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ISBN : 2800129735
Éditeur : Dupuis (2005)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une nuit, à l'hôtel de la Route des dames, Laura raconte son histoire à un étranger au sac rouge. C'est l'histoire de cette route, surnommée ainsi pendant la dictature, lorsque les femmes attendaient de voir passer quelques instants leur mari ou leur fils qu'on emmenait... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 03 janvier 2013

    lehane-fan
    Un photographe débarque dans un bar miteux . Très vite , il sera interpellé par cette jeune femme , au regard un peu triste , fumant des cigarettes possédant la particularité , chacune , de receler sur le côté une unique strophe tirée d'un bouleversant poème de Tristan Corbière .
    La questionnant tout de go sur le pourquoi du comment , la narratrice entamera , dès lors , un long chant funèbre faisant l'éloge de ces femmes , passionnément et tragiquement amoureuses de leurs douces moitiés alors arrêtées pour activités prétendument subversives , qu'elles croisent régulièrement , passagers première classe de ces camions de la mort , en route vers une énième séance de torture , possiblement la dernière...
    L'amour plus fort que tout , tel pourrait être le cri rageur de ces couples écartelés par une séparation que l'on pressent définitive . Un état totalitaire de l'Est faisant de la violence et du tourment son quotidien . le décor est planté . Il est sombre comme la mort qui rôde , omniprésente , tout au long de ce récit .
    Un trait plutôt épais , pas follement travaillé . Des couleurs éclatantes , en totale opposition avec le thème mortifère et pourtant , la mayonnaise prend , sans jamais tourner .
    Intelligence du propos , belle construction narrative concluant le récit par un twist final sublime . le pari est atteint , cette fumée bleue , à défaut d'être nocive , en deviendrait presque addictive .
    Lapière , à l'instar d'un peintre , procède par petites touches pour dévoiler , au final , un tableau ingénieux à l'écriture maitrisée et au scénario sans failles...
    Un peu de fumée bleue , de bien jolis mots sur d'horribles maux...
    http://www.youtube.com/watch?v=U0ghjVyaH2w
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 24 décembre 2012

    marina53
    Dans un bar-ferme-auberge isolée d'un pays de l'Est débarque un homme, un soir. Il porte sur lui un sac à dos rouge, objet dont il ne se sépare jamais car c'est lui le point de départ de chaque photo qu'il prend.
    Il s'assied au comptoir et remarque à ses côtés une très belle jeune femme. Fille de la tenancière du bar-ferme-auberge, elle dispose à côté d'elle six cigarettes sur lesquelles sont inscrits des vers de Tristan Corbière. A chaque cigarette fumée, nous en apprenons un peu plus sur cette femme, Laura, sur Ludvik, son amoureux fait prisonnier et sur leur belle et étrange histoire d'amour... Tout a commencé, un jour, sur le chemin des dames... des femmes qui pleurent leurs maris, des prisonniers torturés...
    C'est une très belle histoire d'amour que nous raconte Lapière. On écoute, avec cet homme de passage, son histoire d'amour au fil des pages et au fil des cigarettes qu'elle allume pour se rappeler ce prisonnier qu'elle a tant aimé, au fil des vers de Corbière qui se consument...
    C'est une très belle histoire d'amour sur la condition des hommes prisonniers, sur le pouvoir totalitaire, sur les blessures et les cicatrices laissées par ces bourreaux...
    C'est un étrange et douloureux récit raconté par cette femme, au hasard d'une rencontre, empli de poésie...
    C'est agréablement mis en image par Pellejero, avec une palette incroyable de couleurs chatoyantes.
    Un peu de fumée bleue, des volutes de plaisir...
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    • Livres 5.00/5
    Par Yggdrasil, le 27 octobre 2014

    Yggdrasil
    Des cigarettes amères et sèches alignées comme autant de larmes d'un amour évaporé, consumé et disparu. Des bribes d'un poème unique témoignage d'un espoir, d'une lutte contre l'oubli, contre la mort. Une fumée bleue pour se souvenir, d'un amour et d'une souffrance ancrés dans le coeur de Laura. Un nuage délétère pour cacher les cicatrices, s'éloigner chaque jour un peu plus de cette solitude, de cette mère aimante mais si différente, de ces hommes qui défilent dans ce bar... Quelques cigarettes en attendant Ludvik, prisonnier politique en transit rencontré à la sortie d'un virage. Quelques bouffées en espérant son retour, les brisures des chaines qui enferment son tourment, son égoïsme...
    Un poème de Corbière pour braver les interdits, la censure, la poésie pour lutter et se rapprocher dans un pays détruit puis libéré. Lui, n'est pas poète, il plante son sac à travers le monde, photographiant les gens, dévoilant leur vie. En débarquant dans cette auberge de la route des dames, le passé va revivre le temps d'un reportage... Cette route forestière, point de rencontre improbable entre des prisonniers en transit et leur famille venue de tout le pays va de nouveau ronronner au bruit du camion de transport, les bras vont se tendre dans l'espoir famélique de toucher le réconfort, aspiration suspendus au hoquet asthmatique d'un véhicule militaire.
    Un peu de fumée bleue ou la rencontre de deux êtres, mais aussi de deux hommes, Lapière et Pellejero, entre des couleurs vives et un texte sombre. Une complicité visible,sensible que la barrière des mots ne semble entraver. Cet album offre un peu de quiétude sur cette route des torturés politiques, entre un Ludvik égoïste, enfermé dans sa souffrance et une Laura prisonnière de ses sentiments, des absences qui l'entourent.

