dérisoire.
    Un beau roman, qui fixe pour l'éternité quelques années d'adolescence dans une ville et un milieu pleins de charme. On reste amoureux pour longtemps de Giovanna et de tous les personnages attachants qui gravitent autour d'elle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 18 mars 2013

    Charybde2
    En 1925, un enfant vit le fascisme s'installant à Venise. Subtile et passionnante découverte littéraire.
    Décédé en 2006, deux fois finaliste du prestigieux prix Campiello (en 1968 et en 1983), Pier Maria Pasinetti publie son roman "Dorsoduro" en 1983.
    La lecture de ce roman pourtant relativement court (350 pages) permet de comprendre pourquoi Pasinetti fut souvent surnommé le "Proust vénitien". Par dizaines de touches subtiles, l'auteur nous fait suivre le fourmillement d'observations et de sentiments d'un narrateur écrivant en 1980 les souvenirs de quelques mois de ses douze ans à Venise, dans les années 1925, au moment où le fascisme s'installe soigneusement en Italie, passé le coup de force initial, les lois liberticides se succédant rapidement les unes aux autres, avec l'assentiment soulagé d'une large part de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie...
    Dans un palais du "sestier" de Dorsoduro cohabitent trois familles, fort différentes les unes des autres (celles d'un magistrat volontiers fascisant, d'un dentiste "apolitique" et d'un riche noble excentrique légèrement socialisant), mais souvent liées par leur jeunesse commune. C'est par l'intrication de leurs relations, de leurs amitiés, de leurs complicités, de leurs distances comme de leurs proximités, en particulier à travers celles de leurs enfants, adolescents et jeunes adultes des deux sexes, que Pasinetti nous trace un exceptionnel portrait de Venise, d'une époque historique et d'un âge humain.
    "Un long silence. du seul fait de se trouver là, assis l'un en face de l'autre comme tant d'autres fois, Alvise Balmarin et Remigio Berg sont ravis, ils jouissent du délassement que leur procurent des conversations lentes et répétitives. Depuis la nuit des temps Remigio Berg et Edoardo Bialevski sont des amis pour Alvise, autrement dit des personnes avec qui les silences deviennent éloquents et même les paroles les plus superflues sont savourées. "Et que t'a dit Silvio ?"
    "Ben... Il a parlé."
    "De quoi ?"
    "De choses. du Vatican. du corporatisme aussi. de la doctrine du corporatisme. A son avis, du fait que je suis professeur d'histoire avec des titres universitaires, je devrais faire un cours à Padoue. Un cours sur la doctrine du corporatisme fasciste." Berg à ce point commence à s'animer, se délectant à mettre en scène, à mimer, plaisir qu'un peu tout le monde aimait à prendre à Dorsoduro dirais-je. " "Tu dois t'engager, Berg", me fait-il avec ce petit sourire qu'il arbore comme s'il t'offrait un peit cadeau, "n'oublie pas Berg que, dans l'ensemble, tu n'es pas une figure très claire. Je ne te vois pas engagé, Berg. Engagé dans le temps où tu vis." "
    Une passionnante découverte, riche du charme supplémentaire qui s'attache à l'intimité de Venise, sans décorum et sans flonflons grandiloquents.
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    • Livres 2.00/5
    Par Nanne, le 29 mai 2008

    Nanne
    "Il est presque superflu de rappeler que Venise, et le Sestiere de Dorsoduro en particulier, ont toujours eu coutume d'accueillir un pot-pourri bigarré de gens et de situations de toutes provenances, et de les assimiler".
    Ainsi est Venise, ville-joyau posée sur son écrin couleur de mer. A Venise, rien n'est tout à fait pareil. Il y a toujours un décalage entre ce qui se prépare à Venise, dans Dorsoduro en particulier, et à Rome. Si dans la capitale tout fini par passer aux oubliettes, à Dordosuro tout refait toujours surface, deux jours ou deux ans plus tard. Mais chaque chose ou événement réapparaît ou se réalise. Il en est ainsi des conversations entre les habitants de Dorsoduro. Elles sont interminables, et reviennent sans cesse.
    Il en est ainsi des Rumeurs. A Dorsoduro, elles ont toute leur place. Elles n'épargnent rien, ni - surtout - personne. Et à Dorsoduro, plus qu'ailleurs, elles ont du grain à moudre. A commencer par les habitants du palais Bialievski où vivent de vieilles familles vénitiennes : les Balmarin, les Tolotta Pelz et Bialevski, maître des lieux.
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  • Par Fantine, le 06 novembre 2011

    Fantine
    Grandeur et décadence de la noblesse vénitienne, des années 20 aux années 80, à travers la destinée de 3 familles vivant dans un même palazzo.
    L'auteur jette un regard désabusé, voire mme caricatural, sur un monde en perte de vitesse, superficiel... ...

    Très bien écrit, pratiquement sans dialogue, ce roman de P.M. Pasinetti n'est pas d'un abord facile. Il y a, également, dans ce bouquin, une dénonciation du fascisme.
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  • Par Fantine, le 18 mars 2010

    Fantine
    Grandeur et décadence de la noblesse vénitienne, des années 20 aux années 80, à travers la destinée de 3 familles vivant dans un même palazzo. L'auteur jette un regard désabusé, voire mme caricatural, sur un monde en perte de vitesse, superficiel... ...
    Très bien écrit, pratiquement sans dialogue, ce roman de P.M. Pasinetti n'est pas d'un abord facile. Il y a, également, dans ce bouquin, une dénonciation du fascisme.
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Citations et extraits

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  • Par isabellelemest, le 02 février 2013

    Alors la vision de Giovanna (adolescente, sur son lit de mort) bouleversa Maria Afflitta (une servante) : elle tomba en proie à des repentirs et des remords sauvages. Elle hurla longuement, c'étaient des cris qui jaillissaient de la triste solitude dans de petits troquets où la femme avait passé de longues heures devant une flasque de vin ; ou bien de l'obscurité de chapelles ou de confessionnaux où, à genoux, elle avait battu sa coulpe et récité des prières qu'elle comprenait à grand peine ; ou encore des profondeurs caverneuses de la campagne vénète dont elle était issue, des cuisines noircies par la fumée que seuls éclairaient la polenta et les yeux jaunes des chats pleins de violence et de faim.
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  • Par isabellelemest, le 31 janvier 2013

    Discussion d'adolescents :
    "Tes ancêtres, Balmarin, avec toutes leurs erreurs et leurs horreurs, avaient au moins une chose de bien, c'est que leur chef suprême, c'est vrai qu'ils le choisissaient parmi eux, mais tant avant, tant pendant, tant après la période où il exerçait son pouvoir, ils lui rendaient la vie difficile, extrêmement difficile."
    "Dis-donc, nous ne descendons tout de même pas des doges."
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  • Par isabellelemest, le 31 janvier 2013

    Nous fîmes un grand tour par les canaux, presque tout le temps en silence : bruissements de pas, murmures de voix des Fondamente et des ponts ; au-dessus de nous, des visages, des enseignes de boutiques familières, des accès aux palais du côté de l'eau, des halls d'entrée entrevus, des cours avec des chats, on eût dit qu'Edoardo buvait des yeux ces visions du cœur de la ville. "Je suis venu avec le vaporetto et suis descendu à la Ca' d'Oro, c'est mon premier tour en barque après tant de mois" et il nommait les canaux un à un...., les reconnaissant tous et les saluant comme des amis qu'on retrouve avec plaisir.
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