ISBN : 2070382885
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
" Il y eut ces journées creuses, la chaleur dans ta chambre, comme dans une chaudière, comme dans une fournaise, et les six chaussettes, requins mous, baleines endormies, dans la cuvette de matière plastique rose. Ce réveil qui n'a pas sonné, qui ne sonne pas, qui ne so... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par hubertguillaud, le 07 janvier 2008

    hubertguillaud
    De la mi-conscience du quasi-sommeil à l'indifférence du refus de la vie, Perec décrit là une situation ultime, avec une langue ultime. Expérience littéraire abscons qui fleure bon les années 60, on peut-être rebuté par cette vision descriptif et introspectif du monde. Expérience ultime, non seulement dans la trame de l'histoire, mais bien également dans la langue, construite d'accumulation déclamatives.
    La vie n'existe que par les détails que l'on observe, tout détail étant égal à un autre. Dans cette narration hypnotique, où toute intrigue est absente, où les activités du personnage sont insignifiantes, sans valeurs, nivelant tout acte au niveau des autres, est-ce vraiment l'indifférence, dont se revendique le personnage qui prédomine, ou au contraire une haute conscience de soi ?
    A voir, le film, qui rend accessible d'autres hypnotismes que Perec n'a sur rendre (le son notamment, mais aussi, celui de l'image) : http://www.dailymotion.com/video/x3svpv_georges-perec-un-homme-qui-dort_shortfilms
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  • Par sbrodj, le 20 juin 2011

    sbrodj
    De Perec, ce grand écrivain du 20ème siècle, on connait davantage "Les Choses" ou "La vie, mode d'emploi". Ce petit roman est magnifique bien qu'assez sombre dans son propos. A éviter de lire pour se remonter le moral.
    Mais comme chacun sait, les plus jolies fleurs sont souvent à cueillir du côté du mal.
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    • Livres 3.00/5
    Par iris, le 20 mars 2008

    iris
    L'histoire d'une dépression en tableaux descriptifs, en détails minuscules. Une belle écriture pour raconter l'immobilité, les "pas grands choses"avec quoi on s'occupe quand même quand il faut bien continuer à vivre alors qu'on s'est mis hors la vie (enfin, c'est l'impression lointaine qui me reste du livre).
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    • Livres 4.00/5
    Par Fantasio, le 01 octobre 2010

    Fantasio
    Un étudiant à priori ordinaire se laisse volontairement sombrer dans une sorte de torpeur et d'indifférence qui doit, dans son esprit, le mener au renoncement absolu du monde. Cette chronique est à la fois intrigante et poétique. On se surprend même à envier le narrateur et en tout cas on se demande avec un peu d'angoisse jusqu'où cette expérience va le mener.
    Un texte magnifique d'un des plus grands et plus atypiques écrivains du XX° siècle. Ce livre est littéralement fascinant et bien sûr comme d'habitude avec Georges Perec, l'écriture est éblouissante .
    Au-delà du récit passionnant, on ne peut qu'être, une fois de plus, être admiratif du style si particulier de l'auteur du fabuleux la vie mode d'emploi (entre autres). Un homme qui dort nous offre une histoire étonnante qui a été ou qui pourrait peut-être être la nôtre un jour ou l'autre.


    Lien : http://lefantasio.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par letendard, le 29 novembre 2010

    letendard
    Aussi sublime que sibyllin
    La littérature est avare de tuer. Comprenez « tu es ». Hormis Julien Green (qui connaît encore Julien Green ?) ou plus récemment (et déjà mort, suicidé) Edouard Levé, le tutoiement en littérature demeure rare. Et souvent, lorsqu'on dit « tu » en littérature, c'est pour mieux dire « je »…Un homme qui dort de Georges Perec est de cette race là. Sublime reliquat du tutoiement qui pense « je »....
    http://www.denecessitevertu.fr/

    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2010/02/19/morphee-amputee/
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 17 juillet 2011

