ISBN : 2867465850
Éditeur : Liana Lévi (2012)


Note moyenne : 3.29/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Les Peruzzi: dix-sept frères et soeurs, une tribu. Des paysans sans terre, tendance marxiste, à la tête dure et au sang chaud. Parce qu’un certain Benito Mussolini est un ami de la famille, ils abandonnent le rouge pour le noir. En 1932, avec trente mille autres affamés... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 04 avril 2012

    horline
    « Maldits soient les Zorzi Vila ! ». Parce qu'ils ont été chassés des terres du Nord par les riches propriétaires et la famine, parce que le Duce leur a donné un domaine agricole fertile à eux des métayers crève-la-faim sur une terre jusqu'alors abandonnée aux marécages et aux anophèles, les Peruzzi, dix-sept enfants et autant de petits-enfants, Ferrarais dans le sang, ont revêtu la chemise noire du fascisme.
    Ainsi présentée ce pourrait être une fresque familiale bien sombre, mais sous la plume d'Antonio Pennacchi elle prend les couleurs d'une conquête de l'Ouest italien étrangement savoureuse.
    D'abord parce que c'est une famille, que dis-je un clan, une tribu noyautée par des liens indéfectibles, qui porte en elle le sens de la révolte et de l'orgueil. Chez les Peruzzi, on ne courbe pas l'échine, on remonte les manches pour la terre, les bêtes, et on n'hésite pas à sortir le couteau chaque fois que l'on manque de respect ou de bienveillance à leur égard ou à l'ami de la famille, le Duce.
    Ensuite parce que le récit fait appel à la mémoire familiale : riche de racontars ou « contars », l'histoire des Peruzzi nous est transmise par un descendant de la lignée doté d'un bagou désinvolte, comme si avoir le sang chaud était un atavisme. Adoptant le style de la transmission orale, le texte révèle une plume pleine de verve et de spontanéité, entre expressions populaires et langage de charretier, elle se révèle même impétueuse au regard des nombreuses ruptures temporelles du récit. le ton est parfois péremptoire lorsqu'il s'agit de révéler la vérité, ou plutôt la vérité des Peruzzi car le narrateur n'hésite pas à jouer avec l'Histoire et même la vraisemblance lorsque les abeilles se mettent à parler, de sorte qu'on sourit face à ce qui apparaît loufoque. Il n'hésite pas non plus à faire des comparaisons anachroniques pour dissimuler ce qui ressemble à un excès d'enthousiasme ou à de la mauvaise foi.
    Doté d'un réel talent de conteur, l'auteur pourrait être accusé de réécrire l'Histoire de l'Italie tant il se montre complaisant à l'égard du fascisme. Mais à lire entre les lignes, on découvre tout simplement un récit absous d'idéologie, résolument orienté sur la condition paysanne du début du XXe : des miséreux coincés entre révolutions avortées et incurie politique qui ont davantage adhéré au fascisme par loyauté lorsque le Duce a entrepris de bonifier les terres de l'Agro Pontin en construisant un canal et asséchant les marais, que par conviction politique. Dés lors, des milliers de paysans du Ferrarais et de Vénétie se sont transformés en pionniers ayant conquis de nouveaux territoires exploitables, prêts à accepter tous les discours des dignitaires au pouvoir - hommes providentiels -, à combattre les Méricains pendant la Seconde guerre, pourvu qu'on leur laisse leurs terres.
    C'est une œuvre dense qui prête à sourire mais qui éclaire d'une manière magistrale une part de l'Histoire italienne que je ne connaissais pas : la condition paysanne et les rapports du peuple italien avec les politiques.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par fee-tish, le 08 janvier 2012

