> François Maspero (Traducteur)

ISBN : 2757808044
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Ancien photographe, Faulques vit retiré du monde. Hanté par les horreurs des champs de bataille, la peinture est son exutoire. Sa vie bascule quand surgit Markovic, combattant croate décidé à lui demander des comptes. Photographié par Faulques pendant la guerre en Bosni... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par folivier, le 27 septembre 2011

    folivier
    Je connaissais Arturo Perez-Reverte par ses premiers romans, Le tableau du Maître flamand, LE CLUB DUMAS et j'étais resté sur un auteur érudit écrivant des romans agréables, prenants, malins, bref de bons romans plein de suspense et de rebondissements.
    Quelle ne fut pas ma surprise en débutant la lecture de ce dernier roman. Il s'agit d'un texte difficile demandant de la concentration, faisant appel souvent à des métaphores, des allégories, des symboles se répondant et s'interpelant, de nombreuses références à la peinture, la mythologie et à l'antiquité.
    C'est un roman grave, sombre, pessimiste qui donne une vision de l'homme et de l'humanité sans espoir.
    Le roman se déroule sur une côte espagnole où Faulques, ancien photographe de guerre, vit, isolé du monde, dans une tour de guet. Il consacre son temps à peindre une fresque sur tout le mur intérieur du rez-de-chaussé de la tour. Il cherche au travers de cette peinture à trouver en quelques sorte le sens de la vie, qui se résume pour lui dans la violence et les horreurs qui ont jalonné l'humanité depuis la nuit des temps. Cette violence parfois gratuite, cette horreur qui caractérise l'homme de l'animal trouve son exaspération dans les conflits, guerres civiles, viols, tortures, massacres, génocides, que Faulques a couvert en tant que photographe au Liban, au Congo, Rwanda, Bosnie,...
    Un homme, Markovic, vient rencontré Faulques et lui apprend qu'il est un ancien soldat croate, ayant combattu en Bosnie, photographié par Faulques lors d'une brève rencontre. La photo a été primée et est devenue le symbole de la défaite croate en Bosnie, Markovic le symbole du soldat croate. La célébrité engendrée par cette photo aura des conséquences dramatiques pour Markovic. Torturé pendant des mois, prisonnier durant près de 3 ans, à son retour dans son village il découvre que sa femme et sa fille ont été massacré dans des conditions horribles également à cause de cette photo. Markovic tiens responsable Faulques de ces enchaînements dramatiques et est venu se venger, le tuer. Mais auparavant, Markovic veut comprendre la démarche de Faulques, pourquoi cette peinture ? Comment faisait-il pour être au milieu de l'horreur et prendre toutes ces photographies sans frémir, sans bouger, témoin passif, récoltant les honneurs et les récompenses sur le meurtre, l'assassinat, les massacres.
    "... et que jamais une larme ne t'ait fait manquer ta mise au point" (p172 - Ed Point)
    Alors s'engage de long échanges et dialogues entre Faulques et Markovic, chacun racontant par petit bout leur vie. et faisant part de leur doute et de leurs réflexions.
    A partir de cette trame, Arturo Perez-Reverte nous entraîne dans une immense et très dense réflexion sur le hasard et la nécessité, le chaos et l'ordre, le destin et le choix, les conséquences de chaque action référence à la fameuse aile de papillon entraînant le chaos,
    "L'effet papillon avez-vous dit ? Quelle ironie, un mot si délicat" (p54 - Ed Point)
    Brassant tous ces thèmes avec de multiples références mythologiques (Les Dieux, Charon et le Styx), de l'antiquité (Troie et sa destruction, Andromaque, Euclide,...) et surtout de très nombreuses références à des tableaux, l'auteur pose une réflexion sur la photographie et sa capacité à rendre compte du monde et de la nature humaine au-delà de la réalité, de la peinture qui par la symbolique, la stylisation, le détail, la déformation peut mieux rendre compte de ce qu'il y a derrière la vie.
    "Dans le trait de crayon et la touche de couleur, lents, minutieux, réfléchis, qui ne sont possibles que quand, enfin, le coeur bat plus lentement. Quand les vieux dieux mesquins et tout ce qui s'y rattache cessent d'accabler l'homme de leurs haines et de leurs faveurs" (p15 - Ed Point)
    Faulques recherche la règle, la loi qui régit le monde, qui entraîne le chaos.
    "Sa quête de la règle cachée qui ordonnait l'implacable géométrie du chaos" (p14 - Ed Point).
    Arturo Perez-Reverte a la même démarche par ce roman en pensant peut-être que l'écriture pourrait, elle, faire émerger cette vérité. Finalement à la toute fin du roman elle ne se dévoilera pas. La réponse se trouve en chacun de nous, notre libre arbitre et notre responsabilité dans nos actes.
    C'est également un texte qui dénonce notre relation et à l'actualité, au sensationnalisme qui devient du voyeurisme sous couvert d'information. A force de chercher le pourquoi de tout cela, Faulques, qui est notre représentation, se détache de ce réel absurde et cauchemardesque, il ausculte, analyse, interprète le réel, c'est un spectacle, comme lorsque Faulques et son amie Ovildo sont sur le balcon d'un hotel face à Dubrovnik assiégée, en flamme. La lueur des incendies et les explosions des obus devient un tableau, une oeuvre d'art.
    Markovic est comme un ange annonciateur de la mort qui permettra à Faulques de revoir sa vie et comprendre que sa quête est arrivé à son terme.
    Magnifique roman qui demande un véritable effort de lecture pour suivre les multiples retours en arrière. Parfois des phrases un peu abscons qui s'éclairent par la suite. Les références picturales demandent à rechercher les tableaux pour comprendre les descriptions et les analyses des oeuvres.
    Arturo Perez-Reverte nous entraîne dans une oeuvre très noire, sans espoir sur la nature profonde de l'homme : "homo sapiens, homo ludens, homo occisor" : homme qui pense, qui joue et qui tue
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 28 juillet 2011

