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ISBN : 2081382679
Éditeur : Flammarion (06/04/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.21/5 (sur 3739 notes)
Résumé :
Au petit jeu du libertinage, l'adorable Valmont et la délicieuse Madame de Merteuil se livrent à une compétition amicale et néanmoins acharnée: c'est à celui qui aura le plus de succès galants, et le moins de scrupules. Peu importent les sentiments, seule la jouissance compte. Les conquêtes se succèdent de part et d'autre, jusqu'à ce que Valmont rencontre la vertu incarnée : la présidente de Tourvel. Elle est belle, douce, mariée et chaste : en un mot, intouchable. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (227) Voir plus Ajouter une critique
Ode
20 mars 2013
★★★★★
★★★★★
N'écoutez pas ceux qui ravalent "Les liaisons dangereuses" au rang de roman libertin : assurément, ils ne l'ont pas lu ! Au contraire, l'auteur y démontre combien le libertinage est vain face à l'amour véritable. Rares sont les romans qui, en plus de magnifier la langue française, sondent avec autant d'acuité les rapports humains, et la passion amoureuse en particulier. Voilà pourquoi une oeuvre épistolaire datant de 1782 suscite encore autant d'émotion et d'enthousiasme parmi ses lecteurs.
Le genre épistolaire, qui au premier abord pourrait dissuader certains de commencer la lecture, est la véritable force de cette oeuvre. En effet, il exprime les sentiments des différents protagonistes, dans ce qu'ils ont de plus intime. de plus, c'est un redoutable outil dramatique car il permet, en passant d'un personnage à l'autre, en sautant certaines périodes de temps, de ménager des ellipses et des surprises dans le déroulement de l'intrigue.
Le roman commence comme un jeu entre la marquise de Merteuil et le vicomte De Valmont : pour se venger d'un de ses anciens amants qui doit épouser la jeune Cécile Volanges, la marquise demande à Valmont de séduire la jeune fille avant les noces. Devant le peu d'empressement De Valmont, elle encourage l'inclination de Cécile pour le chevalier Danceny, son professeur de musique. Finalement, Valmont va profiter d'un séjour chez sa tante à la campagne pour s'acquitter de sa tâche, tout en visant une conquête ardue, celle de la pieuse et délicate présidente de Tourvel...
Au fil des 175 lettres qui composent cette histoire, Pierre Choderlos de Laclos réussit à animer ses personnages de manière troublante, au point que l'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'une correspondance réelle. La marquise de Merteuil est une figure forte et complexe – une de celles que j'admire le plus en littérature. Pour une femme du XVIIIe siècle, veuve de surcroît, seule la réputation compte et le secret de la liberté réside dans la dissimulation. La fameuse lettre LXXXI, où la marquise explique au vicomte comment, à force de volonté, elle a acquis une parfaite maîtrise d'elle-même, ce qui lui procure la liberté d'action suffisante pour vivre à sa guise et avoir des liaisons sans que son entourage ne se doute de rien, est la clé de voûte du roman. C'est aussi un accès de sincérité – et de vanité – qui la perdra, lorsque la guerre sera déclarée avec Valmont.
Entre ces deux-là, qui furent amants par le passé, demeure une sorte d'entente fondée sur une estime mutuelle, mais aussi, sans doute, sur des secrets compromettants. Nous n'avons guère de détails sur ce qui les a séparés, mais il est facile d'imaginer que par fierté, aucun des deux n'a osé reconnaître qu'il aimait l'autre, et chacun a continué ses conquêtes de son côté. Or ce qui va briser le pacte, c'est que Valmont tombe amoureux de madame de Tourvel. Lui-même ne s'en rend pas compte tout de suite, à l'inverse de la marquise de Merteuil qui le décrypte instantanément. Alors elle n'aura cesse d'éliminer sa rivale, allant jusqu'à dicter les mots de la rupture à Valmont dans la lettre CXLI, articulée autour du bien connu : « Ce n'est pas ma faute ». Mais cette victoire aura un goût amer, car le dénouement théâtral choisi par Laclos flatte la morale.
Le libertinage n'est donc qu'un prétexte, un trait d'époque, pour planter une intrigue cruelle et haletante qui met en scène des personnages mus, au fond, par une soif d'amour qu'ils refusent d'admettre, ou alors trop tard. Pour compléter ou revivre cette lecture, je vous conseille l'excellent film de Stephen Frears, avec John Malkovitch dans le rôle De Valmont et Glenn Close dans celui de la marquise de Merteuil. Des costumes au jeu des acteurs, en passant par une musique délicieuse, c'est un chef d'oeuvre digne de celui De Laclos.
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finitysend
31 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
Subtil ..
Une étude clinique des libertins , du libertinage et du vice comme de la vertu . Une réflexion servie par un texte somptueux et une langue absolument superbe .
Enormément de subtilité dans les nuances du texte qui font de cette prose un sommet dans la profusion des détails et dans l'intensité.
