Encore un livre sur le fascisme ? Oui, mais Paxton n’a pas écrit un énième ouvrage théorique. Il est parti des faits ; il retrace les genèses des mouvements fascistes ; il montre que leurs idéologies ont suivi et non précédé la lutte engagée pour la conquête du pouvoir.... > voir plus
Robert Paxton à ouvert plus d'une voie sur l'histoire de la seconde guerre mondiale, surtout sur le régime de Vichy ouvrant des portes à de nombreux chercheurs français.. Dans cette ouvrage, il se sert de ses connaissances, les mets en doute face à ses élèves pour donner une définition du fascisme. Certes, il n'est pas le premier à s'essayer, à se frotter à cette tentative de définitions ; il n'est pas non plus le plus célèbre. Il va chercher dans les faits la vérité du fascisme, en s'appuyant aussi sur les écrits de ses prédécesseurs dont on ne citera que la plus connu : Hannah Arendt.
Il y a une vrai tentative pour comprendre comment certains mouvements politiques de l'extrême droite européenne on fait pour basculer dans le fascisme et pas d'autre. Pourquoi certain pays, ayant un parti fasciste ne sont pas tombé dedans ? On voit par exemple que le chef charismatique n'est pas suffisant. Mais justement ou est le point de flexion.
Robert Paxton est le grand spécialiste de La France De Vichy, l'un des premiers à étudier le régime de collaboration, ce qu'assurément aucun historien français n'était alors en mesure de faire. Dans cet ouvrage sur la dynamique des fascismes, il tente de définir les caractéristiques communes (plutôt d'ailleurs les trajectoires que les caractéristiques figées) aux mouvements politiques que l'on nomme habituellement fascistes. Ainsi, il décrit les phases qui selon lui sont déterminantes dans l'avènement du fascisme, de la naissance du mouvement à son enracinement. Ce livre n'a pas le travers simplificateur qu'on pourrait craindre, puisque l'analyse est poussée, sur la base des exemples très concrets qui ont bouleversé l'Europe. Il montre surtout que la dynamique du fascisme est redoutable.
Un étude remarquable sur le phénomène fasciste, recommandée pour les étudiants, professeurs ou amateurs d'Histoire. Tout en suivant les différentes étapes du développement fasciste (surtout en Allemagne et en Italie): création, enracinement, conquête et exercice du pouvoir, puis radicalisation paroxystique, selon une trame chronologique, Robert O. Paxton en profite pour analyser ses différentes formes, ses traductions contemporaines à travers le monde et ses différences vis à vis d'autres régimes à parti unique.
L'accession au pouvoir de Mussolini comme de Hitler n'était pas inévitable. L'examen attentif de la manière dont les dirigeants fascistes sont devenus l'un et l'autre chefs de gouvernement est un cas d'école en matière d'antidéterminisme. On peut tout à fait admettre que la légèreté des traditions libérales, l'industrialisation tardive, l'existence des élites pré-démocratiques, la force des poussées révolutionnaires, un mouvement de révolte contre l'humiliation nationale ont contribué à donner de l'ampleur à la crise et à réduire l'éventail des choix réalistes, en Allemagne et en Italie. Mais les dirigeants conservateurs rejetèrent les autres possibilités, comme gouverner en coalition avec la gauche modérée, par exemple, ou sous les pouvoirs d'exception du roi ou du président. Ils ont au contraire choisi les fascistes. Quant à eux, les fascistes ont su procéder à la "normalisation" indispensable pour accéder au partage du pouvoir.
Il n'y avait aucune nécessité pour que les choses prissent cette tournure.