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ISBN : 2070132099
Éditeur : Gallimard (2011)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 15 notes)
Résumé :

Prison de la Santé, 1913. Les survivants de la bande à Bonnot attendent leur jugement. Ils ont vingt ans et voulaient vivre sans entraves. Communautés, insoumission, végétarisme et fausse monnaie, ils ont pris les chemins de traverse qu'emprunteront, bien plus tard, d'autres enfants de la révolte. Traqués, au terme d'une fuite en avant sanglante, ils deviendront ces bandits tragiques qui feront trembler la France. Parmi ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Kirsikka
Kirsikka21 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
Patrick Pécherot est un conteur qui sait rendre incroyablement vivants des époques et personnages disparus. A le lire, on s'étonne d'une connaissance aussi précise, les détails sont nombreux, on sent qu'il y a une recherche passionnée de tout ce qui rapporte aux sujets de ses livres. L'Homme à la carabine mélange les entretiens d'André Soudy avec son avocat, le récit des événements, des lettres, des « feuilles volantes » insérées ici ou là, il évoque Brassens, Colette, Léo Ferré, Boris Vian. Et jamais on ne se perd dans ce kaléidoscope, découpé comme un scénario de film, dont les scènes seraient tournées sans ordre chronologique. L'écriture est d'une poésie magnifique.
André Soudy a été un très jeune commis d'épicerie exploité par des patrons sans scrupule, il est rebelle, il a fait de la prison une première fois pour « outrage », puis pour un vol de sardines en boîtes, y est devenu « bacillaire ». Il fréquente la villa de Marie la belge, à Romainville, où se croisent ceux qui voulaient essayer tout, vivre libres, une communauté anarchiste où l'entraide est sacrée. Mais cette partie de la mouvance anarchiste-individualiste, adepte de la « reprise individuelle », dérive vers l'illégalisme, puis, avec l'arrivée de Jules Bonnot à Paris, vers les braquages, les cambriolages, les meurtres.
L'homme à la carabine est l'histoire d'un choix impossible, entre la soumission au travail abrutissant et la révolte qui mène à la prison ou à la guillotine. A l'innovation des braquages automobiles répond l'innovation des méthodes d'enquête policière, à la peur inspirée par la violence de la bande à Bonnot répond la violence des foules en colère, venues assister en masse aux sièges de Choisy-le-Roi puis de Nogent-sur-Marne, comme au spectacle.
C'est aussi le portrait touchant d'un jeune homme de vingt ans à l'humour gouailleur qui a déjà beaucoup vécu, qui parle aux animaux, est proche des enfants, déteste la cruauté, a été amoureux fou d'une femme qui l'a quitté pour un destin peu enviable, qui a lu, gambergé, et ne se laisse démonter par aucune question ou remarque, et qui n'a jamais tué personne.
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IreneAdler
IreneAdler09 février 2012
  • Livres 4.00/5
La bande à Bonnot vue à travers le regard du plus jeune, André Soudy. Enfant malheureux et miséreux, exploité par ses patrons succéssifs, tuberculeux, il rejoint la bande. Il est vite dépassé par ce qui se trame, mais préfère être en rebellion qu'en esclavage. Malade, il ne pourra fuir longtemps, ni résister comme ses camarades. Il sera exécuté.
Un livre qui m'a malgré tout beaucoup touché, surtout une fois fait le calcul ce l'âge de Soudy : il était plus jeune que moi au moment de son exécution. Pécherot ne le victimise pas, mais essaie de comprendre comment il a pu en arriver à rejoindre Bonnot.
Une lecture glaçante tout de même : j'y ai retrouvé des traits de notre société actuelle ; on comprend mieux pourquoi tant de jeunes basculent dans la violence.
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cathe
cathe19 septembre 2015
  • Livres 2.00/5
Dans les années 1910, la bande à Bonnet fait beaucoup parler d'elle. Parmi ses membres, André Soudy est le plus jeune. Malingre, tubard, émotif, c'est celui qui tenait la carabine sur la photo..
L'auteur a souhaité évoquer la bande à Bonnot en parlant plus précisément de Soudy. Texte libre, extraits de journaux et d'audience, références à des écrivains qui ont publié sur le sujet (Aragon, Colette, Boris Vian,...). Cet essai n'est ni un roman, ni une biographie, plutôt un puzzle dont on doit reconstituer les morceaux.
J'apprécie beaucoup Patrick Pécherot, aussi bien "Tranchecaille" que sa trilogie sur Paris parue en Série noire, c'est pourquoi j'ai immédiatement pris ce livre. Je dois dire que je me suis perdue dans ces chapitres qui, en ne voulant pas être linéaires, m'ont semblé bien labyrinthiques !
