ISBN : 2070367584
Éditeur : Gallimard (1972)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.73/5 (sur 123 notes) Ajouter à mes livres
Cela fait des générations que les enfants de deux villages voisins, ceux de Longueverne et de Velrans, se font la guerre. Une histoire de tradition sans doute, pour une guerre qui, bien qu'enfantine, n'en reste pas moins d'un grand sérieux. Moins sanglant... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 15 novembre 2011

    kathy
    C'est une guerre sans merci, bien que sans militaires, entre deux clans de deux petits villages
    - Longeverne et Velrans - de la France profonde de la fin du XIX° siècle.
    Une drôle de guerre pour rire dont les fantassins sont des gamins délurés, une guérilla pas meurtrière pour deux sous, qui mutile non les combattants de chaque camp, mais les boutons de leur uniforme ! (Astucieuse solution pour tous les conflits à venir, malheureusement les fermetures éclair et les zip, progrès oblige, ont largement supplanté les si périssables boutons….)
    Quelle verdeur, quelle verve, quel humour…
    Ajoutez-y une pointe de malice, du rythme…
    Une bonne dose de générosité, de solidarité….
    Et une belle tranche d'écriture… (dommage que Louis Pergaud soit mort à l'âge de 33 ans, en 1915, lors d'une attaque dans la Meuse).
    Alors, me demanderez-vous : « c'est un livre gentil et plein de bons sentiments ??? »
    Pas si sûr … !
    La description que je viens de faire de ce roman, pourrait le laisser croire, en effet.
    Pourtant, s'adresse-t-il vraiment à la jeunesse ? le confier à de « jeunes esprits », peut-être, … mais alors…, avec circonspection. NON, ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains … !
    Pourquoi ?
    Si ce roman commence avec humour et innocence, au fur et à mesure de l'avancement des « joutes », celles-ci se font de plus en plus violentes, fourbes et sinistres, et la frontière entre jeu et réalité peu à peu se brouille. Les coups et les bosses assénés ne sont plus aussi angéliques et anodins qu'au départ et pire, les humiliations s'invitent à la fête.
    Rappelons que cette petite « guerre », qui existe « depuis la nuit des temps », transmise de génération en génération, a débuté pour une simple histoire de vache porteuse d'une maladie et morte dans le mauvais champ !! Il allait falloir l'encroter (enterrer) rapidement, afin de ne pas contaminer le reste des troupeaux, mais ni les Longevernes, ni les Velrans ne voulaient prendre la responsabilité de le faire, victimes de rancunes et griefs « villageois », vieux de plusieurs générations.
    La thématique sous-jacente de Louis Pergaud dans « La Guerre DES Boutons » met donc l'accent sur un certain état d'esprit : l'esprit revanchard.
    Si je regarde la définition de ce mot, le revanchisme ou esprit de revanche correspond à un sentiment nationaliste entretenu dans l'opinion publique.
    Sa traduction historique la plus représentative vient des trois conflits franco-allemands, sur une période s'étalant pour le moins sur 70 ans durant laquelle le revanchisme a été ressenti de part et d'autre du Rhin.
    L'esprit revanchard peut se traduire par l'élargissement du sentiment individuel revanchard à un sentiment collectif - transmission au sein d'une famille, aux voisins, à un quartier, à un village, à une région, à un pays… -, qui peut induire sur le plan politique des conflits violents, fortuits ou provoqués. Et même si le revanchisme ne relève pas du domaine d'une idéologie affirmée [source wikipédia] le caractère systématique du rappel des contentieux dans la mémoire collective de la population l'érige en volonté marquée ; l'entretien de ce sentiment au cours du temps revêt de plus les mêmes aspects que le militantisme ; pour les militants revanchards, il procède d'une volonté froide et courroucée de maintenir l'animosité envers l'Autre dans l'esprit de leurs compatriotes. Car une fois les hostilités déclenchées, le climat ambiant issu de l'esprit de revanche apporte une puissante mobilisation pour les armées et l'effort de guerre.
    Ca fait froid dans le dos, n'est-ce pas ?
    Car alors, si …. « Homo homini lupus est », - L'Homme est un loup pour l'Homme -, (d'un point de vue philosophique, locution qui porte une vision pessimiste de la nature humaine), l'Homme n'est pas le "bon sauvage" de Rousseau mais "un loup pour l'Homme" ; un être mauvais et pervers, porté à réaliser ses intérêts au détriment des autres et doté, par instinct, d'une forte somme d'agressivité (dixit Freud).
    CEPENDANT, ....., Sénèque écrit que « l'Homme est une chose sacrée pour l'Homme », et c'est « Un roseau pensant »(Pascal). Il est donc libre, - par la pensée et malgré ses faiblesses - et capable d'admettre différentes façons de penser, d'agir et de ressentir ; il est capable d'admettre ce qui est « différent » et de se montrer vigilant envers l'intolérable. Bref il peut se montrer TOLERANT.
    OUF !!! tout n'est pas perdu ....
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 28 mai 2011

