Alors qu'un personnage obèse semble importuner une jeune femme,
Richard Meyer s'interpose et renvoie le perturbateur dans ses foyers, c'est-à-dire dans son wagon. Il se présente comme médecin à la jeune femme qui décline à son tour en tant que Nora Katz et travaille dans une boîte anglo-américaine au département recherche et plus particulièrement sur les biopuces médicales et plus particulièrement unpuce immunoprotectrice. Nora Katz est la fille de Humbert Katz lequel était dans un hôpital suisse. Mais il a disparu et serait, d'après la conversation entendue entre l'importun et la jeune femme, éventuellement à Anvers, dans le quartier des diamantaires. Or à Anvers une étrange épidémie sévit, la « cécité des diamantaires » dont l'origine serait un virus inconnu. Katz est immuno-résistant ce qui expliquerait éventuellement son enlèvement. A l'arrivée de l'Eurostar en gare de Saint-Pancras à Londres, Meyer aperçoit par une fenêtre du wagon l'inconnu endormi. Il essaie de le réveiller mais il ne peut que constater son décès. Meyer est fortement attristé car l'homme décédé, Gropparello, était son ami d'enfance et ils travaillaient tous deux pour une officine privée de renseignements. Gro et Meyer avaient soigneusement gardé secrète cette relation envers leur employeur, René de Castelblanjac ainsi qu'à tous ceux qu'ils étaient amené à côtoyer. Et afin d'aborder Nora Katz et la faire parler, ils avaient imaginé cette petite mise en scène fatale. Meyer continue donc sa mission, retrouver Humbert Katz, mais d'autres événements se profilent à l'horizon qui vont perturber cette tâche. Des militantes d'une association issue de différentes ONG lancent une campagne de presse, mais cela tournera comme une campagne sanglante. de Suisse à Anvers en passant par le Portugal, toujours en train car Meyer tient toutefois à préserver la couche d'ozone en limitant les émissions à effet de serre, l'agent de Castelblanjac se démène tout en se demandant si son patron ne joue pas à un double-jeu.
Dans cette histoire plus complexe qu'un nœud de réseau ferroviaire, le lecteur que je suis était un peu perdu au départ. Les gares de triages, les aiguillages nombreux m'ont parfois fait perdre le fil des rails. Pourtant je me suis laissé bercer, bien installé dans un fauteuil douillet de première classe, en évitant toute fois une boisson rafraîchissante, on ne sait jamais, et au fur et à mesure que le voyage littéraire se poursuivait mon esprit trépidait au rythme des roues, m'arrêtant à quelques gares afin de laisser reposer la motrice neuronale, je repartais plus pressé d'arriver au terme du voyage. Et cette arrivée fut un éblouissement, un concert de non de chevaux-vapeurs mais de vaches en folie, une scène très visuelle dans un déchaînement désordonné et bruyant digne d'une corrida, les armes à feu remplaçant les banderilles. Meyer cite volontiers
Clausewitz, et cela donne parfois des répliques dignes d'Audiard
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/