ISBN : 2812600632
Éditeur : Le rouergue (2009)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la campagne. Tout, c'est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode... Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entam... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par blog, le 06 janvier 2010

    blog
    28 ans, et du jour au lendemain, Pierre a tout plaqué : Paris, son amour, ses amis, les photos de mode. Dans une petite maison au cœur de la Sarthe, il vit de brocantes, entouré de vieux objets, de chiens adoptés et des vieilles chansons romantiques françaises qu'il affectionne tant. Il écrit aussi, une biographie de Rosa Bonheur, peintre de paysages bucoliques ayant aimé les femmes. le jeune homme se cache, se protège, fuit. Peu à peu, au fil d'un introspection tour à tour drôle, futile, dramatique, subtile, l'on découvre les secrets qui l'ont poussé à ce retranchement : un frère jumeau perdu trop jeune, et surtout R.. R., charismatique et aimant, R. le reporter motard avec qui il vivait depuis 10 ans. De cet amour qu'il a brisé par peur de le perdre, il dévoile la force, la tendresse et les blessures, et peut-être, l'avenir.
    Ce roman, vibrant, vivant, drôle et douloureux m'a séduite dès les premières pages. le narrateur est attachant avec ses fantômes, ses lâchetés et son romantisme obsolète. Car son histoire est aussi celle d'un amour fou, terriblement fort, et irremplaçable. L'introspection de Pierre, truffée d'anecdotes amusantes et parfois loufoques, est subtile et troublante. L'écriture d'Anne Percin a achevé de me convaincre que je n'avais pas lu de roman aussi poignant depuis un bon moment...
    Un vrai coup de coeur au milieu de la rentrée !



    Lien : http://enlivrezvous.typepad.fr/enlivrezvous/2009/09/bonheur-fant%C3%..
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  • Par keisha, le 30 janvier 2011

    keisha
    Quatrième de couverture
    A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la campagne. Tout, c'est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode... Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entamant la biographie d'une artiste animalière du XIXe siècle, Rosa Bonheur, la bien nommée. Avec pudeur, ironie, parfois provocation et pas mal de drôlerie, Anne Percin dévoile les secrets de ce jeune homme à la beauté féroce. Des fantômes, vivants ou morts, le hantent. Ainsi qu'une très grande histoire d'amour dont il a cru se préserver...Un premier roman débordant de vie et d'intelligence.


    Les romans encensés sur les blogs, on en attend trop, et même s'ils sont bien écrits, originaux, sensibles, réjouissants et post-ités durant lecture, eh bien on reste parfois un peu à côté, on se demande "pourquoi pas de coup de coeur, qu'est-ce qui ne va pas chez moi?".
    Et puis, que peut-on en dire qui n'ait pas déjà été dit? Vous n'avez jamais cette impression?

    L'histoire d'amour de Pierre et de R. est belle, finement observée, carrément romantique finalement. "Ce qui est atroce, quand on quitte quelqu'un comme ça, c'est qu'on quitte tout." R. a vraiment aidé Pierre a se reconstruire après le drame survenu dans son enfance. Mais finalement, ce ne sont pas les aléas de cette relation qui m'ont emballée, je penserais bien comme la mère de Pierre "Quoi? Ne me dis pas que c'est pour ça?"... Non, je ne devais pas être en mode sentimental à ce moment et j'ai trouvé quelques longueurs, attendant des révélations suplémentaires ou une accélération de l'intrigue, mais non...

    En revanche j'ai adoré la description de la vie rurale de Pierre, la voisine, les animaux, la brocante, la crêperie et ses amis. Les moments de rapprochement avec ses parents. Les passages fort drôles (ah le lapin!), l'humour qui affleure quasiment partout. Allez, aussi la tendresse! Sans oublier les détails sur Rosa Bonheur que j'ai dévorés avec grand intérêt.

    Alors ne vous occupez pas de l'avis de la schtroumpf grognon qui a quand même lu ce roman en peu d'heures, et faites connaissance de Pierre, il mûrit avec le temps, il cite Thoreau et Woolf, il aime passionnément , il est fort attachant finalement!

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-bonheur-fantome-..
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    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 07 mars 2011

