ISBN : 9782226215192
Éditeur : Albin Michel (2010)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Une nuit, un train se retrouve bloqué en rase campagne. Un passager lie connaissance avec sa voisine. Il lui parle d’enfance, de solitude, de son existence ténébreuse à laquelle il n’oppose plus aucune révolte. Pendant cette interminable attente, un lien se tisse entre ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 02 octobre 2010

    yv1
    Sombre, bien sombre ce nouveau roman d'Eric Pessan. Son personnage est fatigué, nerveusement, physiquement. C'est un "passager bavard, dépressif, vaguement inquiétant, celui [...] qui vous racontera sa vie, ses malheurs, ses problèmes, vous montrera ses varices et vous détaillera ses flatulences. Et -comble du malheur- votre train est coincé pour des heures." (p.155) Il se raconte à cette femme inconnue, lui qui ne dit jamais rien. Cet "Incident de personne" déclenche en lui quelque stimulus le faisant se confier. Il rentre de Nicosie, en Chypre, où il a animé un atelier d'écriture. Là-bas, l'homme qui l'a accueilli, qu'il ne connaissait pas à procédé d'une façon similaire, lui racontant un épisode douloureux de sa vie et se suicidant ensuite. Alors, si le narrateur n'en est pas au suicide à proprement parler, peut-être peut-on parler de "suicide social", lui qui s'isole totalement des siens, de ses amis, des autres en général, au point de perdre également logement et travail.
    Eric Pessan construit son roman comme des allers-retours entre le wagon, où les gens s'impatientent, s'énervent, et les histoires glanées lors des ateliers d'écriture que l'homme raconte à sa voisine. le lien entre toutes ces anecdotes étant lui, l'animateur, le confident, l'avaleur, l'éponge qui les aborbe toutes et ne peut les ressortir, sauf dans ce train. Là où certains pourraient voir une suite illogique et sans but de récits plus ou moins intéressants, je vois un homme qui ne vit que par les autres, qui n'a aucune existence propre que celle de permettre aux gens qu'il accompagne de sortir leurs malheurs. "Pour ma part, je suis sans histoire, je n'ai rien à dire de moi, je n'existerai plus à la descente de ce train [...], vous vous souviendrez vaguement qu'un type bizarre voyageait à vos côtés, un type sans histoire, cousu de récits de vies qui ne sont pas les siennes. Un type qui a accepté de ne pas avoir d'histoire pour se rendre disponible à celle des autres." (p.182)
    Ce n'est pas un texte facile, qui ne fait pas dans la gaudriole, mais Eric Pessan sait nous accrocher avec sa langue simple et directe. le portrait d'un homme en plein questionnement à l'aube de la quarantaine, en questionnement sur lui-même, sur les autres et sur la vie en général. La vie, la mort, les souffrances, les malheurs, l'amour.
    Un livre intelligent, par un auteur que j'aime beaucoup, qui nous pousse à la réflexion et qui ne peut laisser indifférent !

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-incident-de-personne-57818230.html
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 06 février 2011

    brigetoun
    L'homme qui parle (et parfois on n'est pas certain qu'il parle, il peut penser parler) à cette voisine inconnue dans le train (et qui justement rentre dans des détails sur la peau, l'écharpe glissant dans le décolleté qu'il ne peut vraisemblablement pas formuler, mais qui à d'autres moments suscite une question, une demande de précision, laissant croire à deux niveaux indistincts sur la page : ce qui est verbalisé, ce qui est sous-jacent) est désespéré, en fait assez résigné ou satisfait d'être comme prévu en situation d'être désespérer, parce qu'il rentre seul (incapable qu'il est d'une relation durable) pour affronter le surendettement qu'ont connu avant lui, sans qu'il intervienne, ses parents. Un côté artificiel ou plutôt un dispositif, comme le serait une convention théâtrale, et cela s'ouvre : sa vie, le suicide dehors qui bloque le train, et le suicide de celui qui, à Chypre, lui a confié l'histoire d'une mort, d'une guerre, et puis tout le poids de ce qui est sorti, entraîné par les mots, des participants de ses ateliers d'écriture. Une vision assez terrible parce que sans illusion de la nature humaine, et une façon quasi tendre de regarder, de porter, de transmettre enfin.
    Un peu gênée au début pour m'installer dans ce vrai-faux monologue, comme on est gêné avant de trouver la position qui convient à son corps dans le fauteuil d'un TGV, j'ai aimé le style, et beaucoup de ce qui est brassé là de détails de la vie. Bon, j'espère aussi, sincèrement, qu'il n'est pas toujours aussi lourd d'animer des ateliers.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par benrheinaue, le 14 juin 2011

