ISBN : 2253025437
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 3.94/5 (sur 68 notes) Ajouter à mes livres
Christian Ranucci, vingt-deux ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4 h 13 dans la cour de la prison des Baumette. Était-il coupable ou innocent ?
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 28 octobre 2009

    patachinha
    Cette affaire a défrayé la chronique dans les années 70. Pour certains elle n' a été qu' un symbole de plus de l' erreur judiciaire intolérable et impardonnable; Calas, Dreyfus, Outreau plus récemment, ont démontré que la justice est faillible. L' affaire Ranucci a-t-alle été réellement une erreur judiciaire?
    Elle a eu le mérite de déchaîner les passions, de remettre en cause une fois de plus l' existence de la peine de mort. Badinter lui même a cru à l' erreur judiciaire et il sera l' artisan 5 ans plus tard de l' abolition de la peine de mort.
    le 3 juin 1974, une petite fille de 8 ans, Marie-Dolorès Rambla, disparaît de la Cité Saint- Agnès à Marseille. 2 jours plus tard elle est retrouvée morte.
    Christian Ranucci, 22 ans, sera déclaré coupable de ce macabre forfait à la Cour d' assises d' Aix-en-Provence en mars 1976. Condamné à mort, il sera guillotiné le 28 juillet 1976. Il est très difficile de résumer les faits , les témoignages, la richesse du livre de Gilles Perrault... raison pour laquelle je renvoie à une séquence du journal de TF1 qui résume bien l' affaire, les tenants et les aboutissants, avec une perspective de recul.
    http://ha.ina.fr/video/CAA8201096501/affaire-ranucci.fr.html

    Le livre de Gilles Perrault a la seule prétention de mettre en lumière certains doutes sur ce dossier qui n' ont jamais été élucidés et qui étaient considérés comme primordiaux pour la défense de Ranucci. Sa conviction est que ce jeune homme était innocent, mais il tente de le démontrer non avec passion mais avec le recul nécessaire. Son livre a été écrit en 1978, et Gilles Perrault avec son expérience de juriste ( il a exercé le métier d' avocat pendat 5 ans avant de se reconvertir au journalisme et devenir un écrivain à succès ), apporte un éclairage très important pour l' opinion publique puisque le livre est parfaitement abordable pour un non juriste mais aussi pour ceux qui ont affaire quotidiennement à la justice.
    Je suis sortie de cette lecture assez convaincue. Un mot sur son écriture qui est absolument sublime pour ce genre d' ouvrage, il a une verve incroyable. Ce livre se lit très facilement à la façon d' un policier.
    Tout est écrit de façon ordonnée, réfléchie et suivant un plan logique, le découpage se fait en 4 parties qui se complètent et se recroisent : le crime, l' instruction, le procès, l' exécution.
    Je n' ai pas pris de notes au fur et à mesure, donc il me sera difficile d' argumenter sur ce que j' ai trouvé d' alarmant. Cependant il y a beaucoup d' éléments qui sont absolument troublants notamment les témoins capitaux pour la défense qui n' ont pas été entendus par les jurés qui n' avaient même pas connaissance de leur existence; le pull- over rouge qui a donné son nom à cette affaire, dont il a été prouvé qu' il ne pouvait appartenir à Christian, la question des lunettes ( Christian ne pouvait passer sans elles, et le ravisseur n' en avait pas), le fait que Jean le petit frère et le garagiste n' aient pas idientifié Ranucci comme le ravisseur de la petite, la question de la différenciation d' une Simca 1100 et d' une peugeot 304 coupé....etc. Il y a tellement de choses qui restent en suspens, que le doute s' est immiscé. Et le doute doit toujours profiter à l' accusé car il est bien connu qu' il vaut mieux absoudre un coupable que condamner un innocent.
    D' ailleurs ce n' était pas à lui, mis en cause dans cette affaire, qu' il appartenait de prouver son innocence; mais il appartenait au Ministère public qui le poursuivait d' apporter les preuves de sa culpabilité. Nuance.
    Et puis ne parlons pas de la présomption d' innocence, qui a été totalement baffouée. Faut- il rappeler qu' un individu, même lorsqu' il avoue être l' auteur doit être considéré jusqu' au prononcé du jugement qui le condamnera comme innocent.
    Dernièrement, si vous suivez l' actualité, pourquoi De Villepin s' est- il tant offensé lorsque Sarkosy a parlé de "coupables" dans l' affaire Clearsteam? Ou lorsque par erreur Xavier Bertrand revient à la charge en évoquent le "présumé coupable"! Non ce doit être précisément l' inverse : présumé innocent!
    Mais celà ni l' opinion publique, ni les médias n' en font cas dans cette affaire, et ainsi on a pût voir une fois de plus à quel point les jurés peuvent être manipulables par l' environnement qui les entoure...En plus les passions étaient au comble du paroxysme, un mois avant l' ouverture du procès de Ranucci un autre meurtre d' enfant avait secoué l' opinion publique, celui de Philippe Bertrand par Patrick Henry ( qui réussit à sauver sa tête grâce à l' implacable plaidoirie de Badinter contre la peine de mort). Ainsi la volonté de la populace était de faire justice avec ce qu' elle avait sous la main, en l' occurrence Ranucci.