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Stonerandmore
Stonerandmore07 décembre 2014
  • Livres 3.00/5
Quand Patrick Pécherot écrie sur la bande à Bonnot on a presque envie de les disculper pour les crimes qu'ils ont commis . La bande à Bonnot , groupe d'anarchistes qui sont passés très ( trop ? ) rapidement de la philosophie révolutionnaire aux actes violents , ont fait régner la terreur de 1910 à 1912 à Paris et en région parisienne , commettant de nombreux cambriolages et vols à main armée la plupart du temps sanglants en utilisant pour la première fois des automobiles pour perpétrer leurs méfaits . Contre toute attente ce n'est pas à Jules Bonnot que s'intéresse Patrick Pécherot dans « L'homme à la carabine » mais au jeune André Soudy , qui traine son corps malade de la tuberculose et d'autre maux au côté de ses compères insoumis et révoltés . Petit commis d'épicerie devenu voleur à la sauvette puis complice de tueurs de sang froid , sublime perdant qui court vers son funeste destin . Véritable roman – photo qui retrace avec brio les heures du banditisme d'avant la Grande Guerre comme un dernier témoignage de ses marginaux , brûlants leur vie sans jamais renoncer à leurs idéaux .
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yv1
yv116 mai 2011
  • Livres 3.00/5
La construction de ce roman est étonnante : des parties racontant les faits, d'autres les interrogatoires de Soudy, d'autres sa jeunesse, toutes mises en parallèle. Il n'est pas toujours aisé de se retrouver entre elles et entre tous les protagonistes au moins au début. Une fois bien lancé dans la lecture, ça va mieux, même si la profusion des personnages peut perturber encore jusqu'à la fin.
L'écriture est plutôt rapide, des phrases courtes, des mots du peuple -P. Pécherot disait dans une interviouve que ce n'était pas de l'argot, mais plutôt des mots qu'il avait entendu dans sa jeunesse et qui pouvaient d'ailleurs être totalement anachroniques.
Le livre de Pécherot est donc un mélange, "un puzzle" disait son interviouveur. Très intéressant par la période qu'il raconte, par la bande qu'il décrit, leurs croyances et leurs méfaits
Cependant, je suis partagé et franchement j'ai du mal à dire vraiment ce que je pense de ce livre : j'ai bien aimé, notamment l'écriture de P. Pécherot, mais me reste une réticence que je ne réussis pas à bien définir. Peut-être la construction volontairement labyrinthique L'autre hypothèse serait que l'auteur nous amène à éprouver une certaine sympathie pour ces hommes, ces anarchistes que rien n'arrêtait. Mais malgré tout, ils furent quand même des malfrats aux mains pleines de sang - sauf Soudy qui bien qu'on l'appelât L'homme à la carabine, n'a jamais tiré sur personne. le malaise ou ma part d'incompréhension ou ma réticence, appelez-ça comme vous voulez, vient sans doute de cette situation.
Globalement, je peux adjoindre à ce roman, sans hésiter l'adjectif "bon", avec une petite pointe de regret de ne pouvoir le qualifier de très bon, probablement parce que je suis passé un petit peu à côté.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka13 novembre 2015
Tu les regardes passer d'un oeil narquois, les bétaillères à besogneux. Miteux en gilets de laine, emmanchés de lustrine, poussiéreux, l'haleine lourde de la nuit mal chassée, la couenne grise et le poil gras. Ils ont des petits sacs pour leur petit fricot, des petites idées et de pauvres épaules. Il s'effilochent de bureaux en services. Il s'y dépiautent comme des oignons, peaux de bique, peaux de lapin. Elles pendent aux porte-manteaux comme aux crocs des tanneurs les bêtes écorchées. Il fait froid aux écritoires. Le soir au logis, on s'y collera des gouttes et des fumigations. Le petit père rentrera fourbu, courbatu, frissonnant. La tronche sous la serviette, il inhalera sa vapeur médicinale tandis que le potage frémit sur le réchaud. Il y aura de la buée sur les carreaux, des effluves de menthol mélangées au ragoût et de la fatigue en poids mort sur le dos.

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KirsikkaKirsikka13 novembre 2015
Déambuler les mains dans les poches - pour une question de sustentation, il est nécessaire de les y enfouir - n'est pas sans effet sur la santé. Déviation du rachis, affaissement vertébral, ramollissement... Toute sa vie, Calet souffrira d'une aversion chronique à marcher au pas. Contraint de le faire, il s'en acquittera comme il pourra : sans conviction. Le vent lui portera des odeurs de chair à canon qu'il n'aimera pas. La médecine diagnostiquera un effet pernicieux de la déambulation : l'aberration olfactive. L'encyclopédie médicale la compare à une forme de daltonisme nasal. Elle porte ceux qui en sont atteints à de fâcheuses confusions. Chambrées, trains de soldats, troupeaux sont perçus comme ces senteurs annonciatrices d'orages qui font guetter l'abri.
