AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Terje Sinding (Traducteur)
ISBN : 9782070124916
Éditeur : Gallimard (2010)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Arvid, le narrateur de Maudit soit le fleuve du temps, décide de rejoindre sa mère. Cette dernière, prenant de court toute sa famille, a sauté sur le premier ferry depuis Oslo après avoir appris qu’elle souffrait d’un cancer, pour se réfugier dans la petite maison qu’elle possède dans le nord du Danemark dont elle est originaire. Elle accepte d’abord de mauvaise grâce la présence de ce fils mal dans sa peau, puis, dans un face-à-face inédit pour l’un et l’autre, la ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Aela
22 juillet 2012
Oslo 1989. Arvid apprend la maladie de sa mère, qui souffre d'un cancer de l'estomac.
Elle est originaire du Jutland, province de l'extrême nord du Danemark et décide de rentrer au Danemark pour revoir les siens.
Arvid va accompagner sa mère, pour l'aider dans son combat contre la maladie.
C'est le début d'un poignant face à face.
Vont remonter à la surface, telles des déchirures, les rêves et les déceptions du passé.
Ainsi par une succession de flash-backs sur les années 70, nous revoyons le passé de militant communiste de Arvid, le travail à l'usine de la mère, dans la chocolaterie Freia d'Oslo…
La mort du frère revient régulièrement à l'esprit du narrateur.
C'est un récit sombre, intimiste, qui nous plonge dans l'univers des classes « laborieuses » norvégiennes et des attentes déçues des militants camarades d'Arvid.
Une écriture simple et fluide que j'ai beaucoup appréciée.
Per Petterson s'est servi de son passé de militant et d'enfant d'une famille ouvrière pour écrire ce récit.
Ce livre a reçu en 2009 le Grand Prix de littérature du Conseil Nordique.
La traduction est excellente et a bénéficié du soutien de Norla, centre pour la littérature norvégienne à l'étranger.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
sylvaine
26 août 2015
  • 3/ 5
Étrange roman que celui de Per Petterson récompensé en 2009 par le Prix de littérature du Conseil nordique. Étrange tonalité peut-être l'automne et la qualité de la lumière avec ses ombres qui s'allongent.La saison n'est pas anodine dans cette sensation de malaise, de mal-être devrais-je dire.
C'est Arvid, le deuxième fils, qui raconte, qui se raconte plutôt. Parti rejoindre sa mère qui, après avoir appris qu'elle avait un mauvais cancer de l'estomac, a pris la fuite pour aller ce réfugier quelques jours dans sa maison au Nord du Danemark, il se retrouve sur les sentiers de son enfance.
Arvid a maintenant 37 ans, il s'est choisi une vie de militant communiste, pour elle il a choisi d'abandonner ses études au grand damne de sa mère, son mariage vole en éclats, sa mère est malade, son père aux abonnés absents et ses frères le regardent de haut.Bilan doux amer donc pour cet adulte immature.La vie ne fait pas de cadeaux mais parfois nous laisse des plages lumineuses qu'il faut savoir apprécier.
Un texte lent où présent et passé s'entremêlent,une écriture fluide ( très bonne traduction) une tristesse qui suinte à chaque page, à chaque ligne. Au final, pour moi, la découverte d'un auteur norvégien à ne lire que par très beau temps.Mais ceci n'est qu'un très humble avis!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Bellonzo
09 janvier 2014
  • 5/ 5
Le titre ne me plait pas forcément, sorte de référence pompeuse mais banale. Je m'empresse de dire que c'est bien tout ce qui ne me sied guère dans ce livre, tout proche du chef-d'oeuvre. "Pas facile de voler des chevaux" m'avait déjà emballé.

Arvid, la petite quarantaine, le narrateur de "Maudit soit le fleuve du temps", au bord du divorce, un vrai loser, rejoint sa mère malade, dans une petite île au Danemark où elle a vécu avant Oslo. Une île nordique fait évidemment penser à Bergman, figure imposante du voisinage septentrional. Et il faut bien admettre que ce face-à-face tardif, voire ultime entre la mère et son fils, peut sembler proche de l'univers de l'homme de Faro. "Familles je vous hais" disait l'autre. Mais pas de haine ici, de multiples incompréhensions, des souvenirs qui réveillent une adolescence pas terrible, un engagement politique qui conduit à l'impasse, ce qui ne me surprendra jamais, un frère cadet mort très jeune. Dira-t-on jamais assez comme l'enfant disparu se fait un peu l'assassin d'une fratrie?

