> Denise Van Moppès (Autre)

ISBN : 2253003042
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Le Révérend Stephen Koumalo, pasteur noir d'un petit village d'Afrique du Sud, a plusieurs parents à Johannesburg: son frère John, le menuisier, sa sueur cadette, Gertrude, partie avec son petit garçon à la recherche de son mari, et son fils unique, Absalon. Sur la foi ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 12 mai 2011

    ay_guadalquivir
    Lettre à Alan Paton
    Avant d'écrire ces quelques lignes, je feuillette à nouveau l'exemplaire de « Pleure ô pays bien aimé » dont je ne me sépare jamais lorsque je suis en voyage. Je profite donc d'une escale rapide au cœur de l'Afrique pour m'adresser à vous. Une simple édition française du Livre de poche, mais un compagnon fidèle pour tous ces instants où le voyage éprouve la solitude et le rapport au monde. Pour tous ces moments où l'on ne comprend pas vraiment ce qu'on fait là, où le voyage devient l'épreuve du temps plutôt que celle de l'espace. J'ai acheté ce livre il y a bien longtemps, à une époque où je m'intéressais à la situation en Afrique du Sud, dans les années quatre-vingt. Depuis, j'ai l'impression de l'avoir lu des milliers de fois. Alors, je me dis que c'est bien le lieu, en cet endroit où l'Afrique parle à l'européen en creux, pour vous adresser ma reconnaissance. Je ne trouve pas de mot plus juste pour qualifier ce compagnonnage discret avec votre œuvre. Souvent jeté dans la valise à la dernière minute, parfois sans en sortir de toute la durée du voyage, mais toujours là à portée de main. Je me rappelle mon premier atterrissage à Dakar, Pleure ô pays bien aimé en main. Je me rappelle la traversée du Maroc en taxi collectif, ce même livre bientôt usé dans la poche. Je crois que je n'aurais pu aimer l'Afrique autant sans ce livre. J'en ai bien sûr lu des dizaines depuis, mais le vôtre fut le premier, d'une intensité restée vivace à mon esprit. L'ouverture sur les reliefs du Karoo et la nature qui joue son rôle. Quiconque a posé le pied en Afrique sait que le premier choc vient de la nature, omniprésente. J'ai retrouvé plus tard, dans la nuit africaine, cette sensation de petitesse dans la nature, et souvent pensé alors à votre livre. L'histoire de l'Afrique du Sud est aussi une histoire de conquête de la nature. Votre magnifique roman présente l'histoire tragique d'un homme simple dans un monde qui change, qu'il ne comprend pas. Que faut-il avoir éprouvé de la marche du temps pour comprendre qu'un monde s'éteint ? A la relecture – multiple, il m'a semblé que la politique de votre pays n'y était pas si présente. J'y lis toujours ce monde changeant, opposé – rural/urbain, ancien/moderne, noir/blanc, à l'image de la société sud-africaine d'alors. le temps de la nature contre celui de l'homme. Au moment où vous écriviez ce livre, le gouvernement Malan organisait la séparation des Blancs et des Noirs, l'apartheid venait de naître. C'est une société dure que vous décriviez, dure plus encore pour les Noirs. Mais ce n'est pas un texte contre l'organisation de la société sud-africaine, c'est un texte qui veut comprendre le sens tragique que tout cela prend. Les peines et les douleurs n'y sont épargnées à personne. Mais surtout, j'y lis à chaque fois un cri d'amour pour l'Afrique, bien qu'assorti de grande tristesse. J'avoue que je suis tenté, le plus souvent, de ne retenir que le cri d'amour, pour laisser de côté le désespoir. Et c'est bien là le drame de l'Afrique, aujourd'hui encore : se trouver bouleversé par la force de cette terre, et oublier ses déchirures. Plus que jamais au moment d'écrire ces lignes, l'Afrique saigne des maux que vous décriviez alors. Aimez l'Afrique pourtant.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Aela, le 11 mars 2011

