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ISBN : 2081396629
Éditeur : Flammarion (08/03/2017)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s'acharne à les dévorer. Mais ce n'est pas le pire, non.

Le pire, est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d'une inconnue aux longs cheveux bouclés ?

Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, com... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
florencem
28 février 2017
★★★★★
★★★★★
Le roman porte très bien son nom, et franchement même si j'ai adoré les deux sagas de Marie Pavlenko (Saskia et Marjane), Je suis ton soleil n'était pas forcément destiné à être un coup de coeur pour moi. Et pourtant… il l'est. Une oeuvre tranche de vie que j'ai dévoré en une journée et qu'il est quasiment impossible de lâcher.
L'histoire est assez simple en soit. Une histoire que tout à chacun pourrait vivre, des petits événements qui font échos à tous. Déborah, notre héroïne, entre en terminal. Une année décisive qui va se transformer en une tornade de bouleversements. Entre sa famille qui implose, sa meilleure amie qui s'éloigne, ses nouvelles rencontres et ses études, c'est une bataille pour garder la tête hors de l'eau. Et pourtant, Déborah est un soleil et elle l'est restée tout au long de l'histoire. Même dans les quelques moments où elle avait le moral dans les chaussettes, je n'ai à aucun moment trouvé l'adolescente énervante, gnangnante, puérile…
Le ton est juste tout comme son comportement. Il n'y a pas de trop, on rit comme on s'attriste, l'ambiance est assez souvent légère grâce au franc parlé de Déborah, on plonge, on coule, on remonte à la surface et lorsque les dernières pages arrivent, c'est un moment de bonheur que l'on referme sans pour autant avoir ce sentiment nostalgique de quitter une amie. Parce qu'il y a cet espoir tout au long, cette bienveillance et il est impossible de ne pas avoir confiance en Déborah. Elle arrivera à vaincre !
L'adolescente n'est pourtant pas une super héroïne. Pas ordinaire non plus, il faut l'avouer. Drôle, désopilante, toujours avec une vision des choses et un trait d'humour qui fait sourire. Il faut dire que Déborah a souvent une poisse pas possible, mais tant pis, elle en a pris son parti. A côté de cela, elle est aussi une ado comme les autres, avec ses angoisses, ses colères, ses peurs. Sa famille ne lui facilite pas la vie et elle apprend très vite à grandir. Nous passons très rapidement à une enfant qui bascule tête la première dans le monde des adultes, et cela fait mal.
Mais, Déborah a aussi de la chance (fort heureusement quand même !). Déjà, elle a des amis au top. Victor et Jamal mais aussi Eloïse. Les deux garçons ont été dès le départ une vraie bouffée d'air frais. Et pas seulement pour le lecteur, pour Déborah aussi. Ils sont juste au top, des amis qu'on rêverait d'avoir. La dynamique de ce trio, la façon dont il se forme, son évolution ont été pour moi la cerise sur le gâteau. Eloïse est aussi pas mal du tout, mais elle est aussi le passé de Déborah. Une métaphore en quelque sorte pour moi. Eloïse c'est le passé, l'enfance, la certitude, la chose à laquelle on se raccroche parce qu'on y est habitué. Je ne dis pas cela de façon négative bien entendu. Et là où Marie Pavlenko a vraiment su jouer le coup, c'est de mettre à mal cette relation, de la secouer un peu et nous laisser voir ce qui allait se passer. Et puis, quand même parlons un peu de ce pauvre Isidore, le chien de la honte, ce labrador récupéré par la mère de notre héroïne et qui se voit contrainte de s'occuper de cette boule de poils (qui perd ses poils) et qui bave. Mais là encore, il se tisse une histoire.
Déborah est aussi en explosion familiale. Un moment très dur à vivre et qui est le fil conducteur du roman. J'ai trouvé autant l'évolution de la situation que le traitement vraiment bien ficelé. Je n'appréciais pas vraiment les parents de Déborah au début de l'histoire, car on les voit surtout à travers les yeux d'une adolescente un peu en colère. Et puis, il y a une bombe qui chamboule la vie de ce trio, puis une autre encore plus terrible. La reconstruction a été plus sereine, et on découvre un père et une mère sous un tout autre jour, des êtres humains tout simplement qui font des erreurs que la vie a malmené et qui n'ont jamais trop su comment exprimer tout cela.