    Eric75019
    Arturo Pérez-Reverte nous avait habitués à des sujets plus légers (comme Le tableau du Maître flamand, LE CLUB DUMAS ou le pas trop triste Capitaine Alatriste), mais ici, attention, on change radicalement de registre.
    Faulques, Le peintre de batailles, est un ancien photographe de guerre qui a pratiquement couvert tous les conflits armés de ces trente dernières années sur tous les continents. Récompensé par plusieurs prix internationaux qui lui ont valu sa célébrité, il aspire maintenant à une retraire solitaire et paisible et décide de revenir à son premier métier, la peinture, afin de réaliser son œuvre ultime : peindre la guerre, intemporelle et absolue, telle que la photographie, trop proche du monde réel, n'a jamais pu l'exprimer. Il réalise son ambitieux projet dans une ancienne tour où il a élu domicile. Il peint une grande fresque circulaire représentant la somme de toutes les batailles, juxtaposant les atrocités commises en temps de guerre à travers les siècles. Or un jour, il reçoit la visite d'un homme, qu'il ne reconnaît pas tout de suite, et qui se présente comme le soldat croate anonyme d'une de ses photos prise pendant la guerre des Balkans. Devenu du jour au lendemain célèbre à cause de cette photographie, qui a été largement publiée, le Croate annonce qu'il est venu pour le tuer.
    Que l'on ne s'y trompe pas, il n'y a dans ce livre que peu de scènes d'action : nous avons droit à une longue joute verbale entre les deux hommes, qui vont défendre leurs points de vue, essayer de se comprendre et tenter d'expliquer leurs projets respectifs avant tout passage à l'acte.
    La violence, souvent insoutenable, n'est pourtant pas exclue, à travers les flash-back et la remémoration des scènes du passé du photographe peintre, puisant dans le sordide et l'indicible de ses sujets (pour lesquels Faulques ne semble avoir ni culpabilité, ni parti pris, ni envie de dénonciation, mais simplement un réel souci d'esthétisme et de pertinence technique permettant de réaliser le meilleur cliché).
    Ce roman nous fait réfléchir à trois niveaux : la guerre en général, le cas particulier de Faulques, et même (plus surprenant) les lois qui régissent l'Univers. Quel doit être le rôle des journalistes en temps de guerre ? Faut-il tout raconter, tout photographier par devoir d'informer ? le photographe a-t-il une part de responsabilité dans les exactions commises en temps de guerre (il semble que oui) ? le photographe doit-il flatter l'égo des assassins – qui en rajoutent presque, se sachant photographiés – en immortalisant leurs exactions et en confortant leur popularité ? Se rend-il alors complice des crimes de guerre ? Doit-il faire abstraction de la violence et de la propagande ?
    Faulques, lui-même, est-il responsable de la mort de son amie dix ans plus tôt (je ne dévoilerai pas ici les circonstances si particulières de cette mort) ? Se sent-il coupable et cherche-t-il à se punir ? Est-il de même responsable du sort du Croate et de sa famille ?
    Plus curieusement, dans sa recherche de réponses, le roman fait appel aux lois fondamentales du fonctionnement de l'Univers, en évitant soigneusement la religion, qui n'apporte aucune réponse (« - Et Dieu, Monsieur Faulques ?... Êtes-vous croyant ? - Et puis quoi encore ? »). Les lois de l'Univers permettent une tentative d'explication par la symétrie et la géométrie, le déterminisme et l'incertitude quantique, la théorie du chaos et l'effet papillon, tentative de déresponsabilisation par les lois physiques et statistiques, et par la perfection esthétique de l'Univers.
    Faulques se réfugie dans l'art et la géométrie pour trouver des réponses, pour donner du sens à sa vie, et même à sa mort. Mais son heure a-t-elle vraiment sonné ?
    Ce livre impressionnant questionne le lecteur et dérange, et c'est à chacun d'apporter ses propres réponses aux questions posées.
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    • Livres 3.00/5
    Par luocine, le 02 mai 2011