    Aela
    Un récit paru en 1948, au moment où la victoire du Parti National en Afrique du Sud va entraîner l'instauration officielle de la ségrégation raciale, qui existait de fait depuis 1910, date de l'indépendance du pays. Un pasteur noir vit avec sa femme dans un village. Il est amené à se rendre à Johannesburg, où il doit retrouver sa soeur, qu'il a perdu de vue, et son fils dont il est sans nouvelles. A son arrivée, il va aller de désillusion en désillusion: sa soeur vit dans un quartier misérable et son fils a été interné dans une maison de correction et va bientôt être accusé du meurtre d'un dirigeant politique blanc qui dénonçait les injustices sociales dont étaient victimes les Noirs. Son frère, quant à lui, est devenu un acitiviste politique qui lutte pour les droits des Noirs. Ce voyage initiatique ne va pas permettre au héros de rassembler sa famille, mais va lui ouvrir les yeux sur la réalité sociale et politique de son pays. Ce récit souligne l'acculturation et la perte de repères de la communauté noire à la fin des années 40, dont la jeune génération quitte les villages pour se rendre dans la métropole, pour y trouver pauvreté et discrimination. le roman montre l'éclatement de la cellule familiale et le rejet des jeunes Noirs par la société de l'époque. le héros va connaître la pauvreté, l'isolement la violence mais également la générosité et l'entraide, même entre les deux communautés noire et blanche.
    Un livre très fort. La densité des sentiments des personnages, la simplicité de la langue suscitent l'émotion.
    Un message de paix en avance sur son époque...
    Un hymne à la beauté de l'Afrique du Sud.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 20 juillet 2011

    mimipinson
    J'ai ce titre dans mon inconscient depuis l'adolescence ; je l'avais vu passer, en avait entendu parler….et puis plus rien. Pas moyen de remettre la main dessus. Il n'est plus édité depuis longtemps ; les libraires en ont les bras qui tombent à l'évocation du titre " Ma pauvre dame, il ne se lit plus depuis longtemps, il est épuisé…"Alors mon exemplaire est vieux, le graphisme du livre est d'un autre âge, les feuilles sont jaunies, et il sent bon le vieux livre.
    Alan Paton signe là un très beau roman. Si sa structure est très classique, linéaire, parfois un peu désuète lorsque, comme moi, on lit plutôt du moderne, son contenu est on ne peut plus d'actualité. Certes l'Afrique du Sud s'est débarrassée de l'Apartheid, mais les clivages qui se révèlent dans ce livre trouvent encore écho dans notre monde. Bien qu'écrit il y a 60 ans, on y retrouve tous les maux actuels de ce pays, mais l'auteur nous y livre tous ses espoirs.
    « Je ne vois qu'un espoir pour notre pays et il sera réalisé quand les hommes blancs et les hommes noirs, n'aspirant ni au pouvoir ni à l'argent, désirant seulement le bien de leur pays, s'uniront pour y travailler. » Ceci est écrit en 1948……
    Alan Paton, donne beaucoup d'humanité à ses personnages, en particulier au Révérend Koumalo qui accepte sa condition d'homme de couleur dans un pays qui ne les aime pas bien que majoritaires, et sa condition d'homme d'Eglise tout à son sacerdoce et à la défense des siens, qu'ils soient noirs ou blancs.
    S'il n'occulte pas le problème croissant des villes où la violence, le crime et les heurts entre communauté se multiplient, l'auteur fait la part belle à la vie paisible des grandes plaines où blancs et noirs vient plus intelligemment. Certains, comme Arthur Jarvis, seront même en avance sur leur temps.
    La langue a le charme d'autrefois, et si certaines élocutions peuvent choquer de nos jours, il faut les remettre dans le contexte historique.
    Homme blanc ; indigène
    Le contexte politico –économique est bien évoqué. L'époque est au développement minier. le climat social importe peu, pourvu qu'il y ait des bras pour exploiter le sous-sol qui regorge de richesse.
    La vie et l'engagement d'Alan Paton sont étroitement liés à l'humanité qui se dégage de ce très bon roman qui laissera son empreinte.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/07/pleure-o-pays-bien-ai..
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 22 juillet 2009

