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Note moyenne : 3.5/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Les Vosges sous l’occupation nazie. Maria est
institutrice. D’une beauté saisissante, elle coule des jours
insouciants avec son mari, Jean, patron du bistrot du coin. Lorsque les maquisards viennent la chercher à l’école devant ses élèves, ils promettent d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 08 janvier 2011

    nadejda
    Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson et à Babelio qui m'ont permis de lire ce livre de Pierre Pelot
    Inoubliable Maria, c'est ce que je me suis dit après avoir terminé ce beau livre.


    C'est par la radio qu'il écoute en conduisant qu'un homme jeune, étranger à la ville, mais dont on nous dit que le père a quitté depuis longtemps la région, va d'abord renouer avec celle pour laquelle il a fait une longue route, celle à laquelle il veut parler...

    Maria belle et fière, bafouée à la fin de la guerre, par les maquisards qui la torturent et la souillent pour lui faire avouer où se trouve son mari, Jean Tobé, dénoncé comme traître par une lettre anonyme. Elle ne sait pourtant rien, elle, l'institutrice, quand lui fait du marché noir et collabore pour approvisionner son café et son épicerie et ...également le maquis.
    «Elle était assise et ne bougeait pas, plus elle concentrait son effort pour se lever, plus elle serrait étroitement ses jambes entre ses bras, plus elle se changeait en bois dur, en pierre, plus le silence grésillant se refermait étroitement sur elle, et les voix montaient de plus en plus loin, de très loin, à l'autre bout de cette chape.»
    Maria, «mise en congé» par l'éducation nationale après la libération, reprend son nom de jeune fille Loewell et continue à tenir le café épicerie hérité de son mari, tué par le maquis.
Elle élève tant bien que mal son fils Bastien, l'enfant de la honte.

    «....mais bien qu'elle eût rejeté son patronyme, elle hérita aussi du fardeau de son infamie, qui ne fit que s'alourdir au fil des ans...»

    «Une atmosphère de rancoeurs assassines tendue en permanence du dehors enveloppait la maison et ses occupants, mère et fils.»
    Elle finit par quitter Saint Maurice pour le bourg voisin du Thillot où elle finit ses jours dans la maison de retraite où elle a été employée, amicale et serviable avec tous. Maria, devenue conteuse sur radio Vallées et Chaumes où elle fait revivre l'histoire mouvementée de sa région. le passé lointain rejoint le proche.
    Les phrases sont sobres sans le lyrisme des autres livres de Pierre Pelot. Ce style plus dépouillé, plus tranchant s'accorde avec les paysages rudes et la dignité et le silence que Maria a su garder, au cours des années qui ont suivi l'épreuve subie et sa mise à l'écart par les gens du village. Un sacré caractère et une grande ténacité dans cette femme toujours belle malgré son âge....
    Je ne peux en dire plus. Ce livre court mais dense est fort et bouleversant.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par hexagone, le 02 mars 2011

    hexagone
    Pierre Pelot on le sait est l'auteur de " L'été en pente douce", livre adapté au cinéma avec succès.
    Résumer l'auteur à cet ouvrage serait sans doute réducteur. Cependant beaucoup de caractéristiques déjà présents dans " L'été en pente douce" se retrouve tout au long de ses autres ouvrages.
    Comme une marque de fabrique, une couleur, une marque indélébile.
    Ce " Maria" ne déroge pas à la règle.
    Pour ceux qui ignore à peu près tout de Pierre Pelot, sachez que notre homme n'a rien, mais alors rien à voir avec ce genre de prosateur germanopratin qui écrit toujours le même livre pour ne rien dire de vraiment important sinon de décrire la course de son orbite autour de lui même.
    Pierre Pelot donne une image d'un barde mal léché sous les apparences d'un mauvais garçon protégé par ses tatouages.
    Ca c'est pour l'image.
    En ce qui concerne ses livres, on sent dans ses histoires la sensibilité afleurer à chaque chapitre, qui plus est dans Maria.
    Maria, Jolie institutrice de campagne pendant la seconde guerre mondiale, va se retrouver au coeur d'un raz de marée sentimental et humain comme seuls savent les faire exister les moments chaotiques de l'Histoire.
    Enlevée par des maquisards revenchards, violentée, violée, bafouée, Maria va malgré l'ignominie continuer son bonhomme de chemin, mener sa vie. Comme ça, sans rien révéler, essuyant l'opprobre, élévant le fruit de cette violence et vivre.
    Nous la retrouverons bien des décennies plus tard, chroniqueuse historique sur une station radiophonique de province, dans les Vosges.
    Un journaliste va venir à sa rencontre et nous découvrivrons la vérité de Maria.
    Pelot nous surprend à décrire en si peu de pages une histoire émouvante, profondément touchante qui révèle les tréfonds de l'âme humaine.
    Maria est l'incarnation de la dignité, du devoir et de la lutte sans résignation, cela malgré les apparences.
    Pas de manichéisme ici, des êtres que l'histoire fracasse, détruit, avilie et glorifie.
    J'ai vraiment été ému par cette courte histoire qui mérite vraiment le détour et surout le rebondissement final qui est à la mesure du talent de l'auteur.
    Un bien beau livre, j'espère qu'il ne passera pas inaperçu dans le flot des sorties littéraires, souvent médiatiques et qui cachent paradoxalement de par leur petitesse la superbe forêt de chef-d'oeuvres.
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    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 08 juillet 2011