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KirsikkaKirsikka13 novembre 2015
La petite gloriole, on la voit différemment quand on joue sa peau. Tenez, le collègue de Caby qu'était venu l'escorter, il a foutu le camp fissa. "Mon malheureux camarade s'affaissa tout sanglant. Je courus chercher du renfort", il a dit ça aux enquêteurs. "Je courus", c'est du passé simple, non ? Le gars se tire les flûtes au passé simple... Chapeau. Il a la carapate grammaticale. Au présent, il devait surtout prier le ciel de pas le trouver, son renfort. Il aurait fallu qu'ils retournassent au feu. Il a eu raison de décarrer. S'il avait pas couru, avec son passé simple, il aurait écopé.
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PecosaPecosa27 octobre 2012
Au bout de son fil accroché au veston, le monocle se balance comme un pendule. Bonnot a repris son arme:

"- Ecris! Ecris, nom de Dieu: "Nous brûlerons nos dernières cartouches sur les roussins et s'ils n'osent pas venir, nous saurons bien les trouver!" Voilà, signé: Jules Bonnot. Je veux lire ça dans la prochaine édition.
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yv1yv116 mai 2011
Prenez le tram à l'Opéra, passé la porte des Lilas, il vous mènera jusqu'à Romainville. Après les fortifications, vous longerez les carrières de gypse. Les cratères et le blanc crayeux comme une Voie lactée évoquent un décor de Méliès mais vous n'êtes pas sur la Lune, vous arrivez place Carnot. Descendez, à présent. Vous êtes rue de Bagnolet. Suivez-la. C'est une rue tranquille, avec ses maisonnettes et de petits immeubles. Le n°16 jouxte les établissements Renaud, meubles neufs et d'occasion. On y voit un pavillon à étages, d'assez belle allure. Poussez la grille, entrez dans le jardin. Il ressemble à ceux qu'on dit de curé mais vous n'y rencontrerez nul ecclésiastique. Quoique strictement végétariens, ceux qui vivent ici en font leur ordinaire. (p.41)
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Videos de Patrick Pécherot (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Pécherot
Code 93 de Olivier Norek aux éditions Pocket
Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93 " ? Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... " Un scénario qui tient en haleine jusqu'à la dernière page. du grand art de polar. " L'Express " On ressort bluffé par ce thriller. " Le Figaro(coup de c?ur de l?année)
http://www.lagriffenoire.com/code-93-173421.html
La saga des brouillards : Trilogie parisienne de Patrick Pécherot aux éditions Folio Policier
Au gré mouvementé de l'entre-deux guerres, dans un Paris en pleine effervescence, un privé en dehors des clous explore les coulisses de l'Histoire. Il y croisera des illégalistes, des surréalistes, des marchands de mort, des républicains espagnols, des cagoulards, des collabos... de drôles d'enquêtes dans une drôle d?époque.
http://www.lagriffenoire.com/la-saga-des-brouillards-les-brouillards-de-la-butte-belleville-barcelone-boulevard-des-branques.html
Les Italiens d'Enrico Pandiani aux éditions le Livre de Poche
« La première balle traversa la fenêtre d?un coup sec, déchira le ventre de Gaston, visita un peu ses boyaux avant de ressortir sous son omoplate gauche. Puis elle se planta dans le mur. La deuxième et la troisième pulvérisèrent une pile de CD et la tour Eiffel posée sur l?ordinateur de Servandoni. La quatrième transperça en un bruit sourd le thorax de la femme assisse en face de moi? »
http://www.lagriffenoire.com/les-italiens-268146.html
Celui dont le nom n'est plus de René Manzor aux éditions Pocket
" Puissent ces sacrifices apaiser l'âme de Celui dont le nom n'est plus. " Pour la deuxième fois en deux jours, ce message énigmatique signe une scène de crime londonienne. Rien ne relie les victimes ? pas même leurs assassins, qui ne se connaissaient pas, et qui ont chacun, lors de leur arrestation, avoué avoir tué la personne qu'ils aimaient le plus au monde. Pourtant les faits sont là : le rituel religieux, le message, le cadavre vidé de ses organes ? ces meurtres sont commis selon le même mode opératoire. le commissaire McKenna, vieux routier de Scotland Yard, et le docteur Dahlia Rhymes, criminologue américaine, pressentent que la série n'en est qu'à ses débuts. À moins de mettre, au plus vite, un nom sur l'horreur... " Un polar dense. Une intrigue captivante. " L'Express " Un thriller haletant... dont le lecteur n'oubliera pas le nom. " Ouest France
http://www.lagriffenoire.com/celui-dont-le-nom-n-est-plus-266061.html
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