ISBN : 2211088066
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2007)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Il y a quelques semaines encore, je grattais la guitare avec Jeremy dans le garage, en rêvant de gloire et de rock'n'roll pendant que P'pa, couché dans le cambouis, trafiquait ses moteurs. Il a fallu que nous croisions les sergents recruteurs, sur le parking du supermar... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 29 octobre 2011

    argali
    Un récit touchant et juste dénonçant les pratiques de recrutement de l'armée américaine.
    Jérémy est un jeune au chômage, dans une petite ville où les usines ont fermé les unes après les autres. Issu d'une famille moyenne, il ne rêve que de faire de la musique. Il passe d'ailleurs ses journées à gratter la guitare avec son frère, Oskar. Jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui lui ouvre des portes et des perspectives qu'il n'avait jamais imaginées. Il va partir apprendre un métier. L'armée lui apprendra à construire des ponts. Mais la réalité est-elle si belle que les promesses tenues ?

    Le récit est raconté par Oskar, jeune adolescent de 16 ans, amoureux et insouciant. Partagé entre son quotidien de lycéen et les mails que son frère lui envoie en cachette, il est écartelé entre deux mondes, deux réalités. Aura-t-il les épaules assez solides pour vivre ça ? Trouvera-t-il dans la musique la possibilité d'extérioriser ses angoisses et sa révolte ? Ses espoirs aussi ?

    Intelligemment construit, recelant des histoires dans l'histoire, ce roman met en scène avec justesse et humanité la vie d'une famille (d'une communauté même) marquée par la guerre, les non dits, l'attente et la peur. Il pose de bonnes questions sur les motivations des jeunes qui décident de s'engager dans l'armée et sur ce que celle-ci peut représenter dans une société gangrénée par le chômage.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Coxinel2, le 26 août 2010

    Coxinel2
    Oskar, 16 ans et Jeremy, 18 ans sont frères et partagent la même passion du rock.
    Ils vivent dans une petite ville américaine.
    Jeremy est en recherche d'emploi, un jour en allant faire des courses il est démarché par l'armée. On lui promet de le former à la construction des ponts. Il s'engage contre l'avis de sa famille.
    Lors de la formation, il est repéré pour ses talents de tireur et finit par être envoyé à la guerre.
    Oskar et Jérémy s'envoient des mails. On vit avec eux la découverte de l'horreur, de la peur...
    Lors d'une permission, Jeremy va prendre une décision irrémédiable...
    J'aime beaucoup les histoires de X.L Petit qui a toujours des récits engagés.
    Celui ci ne fait pas faux bon et c'est avec beaucoup de simplicité que l'auteur nous fait vivre la guerre en Irak.
    Oskar est loin et n'a qu'une idée vague de ce qui se passe la bas, les seules images qu'il a sont celles de la télévision. Il est très neutre et ne prend pas vraiment position. Son père, sa petite amie, sont des personnages beaucoup plus denses et ont un avis assez tranché sur la guerre.
    Ce qu'on sait de l'Irak passe par les messages de Jérémy, et ça fait un sacré contraste avec le calme d'une petite ville en occident.
    Tout est fait pour qu'on devine où ça se passe sans être nommé concrètement.
    En bref c'est vraiment un beau roman que je vous conseille à tous de découvrir...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par jordiepac, le 17 avril 2009

    jordiepac
    Be safe
    L'amour entre Oskar et Marka naît et se développe avec les chansons qu'ils composent et interprètent pour traduire en musique ce qu'ils éprouvent en pensant à leurs frères respectifs Jérémy et Jeff qui, sans travail, se sont engagés dans l'armée et se retrouvent sur le front sans l'avoir vraiment voulu. Même si nous restons à distance, informés seulement par les mails que Jérémy envoie à son petit frère et par les images de la télé, la guerre est bien là, pour tuer ou se faire tuer. Face à la peur, les sentiments sont exacerbés, les tensions entre les jeunes soldats et leurs proches se dévoilent comme ce que l'on voudrait taire pour toujours : l'horreur de la guerre. Mais la guerre révèle aussi ici les êtres qui y sont confrontés dans leur vérité profonde, tous les personnages évoluent, se découvrent et sont poussés à agir, à se dépasser, à se remettre en question, à changer de point de vue, ce qui rend ce roman intéressant et vivant.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 19 juin 2011

