Par Sharon le 06/01/2011
Ce roman est court (125 pages) et facile à lire. Je n'ai pas retrouvé Thomas et Charlotte Pitt, les enquêteurs habituels, mais un personnage charismatique de la série : Lady Vespasia Cumming-Gould, alors âgée d'une trentaine d'années, au sommet de sa beauté.
Plus qu'une enquête policière (le suicide de Gwendolen ne fait aucun doute), c'est à une radioscopie de la société anglaise du milieu du XIXe siècle et de la place de la femme dans cette société que nous assistons. Rien n'est oublié : la fragilité de leur position sociale, leur dépendance envers un mari qu'elles n'ont pas toujours su choisir, plus encore leur dépendance envers l'opinion que la gentry peut avoir d'elles. Une rumeur, fondée ou non, une parole malheureuse, peuvent les exclure définitivement et impitoyablement de la «bonne société»et les condamner à la déchéance. Les causes du suicide de Gwendolen ne seront pas entièrement éclaircies, pourtant je ne me suis pas sentie déçue, grâce notamment au personnage hors norme et charismatique de Mrs Naylor, digne, presque déplacée face à l'hypocrisie des convives d'Omegus Jones.
Plus qu'à la période de Noël, ce roman aurait pu prendre place à Pâques, à cause du long périple initiatique et rédempteur que vont vivre Isobel et Vespasia à travers l'Ecosse – il est vrai que le voyage aurait été alors moins dangereux, donc ses vertus expiatoires auraient sans doute été jugées moindres.