J'ai ce titre dans mon inconscient depuis l'adolescence ; je l'avais vu passer, en avait entendu parler….et puis plus rien. Pas moyen de remettre la main dessus. Il n'est plus édité depuis longtemps ; les libraires en ont les bras qui tombent à l'évocation du titre " Ma pauvre dame, il ne se lit plus depuis longtemps, il est épuisé…"Alors mon exemplaire est vieux, le graphisme du livre est d'un autre âge, les feuilles sont jaunies, et il sent bon le vieux livre.
Alan Paton signe là un très beau roman. Si sa structure est très classique, linéaire, parfois un peu désuète lorsque, comme moi, on lit plutôt du moderne, son contenu est on ne peut plus d'actualité. Certes l'Afrique du Sud s'est débarrassée de l'Apartheid, mais les clivages qui se révèlent dans ce livre trouvent encore écho dans notre monde. Bien qu'écrit il y a 60 ans, on y retrouve tous les maux actuels de ce pays, mais l'auteur nous y livre tous ses espoirs.
« Je ne vois qu'un espoir pour notre pays et il sera réalisé quand les hommes blancs et les hommes noirs, n'aspirant ni au pouvoir ni à l'argent, désirant seulement le bien de leur pays, s'uniront pour y travailler. » Ceci est écrit en 1948……
Alan Paton, donne beaucoup d'humanité à ses personnages, en particulier au Révérend Koumalo qui accepte sa condition d'homme de couleur dans un pays qui ne les aime pas bien que majoritaires, et sa condition d'homme d'Eglise tout à son sacerdoce et à la défense des siens, qu'ils soient noirs ou blancs.
S'il n'occulte pas le problème croissant des villes où la violence, le crime et les heurts entre communauté se multiplient, l'auteur fait la part belle à la vie paisible des grandes plaines où blancs et noirs vient plus intelligemment. Certains, comme Arthur Jarvis, seront même en avance sur leur temps.
La langue a le charme d'autrefois, et si certaines élocutions peuvent choquer de nos jours, il faut les remettre dans le contexte historique.
Homme blanc ; indigène
Le contexte politico –économique est bien évoqué. L'époque est au développement minier. le climat social importe peu, pourvu qu'il y ait des bras pour exploiter le sous-sol qui regorge de richesse.
La vie et l'engagement d'
Alan Paton sont étroitement liés à l'humanité qui se dégage de ce très bon roman qui laissera son empreinte.
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