> Annie Hamel (Traducteur)
> Anne Perry (Traducteur)

ISBN : 2264035129
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 77 notes) Ajouter à mes livres
Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcour... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Kittiwake, le 04 janvier 2012

    Kittiwake
    Il m' a semblé logique de découvrir l'oeuvre d'Anne Perry avec le premier roman de la série. Un étrangleur utilisant un fil à couper le beurre s'attaque à des jeunes filles sans liens entre elles, semant la terreur dans le quartier habituellement calme. L'inspecteur Pitt mène l'enquête : la piste de brigands professionnels est vite écartée, car le vol n'est pas le mobile. Il s'agit donc de repérer au sein de cette société bien pensante qui est le pervers capable de tels méfaits. Il s'en suit une ambiance extrêmement lourde, de méfiance, de suspicions, enfants soupçonnant leur père, femmes soupçonnant leur mari, ce qui amène inévitablement à des règlements de compte pour des histoires sans rapport avec les crimes. Personne n'en sort indemne. Jusqu'à ce que la pugnacité de notre inspecteur, et
    la mise en danger de Charlotte, l'héroïne, permette de révéler l'identité du tueur en série
    La mise en place est très longue et laborieuse avec de nombreuses redites quant aux convictions sociologiques des différents protagonistes. Il faut avoir parcouru presque 200 pages sur les 350 et quelques pour que l'action démarre. Certes je suis friande des écrits concernant l'Angleterre victorienne, mais là, c'est tout de même un peu lassant, et surtout en raison des répétitions nombreuses
    Quant à l'intrigue policière, une fois que l'on a éliminé tous les suspects trop évidents, il y a trop peu de personnes insoupçonnables et donc coupables pour que l'on ne se doute pas rapidement de la solution. C'est là que l'intérêt se réveille, pour aller vérifier son postulat
    Le point fort du roman tient à mon avis dans l'analyse des conséquences induites par l'enquête au sein de cette famille au fonctionnement huilé, prisonnière du carcan des conventions, et qui va être amenée à ébranler ses convictions. Pour se disculper d'un acte grave, les hommes devront aussi mettre en lumière des agissements dont ils auraient préféré qu'ils restent tus.
    Bien entendu, on n'échappe pas au franc parler de Charlotte, dont le raisonnement et la vivacité la mettent à l'écart des standards de la féminité, pour rallier le féminisme avant l'heure. En cela on retrouve des schémas très inspirés de Jane Austen : deux filles à marier, une frivole et ambitieuse, une trop indisciplinée pour faire l'objet d'une demande en mariage, but ultime et consécration pour toute jeune fille de bonne famille. Jusqu'à la jeune femme jouant (mal) du piano pour animer une réception.
    Un peu déçue par la construction, je poursuivrai cependant l'exploration de cet univers, espérant que les longueurs signalées ne se retrouveront pas dans les romans suivants.

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/01/letrangleur-de-cater-stre..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 09 avril 2012

    belette2911
    C'était ma première lecture de cette série d'Anne Perry, dans le courant de l'année 1995. Et oui, je me souviens toujours que ce roman m'avait emporté loin de chez moi pour me transporter dans le Londres de la reine Victoria qui m'est cher…
    « L'Etrangleur de Cater street » est le premier roman qui met en scène Charlotte et Thomas Pitt. Donc, autant commencer par là si vous voulez découvrir les romans de Anne Perry.
    Comme la plupart des romans d'Anne Perry, il se déroule à Londres, sous le règne de Victoria. L'inspecteur Thomas Pitt est chargé de mener l'enquête.
    Aussi intelligent et courtois soit-il, il ne vaut socialement guère mieux qu'un ramoneur. Personne n'est donc décidé à lui faciliter la tâche. Mais Pitt est pugnace et il revient régulièrement poser des questions. Surtout chez les Ellison, qu'il semble rencontrer plus que nécessaire...
    Ce livre mêle enquête policière et immersion dans la société victorienne. Cependant, l'enquête est surtout un prétexte (le meurtrier est arrêté plus par chance que grâce à la sagacité de la police).
    Le réel intérêt du livre réside dans les interactions sociales, notamment ici les questions de mariage et de la place de la femme. Les jeunes filles de bonnes familles n'avaient pas le droit de lire les journaux ni de parler affaires.
    Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. Il existe une très grande série de romans de cette auteure, tous portant un nom de rue ou de quartier de Londres, ce qui est parfait pour visiter le Londres de l'époque victorienne, avec ses côtés brillants opposés aux plus sombres.
    Revendiquant son droit à la curiosité, Charlotte parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.
    Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ema1, le 14 mai 2012