    kathel
    Une maison de bord de route comme il en existe beaucoup, deux chiens, quelques chats, une voiture poussive et une petite échoppe de brocanteur, voici le nouveau quotidien de Pierre, qui a quitté Paris, sa vie avec R. et le confort procuré par un boulot rémunérateur pour un exil volontaire au fin fond de la Sarthe. L'écriture d'une biographie sur l'artiste peintre Rosa Bonheur n'est pas la seule motivation qui l'a poussé à se terrer là…
    Je sais que ce roman a plu à beaucoup d'entre vous, ce n'est pas pour cette raison que je vais tempérer mes propos, mais parce que je trouve à ce roman d'Anne Percin de nombreuses qualités. Tout d'abord vient l'écriture, fine et sensible, l'humour en petites touches, les réflexions très justes sur la vie à la campagne et sur la vie tout court. C'est tout un art de mettre des mots sur les sentiments, sur le mal-être et la difficulté d'aimer, et avec cette auteure, c'est une petite musique qui sonne juste. Les parties sur Rosa Bonheur aussi m'ont emballée, j'avais le souvenir d'avoir déjà vu quelques uns de ses tableaux sans jamais avoir retenu ce nom si poétique, et n'avais bien sûr aucune idée de qui elle était vraiment, c'était tout à fait passionnant de l'apprendre. Là où je suis un peu dubitative, c'est en ce qui concerne l'histoire de Pierre, quelles que soient les raisons qui l'aient poussé à cette retraite dans la Sarthe, cela ne casse pas cinq pattes à un lapin, si on peut dire ! Ne soyez pas dissuadés pour autant de découvrir ce livre, même si comme moi, on ne se laisse pas entièrement séduire, il reste que cette écriture est un réel plaisir pour l'esprit, et que la flânerie est donc plutôt plaisante.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-anne-percin-bonheur-fant..
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 31 décembre 2010

    claracambry
    Pierre, 28 ans a quitté Paris du jour au lendemain pour s'installer à la campagne. Il vit dans la Sarthe dans un petit village. Un peu de brocante, sa voisine Paulette qui le dépanne, le café de temps en temps… Il a lâché ses études de philo, un boulot qui payait bien et rédige désormais la biographie d'une peintre peu connue.
    Je fais volontairement une présentation sommaire de ce livre car on en apprend petit à petit en tournant chaque page sur Pierre. Il écrit sans flonflon mais avec beaucoup de sensibilité, de poésie, d'humour et d'ironie. Oui, tout ça ! Voilà sûrement la raison qui fait que j'ai dévoré ce livre ! Pourquoi a-t'il tout quitté ? Coup de tête, prise de conscience basée sur des principes écolos ? Non, d'ailleurs la vie à la campagne, il la découvre. Se contentant de peu, il s'en accommode. Il le couche sur le papier, nous le raconte au gré des jours qui passent, des phrases de sa voisine et des visites de R.. Mais le passé s'invite de temps en temps et les plaies non cicatrisées font mal, très mal. Il est question d'amour aussi, d'un amour fort et beau pour R. Et tout est si bien écrit que je n'ai rien à ajouter.
    Ce livre est en véritable enchantement ! Je l'ai lu en ayant l'impression d'être aux côtés de Pierre. le style d'Anne Percin est unique, comme des touches de couleurs différentes qui font un très beau tableau.

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/12/anne-percin-bonheur-fantome.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par Reka, le 17 septembre 2011

    Reka
    Ce roman a tout pour lui. On y trouve une dose parfaitement mesurée de légèreté et de gravité ; de bonheur et de souffrance ; d'actions, de références culturelles et de réflexions – des réflexions sur l'amour, l'art, la vie, la mort…
    Il m'est arrivé de rire franchement – j'ai beau être une amoureuse des animaux, l'immanquable scène du dépiautage d'un pauvre lapin par deux hommes qui ne savent pas comment s'y prendre a, dans ce livre, quelque chose de délicieux ! – et de me retrouver la gorge serrée, les larmes au bord des yeux.
    Ce livre sonne juste, il recèle une sensibilité et un romantisme débordants. Les personnages y sont humains, touchants, généreux.
    J'avoue m'être juste un peu ennuyée en lisant l'histoire de Rosa Bonheur. J'aurais pu prendre plaisir à découvrir un livre consacré à l'artiste exclusivement, mais interrompre l'introspection de Pierre pour la vie de Bonheur ou de Simone Weil – auteure à laquelle le narrateur s'est aussi intéressé dans une thèse qu'il a entreprise, puis abandonnée – m'a semblé dommageable et a égratigné mon agrément.
    Quoi qu'il en soit, "Bonheur fantôme" est un roman pudique, tendre et rafraîchissant. Un roman pétillant et plein de qualités, dont le plus grand tort aura cependant été de ne pas m'avoir laissé un souvenir impérissable…

    Lien : http://marecages.be/?p=4697
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Citations et extraits

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  • Par Lencreuse, le 02 janvier 2011