    brigittelascombe
    Qui n'a jamais lu ce célèbre livre dont a été tiré un non moins célèbre film? Celui de la guerre contre les morveux et les morpions du village d'à côté,contre l'ennui lorsque s'en vient la rentrée des classes,la guerre contre l'autorité parentale, la guerre aux conventions puisque les petits zigues concernés piratent les boutons et bretelles des perdants:un super butin surtout lorsqu'on revient cul nu à la maison sous une grèle de quolibets.
    Avec dans le role des chefs Lebrac et le gros Camus, deux personnalités hautes en couleurs et deux fortes têtes qui leurs hordes à leurs basques s'envoient à la poire des noms d'oiseaux pas piqués des vers du genre:enfonceurs de portes ouvertes,étrangleurs de chats par la queue,enfants de soulaud,triples cochons,bâtards de curés,crevures de chats crevés et j'en passe...un livre fort bien écrit par l'auteur du Goncourt(De Goupil à Margot)et un pur moment de plaisir pour rire car le rire est le propre de l'homme et qu'en ces temps où les guéguerres assassinent, torturent,violent et spolient pour de vrai ça fait chaud à l'âme de rester encore un peu dans ce type d'affrontement enfantin.
    En conclusion: La Crique pressentant ses futures illusions perdues:"Dire que,quand nous serons grands,nous serons aussi bêtes qu'eux".
    Ben ça c'est ben vrai mon pt'it gars!!!!
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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Corboland78
    J'avais le bouquin sous le coude depuis plusieurs mois, acheté trois sous dans une brocante, en repoussant la lecture toujours à demain car La Guerre des boutons est tellement connue que tout le monde s'imagine l'avoir déjà lue – ce qui n'est certainement pas la réalité, je suis prêt à le parier.
    L'auteur Louis Pergaud né dans le Doubs (1882-1915) est instituteur comme son père avant de devenir romancier et exceller dans le domaine animalier. Il périra durant la Grande Guerre, sans que son corps soit jamais retrouvé.
    Son roman le plus célèbre, La Guerre des boutons dont le sous-titre est Roman de ma douzième année date de 1912. Les gamins de deux petits villages voisins, Longeverne et Velrans, regroupés en bandes, s'affrontent depuis plusieurs générations suite à un différent cadastral quasi oublié depuis mais qui perdure dans les esprits. A la sortie de l'école, les gosses filent dans la campagne et s'affrontent verbalement, à coups de cailloux tirés de leurs lance-pierres, d'épées en bois ou de coups de poings si le combat rapproché s'impose. Petit à petit cette guerre va s'intensifier, les leaders organisent leurs troupes comme à l'armée chacun petits et grands ayant son rôle bien déterminé et le but des combats devient plus dur, désormais quand on fait un prisonnier on lui coupe les boutons de ses vêtements, on récupère ses lacets ou passants de ceinture et on le malmène férocement avant de le renvoyer vers ses copains qui jurent de le venger. Quand le gamin aux vêtements dévastés rentre chez lui, nous sommes dans le monde de la paysannerie pauvre qui se tue à la tâche, les parents n'ont pas de punition assez dure pour châtier le malheureux déjà déshonoré.
    Louis Pergaud réussit là un roman magistral qui nous plonge dans la France rurale de la fin du XIXème siècle, la salle de classe et le maître, les élèves grands et petits, les conciliabules près des cabinets dans la cour, les leçons pas apprises avec le copain qui souffle, le tableau noir et les retenues, la vie aux champs et à la ferme. Mais c'est aussi l'occasion de dresser une esquisse de la III République, le conflit entre l'Eglise et la République, chaque village s'identifiant à l'un et l'autre camp « car on était calotin à Velrans et rouge à Longeverne », d'évoquer par allusions l'esprit de revanche après la Guerre de 1870. Ces grandes lignes sociopolitiques en toile de fond sont complétées par de savoureux détails sur la vie de ces pauvres petites bourgades à l'époque, et pour ajouter à la crédibilité de ces tranches de vie, les dialogues sont émaillés de termes issus du patois de Franche-Comté ou des fautes grammaticales des garnements bien souvent cancres car « on conçoit qu'il eût été impossible, pour un tel sujet, de s'en tenir au seul vocabulaire de Racine » écrit Pergaud dans sa préface.
    Dire que je me suis régalé à cette lecture serait encore loin de la vérité, un très grand roman qui dépasse le pauvre résumé que je viens d'en faire. Ce n'est pas un livre d'histoires d'enfants pour des gamins - « ce livre qui, malgré son titre, ne s'adresse ni aux petits enfants, ni aux jeunes pucelles » - ici les enfants ne sont pas considérés comme des mioches par l'auteur, il les décrit comme il les connaît et en tant qu'instituteur on peut lui faire crédit. Je n'avais encore jamais lu ce livre, ma seule approche en était la version cinématographique de Yves Robert (1961) avec Jacques Dufilho, Jean Richard et Michel Galabru dont je n'ai d'ailleurs qu'un très lointain souvenir car je n'ai du le voir qu'une seul fois, et les noms des garnements Tigibus et Grandgibus. Il était temps de combler cette lacune.
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    • Livres 5.00/5
    Par Anudar, le 16 octobre 2011