    fee-tish
    C'est une plongée dans l'Italie de la première moitié du XXe siècle, au travers d'une saga familiale, que va découvrir le lecteur en lisant ce roman. Antonio Pennacchi le souligne lui-même dans le préambule : "ce livre est la raison pour laquelle je suis venu au monde". Ayant étudié l'histoire italienne avec grand intérêt, ce livre qui se définit "entre chronique et farce" m'a interpelé.
    Ce roman est une saga familiale, celle des Peruzzi, dont l'histoire évolue avec le contexte historique de l'arrivée du fascisme et de Mussolini en Italie. Largement inspiré de sa propre famille, le narrateur pourrait être Antonio Pennacchi lui-même. de la rencontre de ses grands-parents à sa naissance ; de la guerre de 14-18 à la seconde guerre mondiale ; l'auteur arrive à entremêler L Histoire avec un "H" majuscule et la petite histoire, celle des paysans italiens de l'époque.
    C'est avec beaucoup de franchise que le narrateur explique l'attachement des Peruzzi au Fascio puis au parti fasciste. Chose inavouable de nos jours, il faut savoir qu'après la Première Guerre Mondiale, les soldats italiens sont conspués par leurs compatriotes et par le parti socialiste, initialement contre le conflit. Seuls les adhérents au Fascio et Mussolini les reconnaissent, les remercient et, surtout, promettent à leur famille (souvent des paysans métayers) de devenir propriétaires terriens. Comment auraient-il pu ne pas ovationner cet orateur proche du peuple ? Antonio Pennacchi n'a que faire des conventions et replace les choses dans leur moule initial : il n'était pas condamnable d'être fasciste au début du mouvement, avant la dictature et les horreurs de la guerre.
    Mais ce livre est aussi l'histoire de l'assénissement des Marais Pontin, notamment par le Canal Mussolini où vivaient les Peruzzi. Une vie extrêmement difficile au début de leur urbanisation, lorsque moustiques et malaria profiléraient.
    Les personnages sont nombreux dans ce roman, mais je n'ai eu aucun problème pour m'y retrouver ; certainement du fait que l'auteur les nomme sans cesse et les fait entrer dans la tête du lecteur grâce à la répétition.
    Entre personnages fictifs (les Peruzzi) et ceux ayant une réalité historique, Antonio Pennacchi entremêle les deux avec brio. Un glossaire en fin d'ouvrage permet au lecteur de se documenter sur l'activité et le rôle de certaines personnalités citées dans le livre.
    Concernant la famille Peruzzi en particulier, ils sont tous attachants de par leur unité malgré des caractères trempés et très différents.
    Le style d'écriture d'Antonio Pennacchi est tout à fait atypique. Très dense, avec de longues descriptions et surtout un nombre trop important de digressions, il faut vraiment une concentration extrême pour ne pas se perdre. le schéma commun est le suivant : une histoire nous est racontée ; celle-ci amène une anecdote qui va ouvrir une grande parenthèse de quinze pages ; puis on revient à l'histoire initiale. Pour un roman de 500 pages, j'ai malheureusement trouvé cela lassant après en avoir lu les trois quarts.
    Notons tout de même le langage "paysan", argotique et haché, que j'ai beaucoup apprécié puisqu'il permet de se plonger dans le quotidien des métayers.
    En conclusion, je dirais que ce livre est passionnant durant les 300/350 premières pages. Un puits de savoir sur l'histoire de l'Italie du XXe siècle mais aussi une découverte du monde paysan. Avec des descriptions et des digressions moins longues, le roman aurait gardé ce côté saga historique vivante et entraînante. Malheureusement, les 150 dernières pages ont été très dures à lire, le style devenant lassant et ennuyant.
    Une lecture mitigée mais dont le fond historique est très intéressant néanmoins. Elle intéressera les amateurs d'histoire italienne et ceux qu'un style descriptif et plein de digressions n'effraie pas.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

Critiques presse (17)