    Dix ans de souvenirs, c’est peu. C’est tout ce que j’ai, moi, pour me rappeler mon frère. Et encore, dans ces dix ans, faut-il compter des années nébuleuses, sans paroles, avant deux ans ? Il y a là-dedans beaucoup de choses fumeuses, d’ombres évanouies, d’événements supposés, rêvés peut-être. Comment savoir quels enfants nous étions ? Comment être sûr des sentiments que j’ai éprouvés pour lui ? Ma mère ne peut pas m’aider, sur ce point-là comme sur tant d’autres. Je suis seul avec ma mémoire qui a tout repeint en couleurs. Toutes les zones floues sont irrécupérables. Comment faire pour garder de tout cela une image unique ? Apaisante ? Comment faire pour ressentir autre chose que de la peur ?
    Je crois qu’il faut faire semblant. La réalité nous échappe, de toute façon, parce qu’elle nous demeure inconnue ou que nous ne la supportons pas. Nous vivons dans la fiction, il n’y a que cela qui nous convienne. Il faut seulement choisir quelle forme donner à notre malheur. Jusqu’à présent, je n’ai su en trouver qu’une : le cauchemar. Mais en lisant les mémoires de Rosa Bonheur, j’ai vu qu’il existait d’autres figures. D’autres postures, tout aussi mensongères, mais confortables, vivables en somme. Si l’on veut, par exemple, que nos morts familiers cessent de nous tourmenter, il faut les clouer au pinacle. Là-haut, tout là-haut dans le ciel, ils nous encombrent moins. On crée un panthéon, on y installe le mort qu’on aime, on décide qu’on lui dédiera tout, qu’en échange il nous protègera. Sur cette vague promesse se sont bâties les religions, depuis les premiers hommes. Le seul et unique but de toute croyance est bien d’accepter la mort. Le reste, c’est du folklore.
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  • Par Reka, le 11 septembre 2011

    Je suis un croque-mort qui prépare lui-même son cercueil. Je mesure ce qui va se perdre, ce qu’il n’y a plus, désormais, qu’à regretter. Un amour monstre.
    Il y a dix hommes au moins dans la tombe de mon amour.
    Mon meilleur pote pour commencer, avec qui rire est une occupation sérieuse. Mon confident, celui qui me comprend mieux que personne. Il est mon aîné, celui qui connaît qui je suis, d’où je viens, celui qui m’a appris à marcher sans lui tenir la main. Celui qui sait aussi tout ce que je ne sais pas, qui voit de l’autre côté où mes yeux ne vont pas. Il est le contradicteur, le chamailleur, l’adversaire qui dit blanc quand je pense noir, et pourtant mon seul allié, me gardant à droite quand je me garde à gauche, comme font les frères d’armes. Et en même temps, il est l’amant. Celui dont le corps familier fait monter en moi une tendresse à pleurer.
    Ce qui est atroce, quand on quitte quelqu’un comme ça, c’est qu’on quitte tout. (p. 120)
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  • Par kathel, le 07 mars 2011

    Quand je respire à fond, mes narines sont saturées de l'odeur des vieux livres. Je respire le dix-neuvième siècle. J'ai l'impression d'être dans une boule qu'on retourne, où tombe une neige synthétique.
    C'est une drôle de bulle, un drôle d'univers. J'ai créé autour de moi un rempart fait de ruines, avec fortifications littéraires, fondations enfantines, tour de guet philosophique, meurtrières ironiques. Bien malin qui m'en délogera. Je suis bien parti pour finir vieux garçon, finalement. Ou fou, comme Adèle Hugo. Quand je reconnais chez elle certains symptômes, je referme le livre précipitamment. Imagination délirante, sentimentalisme exacerbé, sensibilité maladive, pressentiment d'une destinée d'exception et, à l'égard du frère ou de la sœur perdus, un mélange oppressant de culpabilité et de rancune... En plus, elle aimait passionnément la musique. Encore une victime du piano. C'est un instrument dangereux, comme un amant terrible.
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  • Par Lencreuse, le 02 janvier 2011

    Je sais que je ne suis pas malheureux parce que je suis seul. L’inverse est probablement plus juste. Vivre seul ne nuit pas, ni ne guérit de rien. Ça rend seulement plus évident ce qui empêche de vivre avec les autres…
    Ma solitude, il est temps de reconnaître qu’elle existera toujours, même entouré d’amis. Je le sais bien. Ça ne s’en va pas comme ça. C’est comme une tache indélébile mais invisible. Ce qui est vraiment crade, ce qui fait vraiment mal, c’est la tristesse. C’est elle qui m’éclabousse, me macule, me salit. Je tombe dedans et me voilà couvert de merde. Je pue.
    Personne ne voudrait de moi dans cet état.
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  • Par Reka, le 17 septembre 2011

    Comme quand j'étais petit, je fixais ses yeux clos et me disais : "ce sera pareil quand il sera mort." Et je le regardais assez longtemps pour croire que la fin était venue, que c'était là, que c'était arrivé, ceci : le jour où ses yeux ne s'ouvriront plus, le jour où un souffle lourd ne soulèvera plus sa poitrine.
    J'aurais pu prier, si j'avais été le moins du monde croyant, ç'aurait été avec ferveur, avec dévotion, avec ardeur, en cet instant. Mais nul besoin de religion, à ceux que ne quitte pas la pensée de la mort. (p. 151)
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