> Daniel Lemoine (Traducteur)

ISBN : 2743617489
Éditeur : Rivages (2007)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Août 1945, Tokyo n'est plus que ruines. Les immeubles sont éventrés, les canalisations ont explosé, les habitants se sont réfugiés dans des abris de fortune, l'empereur va signer la capitulation. Dans cette atmosphère de fin du monde, l'arrivée d'une dépêche au bureau d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par MarieC, le 18 août 2011

    MarieC
    Tokyo, 15 août 1945. Tous les japonais ont ordre de se tenir devant leur radio pour entre, pour la première fois, l'empereur leur parler directement. Dans la chaleur et l'angoisse de ce dernier jour de guerre, quelques policiers se sont tout de même présentés à leur poste. L'un d'eux, l'inspecteur Minami est appelé car on a découvert le cadavre d'une femme étranglée... La police militaire, arrivée en même temps sur les lieux conclut immédiatement à la culpabilité d'un vieux coréen, exécuté sur le champ, au moment où l'empereur annonce la capitulation.
    Tokyo, aout 1946. Dans une ambiance de fin du monde, marquée par les marteaux de la reconstruction, les deuils, les purges, l'occupation américaine, deux nouveaux cadavres de femmes étranglées sont retrouvés. L'inspecteur Minami participe à l'enquête...
    Dans ce roman fiévreux et halluciné, fondé sur un véritable fait divers de l'époque, l'essentiel n'est cependant pas dans l'intrigue policière, finalement rapidement menée : le coupable est vite trouvé, dès la moitié du volume, il s'agit surtout de recenser ses victimes. le cœur du roman est plutôt le personnage de l'inspecteur Minami, ancien soldat hanté par les atrocités de la guerre, obsédé par une maitresse qu'il confond peu à peu avec toutes les jeunes femmes assassinées, prêt à tous les trafics avec la mafia locale pour obtenir la drogue qui lui permet de survivre. L'écriture, obsessionnelle, toute en répétition, en martellement et en boucles transcrit le malaise de cet homme et de son monde qui s'effondre. le tout est cependant extrêmement difficile à lire, haché et répétitif, sans aucune bouffée d'oxygène, ce livre n'est pas à conseiller aux amateurs de polars, mais plutôt à ceux qui recherchent des romans psychologiques très noirs et très littéraires.
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  • Par XL, le 12 janvier 2011

    XL
    Août 1945, l'empereur, le fils du ciel, a dû concédé l'armistice à la suite des bombardements d'Hiroshima et Nagasachi. Dans le Japon en ruines de l'après guerre, la haine de l'armée d'occupation yankee rivalise d'intensité avec celle résultant du conflit sino-japonais rémanent.
    Je croyais à une fiction, je découvre un roman d'investigation, psychologique et policière : un serial killer viole et étrangle des jeunes femmes, le bureau de la première division criminelle est chargé de l'enquête ; d'autres cadavres apparaissent et des affaires non élucidées ressurgissent.
    J'ai vraiment adoré ce roman de David Peace, qui pourtant n'est pas d'une lecture particulièrement facile et m'a déroutée de prime abord.
    Il a une construction, avec ses pages intercalaires écrites sans retour à la ligne ni ponctuation, qui me fait penser à Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais, en particulier ses commentaires en voix off.
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  • Par MarcelP, le 21 novembre 2010

    MarcelP
    David Peace est un romancier magistral! Une écriture fiévreuse, moite, peu aimable certes mais qui au bout du compte vous laisse exsangue, le souffle coupé devant tant de virtuosité narrative et tant de force d'évocation!
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  • Par manoes, le 09 septembre 2011

    manoes
    Je ne suis pas objective avec David Peace, je vous le dis. C'est MON auteur « noir » préféré. Peace, c'est de l'espresso ristretto. Ni doux, ni sucré. C'est noir, fort, amer. Hypnotique aussi. Pour ceux qui connaissent ces monuments que sont 1974, 1977, 1980 et 1983, Tokyo Année Zéro s'inscrit dans cette même veine même si Peace quitte l'Angleterre pour le Japon de l'après-guerre. le titre fait écho à l'Allemagne Année Zéro de Rossellini. Et c'est la même désolation : destruction, famine, maladies, corruption. Les bombes sont tombées, les humains sont des loques. Les souvenirs atroces hantent les vivants. Mais un tueur en série rôde. Et l'inspecteur Minami, ange destructeur et détruit, enquête. C'est un long poème en prose que nous offre Peace ; nous, lecteurs, dans la tête et le corps de Minami, au cœur de la souffrance et du cauchemar. Tuant.

    Lien : http://manoe.canalblog.com
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    • Livres 2.00/5
    Par PierreF, le 01 mars 2011

    PierreF
    Avec la sortie de Tokyo ville occupée, dont je ne saurais que vous recommander la lecture, les éditions Rivages sortent en poche le premier tome de la trilogie consacrée à la capitale japonaise d'après guerre. le vrai héros de ce roman, c'est cette ville en reconstruction avec ses immeubles détruits, ces grues qui tournent, ces marteaux piqueurs qui assomment la terre, ces habitants perdus dans leur défaite. C'est un livre tout en odeurs et en bruit avec un style fait de répétitions assourdissantes qu'il faut mériter pour apprécier.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-une-idee-de-lecture-pour-le..
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Citations et extraits

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  • Par toto, le 10 octobre 2010

    Elles gardent le silence tandis que nous attendons l’ascenseur, que nous regardons les portes de l’ascenseur s'ouvrir, que nous y entrons, que nous regardons les portes se fermer...
    Elle est ici. Elle est ici. Elle est ici...
    Elles gardent le silence tandis que nous attendons l’ascenseur plongé dans le noir, puis regardons les portes s'ouvrir à nouveau, que la lumière revient...
    Elle est ici. Elle est ici...
    Elles gardent le silence tandis que nous suivons le couloir de la morgue, qu'elles enfilent les mules, franchissent les portes et pénètrent dans la pénombre de la morgue...
    Elle est ici, ici...
    Elles s'inclinent mais gardent le silence quand elles sont présentées au docteur Nakadate, quand les employés sortent un chariot du réfrigérateur...
    Ici est Ryuko...
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  • Par XL, le 02 février 2011

    Des fenêtres volent en éclats (en italiques). Une femme vêtue de satin rouge tombe. Mon fils a dit qu'il se trancherait la gorge (en italiques) ! Des maisons sont incendiées. Le mien aussi (en italiques) ! Des réfugiés se terrent dans les entrées d'immeubles. Un vrai Japonais (en italiques) ! Des hommes perdent leur épouse. Fuyez (en italiques) ! Des mères perdent leurs enfants. Cachez-vous (en italiques) ! Une cage à oiseau gît, piétinée, sur la chaussée. Non (en italiques) ! C'est ainsi que ça commence, parmi les cadavres. Soixante-dix Calmotine, soixante et onze (en gras).
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