    Le procédé de l' écrivain est simple, juste, objectif, et il n' a pas pour but de convaincre absolument de l' innocence de Ranucci. Mais il met en valeur les doutes énormes qui subsistent, et qui ont été le leitmotiv des avocats qui ont déjà demandé à plusieurs reprises la réouverture du procès, afin que Ranucci soit réhabilité. Sans succès jusque maintenant.

    Quelqu' un se souvient- il de cette affaire? Quelle impression a-t-elle suscité chez vous si c' est le cas?

    Cette affaire continue à faire parler d' elle en tout cas. En 1979, Michel Drach adapte le pull over rouge au cinéma, un film qui fera scandale.
    Récemment L' affaire Ranucci, l' ombre d' un doute revient sur cette affaire avec ses mêmes acteurs,30 ans plus tard.
    Voici un extrait :
    http://www.dailymotion.com/video/x79fv9_l-affaire-ranucci-l-ombre-d-un-dout_news

    Si le sujet de la peine de mort vous intéresse, vous pouvez aussi lire l' ouvrage Contre la peine de mort, de Robert Badinter.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 04 mars 2011

    cicou45
    Ce livre rapporte des faits qui se sont déroulés en 1974. Christian Ranucci est accusé d'avoir assassiné une fillette, est jugé, condamné à mort et exécuté au court de l'été 1976. Il sera le dernier condamné à mort en France avant que Mitterrand n'arrive au pouvoir en 1981 et n'abolisse la peine de mort. Ce livre, écrit par Gilles Perrault, reproduit dans ce livre une description du crime tel qu'il a «été reconstitué, l'accusation de Christian Ranucci, son procès, sa condamnation et enfin son exécution.
    Une chose est sûre, vous ne pourrez pas sortir indemne après avoir lu ce livre et vous ne vous sentirez pas rassuré car si il y a bien une chose dont Gilles Perrault est persuadé, c'est que Christian Ranucci est innocent. Il démontre dans ce livre toutes les incohérences qu'il y a eu au cours du procès et essaie d'être toujours au plus près de la vérité. La France aurait-elle commis une erreur irréparable en condamnant à mort un jeune homme qui était peut-être innocent ? À vous d'en juger...
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  • Par MathildePAM, le 14 avril 2012

    MathildePAM
    Un ouvrage très intéressant sur une affaire judiciaire restée mystérieuse.
    Grâce à l'analyse précise des faits et de l'enquête conduite, Gilles Perrault interroge l'affaire Christian Ranucci : ce jeune homme était-il coupable des faits pour lesquels il a été condamné à le peine de mort ?
    Un livre qui aborde donc frontalement la question de la peine de mort : a-t-on le droit de vie et de mort sur un individu alors que la vérité est si dure a établir et que l'erreur guète ?
    J'invite tous ceux que la question intéresse à lire cet ouvrage et à lire Arrêtez-moi-là ! de Iain Levison (voir mes livres).
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    • Livres 1.00/5
    Par patouche, le 02 février 2011

    patouche
    Livre lu il y a tres longtemps.Je me rappele qu'a l'époque ce livre m'avait choqué ,bouleversé . Depuis, lors d'une émission de radio ,j'ai entendu la version du juge chargé de l'affaire , puis celle d'un inspecteur de police également présent à l'époque .
    Aujourd'hui j'avoue ne plus trop savoir si Ranucci était coupable ou s'il a été un pretexte dans la lutte pour l'abolition de la peine de mort .
    Il est vrai que le "climat" de l'époque ( juste apres l'affaire Henry ) n'a surement pas permis une justice sereine .
    En tous les cas , pour ceux que cette affaire interesse, un livre de gerard Bouladou : autopsie d'une inposture , a été édité .
    Peut etre que la lecture des deux livres permet'elle de se faire une idée plus precise .
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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 14 décembre 2010

    100choses
    Livre lu en terminale, sur les conseils de ma prof de philo. La même année j'ai lu Le Procès de Kafka, vous savez l'histoire de cet homme pris dans une espèce de « machine infernale », dont on sait qu'une fois qu'elle est enclenchée, il ne pourra se sortir vivant. Et bien c'est tout à fait la même impression que j'ai ressenti en lisant Le pull-over rouge. A partir du moment où il avoue, ( malgré sa retractation et plusieurs éléments d'enquête troublants) Christian Ranucci déclenche la machine et ne peut échapper à la mort. La France avait besoin d'un coupable, pour l'exemple, elle l'a trouvé et dès lors ne s'est plus posée de questions. Je me souviens, qu'à la fin de ce livre j'étais dans une rage terrible, comment MON pays, avait pu faire CA, mettre à mort un homme dont rien ne prouvait qu'il soit coupable, pour contenter l'opinion publique, et cela il y a seulement 33 ans ?
    L'enquête de Gilles Perrault qui dure 500 pages est très rigoureuse et extrêmement bien documentée, tous les faits sont exposés, il rapporte tous les détails et les failles de l'enquête, des éléments que le tribunal a délibérément ignoré.
    Un livre que je recommande également très fortement, et qui se lit très facilement, pour ma part, impossible d'en décrocher avant la fin.
    A noter que l'avocat de la partie civile, qui a plaidé pour la condamnation de Christian Ranucci était Maitre COLLARD, si médiatique aujourd'hui.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2009/10/03/perrault-gilles-le-..
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Citations et extraits