    horline
    Comme si de rien n'était "Maria" est un hommage émouvant à la dignité injustement bafouée de cette femme, victime expiatoire de la guerre opposant les collabos aux maquisards. Dans une vallée encaissée des Vosges peuplée de froustiers (forestiers), Maria a préféré garder secrète toute sa vie durant une blessure de guerre, une balafre invisible dont elle gardera les stigmates à tout jamais.
    Âgée de quatre-vingt ans, elle reçoit la visite d'un homme se présentant comme journaliste et réalisant un travail de mémoire …mais que lui veut-il réellement ?
    Avec une sincérité désarmante, Pierre Pelot raconte un drame intimiste qui recèle une grande force de pénétration. L'intensité dramatique ne se reflète pas dans une logorrhée qui déverse un flot d'angoisse et d'états d'âme, bien au contraire, elle est portée par les silences du récit. L'auteur a une certaine aisance avec le minimalisme et maitrise une sorte d'alchimie entre la rudesse des paysages et la pudeur des sentiments. On est au milieu des montagnes épaisses balayées par la bise glaciale, recouvertes de neige et envahies par la brume qui recouvre également les états d'âme des habitants. Et pour celle qui a du renoncer à sa carrière d'institutrice et subsister grâce un travail de femme de ménage, s'épancher était peut être un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir.
    Atmosphère silencieuse, texte tout en repli, mystère immobile ….pour autant ce n'est pas un récit austère, il y a de la chaleur humaine, de la douceur qui se dégage des personnages qui vivent l'instant présent. de l'attente à la rencontre entre Maria et le journaliste, il y a une humanité emprunte de délicatesse et de lumière qui éclairent les zones d'ombre du récit et évaporent toute la honte gardée enfouie.
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Maria, 85 ans, est conteuse de récits historiques sur une radio locale. Ancienne institutrice, elle a vécu un drame pendant l'occupation allemande : elle et son mari ont été dénoncés comme responsables d'une rafle de résistants et l'ont chèrement payé. Un journaliste vient l'interroger sur cette période.
    Comme nous le souffle la voix de Maria dans les émissions radiophoniques, les Vosgiens ont changé plusieurs fois de nationalité au cours de l'Histoire, au gré des conflits. En temps de guerre, les notions de bien et de mal deviennent floues, la mort et le meurtre sont partout. La fin justifie-t-elle les moyens quelle que soit la cause servie ? de tout bord (nazi, collabo ou résistant, ici), chaque individu devient capable du pire pour assouvir ses passions, ses envies de revanche. de sa plume toujours parfaite, Pierre Pelot signe dans ce court récit une histoire forte de vengeance sur fond de guerre. Son intensité est cependant émoussée par de longs passages sur l'Histoire vosgienne. Cela peut décevoir si l'on est surtout intéressé par le destin de Maria.
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    • Livres 4.00/5
    Par livresenpagailles, le 18 avril 2011