L'époque est puissamment ressentie et son atmosphère rayonne littéralement .
A bien y réfléchir c'est avant tout un essai sur la nature humaine .. le jeux ... la passion ... la ruse et la joute .
A force de simuler la guerre on finit par se la faire .
A force de manipuler et de calculer on déshumanise l'objet de ses attentions et de son affection , alors que l'on s'atteint soi-même dans la même mesure ?
Le libertinage est moins promu et pesé dans ce texte que la nature humaine examinée . Alors que l'innocence et la vertu ne sont pas plus respectable en soit que le vice, car elles apparaissent comme une faiblesse et une quasi inadaptation et finalement comme un obstacle au bonheur , à l'équilibre et à la raison .
Ce que Laclos espérait démontrer à mon humble avis et entre autres , c'est que seule la rigueur et la mesure couplés à la volonté et au discernement conduisent quelque part .
C'est un grand moment de langue et de civilisation française que ce roman.
Une sorte de grand siècle exquis de subtilités , d'exigences et d'ampleur .
Chaque phrase est un délice de rythme , d'intensité et de calcul .
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Nastasia-B
21 mars 2012
★★★★★
★★★★★
Quand, sous l'Ancien Régime, un improbable militaire de haute noblesse empoigne sa plume pour rédiger un improbable roman épistolaire devisant d'amours libertines, on parle de curiosité.
Quand ce singulier roman, plus de deux siècles plus tard, malgré les changements de tous ordres et le fossé des classes sociales arrive encore à émouvoir jusques aux tréfonds de la moelle une insignifiante créature roturière de tout juste dix-huit ans, qui sait à peine ce que le mot "littérature" veut dire, on parle de chef-d'oeuvre.
Quand, à travers les époques, ils sont des millions, de tous âges, de tous sexes, de toutes sensibilités, de toutes confessions, nationalités ou conditions sociales à avoir éprouvé un émoi comparable en tous points à celui de l'insignifiante roturière, on vénère l'un des plus grands patrimoines mondiaux de la littérature.
Aaaah ! Combien plus belle, combien plus grande eut été votre contribution aux choses de la littérature qu'à celles des armées, Monsieur le Général Choderlos de Laclos !
La Bruyère écrivait que: "Qui peut, avec les plus rares talents et le plus excellent mérite, n'être pas convaincu de son inutilité, quand il considère qu'il laisse en mourant un monde qui ne se sent pas de sa perte, et où tant de gens se trouvent pour le remplacer ? Combien d'hommes admirables, et qui avaient de très beaux génies, sont morts sans qu'on en ait parlé ! Combien vivent encore dont on ne parle point, et dont on ne parlera jamais !"
Certes, vous n'êtes pas mort sans nous rien laisser, Monsieur de Laclos, mais un seul, un seul malheureux et orphelin petit roman, c'est bien peu, c'est trop peu, quand on sait faire autant.
Que dire maintenant? L'histoire? tout le monde la connaît et si, par chance, vous l'ignoriez encore, ce serait sacrilège que de vous la déflorer. Les turpitudes du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil auprès de la Présidente de Tourvel, sont, je suppose, à peu près connues de tous. Les dommages collatéraux également. Lisez-la, c'est la meilleure chose que vous ayez à faire. Qu'est-ce que vous risquez? Juste une superbe émotion dont vous vous réjouirez encore dans des décennies. Au pire, de l'indifférence... Si! Tous comptes faits, si! Il faut que je vous dise quelque chose, lorsque du haut de mes dix-huit ans, ignorante de tout et même de mon niveau d'ignorance, je lisais ces lettres, j'ignorais la classification des titres de noblesse. Aussi, peut-il être intéressant que je vous glisse cette information qui peut avoir son importance pour la bonne intelligence de deux ou trois subtilités. le titre de noblesse le plus bas est celui de Chevalier, puis Banneret, puis Baron, puis Vicomte, puis Comte, puis Marquis et enfin, le plus élevé, Duc. Président n'est normalement pas un titre de noblesse, mais il peut être utilisé pour désigner une personne noble occupant un emploi élevé, par exemple dans la magistrature. Quant à "Madame", c'est la version féminine de Sire ou Monseigneur et évoque un titre de noblesse accompagné d'un apparentement avec une famille royale, impériale ou princière. Autre précision d'importance, ce roman n'est ABSOLUMENT PAS pro libertinage et n'a ABSOLUMENT RIEN à voir avec les écrits de Sade.
Sachez, pour conclure, que si aujourd'hui je lis des romans, vous y êtes vraisemblablement pour quelque chose, mes trois vibrants mousquetaires, Hugo, Laclos & Corneille. A vous trois, merci, et respect.
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Marple
01 janvier 2016
★★★★★
★★★★★
Immense classique de la littérature française, "Les liaisons dangereuses" retracent la partie d'échecs flamboyante entre la Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont. Sauf que leurs pions sont les êtres humains qui les entourent, leurs coups les lettres qu'ils s'envoient et la fin de la partie le déshonneur ou la mort...