    luocine
    Livre prêté par mon amie G….. Photographe, parce qu'elle y avait trouvé une réflexion intéressante sur l'acte de photographier. Loin de son travail, ce roman est une analyse, au combien précise, du métier de reporter-photographe de guerre, au cours du roman la réflexion s'élargit à la photographie et à l'art en général.
    Ce que ne m'avait pas assez dit G….. , c'est l'horreur du sujet, la violence des guerres dont a été témoin ce reporter.
    Ce livre lu entre Paris et Saint-Malo, m'a plombé complètement le moral. Par la violence des descriptions – le sujet est d'ailleurs très proche- il m'a fait penser au film « Incendies ».
    Mais contrairement à mon amie, les mots ont pour moi une réalité bien plus forte que les images.
    Le livre pose un problème qui m'a toujours plus ou moins hanté, au lieu de photographier des bébés mourant de faim pourquoi les photographes des magazines occidentaux ne les nourrissent pas.
    Pour les photographies de guerre, je dois dire que je ne les regarde jamais, j'en ai quand même dans mon réservoir à images, celle de Capa qui est commenté dans ce roman, et la femme en pleurs après un attentat en Algérie.
    Ce roman est très prenant, mais m'a mise très mal à l'aise : comment quelqu'un d'aussi douée pour la vie que G…. peut me conseiller de lire de tels passages
    « Ce n'était pas possible de photographier le danger ou la faute. le bruit d'une balle qui fait exploser un crâne. le rire d'un homme qui vient de gagner sept cigarettes en pariant sur le sexe du fœtus de la femme qu'il a éventré avec sa baïonnette »
    Ensuite, le problème que j'ai dû résoudre c'est pourquoi je suis allée jusqu'au bout de ce roman, G…. avait le prétexte de la réflexion sur la photo, moi, celui qu'elle me l'avait prêté. Quel rôle joue le lecteur de telles horreurs ? Ne suis-je pas alors voyeur d'un exhibitionniste de talent de la souffrance humaine ?
    Car si le photographe prend un cliché avant de penser à sauver celui qui va être tué, il n'existerait pas si sa photo ne se vendait pas et n'était pas regardée.
    La trame romanesque est assez bien tendue : le rapport entre l'ancien soldat Croate dont le reporter photographe a détruit la vie à cause d'une bonne photo, et l'histoire d'amour, un peu trop romanesque cependant. Tout n'est raconté que pour faire réfléchir à ce que représente une image. le photographe reporter ne s'appelle pas pour rien un « chasseur d'images ».
    Est-ce qu'avoir conscience que la guerre, amène obligatoirement ce genre de souffrances permettra de changer le comportement des hommes ? Il faut l'espérer.
    Pour conclure un livre à ne pas mettre entre des mains sensibles à cause d'une description, hélas trop vraie, des guerres qui ont traversé ces dernières années.
    Un livre enfin, qui pose le problème du témoignage de l'horreur dans toute


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par quenlore, le 29 octobre 2011

    quenlore
    Faulques, célèbre photographe de guerre qui a couvert presque tous les conflits pendant une trentaine d'années et a reçu de nombreux prix internationaux, vit retiré dans une ancienne tour de garde dans le sud de l'Espagne, au bord de la mer. Sa seule activité consiste à peindre sur le mur circulaire intérieur de la tour une grande fresque représentant la guerre de l'antiquité à nos jours. Il cherche à représenter ce qu'aucun appareil photo n'a jamais pu capter, une sorte de vérité ultime sur la guerre et donc la nature humaine.
    Un jour un homme se présente à la tour. C'est un Croate que Faulques a photographié pendant la guerre en Yougoslavie. La photo a fait la une de tous les magazines et a valu au Croate Ivo Markovic d'être emprisonné pendant trois ans et torturé. Sa femme a été violée et tuée et son fils assassiné. Depuis sa libération, Markovic n'a cessé de traquer Faulques. L'ayant enfin trouvé, il lui déclare qu'il est venu pour le tuer.
    L'auteur questionne sur l'éthique du métier de reporter de guerre quand la mort et les atrocités sont étalées dans les journaux et sur les écrans comme une simple marque de lessive. L'horreur peut-elle encore se vendre comme de l'art ?
    Soutenu par une écriture sans défaut, le roman est très lent, les personnages s'y déplacent peu car nous sommes réellement dans un huis-clos. Les seules échappatoires autorisées par l'auteur sont celles des souvenirs des deux protagonistes. Mais on sort pour des scènes de guerre, l'horreur absolue. Confrontés à l'animalité de l'être humain. Et encore, les animaux tuent pour se défendre et se nourrir. La perversité, le plaisir de torturer, violer et tuer sous n'importe quel prétexte, voire même devant un public - fut-il photographe - est développé avec les mots juste et sans désir de grandiloquence. Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire ce livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par CJFCA, le 16 août 2011