    Anudar
    On met souvent La guerre des boutons entre les mains du jeune public. Même si, à mon sens, il s'agit d'un livre accessible sans problème aux jeunes lecteurs, cela n'en fait pourtant pas un livre pour le jeune public. Il s'agit de l'une de ces oeuvres pouvant se lire de plusieurs façons. Certaines allusions historiques, politiques, voire même biologiques, peuvent apparaître obscures aux yeux d'un jeune lecteur ; mais la langue "fleurie" des jeunes héros peut néanmoins favoriser l'acceptation du fait que tout n'est pas compréhensible dans un premier temps. Une lecture plus tardive, à un âge un peu plus mûr, permettra dans un deuxième temps de dévoiler toute la saveur de l'oeuvre aux yeux du lecteur déterminé à voir au-delà des gamineries de Lebrac et de sa bande. Louis Pergaud a réussi, en effet, à capturer un instantané d'une vie sociale, celle d'une bande de gosses à la campagne, mais des gosses qui - malgré leur réticence à la chose scolaire ! - ont intégré le fait républicain. La date qui apparaît en partie lors de l'écriture d'un cours, le mot "Alboche" (pour "Allemand") utilisé comme anathème, montre bien qu'une petite vingtaine d'années après son instauration, la Troisième République et les circonstances de sa proclamation n'ont rien de théorique pour eux. Publié en 1912, soit deux ans avant le début de la boucherie (où Pergaud devait d'ailleurs trouver la mort), ce livre est un témoignage des premières années de la France moderne. Les mêmes années qui furent aussi les dernières pour une part de la civilisation française contemporaine, le premier conflit mondial ayant sanctionné le début du déclin des campagnes dans notre pays. Nul doute, au passage, que les héros de cette petite guerre des gosses auraient pour certains trouvé la mort pendant l'autre guerre, celle que l'on dit parfois Grande.
    D'autres éléments contribuent à faire la force de ce livre. Les sentiments professés par les jeunes héros sont criants de vérité. Je ne parle pas ici du "simple" bonheur d'avoir gagné une bataille contre la bande ennemie, mais plutôt de l'atmosphère de camaraderie qui règne entre les Longeverne (un peu moins sans doute parmi les Velrans... mais il est clair que Louis Pergaud a choisi son camp, dans cette histoire !), la dévotion des uns pour les autres (Lebrac n'hésitant pas à se lancer isolé à la bataille, au risque d'être piégé), mais aussi l'amertume de la traîtrise. C'est d'ailleurs au sort du traître que l'on perçoit la fragilité de la civilisation et des lois. Lebrac, jusqu'alors un chef plutôt raisonnable, se change soudain en véritable bête fauve et montre une exceptionnelle cruauté lorsqu'il s'agit de punir le traître. Un passage dérangeant qui me semble, à lui seul, prouver que La guerre des boutons n'est pas un livre destiné au jeune public.

