> Yves Gauthier (Traducteur)

ISBN : 2742705465
Éditeur : Actes Sud (1999)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938 : telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 29 mars 2012

    canel
    Suite à un schisme religieux, une communauté dite 'de vieux croyants' a été persécutée en Russie dès le XVIIe siècle et de nouveau dans les années 1930. Des familles réussirent à s'enfuir avant d'être massacrées, et se cachèrent dans des lieux peu accessibles, comme la Sibérie.

    Ce fut le cas des Lykov, "découverts" par hasard par des géologues, en pleine Taïga à la fin des années 1970, puis régulièrement visités depuis, notamment une fois par an en présence d'un journaliste. Ses chroniques de leur vie d'ermites parurent initialement dans un journal puis furent regroupées dans cet ouvrage, illustré de quelques photos.

    Vassili Peskov a réussi à rendre ce témoignage à la fois fascinant, étonnant et émouvant. Fascinante cette capacité à vivre en autarcie à six personnes, de ses propres récoltes, de la cueillette et de la chasse, dans un environnement particulièrement hostile (climat rude, animaux sauvages). Etonnant (mais évident, à la réflexion) que ces individus en soient restés à l'état du Monde du début du XXe siècle. Surprenante également leur foi qui régente toutes leurs pratiques quotidiennes (alimentation, hygiène...). Emouvantes enfin, l'amitié et la solidarité nées entre les Lykov et leurs visiteurs, et la sympathie suscitée auprès des lecteurs du journal qui relatait leur vie.

    A lire ! Vous tomberez amoureux du vieux Karp et de sa fille Agafia (cf. photo de couverture), petite femme fluette à la candeur enfantine, à la force et au courage herculéens, et particulièrement futée pour venir à bout des problèmes du quotidien.
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  • Par charlottelit, le 17 janvier 2012

    charlottelit
    elle pense à la mort comme à une sorte de passage et non une fin en soi.
    elle remarque fort justement que les semences apportées il y a bien
    des années, comme des pierres précieuses, n'ont jamais subi la
    dégénérescence (cf. kokopelli et nos plantes hybrides, trangéniques etc)
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    • Livres 5.00/5
    Par Apikrus, le 04 juin 2011

    Apikrus
    En 1653, le patriarche Nikon réforme la liturgie de l'Eglise orthodoxe. Les partisans de l'ancienne liturgie qui refusent de se soumettre à la nouvelle sont contraints à l'éloignement. En 1945, au terme de fuites incessantes contre les autorités civiles et/ou religieuses, Karl Ossipovitch (alors considéré comme déserteur) et sa famille, vieux croyants, se mettent à l'écart du monde dans la taïga sibérienne.
    Plus de trente-cinq ans plus tard, des géologues trouvent par hasard cette famille. L'auteur raconte comment ils ont survécu, ainsi que la rencontre entre des êtres humains séparés par leurs rapports au temps et à la vie. Il nous fait partager ses sentiments contrastés face à ces personnes : un mélange d'admiration et d'incrédulité à l'égard de principes qu'ils s'imposent sans motifs rationnels. le journaliste ne se cantonne pas à cet aspect affectif et nous explique de manière très agréable sa compréhension de ces individus si originaux et attachants.
    Un récit captivant que je lis pour la 2ème fois avec le même plaisir, et que je conseille à tous.
    A découvrir : "Des nouvelles d'Agafia" (la suite).
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    • Livres 5.00/5
    Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Mouna
    Ce récit fait figure de documentaire accompagné de cartes et de photographies, son histoire n'en est pas moins des plus extraordinaires..
    Le plus frappant dans ce récit a été pour moi la vie quotidienne de la famille Lykov hors de toute progression technologique; leur rencontre avec les autres hommes, ce qui, pour deux membres de la famille était une première. Cette rencontre devint pour les géologues (premier à découvrir leur isba) l'équivalent d'un voyage temporelle dans l'ancienne Russie. Les Lykov lisent de l'ancien russe, n'ont jamais gouté de lait et encore moins vu de vache, ne savent rien de la seconde guerre mondiale qu'ils ont traversée loin de tout. Leur condition de vie est très pauvre, on meurt pour si peu dans la taïga, victimes des caprices d'une nature souvent hostile mais pourtant très prolifique. Une histoire qui a pris beaucoup d'ampleur en Russie et qui a d'ailleurs permis à la dernière représentante des Lykov: Agafia, de survivre.

    Lien : http://ranatoad.blogspot.com
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Citations et extraits

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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Arrive-t-il à cette personne si peu commune de songer à la mort qui, mais le comprend-elle, la guette à chaque instant? Oui, elle y songe, oui, elle le comprend. Mais la mort pour Agafia, ce n'est pas la même chose que pour la plupart d'entre nous. Ce n'est qu'une frontière vers un autre royaume. "Et si tu rencontres un ours et qu'il te déchiquette, de quelle résurrection peux-tu parler?" Mais cette éventualité n'alarme point Agafia. "Ah! Vassili Mikhaïlovitch, tout se recoudra là-haut."
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  • Par ivredelivres, le 12 janvier 2011

    Le jardin donnait de la pomme de terre, du navet, de l'oignon, des pois, du chanvre et du seigle. Les graines provenaient de l'ancien domaine aujourd'hui avalé par la taïga, apportées quarante six ans auparavant comme des pierres précieuses avec la même précaution que le fer et les livres religieux. Jamais aucune culture en ce demi-siècle ne les a lâchés par dégénérescence, chacune leur donnant nourriture et semence.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 12 janvier 2011

    Les visiteurs furent accueillis avec méfiance. Mais ils purent établir qu'il s'agissait d'une famille de vieux croyants retirée dans la taïga dans les années trente.
    Leur quotidien était d'une précarité extrême où se mêlaient les prières, la lecture des livres d'Eglise et une lutte véritable pour la survie dans un contexte presque primitif.
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