Un roman donc qui a été un rayon de soleil pour moi avec une dose d'humour absolument génial (le titre des chapitres, un régal), une héroïne franche, drôle et fragile à la fois, des personnages secondaires attachants, une histoire prenante, douce-amère, vraie et pleine de vie.
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canel
13 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Le jour de sa rentrée en Terminale, Déborah remarque deux garçons, un qu'elle trouve moche, un qu'elle trouve trop beau.
Gageons que :
- le premier est super sympa et tombera amoureux d'elle
- et que le second est très con (idiot, bourreau des coeurs, voire les deux) et que notre jeune héroïne (pas très belle, à l'en croire) sera amoureuse à sens unique.
Pas si simple...
Depuis que sa meilleure amie se fait rare pour vivre l'Amour, Déborah se sent seule, surtout que ça va mal à la maison : tandis que papa flirte dehors, maman se flétrit dedans.
Ce gros roman de 460 pages commence comme une bluette, puis bifurque vers une histoire d'amitié, plutôt jolie, mais lente et relativement convenue. Tellement lente et tellement convenue que j'ai failli abandonner. Quelques moments de grâce m'ont aidée à tenir : des réflexions émouvantes sur les mamans dépressives, et puis, surtout, les attitudes ultra-réalistes du gros chien poilu-dégueu-puant-collant-compatissant qui vient vous faire des léchouilles quand vous débordez de tristesse.
Un rebondissement dans l'intrigue m'a surprise et noué la gorge. J'étais enfin ferrée, et une lettre poignante m'a fait revoir mon jugement : non, ce roman n'est pas si formaté, l'humour pas si lourd. Derrière l'attitude bourrine-bourrue de Déborah et de ses potes, on trouve plein de douceur, de sagesse, d'écoute respectueuse et d'entraide solide.
Les lecteurs plus âgés qui lisent pas mal de young-adult pourront déplorer un manque d'originalité et des longueurs. J'aurais volontiers enlevé 150 pages : 75 avant le moment clef du livre, et autant après - trop de mygales et trop d'atermoiements de la part d'un des personnages.
Mais les adolescent(e)s de 14 ans et plus devraient s'identifier et apprécier sans réserves.
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Mikasa34
03 mars 2017
★★★★★
★★★★★
En un mot: Sublime.
En deux mots: Sublime et émouvant.
En trois mots: Sublime, émouvant et hilarant.
Je vous ai dit que ce livre était sublime? Non, parce que... c'est important.

"Je suis ton soleil", ça parle de quoi? de la vie, tout simplement.
Parfois pluvieuse, parfois brumeuse. Parfois nuageuse, parfois venteuse.
Et caché derrière ces intempéries, il y a un rayon de soleil: Déborah.
Cette histoire c'est la sienne, celle de son année de terminale.

Ce livre est un régal de la première à la dernière page.
L'humour de Marie Pavlenko (ou celui de Déborah, comme vous voulez) est subtil et brillant tout en étant simple et naturel. Un mélange parfaitement équilibré qui m'a fait sacrément rire! J'ai bien dit rire et non sourire! J'ai même pleuré de rire à un moment donné! (le passage des spaghettis... je n'en dirai pas plus). Et ça, en lisant, ça ne m'est pas arrivé depuis très très très longtemps. du pur bonheur en barre!
Oh, et... le "théorème de la scoumoune"… ! Ça, c'est carrément ex-ce-llent. Et tellement vrai! Enfin... en ce qui me concerne... lol. Je ne vous l'explique pas mais vous invite vivement à venir le découvrir dans le livre.
C'est un livre zéro défaut (oui comme le fond de teint, sauf que pour le fond de teint ce n'est pas vrai)
J'ai complètement adhéré au ton employé.

Un récit juste et authentique.
Dès les premières pages j'ai été replongé en adolescence avec une crédibilité déconcertante.
Chaque mot, chaque action, chaque réaction, chaque pensée et chaque sensation sont authentiques. Marie Pavlenko connaît les mots justes et dépeint avec brio cette adolescente de 17 ans ainsi que tout le monde qui l'entoure.