    Lien : http://grandebibliotheque.blogspot.com/2011/10/la-guerre-des-boutons..
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    • Livres 5.00/5
    Par PerleDulac, le 22 mars 2011

    PerleDulac
    Une de mes plus belles lectures d'enfance.....
    Des répliques d'anthologie que j'ai jouées et rejouées avec mes soeurs et mon père, des fous rires partagés tous ensemble à lire certains passages.
    Bref, un grand moment de bonne humeur et d'insouciance.....
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 26 mars 2012

    - Couille molle ! … Des couilles, on sait bien ce que c’est, pardine, puisque tout le monde en a, même le Miraut de Lisée, et qu’elles ressemblent à des marrons sans bogue, mais couille molle ! … couille molle !... – Sûrement que ça veut dire qu’on est des pas grand-chose, coupa Tigibus, puisque hier soir, en rigolant avec Narcisse, not’ meunier, je l’ai appelé couille molle comme ça, pour voir, et mon père, que j’avais pas vu, et qui passait justement, sans rien me dire, m’a foutu aussitôt une bonne paire de claques. Alors… L’argument était péremptoire et chacun le sentit. – Alors, bon Dieu ! Il n’y a pas à rebeuiller plus longtemps, il n’y a qu’à se venger, na ! conclut Lebrac… - C’est t-y vot’idée, vous autres ? – Foutez le camp de là, hein, les chie-au-lit, fit Boulot aux petits qui s’approchaient pour écouter ! Ils approuvèrent le grand Lebrac à l’inanimité, comme on disait.
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  • Par gill, le 28 février 2012

    - Faut acheter des sardines, insinua Tintin. C'est bon les sardines. Ah ! Tu sais pas ce que c'est, Guerreuilas ! Eh bien, mon vieux, c'est des petits poissons sans tête cuits "dedans" une boîte en fer-blanc, mais tu sais, c'est salement bon ! Seulement on n'en achète pas souvent chez nous passe que c'est cher.
    "Achetons-en une boîte, voulez-vous ? Il y en a dix, douze, même quelquefois "tienze" par boîte, on partagera.
    - Ah ! Oui ! que c'est bon, renchérit Tigibus, et l'huile aussi mes amis ; moi, ce que j'aime l'huile de sardine ! Je relèche les boîtes quand on en achète ; c'est pas comme l'huile à salade.
    On vota d'enthousiasme l'achat d'une boîte de sardines de onze sous.
    Restaient dix sous de disponible...
    (extrait du chapitre III "le festin dans la forêt")
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  • Par kathy, le 09 novembre 2011

    - Est-ce qu'on va se remettre encore à poil ?
    - Mais, puisque nous ne seront pas embêtés, fit Lebrac, bien sûr !
    - C'est que, hasardèrent plusieurs voix, mon vieux, tu sais, il ne faisait guère chaud hier au soir, on en était tout "rengremesillé" avant la charge.
    - J'avais la peau comme une poule déplumée, moi, déclara Tintin, et le zizi qui fondait "si tellement" que y en avait pus.
    - Et puis les Velrans ne veulent pas venir ce soir. Hier, ils ont trop eu le trac. Ils ne savaient pas ce qui leur arrivait dessus. Ils ont cru qu'on tombait la lune.
    - C'était pas ce qui manquait, les lunes, remarqua La Crique.
    - Et puis, non de Dieu ! non ! je ne me bats plus à poil, articula Guerreuillas, levant carrément l'étendard de la révolte ou tout au moins de la protestation irréductible.
    Chose grave ! Il fut appuyé par de très nombreux camarades qui s'en étaient toujours remis docilement aux décisions de Lebrac. La raison de ce désaccord, c'est que la veille, au cours de la charge, en plus du froid ressenti, ils s'étaient en outre qui planté une épine dans le pied, qui écorché les orteils sur des chardons ou blessé les talons en marchant sur des cailloux.
    Bientôt toute l'armée bancalerait ! Ce serait du propre ! Non vraiment, ça n'était pas un métier !
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  • Par diborde, le 30 octobre 2010

    Peu de temps après, on entendait dire par le village, et Lebrac et les copains en riaient sous cape, que le père Bédouin était "si tellement" soûl la veille au soir, qu'il était tombé huit fois en sortant de chez Fricot, qu'il avait tout renversé en rentrant chez lui, cassé sa lampe, pissé au lit et ch.. dans sa marmite.
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  • Par kathy, le 14 novembre 2011

    Joyeuse, la bande s'en retourna lentement au village, faisant mille projets, prête à tous les vols domestiques, aux travaux les plus rudes, aux sacrifices les plus complets.
    Ils réaliseraient leur volonté : leur personnalité naissait de cet acte fait par eux et pour eux. Ils auraient une maison, un palais, une forteresse, un temple, un panthéon, où ils seraient chez eux, où les parents, le maître d'école et le curé, grands contrecarreurs de projets, ne mettraient pas le nez, où ils pourraient faire en toute tranquillité ce qu'on leur défendait à l'église, en classe et dans la famille, savoir : se tenir mal, se mettre pieds nus ou en manches de chemise, ou " à poil", allumer du feu, faire cuire des pommes de terre, fumer de la viorne et surtout cacher les boutons et les armes.
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