> Gojko Lukic (Traducteur)
> Gabriel Iaculli (Traducteur)

ISBN : 2268057895
Éditeur : Le Serpent à plumes (2006)


Note moyenne : 4.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Lire n'est pas une activité douillette et innocente. C'est aussi vivre, parfois dangereusement, comme le montrent les aventures extraordinaires des personnages de ce roman, lecteurs passionnés qui mènent une double vie, circulent entre leur réalité quotidienne et leurs ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par moustafette, le 13 juin 2011

    moustafette
    On a coutume de dire que la lecture est une activité solitaire. Rien n'est moins sûr...
    Adam Lozanitch, étudiant en lettres et correcteur à ses heures, se plonge dans la lecture de "Ma Fondation", ouvrage publié à compte d'auteur en 1936 par un certain Anastase Branitza. Pour une somme mirobolante, un homme propose à Adam d'apporter des corrections conséquentes à l'ouvrage. Soulever la couverture de maroquin rouge va s'apparenter à une originale traversée du miroir et confirmer l'étrange sensation qui envahie le jeune homme depuis quelques temps.
    Cette fois encore, Adam s'aperçoit qu'il n'est pas seul à lire "Ma Fondation", livre pour le moins étrange puisqu'aucun personnage ne l'habite, qu'aucune intrigue ne s'y déroule. En effet, ce n'est, qu'une suite de descriptions minutieuses d'un domaine somptueux, de la villa qui y trône et de son riche mobilier.
    Dans ce décor improbable, Adam va croiser une kyrielle de personnages qui ont tous plus ou moins à voir avec le fantasque Anastase. Au premier rang desquels la très attendrissante Natalia Dimitriévitch, fille de libraire qui, en son temps, a réussi à sauvegarder quelques exemplaires de "Ma Fondation". C'est aujourd'hui une vieille dame excentrique qui entretient un rapport fusionnel non seulement avec son passé - "Il me manque un souvenir... Je ne retrouve plus un souvenir de mon père... Comment ai-je pu, mon Dieu, comment ai-je pu l'égarer ?" - mais aussi avec la lecture. D'ailleurs, elle vient d'embaucher la jeune Iélina pour l'assister dans son activité de prédilection. Mais Iélina n'est-elle pas justement cette jolie fille qu'Adam a aperçue un peu plus tôt dans la réalité ?
    Les déambulations livresques d'Adam et de ses comparses vont nous livrer l'histoire tragique mais fabuleuse d'Anastase Branitza. Mais pas seulement. Car, roman à tiroirs par excellence, c'est aussi à un voyage dans l'histoire de la Bulgarie auquel nous convie Goran Petrovic. D'une plume alliant humour, poésie et merveilleux, il nous offre une fantastique ode à la mémoire, à la transmission et donc inévitablement aux livres. C'est également l'occasion, mais en doutons-nous, de nous rappeler que les livres sont de grands magiciens. Outre les voyages multiples dans lesquels ils vous embarquent, ils scandent sans doute les événements de votre vie, mais surtout ils peuvent se révéler de précieux magiciens de l'âme, quand ils ne vous changent pas radicalement.
    Lorsque l'imaginaire chevauche si talentueusement la réalité, ne nous en privons pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par le-mange-livres, le 12 avril 2012

    le-mange-livres
    Où les livres surprennent et enferment, où les livres permettent l'évasion au sens propre, où les livres fourmillent d'espions, où les livres peuvent se refermer comme des pièges.
    « Malgré la froide reliure en maroquin, le livre était chaud, intensément vivant, son pouls secret battait sous les doigts du jeune homme ».
    Un lundi d'hiver à Belgrade. Lundi, un jour propice aux commencements de toute sorte, comme chacun le sait (par exemple une confiture d'abricots entamée un lundi ne moisira pas, dixit la mère de l'un des personnages). Adam est contacté par un homme qui lui demande d'annoter un mystérieux manuscrit.
    Ielena travaille chez une charmante vieille dame, Natalia Dimitriévitch, qui vit dans un monde où les livres attrapent froid et où on peut fréquenter les magasins d'antan.
    Le rapport ? Ces personnages peuvent utiliser les livres, s'y projeter, et même y rencontrer d'autres lecteurs, à la faveur d'une lecture commune, ou plutôt simultanée. Mais cela, seulement à la condition de mener une lecture totale, et non pas une lecture du bout des yeux. « Elle commençait à percevoir aussi d'autres présences. Au même moment, une multitude de gens différents, dans un tout autre coin de Belgrade, dans une autre ville, même à l'autre bout du monde, lisaient le même livre ».
    Tous les personnages se retrouvent dans la très spéciale Fondation, un livre conçu comme un monument à l'amour perdu, où chaque détail est un chef d'œuvre longuement ciselé, mais qui risque fort d'être endommagée par des personnages malveillants.
    Un roman un peu dans la veine des fabuleux Jasper Fforde, mais en moins drôle et en plus mélancolique ; un livre onirique qui exerce un charme étrange et indéniable, une poésie fragile et subtile ; bref un objet étonnant, qui vaut le détour, et donne envie de découvrir d'autres œuvres de cet auteur, peut-être dans l'excellente collection « Motifs » du Serpent à Plumes avec son très riche catalogue de littérature balkanique. Joli livre donc découvert grâce au très addictif site Babelio.

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2011/08/soixante-neuf-tiroirs-gor..
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    • Livres 5.00/5
    Par Teatatteredpages, le 06 février 2010

    Teatatteredpages
    Extraordinaire moment de lecture!
    Un chef-d'oeuvre à mes yeux, et mon grand bonheur du mois de janvier 2010 !
    On ne dira jamais assez de bien de la jolie collection Motifs du Serpent à plumes qui publie essentiellement des auteurs étrangers dans un format de poche aux ravissantes couvertures. Et c'est justement l'une de ses couvertures qui m'a tapée dans l'œil lors d'une visite dans ma librairie préférée. Et voilà comment j'ai fait connaissance avec Goran Petrovic, mon premier auteur serbe.
    Et Soixante-neuf tiroirs est justement un livre qui parle de livres, de bibliothèques, et de lecteurs.
    TTP

    Lien : http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/article-3139655.html
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Citations et extraits

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  • Par le-mange-livres, le 22 août 2011

    Malgré la froide reliure en maroquin, le livre était chaud, intensément vivant, son pouls secret battait sous les doigts du jeune homme.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par le-mange-livres, le 12 avril 2012

    Elle commençait à percevoir aussi d’autres présences. Au même moment, une multitude de gens différents, dans un tout autre coin de Belgrade, dans une autre ville, même à l’autre bout du monde, lisaient le même livre.
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