    livresenpagailles
    Les Vosges sous l'occupation nazie. Maria est institutrice. D'une beauté saisissante, elle coule des jours insouciants avec son mari, Jean, patron du bistrot du coin. Lorsque les maquisards viennent la chercher à l'école devant ses élèves, ils promettent de la ramener bientôt, que tout ira bien… Commence alors le calvaire de Maria. Un calvaire qui durera toute sa vie.
    Car voilà : Jean est un traître, un collabo, et beaucoup sont morts par sa faute. Pour l'avoir aimé, Maria sera battue, torturée puis violée, avec à jamais gravé en elle la disgrâce et la cruauté de ceux que la France élèvera bientôt au rang de héros.
    Elle n'en parlera à personne. Cinquante ans plus tard, un jeune homme arrive dans cette vallée par une nuit neigeuse. Il vient rendre visite à l'une des pensionnaires de la maison de retraite. La voix fatiguée d'une conteuse sur les ondes d'une radio locale l'accompagne dans son périple nocturne.
    Pour ses auditeurs, elle évoque l'histoire de ces terres où gèlent les eaux de la Moselle. Les fantômes du passé planent sur son récit.

    Mon Avis

    Un livre de 125 pages qui vous entraîne d'une seule traite sur un sujet évoqué mille fois : la guerre, les collabos.
    Quand je choisis ce genre de lecture , je me dis et pourtant je ne suis pas fane de ces récits, revenir sur ce passé douloureux ... mais malgré tout, je me dis qu'encore une fois je n'ai pas été déçu.
    Si Pierre Pelot n'est pas à son premier roman, pour moi ce fut une découverte, et je dois dire que j'ai aimé sa plume.
    Que c''est beau, poétique cette façon de parler des choses, du temps, de le décire, le dépeindre .
    Une particularité également, l'insertion de pages en italique s'ouvrant sur le moyen âge, récit de cette conteuse .
    Je me suis surprise à verser une larme, c'était tellement suptile cet instant entre ce jeune homme et cette pensionnaire de maison de retraite.
    Concernant l'histoire proprement dite, je ne rajouterais rien, c'est suffisament éloquent dans le récit de l'éditeur.
    Je retiens cependant sur la couverture cette phrase : Méfiez-vous des apparences....
    Preuve en est avec le secret dévoilé de Maria.
    Je ne demande qu'a découvrir encore Pierre Pelot, un Lorrain, région que j'affectionne également.





    Lien : http://livresenpagaille.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par dresseeaveclepoing, le 26 février 2011

    La rue centrale était très éclairée, les devantures des magasins crachaient des torrents de lumières flamboyantes. Une pellicule blanc-gris commençait de couvrir les trottoirs, les parapluies, bonnets et capuchons des passants. Un panneau accroché à une façade annonça l'heure et une température de 1°C, en lettres et chiffres rouges qui défilaient, à son passage. La recherche radio s'arrêta brusquement sur une station audible, le faisant sursauter(...) Il entendit prononcer le nom de Maria par le présentateur-animateur radio au moment où il se garait pratiquement face à l'entrée de l'établissement. Une légère exclamation de surprise fusa d'entre ses lèvres. Il jeta à l'autoradio un regard incrédule, monta le son.
    La voix était celle d'une femme âgée, avec des pauses hésitantes, parfois dans un mot, où on ne les attendait pas, marquant des difficultés de respiration, le souffle court.
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  • Par mimipinson, le 06 janvier 2011

    « Il ne savait rien de la région. Ça ne lui était jamais venu à l’esprit qu’on pût y vivre. (…) Quelques clichés, bien sûr, à se mettre sous la dent, pas mieux. La ligne bleue des Vosges, les bucherons vosgiens, la Bête des Vosges, l’affaire Grégory……….Comme des sortes d’accrocs dans un paysage lisse de montagnes rondelettes couvertes de sapins. »
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  • Par myriampele, le 31 janvier 2012

    Elle sentait bien que quelque chose se mijotait, et elle devinait quoi.
    Elle s'efforçait de n'en rien laisser paraître, de ne pas appuyer plus que de coutume ses regards dans leur direction, de ne pas paraître intriguée par l'inhabituel de leur attitude(...)
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  • Par myriampele, le 31 janvier 2012

    Elle sentait bien que quelque chose se mijotait, et elle devinait quoi.
    Elle s'efforçait de n'en rien laisser paraître, de ne pas appuyer plus que de coutume ses regards dans leur direction, de ne pas paraître intriguée par l'inhabituel de leur attitude(...)
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Vidéo de Pierre Pelot

Bande annonce du film Brocéliande, tiré du livre éponyme de Pierre Pelot.








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