Ma première lecture, faite au temps de mon adolescence, m'avait séduite et laissé le souvenir fort d'une histoire profondément amorale mais tout aussi profondément jubilatoire. De même d'ailleurs pour le très bon film de Stephen Frears. Lors de ma relecture ces derniers jours, j'ai aussi pris beaucoup de plaisir, mais vu tout autre chose.
Les premières lettres m'ont donné le sourire, tant j'étais contente de ma complicité retrouvée avec ces deux héros si brillants, si fins et si indépendants qu'ils pouvaient mener leur vie à leur guise. Puis j'ai apprécié le talent de l'auteur qui parvient à donner en 3 lettres une personnalité à tous les personnages secondaires, en adaptant le message, le ton et le style. Ensuite, je me suis régalée de ce passage archi-connu où Valmont joue sur les mots... et avec sa belle amie Emilie, ou ce passage oublié rempli de réflexions intéressantes sur les femmes d'un certain âge, probablement encore applicable aujourd'hui. Et pour finir...
Non, pour la fin je ne peux pas dire que j'ai pris du plaisir. La fin m'a profondément dérangée et elle m'a laissée assommée, nauséeuse, dégoûtée. Certes, il y a officiellement une morale à cette fable libertine, mais elle vient bien tard et n'épargne pas les innocents, les bons ou les faibles... A force d'orgueil et de jalousie, la marquise et le vicomte ont oublié qu'ils jouaient avec des sentiments et des personnes, et leur jeu a eu des conséquences terribles pour leurs pions, qui n'avaient pourtant rien demandé.
Au-delà de ça, j'ai été atterrée par la peinture de l'humanité faite ici, d'un côté les gens intelligents, forcément machiavéliques et immoraux, de l'autre les idiots, les faibles ou les naïfs. Avec à peine une vieille tante, à la fois lucide et généreuse, pour sauver le monde !
Ne croyez pas que je n'ai pas aimé ma lecture, au contraire. Elle m'a fait passer par des sentiments variés et s'est révélée riche et intéressante. Bien plus que le dossier joint à mon édition (pour les lycées dans les Années 1990), assez pauvre, qui m'a juste intéressée pour sa biographie du militaire Choderlos de Laclos.
Challenge Multi-Défis et challenge PAL.
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Hugo
10 juillet 2015
★★★★★
★★★★★
N'ayez crainte ma bourgeoise que « j'obsièque(eue) » votre cul, à presser une fesse après l'autre pour le simple plaisir d'y libertiner un doigt ou deux dans l'antre d'une folie purement humidifiée par ce désir ardent qui « ma bite » jour et nuit entre vos cuisses…
Quel plaisir de jouer à sein ni tripote, à manipuler ces lubricités les plus inavouables, transformer le défi en jeu infâme et cruel, jusqu'aux dérives honteuses de l'amour, comment peut-ont ne pas chavirer « glorifiquement » dans le glauque sans lendemain ?
La goutte à l'air, voilà que je me sauve déjà vers d'autres petites chattes, par défi pensez-vous, ou par mépris assurément… Ô détestez-moi, détestez-nous, nous ne sommes que légèreté, un sourire insouciant, assumé, le reflet d'une société hypocrite d'infidélité, d'immoralité…
Allons bon, ne soyons pas si hâtif à juger la manipulation libertine sur « autretruie »
Mais l'amour un jour ou l'autre s'invite à l'indifférence bestiale d'une baise entre deux poubelles, résistons à cette délicieuse passion et douce folie qui causera routine et enfant sur le long chemin de la monogamie, je n'ose imaginer cette vieille chose m'aspirer après tant d'années avec autant d'entrain que la rossée du matin, qui chaque jour dépose ses gouttes arrondies et cristallines au sommet de l'herbe fraiche du voisin…
La tentation est tentatrice de tremper sa faiblesse dans la boite de pandore ouverte à l'occasion d'une soirée d'ennui glorifié par un sommeil agité par cette fatalité traitresse d'un amour infini, sans limite, fusionnel, inconditionnel, ardent et brulant, il faut souffler sur la baise jour après jour, mois après mois, années après années, ses seins tombent, ses rides s'affirment prennent de l'ambition, sa peau se plisse, son bide « s'affesse », mais je l'aime comme au dernier jour… et quelle beauté…
Valmont se joue, s'ennuie, et se brise d'un sentiment nouveau qu'il ne sera apprivoiser à temps, ce héros est un délice de perversité, un personnage fantasmant de génie, accompagnée d'une Merteuil « suce cul lente » de vice et de noirceur, insatisfaite et mal baisée…
Quelle histoire mes amis, quel plaisir sein, que le cul pour le jeu, sans limite, si ce n'est l'amour unique et sans condition, soyez-fous, gourmand, honteux, amusez-vous, explorez-vous, jouez à en perdre la raison, les jambes chancelantes de plaisir, manipulez à des seins lubriques vos fantasmes les plus fous, il faut savoir se marrer ne pas rougir, ne pas se scandaliser pour une pratique de traverse, soyez curieux de découvertes perverses…
A lire bien évidement…
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coco4649coco464922 mars 2017
PIÈCES FUGITIVES
À MLLE DE SIVRY,