    Ema1
    J'aime bien lire un policier de temps en temps, et quand j'ai lu la quatrième de couverture de ce livre, j'ai tout de suite été conquise.
    « Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et les codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock. Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres de 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série « victorienne », la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant Thomas Pitt de Scotland Yard. Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voilà partie à l'assaut de l'hexagone. »
    Autant le dire tout de suite, j'ai trouvé ce roman un peu limite côté enquête policière, donc si vous êtes fan des policiers purs et durs, passez votre chemin – bien que je n'ai découvert l'identité du tueur que peu avant la révélation. Par contre, j'ai adoré les personnages de Charlotte et Thomas, ainsi qu'Emily - la sœur de notre héroïne. Charlotte est donc une jeune fille de bonne famille un peu hors norme pour l'époque puisqu'elle dit un peu tout ce qui lui passe par la tête. Elle passe donc pour une effrontée – j'aime bien dire ça – et n'a toujours pas de prétendant en vue, de plus, elle est amoureuse du mari de sa sœur aînée – han ! La vie paisible de sa famille va être perturbée par des meurtres atroces qui vont avoir lieu dans la rue où ils vivent. L'inspecteur Pitt, chargé de l'enquête, va alors faire irruption dans leur maison et s'intéresser de très près à Charlotte, au grand désespoir de cette dernière – quoi un flic mal fagité ? Oh my God ! Les suspicions vont bon train, Charlotte est complètement perdue face à ses sentiments, et pendant ce temps Emily court après un lord. le tout dans le Londres de 1880. Une enquête policière sentimentalo-froufroutante, ça ne pouvait que me plaire et je me suis déjà procuré la suite des aventures de Charlotte Ellison et Thomas Pitt.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/05/14/24226735.html
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Alexielle63, le 10 janvier 2012

    Alexielle63
    Depuis mon adolescence et la lecture de Jane Eyre de Charlotte BRONTE, j'ai une passion pour les romans se déroulant à l'époque victorienne, passion qui s'est vue renforcée en classe de première lors du visionnage du film le Tableau de Dorian Gray inspiré par le livre éponyme d'Oscar Wilde. Autant dire que j'avais bon espoir avec cette série policière de retrouver l'ambiance propre à mes lectures passées. Pari réussi ? Je ne vous ferai pas languir plus longtemps : j'ai adoré, à la limite du coup de cœur ! L'auteur prend le temps d'installer le décor, la bonne société victorienne, le plus souvent dans le grand salon de la famille Ellison et ses personnages. Les femmes tiennent une grande place. D'abord Charlotte, atypique pour l'époque. Elle est spontanée, directe, franche, presque trop, ne sait pas tenir sa langue. Elle se laisse guider par ses émotions et fait preuve de beaucoup de compassion. Elle ne triche pas, est naturelle, ne se sert d'aucun artifice, contrairement à Emily, que j'ai beaucoup aimé aussi mais d'un tout autre genre. Elle est lucide, pragmatique et utilise le protocole des convenances en vigueur à son avantage, est plus sournoise que Charlotte. C'est une ambitieuse qui rêve de faire un beau mariage, une mondaine qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Il ne vaut mieux pas se mettre en travers de son chemin !
    Nos petites demoiselles Ellison semblent avoir de qui tenir, même si leur mère, Caroline, est plus effacée, plus discrète, elle sait sortir les griffes quand on s'attaque à ses enfants, notamment à Charlotte. J'ai eu beaucoup plus de mal avec Sarah, son côté dévote et moralisatrice. Une vraie trouble-fête, rabat-joie au possible ! Ne parlons même pas de la grand-mère, une femme acariâtre, détestable et méprisante. A côté, les personnages masculins sont un peu fades, exception faite de Thomas Pitt. Un très bon policier, fin observateur, il cerne très rapidement les personnes qui l'entourent. Impossible de lui cacher quoi que ce soit, d'autant plus qu'il est obstiné, acharné, peu importe les conventions et sa position sociale inférieure à la famille Ellison. J'ai aimé ses échanges cinglants avec Charlotte, leur répondant à tous deux ! C'est aussi lui qui va lui ouvrir les yeux sur une autre réalité, celle des petits orphelins, laissés pour compte, des petites gens dont la vie est très éloignée de celle de Charlotte et qui se démènent comme ils peuvent pour survivre, dans l'indifférence générale. Enfin, nous est offert un beau tableau des relations hommes/ femmes, de la condition de ces dernières dans cette époque austère.
    L'intrigue policière passe au second plan, elle est surtout un prétexte pour installer un climat de tension, de suspicion. le doute s'insinue doucement dans les esprits, tout le monde pouvant être l'assassin. Ce sera l'occasion de faire surgir des secrets enfouis, un révélateur de la vraie personnalité des gens. Chacun se rend finalement compte qu'il ne connait pas réellement celui avec qui il (elle) vit ou est marié(e) depuis de longues années, bien qu'ils se côtoient chaque jour. A ce niveau-là, j'ai trouvé la fin un peu rapide : après avoir épuisé plusieurs pistes sur l'identité du tueur, j'ai eu l'impression que l'auteur nous révélait son nom comme un cheveu sur la soupe, parce qu'il fallait conclure, trois pages avant la fin du livre (bon en fait on commence à suspecter quelqu'un avant mais cela arrive assez tard et en comparaison avec la longueur de l'affaire, la conclusion est très hâtive !)… C'est pour cela que ce ne sera pas un coup de cœur mais il s'en est fallu de peu.

