A la suite de ma lecture de
Ce qui stimule ma racontouze..., j'ai eu une envie irrépressible de lire
La vie mode d'emploi. Je m'suis dit : "Bon, c'est un gros livre, il vaut mieux le lire pendant les vacances, prendre le temps." Et c'est ce que j'ai fait. Mais la question qui me vint à l'esprit plusieurs fois, lors de ma lecture c'est : "Mais pourquoi, n'ai-je point lu ce roman plus tôt ? Ce livre est un chef d'oeuvre, comment ai-je pu passer à côté si longtemps ?"
Dans une écriture extrêmement simple et accessible,
Georges Perec écrit le roman des romans. Celui dans lequel, en marge des personnages et des lieux décrits, naissent des histoires, d'autres lieux, d'autres personnages a priori sans relation avec les habitants du 11 rue Simon-Crubellier, mais ici, tout est lié, ne serait-ce que par une combine parfois ténue, mais toujours visible.
Bartlebooth est le personnages principal, celui qui lie un peu les autres, celui dont l'histoire est le fil rouge du roman
les autres résidents ont tous des histoires ou des aïeux qui ont eu des aventures, rares, rocambolesques, désopilantes, comiques ou tragiques. Malgré les multiples intervenants, le lecteur n'est pas perdu. Perec fait des petits chapitres, consacrés à un habitant ou à la famille, ou plutôt à l'appartement et à ceux qui l'occupent ou l'ont occupé. A chaque fois, il replace ses personnages de telle manière que le lecteur s'y retrouve aisément.
Ce roman est absolument génial, un puits de connaissance dans tous les domaines : histoire, chimie, mathématiques, littérature, peinture, musique, sport, etc, mais jamais pédant, toujours pédagogique et à la portée du lecteur. Un roman qui alterne le burlesque, le cocasse, le drôle, le triste, le sombre, le noir. Un roman dans lequel l'auteur s'essaye à tous les genres, poésie, roman picaresque, épopée, roman d'amour, ... Un roman fourre-tout, mais extrêmement maîtrisé et bien rangé. Un livre unique, d'un genre que je ne rencontrerai pas de sitôt, sauf à relire celui-ci, bien entendu !
Des passages sont vraiment fabuleux, comme celui dans lequel
Georges Perec présente son personnage nommé Cinoc
Les 579 pages (sans compter les annexes) de la version poche se lisent très vite, sans de temps mort, sans "ventre mou" au milieu du livre, bien que la plus grosse partie soit consacrée à des descriptions. Au contraire, j'aurais bien rajouté un ou deux étages à l'immeuble du 11 de la rue Simon-Crubellier