En plus d'un ouvrage dynamique, elle nous offre une plume aboutie qui lie poésie, simplicité et naturel (sans oublier son humour détonnant, oui, j'insiste).
Sa plume m'a fait songer à Pierre Bottero par moment. (croyez moi Marie, venant de ma part c'est un sacré compliment car je vénère cet auteur!).
Alors attention, pas de méprise, je tiens à dissiper les doutes si il y en a, je ne parle absolument pas de copie, à aucun moment, que ce soit au niveau de l'histoire (les deux n'ont rien à voir l'une avec l'autre) ou au niveau de la plume. Je parle simplement de cette capacité à écrire naturellement un texte poétique en tout simplicité. Et ce n'est pas donné à tout le monde. C'est soit un don soit beaucoup beaucoup de travail.

Au niveau des personnages, j'ai bien entendu adoré Déborah. Elle m'a beaucoup touché et ému. Qu'est ce qu'elle m'a fait rire! Elle a été mon soleil. Jamal et Victor sont également très attachants, ils ont tous deux de belles personnalités et m'ont fait craquer. Des types bien. Des amis comme on en veut. Quant aux parents de Déborah, et bien, leur histoire est si proche des miens qu'ils n'ont pu que m'atteindre. Il y a aussi Éloise, Carrie et Mme Chemineau. Trois personnages secondaires féminins au grand coeur. Tout le monde a son rôle à jouer. N'oublions pas Tania, la pouf***** de la classe (on en a toutes eu une, celles qui nient ont le nez qui pousse). Et Isidore! Spécial dédicace à toi, chien de la honte! lol.
Des personnages criant de réalisme. Il ne peut pas en être autrement pour moi en tout cas tant la proximité du récit avec mon expérience personnelle a été troublante par moment. Que ce soit au niveau des personnages, de leur histoire et de leur personnalité, ou encore au niveau de certaines réflexions ou situations.

En conclusion, on passe des rires aux larmes (et oui, on pleure aussi). "Je suis ton soleil" est le récit simple d'un moment de vie mais tellement beau et authentique. Et parfois dans la vie, la pluie vient s'incruster sur votre visage, la brume envahit votre esprit, les nuages brouillent vos pensées, mais il est là. Il est là le soleil. Cherchez bien. Un grand philosophe a dit "il en faut peu pour être heureux" (C'est pas un grand philosophe? Oups je croyais... lol). La vie n'est pas toujours rose mais les bonheurs les plus simples sont souvent les meilleurs. Simples. Simples comme des coquillettes.

Un coup de coeur!
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maevedefrance
18 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Déborah rentre en classe de terminale. Nous allons la suivre du début à la fin de l'année. Une adolescente ordinaire, parisienne, fille unique, avec un père, une mère et un chien... "clochard" : un labrador obèse ramassé sur le trottoir par sa mère, Isidore, comme, le comte de Lautréamont, dixit la maman ! Il est hideux, il pue, pour Déborah, c'est "le chien de l'angoisse", "un mélange improbable de Droopy en fin de vie, Beethoven (le chien, pas le compositeur) atteint de psoriasis et Milou passé entre les mains d'une esthéticienne sous acide". Un Destroy Dog qu'elle déteste, comme vous l'aurez remarqué au regard de la description délicate qu'elle en fait, d'autant qu'il a le chic de chier déféquer là où il ne faut pas et toujours quand il y a une vieille peau de voisine pour lui rappeler qu'il faut ramasser les cacas de chien... Pourtant Déborah ignore qu'elle aura besoin de ce chien pourri dans les mois qui suivent.