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-l-etrangleur-de-cate..
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    • Livres 3.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 26 avril 2012

    nathalie_MarketMarcel
    L'intrigue policière n'est sans doute pas le point fondamental du livre, mais ce qui est intéressant est l'évocation des rapports humains de l'époque. Nous sommes dans une société hiérarchisée, dont les discours ne peuvent que nous apparaître comme caricaturaux. Si une jeune fille se fait tuer c'est parce qu'elle est de moralité douteuse (et vice versa). Quand il s'agit d'une domestique, personne n'y trouve à redire. Et tout est à l'avenant : le policier n'est pas un personnage respectable puisqu'il ne connaît que les bas-fonds, les femmes n'ont qu'une vertu : la soumission. Tout cela est bien connu, mais il est toujours bon de se rafraîchir la mémoire. À mon sens, ce qui est le plus réussi dans ce roman, c'est la description des conséquences de cette situation : l'obéissance remplace la confiance et les individus ont très vite le sentiment d'être perdus, isolés, de n'avoir aucun appui. Tout prend l'allure de secret capable de détruire la famille. La dureté des normes sociales fragilise les individus, incapables de faire face à la moindre perturbation.
    Je dois dire qu'Anne Perry rend très bien compte de la complexité des sentiments de ses personnages. Ainsi Emily la cadette, consciente de toutes les contraintes posées à une femme de sa condition, qui loin de s'y opposer, en joue avec intelligence et sens pratique, sans être aucunement victime du système.
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 17 janvier 2011

    Charlotte Ellison se tenait au milieu du salon désert, le journal à la main. Son père avait commis l'imprudence de le laisser traîner sur la desserte. Il désapprouvait ce genre de lecture, préférant lui fournir des informations qui lui semblaient mieux convenir à l'éducation d'une jeune fille. Cela excluait les scandales, l'ordre politique ou personnel, les controverses de toute nature et, bien entendu, les crimes : tout ce qui, en fait, présentait un intérêt !
    Aussi Charlotte devait-elle se procurer les journaux à l'office où Maddock, le majordome, les gardait pour les lire avant de les jeter. Elle avait donc toujours au moins un jour de retard sur le reste des Londoniens.
    Quoi qu'il en soit, elle avait un quotidien du 20 avril 1881 entre les mains, donc un journal du jour. La nouvelle la plus remarquable était celle de la mort de Mr Disraeli, la veille. Charlotte se demanda comment réagissait Mr Gladstone. Éprouvait-il une sensation de vide ? Un ennemi juré occupe-t-il une place dans la vie d'un homme qu'un véritable ami ? Certainement, oui. Dans le tissu des émotions, l'ennemi correspond à une erreur dans la trame.

    Charlotte entendit des pas dans l'entrée et rangea très vite le journal. Elle n'avait pas oublié la colère de son père, le jour où il l'avait surprise en train de lire un quotidien du soir, trois ans plus tôt. Il s'agissait d'un article sur cette affaire de diffamation entre Mr Whistler et Mr Ruskin. C'était donc différent. Cependant, lorsqu'elle avait émis le désir d'en savoir plus sur la guerre des Zoulous, racontée par des journalistes présents sur les lieux, son père s'était montré tout aussi intraitable. Pour finir, ç'avait été Dominic, le mari de sa soeur, qui l'avait régalée de savoureux récits. Hélas, chaque fois avec un jour de retard !


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  • Par Kittiwake, le 04 janvier 2012

    Un nouvel univers venait de s'ouvir à elle. Hideux, confus, il envahissait le doux cocon de ces certitudes, des valeurs qu'elle avait considérées comme sûres immuables.
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  • Par Kittiwake, le 04 janvier 2012

    Un ennemi juré occupe-t-il une place aussi grande dans la vie d'un homme qu'un véritable ami?
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