    benrheinaue
    Le roman démarre pourtant bien: Un écrivain sur la ruine se trouve bloqué dans un train à cause d'un Incident de personne (un suicide sur la voie) et déverse peu à peu ses peines sur une inconnue, sa seule compagnie durant cette longue nuit. Très bonne idée qui lui permet de s'aventurer sur de nombreux domaines au risque parfois d'égarer son lecteur. Mais le roman devient trop bavard, pour finalement ne rien dire. On est vite agaçé par l'hypersensibilité d'un je narrateur qui semble n'être qu'un substitut de l'auteur lui-meme. Un roman trop égotiste.
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 27 mars 2012

    BVIALLET
    De retour de Chypre et après avoir transité par Paris, un homme rentre chez lui, à Nantes, en TGV. Une femme s'installe sur le siège voisin. Ce voyage banal prend un tour singulier quand le train est arrêté plusieurs heures en rase campagne à cause d'un « Incident de personne », c'est à dire un suicide. L'homme qui voulait rester dans le silence de sa solitude et de sa déprime, se confie à la femme dont on n'apprendra quasiment rien si ce n'est qu'elle est psychologue en entreprise.
    Roman « à la française », bien écrit et relativement bien construit. L'auteur procède par petites touches, petits faits ou évènements de sa vie personnelle, pour nous exposer toutes ses tribulations de « monomane dépressif ». Il a tout raté. Il est ruiné, seul dans la vie, sans emploi et sans but. Il s'est occupé d' ateliers d'écriture, structure où l'on n'apprend pas à écrire et encore moins à devenir écrivain, mais où on déverse sur l'animateur ses névroses, ses drames et toutes les galères de sa vie. On comprendra que ce livre a un très fort parfum de psychanalyse et que l'auteur s'invite chez son lecteur pour y pratiquer ses propres séances de thérapie. La femme servant de docteur Freud. On regrettera, outre cette tendance au nombrilisme si répandue chez nous, un laissez aller vers le descriptif verbeux, délayé voire filandreux, là où un vrai minimalisme aurait pu faire merveille.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par lucioler, le 26 juin 2011

    lucioler
    J'ai aimé l'idée du train, parce que j'aime prendre le train, rencontrer une personne le temps de quelque heures, partager des fragments de vies, j'ai vécu de telles rencontres. Donc on se prend au jeu, la rencontre sert uniquement de pretexte à la narration, il ne faut rien en attendre au risque d'être déçu. A partir de là, écouter.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Quiriny pour le Magazine Littéraire

    Confinés dans un wagon immobile suite à un "Incident de personne" sur les voies, deux passagers entament une interminable conversation sur  la solitude, l'écriture, le suicide au Japon, les clandestins d'Italie.... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 17 août 2011

    Vous avez posé une question sur le suicide, une question si violente que je ne peux m'empêcher de m'interroger à mon tour : mourir, avez-vous déjà songé à mourir? Vous donner la mort volontairement. Vous allonger sur la voie et attendre sans bouger la venue du train, figer chaque muscle au moment où tremble le rail, au moment où le bruit devient assourdissant, fermer les yeux et dominer les instincts qui voudraient vous forcer à vous relever, à rouler sur le bas-côté, à préserver votre vie précieuse.
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 16 août 2011

    Je rentre après une fuite folle, j'ai voulu disparaitre, j'aimais cette idée : l'absence brusque, la ramification des destins possibles. Seulement, j'ai échoué à m'estomper. Je reviens. Si la fuite est un mystère excitant, le retour est un échec pathétique. Je rentre pour retrouver je ne sais quoi.
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  • Par brigetoun, le 06 février 2011

    Je déborde de toute cette misère : ces éclats de vie, ces phrases mal foutues souvent, magnifiques parfois, pour dire que l'on a des mots-rasoirs en soi et que l'on a peur de les manipuler par crainte de s'y trancher les veines.
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 17 août 2011

    Donnez un peu de confiance aux gens, prêtez-leur une oreille attentive et les digues s'ébouleront bien vite. Les flots des peines et des traumatismes ne demandent qu'à envahir les plaines, qu'à se déverser jusqu'à vous.
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 16 août 2011

    Je suis constitué de kilomètres de phrases malhabiles enchaînées les unes aux autres.
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