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  • Par Yuko, le 09 mai 2012

    Vous aviez vingt ans au moment des faits. Votre âge m'émeut : c'est presque le mien. Ranucci, je ne supporte pas de suivre avec vous ce terrible chemin. Je voudrais que vous me disiez que vous avez fait cela, et puis que nous essayions ensemble de comprendre comment est morte une enfant de huit ans. Mais ne restez pas ainsi, Ranucci, je vous en conjure : implorez votre pardon, dites quelque chose, parlez ! ...
    Ce moment était grand, et toute l'assistance le snetit, suspendue aux lèvres de ce jeune homme à la chevelure taillée en crinière léonine, à l'oeil étincelant, qui ajoute aux prestiges de la beauté physique un immense pouvoir de sympathie. Ainsi celui qui avait reçu en partage tous les dons tendait-il une main fraternelle à celui que le destin contraire avait écrasé ; c'était la jeunesse qui interpellait la jeunesse ; c'était la vie qui suppliait l'accusé d'écarter d'un mot, d'un geste, l'ombre de la mort qui commençait de l'envelopper ; c'était la voix chargée d'évoquer l'enfant martyrisée qui s'élevait pour convoquer la pitié dans cette salle grondante de ressentiment, devant ce public rassemblé pour une curée - bloc de haine qui vacillait soudain sur sa base parce qu'aucune assemblée humaine ne résistera à une voix transcendée par l'éloquence.
    Tout pouvait basculer.
    Christian Ranucci, figé dans son box, ne cilla pas, ne broncha point.
    La péroraison fut à la même hauteur :
    - Je veux que Ranucci se souvienne de son crime, de la mort de Marie-Dolorès, forme éternelle de l'innocence, je veux pour lui un chagrin et un repentir qui ne finissent jamais.
    Avec cette dernière phrase, l'avocat de la partie civile refusait la peine de mort.
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  • Par Yuko, le 08 mai 2012

    Dans la vie courante, tout le monde dit "mon auto" ou "ma voiture", mais le lecteur aura déjà remarqué qu'un homme interrogé ne saurait parler que de son "véhicule", de même qu'il ne dira pas avoir vu "quelqu'un" mais "un individu". Mlle Di Marino porte le procédé à une sorte de perfection : enchaînant avec brio les clichés et le jargon juridico-administratif, elle fait tant et si bien qu'un lecteur non averti ne pourrait en aucun cas deviner que c'est un jeune niçois de vingt ans qui est censé parler. Mais ce vocabulaire emprunté au double sens du terme n'est certes pas innocent. Mlle Di Marino fait ainsi dire à la suite à Christian : "... c'est avec cette voiture que j'ai causé un accident qui a immédiatement précédé le moment où j'ai égorgé la fillette. Je viens de résumer l'essentiel des faits, je consens maintenant à donner des détails supplémentaires.
    On ne peut, à la lecture, se défendre d'un sentiment d'exaspération indignée envers celui qui, après avoir "résumé l'essentiel des faits", dont l'égorgement d'une fillette, "consent" à donner des détails supplémentaires. La froideur des mots induit la froideur de celui qui est censé les avoir prononcés, et à l'heure de la délibération du jury, la relecture de certaines phrases peut déclencher des réactions décisives. Mais le juré persuadé à juste titre que "le style, c'est l'homme" ne sait pas qu'en matière judiciaire, le style, c'est le policier ou le juge d'instruction.
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  • Par Jenta3, le 02 avril 2011

    L'inculpé est au centre de cette vaste offensive juridico-policière. Il s'agit de dévoiler son passé, de mettre à jour les événements majeurs ou d'apparence minuscule qui l'ont déterminé, de rassembler enfin le maximum d'indications sur sa personnalité. Le sytème judiciaire français veut en effet qu'on juge un homme et non pas un crime. C'est un singularité par rapport à la plupart des pays étrangers, notamment anglo-saxons, dont les jurys se bornent à juger de l'innocence ou de la culpâbilité sans tenir compte des éléments biographiques et psychologiques. Ainsi devant les cours britanniques, il n'est pas permis à l'accusation de faire état du casier judiciaire. Le jury n'a pas à savoir qu'un home poursuivi par exemple pour agression à main armée a déjà été condamné trois ou quatre fois pour la même infractions : c'est à l'accusation d'apporter les preuves de la culpâbilité dans le cas précis qui soumis.
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  • Par 100choses, le 14 décembre 2010

    Je défie quiconque d'être convaincu, à la fin de la lecture de mon livre, de la culpabilité de Christian Ranucci.
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  • Par Jenta3, le 02 avril 2011

    L'opinion publique, Christian Ranucci : deux aveugles fonçant l'un vers l'autre sur une autoroute, convaincus qu'aucun obstacle ne peut se présenter. La collision fera un mort.
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