Il s'appelle Cochise Datier. Nom étrange pour un type non moins étrange. Bientôt l'hiver; les touristes ont déserté la côte bretonne où, dans cette petite ville non loin de la Baie des Trépassés, il a pris une chambre d'hôtel, seul, solitaire, discret, pas très bavard. Tous les jours, il s'en va à pied ou en taxi, pour de longues balades mélancoliques au bord des falaises. Au retour, invariablement, il passe devant la maison du 9, rue des
Goyen. Un révolver est caché au fond de son sac à dos. Que cherche-t-il ? Qu'attend-il ? La délivrance ou la vengeance ?
Se remet-on jamais de l'infidélité de l'être aimé ? Rien n'est moins sûr avec Cochise Datier, le personnage des "Normales saisonnières", dont on va suivre la lente et intrigante dérive le long d'une Bretagne venteuse et désolée. Cette atmosphère suspendue, statique, nonchalante, auréolée d'un climat terne et gris et d'une ambiance de polar noir à la
Simenon, est sans doute le judicieux artifice par lequel Pelot réussit à capter toute notre attention et à nous prendre dans les mailles d'un filet tissé avec une indolence aussi troublante qu'intéressante.