Bon, mais on est au début de l'année, Déborah fait sa rentrée scolaire au Clapier, avec sa copine de toujours, Eloïse. Celle-ci s'amourache d'un Erwann et se met à ne plus vivre et respirer uniquement pour lui. Pendant ce temps, Déborah sympathise avec Jamal, le "mygale-man" (il a une charmante bestiole chez lui) et Victor pour qui elle se met à en pincer, en secret, sachant que celui-ci est déjà avec une autre. Bon, vous vous attendez à un livre guimauve sur les amours adolescentes. Eh bien bien non !! Oubliez les romances ados, mièvres à souhait avec un trop plein de coeurs sucrés roses et de filles en pâmoison. Marie Pavlenko raconte ici la vie d'une adolescente de nos jours, sans clichés réducteurs, avec la vie telle qu'elle est : des hauts et des bas, des éclats de rire et des larmes, et l'amour dans tous ses états (et pas seulement les étoiles et les coeurs roses).
La famille de Déborah se met à partir à vaux-l'eau pendant cette année de terminale : elle surprend son père dans les bras d'une "Brésilienne" pendant que sa mère passe une bonne partie de son temps à découper des formes dans des magazines tout en montant une forteresse entre elle et le monde. Colle des post-it avec un mystérieux numéro en 06. Devient une Enigme. Puis l'Enigme décide de disparaître le dernier jour de l'année. Perturbée, Déborah rejette son amie de toujours, Elo. Déteste son père. Se réfugie dans l'amitié de Jamal et Victor. Découvre le jeu des cadavres exquis.
Une vie bouleversée qui va lui apprendre à se connaître, à découvrir ses parents et aller au-delà des apparences.
Le premier roman que je lis de Marie Pavlenko. Je suis ton soleil, un roman qui porte formidablement bien son titre (dont on découvre le sens à la fin). Un roman qui éblouit par son style : une écriture vivante comme un feu d'artifice, qui vous fait passer par un panel d'émotions : le rire, la stupeur, l'angoisse. Mais finalement c'est le soleil riant qui l'emporte. La couverture couleur or se marie tout à fait avec le contenu.
Une fiction qui retire les filtres pour donner à voir la vie telle qu'elle est. Et oui, parfois, l'amour c'est aussi la capote qui craque et ce qui s'ensuit, avec les décisions à prendre mais qui vous marqueront à jamais... (Un roman à offrir à ceux qui voudraient décider à votre place ce que vous devez faire de votre corps, en ces temps de recul du droit des femmes à disposer d'elles-même !) :)
Et puis Jamal aime Victor : allez, zou, un exemplaire à envoyer à ceux qui veulent décider aussi de qui vous devez aimer. :)
C'est aussi l'amour filial. Dans toute sa complexité. Bref, l'amour tout court dans toute sa complexité.
Une autre thématique, celle de l'habit qui ne fait pas le moine. Si Déborah est confrontée à une vraie "pétasse larve" en voie de devenir "une pétasse adulte" qui lui pourrit la vie au lycée, elle-même se fera prendre au piège des apparences avec cette mamie en tenue de jogging flashy qui l'engueule dès qu'elle sort Isidore : une sacrée surprise l'attend au bout du chemin. Même Isidore le chien "périnée" qui pue en sortira grandi ! :)
Un roman qui laisse une grande place au rôle de l'art et de la littérature dans la vie : le bol d'oxygène qui permet de prendre de la hauteur quand ça part de traviole, de trouver des solutions, parfois. L'art thérapie. Déborah découvre grâce à sa libraire Les Misérables de Victor Hugo (Victor dont elle est amoureuse, elle, pauvre Cosette !). La grande surprise concerne sa mère, cette énigme ! L'auteure explique à la fin de l'ouvrage que "la plupart des titres de chapitres (...) sont en réalité des citations de chansons, de livres, de poèmes, souvent coupés, réagencés". Il y a également des citations "éparpillées dans le texte, à vous de les trouver ! (Verlaine, Rowling, Hugo encore, Brel, la Bible, Tolkien et d'autres...).
Un chouette roman d'apprentissage, porté par une écriture dynamique et inventive. Une héroïne forte, drôle, attachante, émouvante et libre. Un lingot d'or de plus de 400 pages terriblement addictif. J'ai vraiment beaucoup ri, j'avoue.
Merci à Flammarion Jeunesse pour le livre et la soirée "coquillettes" : c'était aussi chouette que le roman.