A l'heure où sa mère se découvre en partance, où son père pourtant présent à l'état-civil et même là-haut dans la maison familiale d'Oslo ne lui est d'aucun secours, ils se ressemblent si peu, à l'heure où ses deux filles doucement s'éloignent, Arvid se penche sur son passé, pas d'apitoiement, Per Petterson ne donne pas dans le mélo. Des questions en l'air, des regrets, la méconnaissance mutuelle. Qu'est-ce qu'une famille? Et quel en est le ciment? A partir de quand s'effrite-t-il?Bouleversant dans sa pudeur, un livre inoubliable que "Maudit soit le fleuve du temps".

Je voudrais oser un barbarisme. Très attiré par le Nord, je crois que la scandanivicité existe, qu'elle importe beaucoup et qu'elle est souvent douloureuse. Voilà trois pays qui n'ont pas la même langue, mais, qui très proches lexicalement, se comprennent. Même si la langue anglaise a tendance à coiffer tout ça par commodité et par habitude éducationnelle déjà ancienne. Ces trois pays sont petits, souvent rivaux, un peu arrogants du voisin et leur relatif éloignement les a conduits souvent à lorgner vers Londres ou Hollywood. Mais je crois très fort à leur identité multiple et à la source commune littéraire, musicale ou plastique, passionnante et ouverte, austère et débridée, de Münch à Ibsen, d'Andersen à Mankell, de Dreyer à Christensen. Il y a toujours un ferry entre Copenhague et Malmö, entre Göteborg et Aarhus. Il y a toujours un lien très fort entre ces hommes du Nord qui s'étend parfois jusqu'à Reikjavik. Il y a surtout d'immenses écrivains dont je parle assez souvent, et d'autres, cinéastes ou rockers. le froid et l'insularité parfois extrême de ces régions doivent piquer délicieusement l'inspiration.

Avec un montage balançant entre passé et présent, le présent se déroulant lors de la chute du Mur, la passé dans les années soixante-dix et quelques allusions à la petite enfance d'Arvid, "Maudit soit le fleuve du temps" ressemble à notre vie, comme dans les livres de Lars Saabye Christensen ou Lars Gustafsson, juste un peu plus septentrionales mais pas moins désespérées. Heureusement, pas toujours.