    emmyne
    Prix Sorcières 2009 ( c'est-à-dire choisi par des adolescents ), j'attendais le meilleur de ce roman et je n'ai pas été déçue.
    Ce livre est fort, dense, autant par sa thèmatique que par sa narration. Roman engagé, antimilitariste, il se dégage de ce texte une réelle intensité, une émotion vive. Résolument réaliste, ce récit au quotidien du parcours d'un jeune américain, de son recrutement par l'armée à ses missions en Irak, est impressionnant, tellement proche qu'il en donne le frisson jusqu'à la colère et l'écoeurement.
    L'auteur a su raconter avec une sobriété et une ironie fine, sans passage crû, volontairement violents ou pathos affligeant, toutes les conséquences de l'engagement militaire, que ce soit sur le jeune manipulé, son avenir gâché, que sur sa famille tout en évoquant des thèmes parallèles sans compliquer le récit.
    La relation entre les deux frères est un élément moteur du roman, le cadet étant narrateur, assistant et relatant une année, cette petite année qu'il a fallu pour que son aîné voit sa vie complètement bouleversée. le lecteur suit les deux garçons, la formation militaire de l'un, les rêves de musique et le premier amour du second. A l'histoire d'ado s'oppose celle du militaire qui doit face à la dure réalité de sa situation, à ses désillusions, rendant celle-ci plus troublante encore, d'autant que Xavier-Laurent Petit ne fournit aucune indication géographique : on comprend vite évidemment que ces jeunes sont de nationalité américaine et que "là-bas" c'est l'Irak. Et c'est aussi cela la force de ce texte : cet ancrage hyper réaliste dans des événements politiques contemporains tout en préservant un récit à caractère universel, que ce soit les méthodes de recrutement antédiluviennes - en faisant miroiter une formation, un emploi, une reconnaissance sociale - , la formation au combat développant le goût des armes, des décorations, le désir de se distinguer tout en étant coupé d'autres valeurs que militaires; que ce soit la manipulation par les discours et les médias; que ce soit l'angoisse du départ, la peur au ventre, le passage à l'acte, l'enfer des questions sans réponse, la perte des repères, l'horreur et l'absurde.
    Ce roman est d'autant plus émouvant que l'histoire familiale se répète. le père, un ancien du Viet-Nam d'où il a ramené une jambe blessée, a fait le choix de cacher son passé militaire de tireur d'élite à ses enfants. Lorsque son fils aîné part, il revoit, il revit sa jeunesse crédule et ses erreurs, prévoit l'enfer qui va suivre et qu'il n'a pas su empêcher. Ce qu'il a voulu occulter lui revient brutalement, douloureusement. Il paie bien cher son mensonge.
    Ainsi, la dénonciation des ravages d'un conflit sur les vies - qu'elles soient sur les zones de combats ou à des milliers de kilomètres de distance -, et des méthodes de l'armée, passent à travers tous les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, parce que ce n'est pas une histoire que ce roman mais trois, puisque c'est aussi celle des deux copains qui se sont engagés - à construire des ponts donc... -, parce que ce n'est pas le récit de trois histoires individuelles mais aussi celles de leurs familles.
    L'épilogue est à la hauteur du récit, de sa qualité et de son engagement, profondément humain, à l'image de ce roman.




    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2009/06/29/14237225.html..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 06 janvier 2011

    Sharon
    Autant le précédent roman que j'ai lu de Xavier-Laurent Petit m'avait déçu, autant celui-ci est magnifique. J'ai bien du mal à lire dans ce texte un simple roman de littérature de jeunesse, car l'auteur aborde des thèmes délicats sans mièvrerie.
    L'histoire est racontée du point de vue d'Oskar, petit frère de Jérémy. Très souvent, quand l'auteur choisit un narrateur adolescent, il écrit avec un style relâché, ou bien se sert de son innocence, de sa naïveté pour créer un contraste avec la dureté des faits racontés – ce dernier point n'est pas forcément négatif. Là, il apparaît qu'Oskar est plus lucide que son frère, parce que les galères de son aîné et de ses amis l'ont forcées à mûrir. Tout au long du récit, il ne va vivre que par son frère. Sa vie est désormais rythmée par les étapes du parcours de Jeremy, l'enrôlement, l'embrigadement, son affectation, puis ses mails. Oskar ne se réapproprie son existence que lorsqu'il va commencer à écrire des chansons, c'est-à-dire à réussir là où son frère avait baissé les bras en exprimant, avec l'aide rigoureuse de Marka, ce que son frère ne peut pas dire.
    Ce que dénonce ce roman, ce n'est pas tant une guerre qui ne dit jamais son nom mais qui est décrite avec acuité que les mécanismes qui poussent les jeunes à voir leur engagement dans l'armée comme la solution à leur désoeuvrement, au chômage – de là à dire que certains en tirent profit, il n'y a qu'un pas. Seul concession peut-être à la littérature de jeunesse, la romance entre Oskar et Marka, encore qu'elle soit racontée avec une infinie pudeur.
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Critiques presse (3)


  • Lecturejeune , le 01 septembre 2008
    Lecture jeune, n°127 - Be Safe est avant tout un roman réaliste qui décrit la complicité entre deux frères dont la relation presque fusionnelle est ininterrompue par la guerre. Séparés par les tourments du conflit armé, Jeremy part là-bas, tandis qu’Oscar reste ici. Troublé par le départ de son frère, Oscar tombe amoureux de Marka. Ensemble ils fondent un groupe, qui lui permet de s’évader, tandis que les mails de Jeremy le ramènent à la réalité. Car là-bas, le mot d’ordre est : « Be safe ! ». Entre mensonges, rock’n roll et désertions, ce livre décrit bien l’horreur de la guerre. La musique et l’amour sont les seules raisons qui tiennent le cadet dans l’espoir de revoir son frère vivant.