    CJFCA
    une très belle écriture, poétique ,des réflexions philosophiques sur la vie , la mort ,la guerre, la responsabilité de l'homme sur le cours des évènement, l'effet papillon ,le destin les hasards.
    Mais aussi des descriptions détaillées, trop parfois , sur les techniques de travail du photographe et du peintre, une approche des grands tableaux sur les batailles ( Ucello, de la Francesca, Goya, etc...) et des passages trop nombreux et trop rudes sur des scènes de guerres contemporaines , ex-Yougoslavie, Moyen-Orient ,Afrique, Vietnam .
    Livre assez rude et intello!!
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Citations et extraits

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  • Par urbanbike, le 29 février 2008

    On arrivait ainsi, derrière les armes de d'obstruction et celles de destruction — Olvido l'avait vu avec une extrême lucidité sur la photo de Beyrouth —, au troisième système : les armes de communication. La fin de l'image aseptisée et innocente, ou de cette fiction universellement acceptée. À l'époque des réseaux informatiques, des satellites et de la mondialisation, ce qui modifiait le territoire et les vies qui le traversaient, c'était la désignation. Ce qui tuait, c'était de désigner du doigt : un pont capté dans le monitor d'une bombe intelligente, l'annonce d'une montée ou d'un écroulement de la Bourse émise par tous les journaux télévisés du monde à la même heure. La photo d'un soldat qui, jusqu'à ce moment, était un visage anonyme parmi d'autres.
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  • Par Orphea, le 20 septembre 2009

    L'homme qui peignait cette immense fresque circulaire, bataille des batailles, avait passé beaucoup d'heures de sa vie à l'affût d'une telle structure, tel un franc-tireur patient, que ce soit sur une terrasse de Beyrouth, sur la rive d'un fleuve africain ou au coin d'une rue de Mostar, espérant le miracle qui, d'un coup, dessinerait à travers la lentille de l'objectif, dans la chambre noire -rigoureusement indifférente- de son appareil et sur sa rétine, le secret de ce canevas d'une incroyable complication qui ramenait la vie à ce qu'elle était réellement : une course folle vers la mort et le néant.
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  • Par Eric75019, le 23 juillet 2011

    - C'est là, sous la peau, dit-il enfin. Dans nos gènes... Seuls les règles artificielles, la culture, le vernis des civilisations successives protègent l'homme de lui-même. Les conventions sociales, les lois. La peur de la punition. (...)
    - Et Dieu, Monsieur Faulques ?... Êtes-vous croyant ?
    - Et puis quoi encore ? (...)
    - Regardez-les. Impossible d'être plus civilisés, tout au moins tant que ça ne leur coûte aucun effort. Polis, disant même encore parfois " s'il vous plaît " avant de demander quelque chose... Mettez-les dans une pièce fermée, privez-les de l'indispensable, et vous les verrez se déchiqueter entre eux.
    Markovic les observait aussi. Convaincu.
    - J'ai vu ça, confirma-t-il. Pour un quignon de pain, ou une cigarette. Et plus simplement pour rester en vie.
    - Vous savez donc, comme moi, que quand le désastre renvoie l'homme au chaos dont il est issu, tout ce vernis de civilisation éclate en morceaux, et il redevient ce qu'il était, ou ce qu'il a toujours été : un parfait salaud.
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  • Par Orphea, le 20 septembre 2009

    Depuis le début, ce qu'il cherchait était différent : le point d'où l'on pouvait apercevoir, ou tout au moins deviner, l'enchevêtrement de lignes droites et courbes, la trame de l'échiquier sur laquelle s'articulaient les ressorts de la vie et de la mort, le chaos et ses formes, la guerre comme structure, comme squelette décharné, évident, du gigantesque paradoxe cosmique.
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  • Par wictoria, le 27 septembre 2008

    Je veux que tu m'aides à retrouver l'ombre de cette enfant, et ensuite, de retour à l'hôtel, que tu la recouses à mes talons avec du fil et une aiguille, afin qu'elle soit là, silencieuse et patiente, pendant que tu me feras l'amour, la fenêtre ouverte et le froid de la lagune dans ton dos où je planterai mes ongles jusqu'à ce que tu saignes et que j'oublie tout, toi, Venise, ce que j'ai été et ce qui m'attend.
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Arturo Pérez-Reverte présente son nouveau livre "El asedio", publié en 2010 en Espagne et pas encore traduit en français.








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