QUI, À L’AGE DE DOUZE ANS,
SAIT LE GREC ET LE LATIN,
ET FAIT DE TRES JOLIS VERS


À l’âge où l’on fait des poupées,
Vous composez des vers charmants ;
Tandis que, dans des jeux d’enfants,
Vos compagnes désoccupées
Perdent leur esprit et leur temps,
Vous cultivez tous les talents,
Et déjà votre renommée,
Redoutable aux Auteurs du temps,
Fait craindre à leur troupe alarmée
Une rivale de douze ans.
 Nulle étude n’est étrangère
À votre esprit, à votre goût ;
Et si vous traitez de chimère
Ces récits où brillent surtout,
Un revenant, une sorcière,
Cependant vous savez vous plaire
Aux contes à dormir debout,
Mais vous les lisez dans Homère.
 Vous rassemblez les agréments
De tous les lieux, de tous les âges ;
Vous avez tous les sentiments,
Tous les tons, et tous les langages ;
Tour à tour vous plaisez aux sages
Et vous amusez les enfants.
 L’esprit vous donne des années ;
Il a su hâter vos beaux jours :
De vos brillantes destinées,
Il saura ralentir le cours ;
Et, par lui, vous serez toujours,
Dans les époques fortunées,
Et des talents et des amours.
 Croyez à cet heureux présage.
C’est l’exemple qui m’encourage
À vous promettre un sort si doux :
Les neuf déités du Permesse
Ne connurent, ainsi que vous,
Ni l’enfance ni la vieillesse.

p.499-500
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coco4649coco464922 mars 2017
LES SOUVENIRS,
 Épître à Églé


Extrait 2

 Soumise encore à sa puissance,
Et racontant, avec candeur,
Le trouble de sa conscience
Et les feux qui brûlent son cœur,
La dévote et sensible Hortense,
Aux genoux de son directeur,
Pour obtenir quelque indulgence,
Des fautes qu’à sa Révérence,
Sa bouche vient de confier,
Veut bien en faire pénitence,
Mais ne veut pas les oublier.
 Lorsque la vieillesse pesante
Est enfin prête à nous saisir,
Au moment où sa main tremblante
Nous touche et flétrit le plaisir,
Dans une erreur qui nous enchante
On veut encor s’entretenir,
On en parle, l’âme est contente,
On jouit par le souvenir.
 Le souvenir nous récompense
Des maux qu’Amour nous fait souffrir ;
Il nous console dans l’absence ;
Il embellit, par sa présence,
L’objet qui sait nous attendrir ;
Il sait réveiller le désir,
Sans nous porter à l’inconstance :
C’est l’enfant chéri du plaisir
Et le père de l’espérance.
 Surtout j’aime à me rappeler
Une flamme, toujours chérie,
Dont mon cœur se plaît à brûler ;
Et si, par mes feux attendrie,
Un jour, au gré de mon envie,
Je parvenais à vous toucher,
Églé, dussiez-vous vous fâcher,
Je ne l’oublierais de ma vie.