    Nous avons apprécié la description des conditions de vie dans les mails, mais nous trouvons que le passé du père – ancien combattant du Vietnam – n’est pas assez exploité. Quant au succès du nouveau groupe, nous le trouvons trop omniprésent dans l’histoire. L’intrigue reste cependant intéressante et le contexte est original. Dans l’ensemble, le roman nous a plu et nous avons aimé la sincérité des personnages. À la fin du livre, notre désir n’est pas assouvi : on voudrait une suite.

    Comité de lecture du collège Notre-Dame, Beauvais
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - Jeremy, 16 ans, paresseux de nature et passionné de guitare vient de se faire enrôler par deux militaires. Oskar, son plus jeune frère, est anéanti. Finis les fous rires fraternels et les répétitions de leur groupe de rock ! Deux semaines plus tard, Jeremy embarque pour Fort Carolina où le lavage de cerveau s’avère aussi intensif que l’entraînement physique. Oskar, de son côté, découvre l’amour et ses talents de compositeur grâce à la belle Marka… Devenu tireur d’élite, Jeremy embarque pour l’Irak, où il déchante rapidement. Les mails qu’il envoie en cachette à son frère expriment avec crudité l’enfer vécu par les « boys » : les longues journées d’ennui au camp de base, la peur de sauter sur une mine ou d’être pris pour cible, la puanteur des cadavres… Tous ses messages se terminent par « be safe » : « reste en vie », le voeu que s’adressent les soldats avant d’affronter la rue. Xavier-Laurent Petit signe là un ouvrage très fort, qui touchera les adolescents. Le message antimilitariste y est parfois un peu appuyé (le père de Jeremy et d’Oskar a - comme par hasard - fait la guerre du Vietnam). Les personnages sont crédibles et attachants. La complicitérivalité entre les deux frères sonne juste et la musique, comme souvent chez Xavier-Laurent Petit, joue un rôle de catalyseur essentiel dans les relations. Anne Lanchon
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - Nouvel ouvrage de Xavier-Laurent Petit consacré à un conflit armé contemporain, Be safe entend traiter de l’« intervention américaine en Irak ». L’auteur prend le parti de ne pas ancrer son récit. Aucune atmosphère, peu de références ou éléments permettant au lecteur de situer cette famille de la middle-class américaine. Ce manque de contexte, de couleur étonne tant il semble lié – pas seulement dans notre imaginaire collectif mais dans l’explication même des faits – à cette guerre. Il aurait de plus donné davantage de corps et d’épaisseur à des personnages auxquels on a parfois du mal à croire et à s’attacher véritablement. On comprend bien sûr la volonté de rester au plus près des sentiments de ceux qui, face à la désinformation, l’attente et l’angoisse, continuent malgré tout à vivre. Ainsi les mails envoyés d’Irak, flashs teintés d’irréalité tant ils évoquent l’enfer, ne prennent que plus de force. Mais alors comment continuer à s’intéresser aux intrigues parallèles – amour, création musicale… – qui ne nous captivent pas complètement ? Hélène Sagnet

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Citations et extraits

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  • Par chardonette, le 04 novembre 2010

    On s'est arrêtés au milieu du pont. A nos pieds, l'eau courait avec un bruit de gravier, épaisse et pâteuse comme une bouillie, presque gelée. Dans les bouquins de grandma, dans n'importe quel film ou dans le pire des feuilletons télé, c'était le moment idéal pour s'embrasser. Cadrage resserré sur les visages avec, en arrière-plan, la neige des berges et la grisaille du ciel... Mais, dans la réalité, les choses étaient plus compliquées.
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  • Par chardonette, le 04 novembre 2010

    Un car de l'armée stationnait en bordure du parking, les flancs barrés d'un "ARMY GIVES YOU A JOB JOIN US" en énormes lettres bleues.
    Jeremy s'y est engouffré à la suite des deux militaires et je l'ai attendu sous le soleil en luttant contre la sale petite inquiétude qui venait de se nicher au creux de mon ventre.
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  • Par luocine, le 05 décembre 2009

    Comme si on avait le choix ! C’était le dernier magasin encore ouvert à des milles à l aronde. Les autres avaient fermé en même temps que les usines, et leur carcasses achevaient de se déglinguer, hiver après hiver.
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  • Par chardonette, le 04 novembre 2010

    ... Je n'y comprenais rien. C'était un truc plutôt compliqué. Une sorte de labyrinthe dans lequel on se perdait assez facilement en cherchant où avait bien pu passer l'autre.
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