  • Lexpress , le 15 mars 2012
    Sur trois générations, cette petite histoire dans la grande est pleine de promesses. Toutefois, c'est presque trop: trop de personnages et de ruptures temporelles, un écart trop grand entre les différents niveaux de langage utilisés.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 07 mars 2012
    Claironné à la première personne dans un style parlé, le récit est sans cesse alourdi par des interpellations lancées par le narrateur au lecteur et, pire, par des répliques censées reproduire le langage populaire.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 27 février 2012
    Roman à la fois dense et fluide, Canal Mussolini, dévoile l'Histoire avec un grand "H", celle de l'Italie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 24 février 2012
    C'est parfois drôle, surtout quand le jeu politique se pare de ses meilleurs atours burlesques et absurdes, embrouillé comme un récit oral peut l'être […].
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 22 février 2012
    Une belle réussite littéraire, d'autant plus attachante qu'elle semble très liée à l'histoire familiale de l'auteur.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 20 février 2012
    Entre campagnes militaires et faveurs agricoles, le narrateur nous livre donc une vision très personnelle du régime politique instauré par le Duce.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 20 février 2012
    Il fallait du culot, et un vrai talent de conteur, pour oser dire l'inavouable, et en outre rendre hommage au monde paysan.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 13 février 2012
    Éblouissant, truculent, réjouissant, Canal Mussolini est véritablement un ouvrage excellent.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 09 février 2012
    Canal Mussolini, d'Antonio Pennacchi, est un livre foisonnant, une fresque picaresque sur la famille Peruzzi, des paysans sans terre et sans le sou avec en toile de fond le fascisme.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 06 février 2012
    Antonio Pennacchi raconte avec style la condition de milliers d'italiens poussés par la misère à suivre Mussolini dans ses folies.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Liberation , le 06 février 2012
    Canal Mussolini, mené sur le ton du racontar, ou du «contar», comme on dit chez les Peruzzi, est remarquablement construit.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LeMonde , le 03 février 2012
    Dans cette fresque épique et picaresque - qui adopte parfois les tonalités de la légende ou celles d'un réalisme magique typique de la tradition paysanne -, l'histoire des Peruzzi croise celle de Mussolini.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 03 février 2012
    Dans Canal Mussolini, Antonio Pennacchi nous raconte, avec une énergie joyeuse et par moments très attachante, la saga d'une famille paysanne.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 03 février 2012
    C'est le mérite d'un bon livre que celui de susciter une réaction, de pousser à chercher un peu plus loin. La littérature n'a pas à se plier au politiquement correct.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Actualitte , le 01 février 2012
    Par ses anecdotes et nombreuses digressions, avec un style foisonnant, parfois excessif, l'auteur exprime sans doute tous les détours et aléas, subterfuges, concessions et tiraillements pour conserver la famille en l'état, lui donner une raison d'être.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Lexpress , le 23 janvier 2012
    "Qu'il soit bon ou mauvais, ce livre est la raison pour laquelle je suis venu au monde", prévient Antonio Pennacchi. Il peut être tranquillisé : le livre de sa vie est excellentissime.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 05 janvier 2012
    "Canal Mussolini" est un livre important de cette rentrée d'hiver. En 2010, ce gros pavé transalpin signé Antonio Pennacchi, a reçu le prix Strega, le bien nommé. Car il s'agit d'un roman sorcier. A priori, l'assèchement et la bonification des marais Pontins n'est pas un sujet emballant pour un lecteur français. Mais ainsi écrit, comme une épopée hardcore et une leçon d'histoire maligne sur l'Italie du siècle dernier, cela devient passionnant, « addictif » même.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par horline, le 04 avril 2012

    Quoi qu’il en soit, pour être honnête […], je vais vous raconter la vérité jusqu’au bout, tout au moins telle que je la connais et telle que mes oncles me l’ont relatée : nous avons, nous aussi, magouillé un peu.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (2)

Videos de Antonio Pennacchi

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Antonio Pennacchi

Mon frère est fils unique, un film italien de Daniele Luchetti sorti au cinéma en 2007, inspiré du roman Il fasciocomunista d'Antonio Pennacchi (2003).








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Canal Mussolini par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Antonio
Pennacchi(2) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (27)

> voir plus

Quiz