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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BettieRose
18 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Quand on lit la 4e de couverture, on est obligés de la trouver totalement à l'opposée du titre. Pourtant, dans ce roman, tout est cohérent et authentique. Alors je vais être honnête avec vous, ce roman ne m'a pas complètement séduite ni happée, il m'a manqué un petit quelque chose, le coup de coeur n'a pas été proche, mais j'ai, malgré cela, passé un bon moment et c'est assurément de nombreux sourires et rires que vous offre ici l'auteure. Quoi de mieux que de lire un roman qui nous divertit, nous dépayse, nous émeut et nous fait rire aux éclats ? Et oui, tout cela.

Déborah est une adolescente ordinaire ou presque. Disons typique, dans la norme, et purement authentique, attachante. Elle doit rentrer en terminale et ne s'en réjouit pas vraiment. Mais bon, ce n'est pas le pire dans toute cette histoire. Elle en a ras le bol de devoir sortir le chien clochard que sa mère a recueilli et qui pue et déplace sa misère de pièce en pièce dans l'appartement. D'ailleurs, cet appartement : un père absent, une mère qui découpe des magazines jour après jour. Et puis soudain, le choc : que fait son père au bras de cette inconnue ? Pourquoi l'embrasse-t-il ? Et ce post-it sur le miroir de l'entrée ? Déborah déraille, sa meilleure amie semble la délaisser, mais de nouvelles rencontres sont en route. Une dernière année, un passage à l'âge adulte toujours prématuré et beaucoup d'épreuves à affronter. Heureusement, la jeune femme sait manier l'humour et l'autodérision. Mieux vaut cela que sombrer dans la même misère qu'Isidore ou de devenir la nouvelle Lady Legging du quartier. Debo se plonge dans la littérature et rêve d'ailleurs, sauf que la réalité va se rappeler plus que violemment à elle...
Je suis ton soleil décrit à merveille cette année qu'est la terminale. Cette dernière année de presque insouciance avant d'être lancé dans le bain du monde adulte et de devoir faire un choix de carrière alors qu'on ne sait même pas encore qui on est. Quand le soutien familial n'est pas au top, difficile de prendre des décisions. Débo fait sa rentrée avec d'horribles bottes grenouilles mais au fond, cela ne l'importune pas plus que cela. Elle tente de prendre les choses comme elles viennent, elle traine Isidore comme elle le peut. Heureusement, Déborah a sa meilleure amie Eloïse, mais un léger contretemps va les éloigner un peu... Alors elle se rapproche, bien malgré elle de Jamal "Mygale Man" et de Victor, le beau et si gentil Victor. le trio qui se forme va vite devenir inséparable, pour le meilleur et pour le pire. Chacun soutient l'autre, s'accroche, aime et fait preuve d'un humour qui ne peut que nous rappeler notre propre adolescence avec certes des moyens de communication différents et des références un peu moins datées peut-être, selon votre âge.
Si Je suis ton soleil se destine à un public adolescent, il ne lassera pas pour autant les adultes, car de nombreux thèmes lourds y sont abordés également. Véritable roman d'initiation, c'est une histoire de vie riche et authentique que Marie Pavlenko nous délivre à travers les bribes humoristiques, les larmes et le quotidien. La vie au lycée ne vient jamais prendre trop de place, mais est réelle, palpable, véridique. Les vacances sont bien entendues les meilleurs moments de cette année charnière et l'occasion de démêler des fils. Et puis la majorité, sa célébration, les révisions, le bac en ligne de mire, prendre des décisions, tomber amoureux, souffrir, faire des erreurs, voir ses parents partir à la dérive. Tout autant d'épreuves qui font grandir Déborah, mais la rapprochent de ce qui n'avait alors été qu'un mirage lointain pour elle. Au travers des épreuves, le soleil. Et si l'aventure commence avec des bottes de pluie grenouilles, elle pourrait bien se terminer par un grand soleil dans le paysage de Déborah. Et d'Isidore, bien entendu, parce que même s'il pue, on l'aime ce bon Isidore.
