Note moyenne : 3.42/5 (sur 24 notes)
Le Crime de Paragon Walk4Ajouter à mes livres
Londres, 1884. La luxueuse avenue de Paragon Walk s'éveille en plein drame : une innocente jeune fille de dix-sept ans, Fanny Nash, y a trouvé la mort, violée et étranglée. L'inspecteur Pitt est chargé de l'affaire. Sa tâche s'avère encore plus délicate que d'habitude. ... > voir plus
C'est dans ce quartier huppé et résidentiel, abritant la bonne société britannique que l'inspecteur Pitt est envoyé pour enquêter sur le meurtre sordide d'une jeune de bonne famille - Fanny Nash. Soeur cadette de Diggory Nash, elle vivait à Londres depuis la mort de ses parents. C'est sa belle-soeur - Jessamyn Nash - qui lui servait de chaperon pour l'introduire dans le grand monde. C'est dans les bras de sa belle-soeur que la pauvre Fanny Nash succombera. Dès le début de l'enquête, Thomas Pitt est persuadé que le criminel appartient au monde feutré de Paragon Walk. Pourtant, personne n'a rien remarqué d'anormal ou de suspect ce jour-là, ni les domestiques, ni l'agent en faction dans le quartier. En rendant une visite purement formelle aux voisins des Nash, pour découvrir la moindre bribe d'information ou un indice, l'inspecteur Pitt comprend très vite que tous - ou presque - essaient de dégager leur responsabilité dans ce meurtre, que le silence est de rigueur pour tenter de cacher les travers des uns, les manies des autres, les haines de tous. A commencer par la famille Nash elle-même, qui ne plaint pas le sort subi par cette malheureuse Fanny Nash. http://dunlivrelautre.over-blog.org/article-21624579.html
Comme toujours, Anne Perry nous plonge dans la haute société londonienne avec tous les us et les faux semblants qui y affèrent. Les batailles se font à coup de piques et de bon mots. On se balade au milieu de ces familles à première vue respectables mais le vernis n'est pas long à se fissurer et découvrir leur plus vils noirceurs. La solution n'est donnée qu'à la toute fin du roman, alors qu'on avait presque oublié le crime pour se concentrer sur notre étude sociologique.
Le seul regret que j'ai (mais c'est valable avec tous les romans anglais) c'est d'avoir besoin de faire un pense bête avec les noms de tous les intervenants.
Bien qu'assez court et donc très rapide à lire (vous vous y attendiez pas à celle-là hein !), j'ai encore plus apprécié ce livre que les deux précédents.
L'intrigue y est encore plus sombre. C'est également un vrai plaisir de retrouver Charlotte et Emily, surtout Emily. Je n'ai lu que trois livres pour l'instant mais je trouve que cette série aurait plutôt du s'appeler "Emily Ashworth" plutôt que "Charlotte et Thomas Pitt". Après tout c'est surtout Emily qui pousse Charlotte à enquêter avec elle. Quant à Thomas, il enquête oui, mais on ne le voit pas tant que ça si on y réfléchit bien. Ou alors ma vision des choses et peut-être biaisée par le fait que je préfère le personnage d'Emily...
La révélation de ces "pratiques secrètes" ne m'a pas tant étonnée : la cicatrice retrouvée sur Fanny était un bon indicateur, je m'y attendais un peu.
En revanche je ne m'attendais pas à un tel final, qui, il faut bien le reconnaître ceci dit, s'achève de façon un peu brutale... je trouve que quelques lignes en plus n'auraient pas été de trop même si on connaît l'identité de l'assassin.
Pitt aurait dû s'habituer à ce réflexe de groupe défensif, aux protestations d'innocence, voire au déni de toute implication. Il s'y heurtait chaque fois, d'une manière où d'une autre. Et cependant, il trouvait cela particulièrement répugnant.
Aimer, c'est savoir donner, ainsi que recevoir: une fois qu'on a connu l'amour, le besoin de conquérir apparaît comme une preuve de faiblesse et d'égoïsme, la satisfaction éphémère d'un désir. Ce n'est plus attrayant du tout, alors; c'est simplement triste.