    Lien : http://pmasq.wordpress.com/2014/10/27/un-peu-de-fumee-bleue/
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    • Livres 5.00/5
    Par li_ederlezi, le 25 février 2015

    li_ederlezi

    Cette BD m'a particulièrement touchée...
    Je laisse d'emblée la question du pourquoi et du comment, parce que de même qu'on ne sait jamais vraiment ce qui nous fait aimer une personne plutôt qu'une autre, je serais incapable de définir la magie mystérieuse qui est à l'oeuvre quand une lecture m'emporte aussi loin..
    Mais je vais essayer de citer par petits bouts, les choses que j'ai aimées et qui pourraient donner à d'autres, l'envie de les aimer aussi :
    - La poésie... Au début, c'est l'échappatoire d'une enfant prisonnière d'un univers adulte. La poésie offre à Laura le moyen d'échapper à ce monde qui la malmène, tantôt par sa rudesse, tantôt par sa vision érodée de la vie. Ensuite, sous l'impulsion urgente d'une femme amoureuse, la poésie devient le fil invisible tendu vers l'être aimé, pour le maintenir en vie, coûte que coûte. La strophe de Corbière distillée cigarette après cigarette, remplace le tempo de la vie qui n'existe plus dans ce long tunnel de souffrance traversé par Ludvik. C'est un rappel incessant à la vie, un écho qui résonne quand la souffrance est si forte qu'elle donne à la mort des allures de sauveuse.. Les cigarettes que Laura offre à Ludvik ne sont que des boucliers de fumée, bien sûr, elles n'opposent aucune résistance aux assauts de ses bourreaux, mais elles s'interposent entre Ludvik et la mort, comme un écran de fumée qui semble dire "tu ne passeras pas tant que demeure la promesse que l'amour existe encore, quelque part au dehors.. ".
    - Laura. Cette femme solide et douce, est nimbée d'une douce mélancolie qui la suit dans tous ses mouvements. Même ses sourires ne parviennent jamais tout à fait à la dissiper.. (Laura, peut-être l'expression de cette "âme slave" dont tout le monde parle? )
    - Les lieux : le bar... la forêt, ou encore, ce bord de fleuve, en ville, où se font et se défont les révolutions...
    - le trait de Pellejero, si particulier, qui donne une densité incroyable aux personnages, épouse avec grâce leurs mouvements, joue avec l'ombre et la lumière et accentue les contrastes, pour nous révéler avec force toute une palette d'émotions. Sans parler de cette fumée bleue qui apporte au tout, une touche d'onirisme...
    - Les thèmes abordés, enfin : la censure, la torture, la survie, les cicatrices, l'amour, l'attente.. de quoi tenir en éveil notre psyché de lecteur, toujours avide d'émotions, d'étonnement et de réflexion.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cocotte8017, le 17 février 2015

    Cocotte8017
    Des prisonniers sont conduits à toutes les trois semaines dans un centre de torture. Sur la route, des dames attendent le passage du camion transportant leur père, leur mari, leur fils. C'est sur cette route que Laura et Ludvik, un prisonnier, tomberont amoureux. Lorsque Ludvick sera libéré, ils pourront vivre leur amour au grand jour. Mais la vie en prison continue de hanter Ludvick qui quittera Laura pour se venger. Voilà déjà un an que Laura attend l'homme qu'elle aime.
    J'ai beaucoup aimé cet album! J'ai trouvé l'histoire originale et bien racontée. On est loin des histoires d'amour à l'eau de rose. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un récit de guerre à proprement dit, cet album dépeint les répercussions de celle-ci sur la vie des gens, surtout Ludvick qui ne réussit pas à trouver la paix malgré sa nouvelle liberté et l'amour que lui voue Laura. C'est bien triste! Les illustrations sont très réussies et permettent de voir la mélancolie et la détresse des personnages.
    Un superbe album à découvrir!
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 24 décembre 2012

    Les fleurs de tombeau,
    qu’on nomme amourettes,
    foisonneront plein,
    ton rire terreux,
    et les myosotis,
    ces fleurs d’oubliettes »

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  • Par Yggdrasil, le 26 octobre 2014

    " Je n'étais pas malheureuse, non...mais il y avait du vide tout autour de moi. Je n'avais pas d'âmes" (page 29)

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  • Par li_ederlezi, le 24 février 2015

    Je ne connais rien d'autre de Tristan Corbière:

    "Va vite, peigneur de comètes !
    Les herbes au vent seront tes cheveux..."

    Je l'ai appris par cœur par esprit de contradiction, parce qu'un professeur de français obèse et stupide nous soutenait que Corbière n'était qu'un alcoolique suicidaire sans importance. Comment se fait-il qu'une strophe se retrouve ici, écrite sur ces cigarettes?
    - C'est probablement une longue histoire.
    -Probablement?
    - Il y a plusieurs débuts... et je ne suis pas très sûre de la fin, si vous voulez"
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  • Par Ladydede, le 12 mai 2013

    Elles venaient pour ça, elles se faisaient belles pour eux, pour ces hommes qu'elles avient l'occasion d'apercevoir une minute ou deux, pour ces quelques instants terribles où elles pouvaient continuer d'espérer...

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  • Par voilier, le 15 décembre 2013

    - Vous allez prendre une photo ?
    - Allez-y, tirez une bouffée...
    - Vous n'avez pas de flash ?
    - Je me contente de votre silhouette et du point rouge de la cigarette.

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