> René de Ceccatty (Traducteur)

ISBN : 2070420736
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
« Ce sont les premières heures de ma présence en Inde, et je ne sais pas dominer la bête assoiffée, en moi emprisonnée, comme en cage. Je persuade Moravia de faire du moins quelques pas près de l'hôtel et de respirer quelques bouffées de cet air, d'une première nuit en ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par miriam, le 14 décembre 2011

    miriam
    C'est le livre jumeau de celui de Moravia.
    Invités à une commémorataion du poète Tagore en 1961, Pasolini, Moravia font une traversée de l'Inde. de Bombay à Calcutta, Cochin à Delhi et Bénarès.
    Récit lyrique, carnet de voyage. "L'Odeur de l'Inde" diffère d'Une certaine idée de l'Inde" de Moravia.
    Moravia analyse, presque froidement, tandis que Pasolini se laisse emporter par son humeur vagabonde, Pasolini est un piéton des villes. Il déambule dans les quartiers mal famés du port de Bombay, dans les rues de Delhi et de Bénarès, accueillant chaque rencontre de hasard.
    Pour Pasolini, chaque passant, chaque mendiant, ou enfant est une personne dont il nous livre le nom et l'histoire. Il s'attache à un enfant Revi à qui il procure un abri, nous fait connaître la douceur de Sardar et Sundar qu'il compare aux jeunes calabrais venus chercher fortune à Milan, Et Mutil Lal, un brahmane, un "bourgeois" éduqué mais qui dort comme ses camarades sur le trottoir.....
    C'est plus qu'un recueil d'anecdotes. Pasolini nous livre aussi des reflexions plus sociologiques, il s'oppose à Moravia qui voit de la religion partout en Inde. Plus critique vis à vis de Nehru aussi. Mais tous deux sont révoltés par le système des castes inacceptable pour un Européen. ,

    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 21 janvier 2012

    zorazur
    Pasolini a signé là sur l'Inde un de ses écrits les plus durs. Nous sommes en 1961, certes, et l'Inde a changé... mais il y a ce qui change, et les choses qui restent les mêmes. Ce récit, c'est des tranches de vie, des anecdotes, des aperçus furtifs, des rencontres de hasard, des personnages que l'on croise et dont on ne saura plus jamais rien. Et c'est ce dégoût qui monte, car rien de tout cela n'est supportable, ni la misère, ni la saleté, ni ce décalage invraisemblable entre notre mode de vie et de pensée et ce que l'auteur a sous les yeux. Et comme rien n'est supportable, on a mal pour lui et on a l'impression qu'il veut fuir, et ne plus jamais revenir, et ne plus jamais entendre parler de l'Inde, ne plus jamais voir cette saleté et cette misère ni respirer cette odeur de pourriture, de pauvreté et de cendres.
    Mais c'est l'Inde, et c'est fascinant et magique sans qu'on puisse l'expliquer. Et ce qui explose à la fin de ce récit, c'est l'amour de l'Inde, et le sentiment que ce pays ne lâchera jamais ceux qu'il attrape dans sa magie.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 10 octobre 2011

    C'est ainsi que nous arrivons au pied de la Porte de l'Inde, qui paraît, de près, plus grande que de loin. Les portes en ogive, les murs ajourés, dans cette matière jaunâtre et mourante, se dressent sur nos têtes avec la solennité de certains âtres des villes de neige. Mais à l'intérieur, dans la pénombre de l'arche, un chant s'élève : ce sont deux ou trois voix qui chantent ensemble, vigoureuses, incessantes, ferventes.
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  • Par brigetoun, le 10 octobre 2011

    Nous regardions, assis sur une marche délabrée, faite dans ce matériau qui n'était que tendresse et vieillesse, autour de nous, ce monde de temples, quand nous fûmes distraits par une silhouette qui traversait le pré. Elle s'approchait avec une assurance rapide : les jardiniers, autour, rares et paresseux, la regardaient passer avec déférence.
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  • Par brigetoun, le 10 octobre 2011

    Bien que l'Inde soit un enfer de misère, il est merveilleux d'y vivre, parce qu'elle est presque absolument dépourvue de vulgarité.
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  • Par brigetoun, le 10 octobre 2011

    Je ne cache pas mon attirance pour ces cités mortes et intactes, c'est-à-dire pour les architectures pures. J'en rêve souvent.
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