p.484
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coco4649coco464922 mars 2017
LES SOUVENIRS,
 Épître à Églé


Extrait 1

Églé, vous ne voulez donc pas
Que, pour un cœur sensible et tendre,
Du plaisir que l’on a pu prendre,
Le souvenir ait des appas ?
De cette erreur je vois la cause ;
Auprès de vous à chaque instant,
Le plaisir renaît plus touchant ;
Le passé paraît peu de chose
À qui peut jouir du présent.
Moi que l’ennui souvent accable ;
Et qui ne peux, ainsi que vous,
Passer d’un moment agréable
À des moments encor plus doux ;
J’ai dû chercher dans ce système
Quelque remède à ma langueur.
Hé ! quand ce serait une erreur,
Le souvenir de ce qu’on aime
Est au moins l’ombre du bonheur ;
Voyez cette jeune bergère
Que son amant vient de quitter :
Son premier soin est d’écarter
Tout ce qui pouvait la distraire ;
Le souvenir de son berger
Est le plaisir qu’elle préfère,
Et suffit pour la consoler.
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coco4649coco464919 mars 2017
AUTRE
LES QUATRE PARTIES DU JOUR


IV
Au milieu d’un monde agréable,
Il faut la suivre vers le soir ;
Elle est toujours la plus aimable,
Et n’a pas l’air de le savoir.
Dans son esprit est la finesse,
Et dans son cœur le sentiment,
On croit entendre la tendresse
Folâtrer avec l’enjouement.

V
De la nuit, la riante image
Devrait achever ce portrait ;
Par malheur Thémire est trop sage ;
Et le tableau reste imparfait.
Mais si quelque jour, moins sévère,
Elle permet de le finir,
Qu’il soit tracé par le mystère,
Et gravé par le souvenir.

ENVOI
Dès longtemps une erreur chérie,
Occupant mon cœur inquiet,
Offrait à mon âme attendrie
L’image d’un objet parfait ;
Dans cette douce rêverie,
Je vous ai peinte trait pour trait,
Et ce tableau de fantaisie,
Par vous, est devenu portrait.

p.504
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coco4649coco464919 mars 2017
ÉPÎTRE À MARGOT – Extrait 1


Pourquoi craindrais-je de le dire ?
C’est Margot qui fixe mon goût :
Oui, Margot ! cela vous fait rire ?
Que fait le nom ? la chose est tout.
Margot n’a pas de la naissance
Les titres vains et fastueux ;
Ainsi que ses humbles aïeux,
Elle est encor dans l’indigence ;
Et pour l’esprit, quoique amoureux,
S’il faut dire ce que j’en pense,
À ses propos les plus heureux,
Je préférerais son silence :
Mais Margot a de si beaux yeux,
Qu’un seul de ses regards vaut mieux
Que fortune, esprit et naissance.
Quoi ! dans ce monde singulier,
Triste jouet d’une chimère,
Pour apprendre qui me doit plaire,
Irai-je consulter d’Hozier ?
Non, l’aimable enfant de Cythère
Craint peu de se mésallier :
Souvent pour l’amoureux mystère,
Ce Dieu, dans ses goûts roturiers,
Donne le pas à la Bergère,
Sur la Dame aux seize quartiers.
Eh ! qui sait ce qu’à ma Maîtresse
Garde l’avenir incertain ?
Margot, encor dans sa jeunesse,
N’est qu’à sa première faiblesse,
Laissez-la devenir Catin,
Bientôt, peut-être, le destin
La fera Marquise ou Comtesse ;
Joli minois, cœur libertin
Font bien des titres de Noblesse.
Margot est pauvre, j’en conviens ;
Qu’a-t-elle besoin de richesse ?
Doux appas et vive tendresse,
Ne sont-ce pas d’assez grands biens ?
Trésors d’amour ce sont les siens.
Des autres biens, qu’a-t-on à faire ? …

p.485-486
+ Lire la suite
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