    ay_guadalquivir
    Ce livre de poche usé m'a suivi un peu partout. Comme un ami dont les mots se changeraient peu à peu en un silence compris. Tant lu et relu, Pleure ô pays bien aimé est entré en moi, nourrissant mon amour de l'Afrique, portant mon regard vers d'autres auteurs sud-africains ou du continent. le coeur de l'Afrique y bat si fort...
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    • Livres 5.00/5
    Par mireille.lefustec, le 15 août 2011

    mireille.lefustec
    "Mais le chagrin vaut mieux que la peur. Car la peur toujours appauvrit tandis que le chagrin peut enrichir."
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 23 juillet 2009

    « Pleure, ô pays bien-aimé, sur l’enfant qui n’est pas encore né et qui héritera de notre peur. Puisse-t-il ne pas aimer trop profondément cette terre. Puisse-t-il ne pas rire avec trop de joie lorsque l’eau coulera entre ses doigts, ne pas se taire trop gravement lorsque le couchant fera flamboyer le veld. Puisse-t-il ne pas être trop ému lorsque les oiseaux de son pays chanteront, ne pas donner trop de son cœur à une montagne, à une vallée. Car s’il donne trop, la peur lui prendra tout. »
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    Citation de qualité ? (18 votes positifs)
  • Par Aela, le 11 mars 2011

    Oui l'aurore est venue. Le titihoya s'éveille, et entreprend de réciter son cri mélancolique. Le soleil recouvre de lumière les sommets des montagnes d'Angeli et d'East Griqualand. La grande vallée de l'Umzimkulu est encore dans l'obscurité, mais la lumière viendra là-bas. Ndotsheni est encore dans l'obscurité, mais la lumière viendra là aussi. Car c'est l'aurore qui s'est levée, comme elle se lève depuis un millier de siècles, sans jamais faillir.
    Yes it is the dawn that has come. The titihoya wakes from sleep, and goes about its work of forlorn crying. The sun tips with light the mountains of Angeli and East Griqualand. The great valley of the Umzimkulu is still in darkness, but the light will come there. Ndotsheni is still in darkness, but the light will come there also. For it is the dawn that has come, as it has come for a thousand centuries, never failing.
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    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Aela, le 11 mars 2011

    Pleure sur la tribu éclatée, sur la loi et les coutumes disparues. Oui et pleure tout haut sur l'homme qui est mort, sur la femme et les enfants endeuillés. Pleure, pays bien-aimé, tout ceci n'est pas encore fini. Le soleil inonde la terre, ce beau pays dont l'homme ne peut profiter. Il ne connaît que la peur dans son coeur.
    Cry for the broken tribe, for the law and the custom that is gone. Aye, and cry aloud for the man who is dead, for the woman and chidren bereaved. Cry, the beloved country, these things are not yet at an end. The sun pours down on the earth, on the lovely land that man cannot enjoy. He knows only the fear of his heart.


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  • Par Aela, le 11 mars 2011

    Nos indigènes aujourd'hui engendrent criminels, prostituées et ivrognes, non parce qu'il est dans leur nature de le faire, mais parce que leur simple système d'ordre, de traditions et de conventions a été détruit. Il a été détruit par l'impact de notre propre civilisation.
    Our natives today produce criminals and prostitutes and drunkards, not because their simple system of order and tradition and convention has been destroyed. It was destroyed by the impact of our own civilisation.
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  • Par mimipinson, le 20 juillet 2011

    Ah ! pleurez sur l’homme qui est mort, sur la femme et les enfants en deuil. Pleure, ô pays bien-aimé, ces choses ne sont pas près de finir. Le soleil se répand sur la terre, sur le beau pays dont l’homme ne sait pas jouir. L’homme ne connaît que l’effroi de son cœur.
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