    Tout est prévu, tout est préparé dans les moindres détails : les grands élans du cœur, la froide ironie, le déchirement, la plénitude, l’exotisme, la grande aventure, le désespoir… Tout est déjà prêt pour ta mort…Pourquoi grimperais-tu au sommet des plus hautes collines, puisque ensuite il te faudrait redescendre et, une fois redescendu, comment faire pour ne pas passer ta vie à raconter comment tu t’y es pris pour monter ? Pourquoi ferais-tu semblant de vivre ? Pourquoi continuerais-tu ? Ne sais-tu pas déjà tout ce qui t’arrivera ? N’as-tu pas déjà été tout ce que tu devais être : le digne fils de ton père et de ta mère, le brave petit scout, le bon élève qui aurait pu mieux faire, l’ami d’enfance, le lointain cousin, le beau militaire, le jeune homme pauvre ?
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  • Par mandarine43, le 08 août 2011

    [ Incipit ]

    Dès que tu fermes les yeux, l'aventure du sommeil commence. À la pénombre connue de la chambre, volume obscur coupé par des détails, où ta mémoire identifie sans peine les chemins que tu as mille fois parcourus, les retraçant à partir du carré opaque de la fenêtre, ressuscitant le lavabo à partir d'un reflet, l'étagère à partir de l'ombre un peu plus claire d'un livre, précisant la masse plus noire des vêtements suspendus, succède, au bout d'un certain temps, un espace à deux dimensions, comme un tableau sans limites sûres qui ferait un très petit angle avec le plan de tes yeux, comme s'il reposait, pas tout à fait perpendiculairement, sur l'arête de ton nez, tableau qui, d'abord, peut te sembler uniformément gris, ou plutôt neutre, sans couleurs ni formes, mais qui, assez vite sans doute, se trouve posséder au moins deux propriétés : la première est qu'il s'assombrit plus ou moins selon que tu fermes plus ou moins fortement tes paupières, comme si, plus précisément, la contraction exercée sur la barre de tes sourcils lorsque tu fermes les yeux avait pour effet de modifier l'incinaison du plan par rapport à ton corps, comme si la barre de tes sourcils en formait la charnière, et, par conséquent, bien que cette conséquence n'ait pas l'air démontrable sinon par l'évidence, de modifier la densité, ou la qualité, de l'obscurité que tu perçois ; la seconde est que la surface de cet espace n'est pas du tout régulière, ou plus précisément, que la distribution, la répartition de l'obscurité ne se fait pas d'une manière homogène : la zone supérieure est manifestement plus sombre, la zone inférieure, qui te semble la plus proche, bien que déjà, évidemment, les notions de proche et lointain, haut et bas, devant et derrière, aient cessé d'être tout à fait précises, est, d'une part, beaucoup plus grise, c'est-à-dire non pas beaucoup plus neutre comme tu commences par le croire, mais bel et bien beaucoup plus blanche, et d'autre part contient, ou supporte, une, deux, ou plusieurs sortes de sacs, de capsules, un peu l'idée que tu te fais d'une glande lacrymale, par exemple, à bords minces et ciliés, et à l'intérieur desquels tremblent, s'agitent, se tordent des éclairs très très blancs, parfois très minces, comme de très fines zébrures, parfois beaucoup plus gros, presque gras, comme des vers.
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  • Par hubertguillaud, le 07 janvier 2008

    Dès que tu fermes les yeux, l'aventure du sommeil commence.





    Quelle merveilleuse invention que l'homme! Il peut souffler dans ses mains pour les réchauffer et souffler sur sa soupe pour la refroidir.



    L'indifférence ne t'as pas rendu différent.
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  • Par Laetirature, le 19 mai 2011

    En face du monde, l'indifférent n'est ni ignorant ni hostile. Ton propos n'est pas de redécouvrir les saines joies de l'analphabétisme, mais, lisant, de n'accorder aucun privilège à tes lectures. Ton propos n'est pas d'aller tout nu, mais d'être vêtu sans que cela implique nécessairement recherche ou abandon ; ton propos n'est pas de te laisser mourir de faim, mais seulement de te nourrir.
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  • Par latrace, le 30 janvier 2011

    Libre comme une vache, comme une huître, comme un rat ! Mais les rats ne cherchent pas le sommeil pendant des heures. Mais les rats ne se réveillent pas en sursaut, pris de panique, trempés de sueur. Mais les rats ne se rongent pas les ongles, et surtout pas méthodiquement, pendant des heures entières, jusqu’à ce que l’extrémité de leurs griffes ne sont plus qu’une plaie diffuse.
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L’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation de Georges Perec Lu par Valérie Bonneton Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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