"Notre amitié était morte, et je me suis aussitôt surpris à le regretter, à regretter le passé disparu et l'avenir impossible. Mais nos étés avaient sombré. Pas uniquement parce qu'au bout de vingt-cinq ans je les avais oubliés:surtout parce que, désormais, ça n'avait plus de sens de s'en souvenir".
Ces trois lignes m'ont particulièrement touché à l'heure des sites qui vous permettent de "retrouver" les copains d'il y a 35 ans. Comme si c'était possible. A pleurer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
veroherion
08 décembre 2016
  • 4/ 5
J'adore l'écriture de Per Petterson.
J'aime beaucoup ses personnages et la relation qu'il tisse entre eux.
Ici, il décrit une mère malade et son fils qui la rejoint pour l'accompagner dans ces moments difficiles. Les deux portraits sont d'une sensibilité incroyable, leur passé est lourd sans être dramatique. Pas de mélo avec Per Petterson, mais beaucoup de choses gâchées par les non-dits, par ces petits moments qu'on laisse passer, par le silence de trop, par la petite parole échappée au mauvais moment.
Une relation ordinaire, que l'on retrouve si souvent et sur laquelle on ne sait comment revenir pour améliorer les choses.
Juste du quotidien, des rapports délicats et une humanité ordinaire.
On s'y retrouve à tel point que l'on est parfois agacé par les uns ou les autres.
Etre si près de toucher au but et tout faire foirer par une maladresse, on l'a tous fait et là, on le lit à travers des mots d'une telle justesse !
Ce sentiment d'être juste à côté, tout le temps... On en pleurerait !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
de
20 avril 2012
Il est rare que l'auteur-e d'un livre, en seulement un peu plus de deux cent pages, rende à ce point sensible le temps qui passe, le temps perdu et celui qui ne sera pas, ici, pas retrouvé.
Arvid adulte, sa mère souffrant d'un cancer. le refuge et des moments de vie, par brides maintenant et hier, ces passés qui font ce que nous sommes ou ne sommes pas. « Notre amitié étaient morte, et je me suis aussitôt surpris à le regretter, à regretter le passé disparu et l'avenir impossible. Mais nos étés avaient sombré. Pas uniquement parce qu'au bout de vingt-cinq ans je les avais oubliés : surtout parce que, désormais, ça n'avait plus de sens de s'en souvenir. »
Beaucoup d'échecs, mais l'existence est-elle autre chose qu'une suite de moments, rendus avec une autre saveur ou une autre amertume, par la perspective d'un regard vers ce qui fut notre présent et qui n'est que le passé.
« En revanche, mourir, je pouvais comprendre ce que c'était : la seconde précise où vous voyez arriver cet instant que vous avez toujours craint, où vous comprenez que vous n 'aurez plus la possibilité de devenir celui que vous auriez voulu être, où vous vous rendrez compte que celui dont on se souviendra est celui que vous avez été. »
Une écriture simple, lucide, sans pathos. Et pour celle et celui qui a déjà maudit le fleuve du temps, une fenêtre ouverte vers un monde quelconque, notre monde, notre vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela22 juillet 2012
Je les ai entendus se lever et se diriger vers la porte ; C’était de Gorbatchev qu’ils parlaient, je l’avais tout de suite compris ; l’homme qui portait sur son front la carte d’une nation inconnue et qui était président de l’Union Soviétique, poste qu’il occupait depuis un an et dont il serait le dernier titulaire.
Le dernier leader d’un Etat lancé comme une expérience soixante-dix ans plus tôt et qui avait lamentablement échoué.
Mais ça, personne ne le savait encore. Que Gorbatchev serait le dernier.
Pas même lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
BellonzoBellonzo09 janvier 2014
"Notre amitié était morte, et je me suis aussitôt surpris à le regretter, à regretter le passé disparu et l'avenir impossible. Mais nos étés avaient sombré. Pas uniquement parce qu'au bout de vingt-cinq ans je les avais oubliés:surtout parce que, désormais, ça n'avait plus de sens de s'en souvenir".
Commenter  J’apprécie          70
flonalineflonaline28 octobre 2015
Elle a grimpé sur la selle en me tournant le dos. Je l'ai imitée, et nous sommes partis dans des directions opposées......J'aurais voulu jeter mon vieux vélo contre l'asphalte, arracher la selle et piétiner les rayons jusqu'à les transformer en spaghettis. ou faire demi tour me lancer dans une course poursuite pour la rattraper avant qu'elle n'arrive à la station service et lui déclamer une belle tirade qui aurait jeté un pont entre nous. Mais je n'ai fait ni l'un ni l'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MiaMia06 décembre 2010
En revanche, mourir, je pouvais comprendre ce que c'était : la seconde précise où vous voyez arriver cet instant que vous avez toujours craint, où vous comprenez que vous n'aurez plus la possibilité de devenir celui que vous auriez voulu être, où vous vous rendez compte que celui dont on se souviendra est celui que vous avez été.
Commenter  J’apprécie          30
AelaAela22 juillet 2012
Pendant longtemps, je n’ai cessé de copier mon frère. Mais pas en tout.
A l’époque j’étais communiste, tendance Mao, ce qui n’était pas son cas.
Et il était tellement bricoleur, tellement doué pour la menuiserie,, le dessin et la peinture, qu’il ne m’est jamais venu à l’idée de l’imiter dans ces domaines.
Au lieu de cela, je lisais des livres.
J’en lisais beaucoup.

Commenter  J’apprécie          20
Video de Per Petterson (2) Voir plusAjouter une vidéo

[Per Petterson : Dans le sillage]
A la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, Olivier BARROT présente l'ouvrage de Per PETTERSON : "Dans le sillage".
autres livres classés : littérature norvegienneVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

l'école de la nuit

En revenant dans le passé, Diana doit changer de nom. quel est-il?

Norman
Roydon
Wilson

9 questions
11 lecteurs ont répondu
Thème : Le livre perdu des sortilèges, tome 2 : L'Ecole de la nuit de Deborah E. HarknessCréer un quiz sur ce livre
. .