Quant au style de l'auteure, je m'y suis retrouvée et c'est pourtant aussi ce qui m'a dérangée. Étrange sensation, mais je me souviens que j'avais eu le même ressenti lors de la lecture de la mort est une femme comme les autres. Comme quoi. En gros : j'aime la plume de Marie, je lirai d'autres livres d'elle, mais dans ses autres registres. Je pense que les deux romans que j'ai choisi de lire sont un peu trop teintés de dérision pour moi, même si cela reste largement agréable et que les choses sont traitées sous un angle pertinent, voire audacieux. J'ai aimé l'ensemble des thématiques abordées et elles sont nombreuses, presque trop, mais j'ai aussi apprécié qu'on ne verse pas dans la surenchère du drame et que l'innocence adolescente qui s'envole petit à petit et la solidarité amicale permettent d'appréhender le tout sans être lourd. Pour clairement exprimer ma pensée : si le style ne me convainc pas à 100%, il n'en est pas moins excellent et reste parfaitement maitrisé et fera apparaitre un immense rayon de soleil dans votre coeur.

De l'humour, un style mordant et efficace mais aussi des sujets sensibles liés à l'adolescence, voilà la recette de Je suis ton soleil. Nous passons un bon moment en compagnie de personnages attachants mais nous pouvons regretter le rythme parfois trop léger. A lire pour rire et pleurer, et même les deux en même temps. Et pour Isidore.
Lien : https://bettierosebooks.com/..
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Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Mikasa34Mikasa3424 mars 2017
* Qui est Éloïse? *
Ma meilleure copine, la soeur dont j'ai toujours rêvé, une fille géniale. Bien sûr, madame Soulier, notre prof de S.V.T, ne partage pas mon avis. Elle a écrit sur son bulletin qu'Éloïse est "l'élève la plus nulle que j'ai jamais connue de toute ma carrière de professeur S.V.T. Un bocal à la place du cerveau. Elle mériterait d'être disséquée." Je m'en fous. J'aime son côté fêlé.
+ Lire la suite
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YukoYuko21 mars 2017
Elle rit. Un rire mou, mais un rire quand même.
Elle m’embrasse sur le front.
Je tente de me regarder une dernière fois dans le miroir de l’entrée. Il a disparu. Les post-it le recouvrent de haut en bas.
– Amuse-toi bien ! Je t’aime, Déborah, tu es mon soleil ! lance ma mère depuis la salle de bain où elle se maquille.
Tandis que je sautille dans l’escalier, je réfléchis.
Jamais ma mère ne m’a dit un truc pareil.
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Mikasa34Mikasa3421 mars 2017
- Tu plaisantes? Erwann a un brocoli sous les cheveux! Sur sa planète, Victor Hugo est joueur de foot et Descartes a inventé la belote.
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canelcanel15 mars 2017
La consigne officielle est 'cinq fruits et légumes par jour'. On devrait donner la même pour les amis. Nourrissez-vous uniquement de poireaux, et c'est la carence assurée. Côtoyez toujours les mêmes gens et vous finirez le moral en charpie. Avec Jamal et Victor, j'étudie, je ris, je parle de lectures et d'auteurs que j'aime. Avec Eloïse, je glande en petite culotte, les pieds au mur, je lui raconte mes rêves, même ceux où des nounours en guimauve veulent me sacrer Reine du monde et m'offrent des sabres-lasers en bouse de vache, je danse dans sa chambre, toujours en petite culotte, et elle arrive presque à me faire croire que ma cellulite me dessine un corps de femme. Jamal et Victor d'un côté, Eloïse de l'autre, complémentaires.
(p. 232-233)
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canelcanel12 mars 2017
Je vous laisse imaginer le réveillon.
Les silences gênés, les yeux rougis de ma mère qui ne fait aucun effort, les oeillades inquiètes de mamie Zazou, mon père qui demande le sel d'une voix de cadavre.
Et cette peste de Charlotte qui balance ses épinards sur Isidore [le chien].
Je me lève, l'assiette à la main, contourne la table, et flanque une taloche sur sa joue rebondie de bébé tout-puissant.
Mon oncle, [père de la petite], m'interpelle comme s'il était la statue du commandeur dans 'Don Giovanni'.
Genre, il m'effraie.
Je me baisse, offre mon foie gras à Isidore, me redresse, exhibe un majeur bien dégagé, un majeur qui ne laisse aucun doute quant à mon message, et je monte me coucher.
(p. 192-193)
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