ISBN : 2757808397
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 2.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Fiction ou fait divers ? Du fond de son cachot, une femme se souvient de la lente descente aux enfers qui l'a menée à l'irréparable : tuer son enfant. Comment elle, la mère dévouée, l'épouse aimante, pilier d'un couple admiré de tous, a-t-elle pu devenir cette impardonn... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 2.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    La polémique autour de ce livre et autour de qui est Mazarine Pingeot, je veux l'ignorer et simplement lire une jeune romancière talentueuse, ce qu'on semble oublier parfois tant le "people" recouvre de poussière (grise ou rose, à votre guise) toute personne dont l'identité est devenue publique. Oui, j'ai de la tendresse pour cette romancière, oui j'ai beaucoup aimé son livre "Bouche cousue" et je ne l'ai pas enviée ni plainte, à chacun son destin, il y en a de pires. Mais il me semble injuste de faire porter le poids de sa naissance sur chaque parole, chaque écrit qu'elle peut commettre. le sujet de l'infanticide dont elle traite avec pudeur est un sujet qui dérange, qui révolte, que l'on ne peut comprendre. Comprendre signifierait pardonner et cela semble impossible. Pourtant dans la longue lettre de cette mère, dans cet immense appel au secours, dans ce cri d'amour difficile à accepter, dans cette brimade vécue depuis l'enfance, un être humain demeure qui nous écorche. Compassion difficile certes, mais compassion tout de même malgré l'horreur. Compréhension à petits pas dans le vécu d'une enfant, d'une jeune fille puis d'une femme ignorée, malmenée, soumise, s'excusant sans arrêt, se justifiant, donc, étant coupable aux yeux de ces autres "monstres" bien dissimulés sous leurs oripeaux de gens bien-pensants, d'ordre et de savoir être dans le paraître. Il y aura toujours les forts et les faibles, les dominants et les dominés, chacun jouant son rôle soit bien soit mal. Et cette femme infanticide qu'on ne peut aimer alors que c'est tout ce qu'elle demandait : être re/connue, on peut au moins tenter de l'entendre et de la comprendre par le biais de la plume de Mazarine Pingeot. Plume tour à tour sèche, parfois trop "construite" dans un sens scolaire, un peu redondante et touffue mais qui ne laisse pas indifférent.
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    • Livres 2.00/5
    Par clarinette, le 31 juillet 2009

    clarinette
    Mazarine Pingeot s'est inspirée d'un fait divers réel (l'affaire Courjault) et a imaginé une longue lettre écrite par une mère infanticide à son mari depuis la prison où elle est incarcérée. le seul point commun avec l'affaire en question est une simple allusion à un congélateur.
    L'auteure a surtout cherché à entrer dans la peau de cette femme, et tente d'expliquer l'inexplicable (et le fait plutôt bien): qu'est-ce qui a poussé cette mère de deux petits garçons à tuer son troisième nouveau-né ? Où le mal a-t-il pris racine ? Dans son enfance auprès d'une mère froide, distante et peu affectueuse ? Dans son mariage avec un homme qu'elle admire mais qui la méprise et la tyrannise ?
    Une lecture assez éprouvante : Mazarine Pingeot assène des phrases, martèle des mots, comme si la narratrice voulait enfoncer un clou dans le crâne de cet homme qu'elle adule et qu'elle déteste en même temps. De nombreuses questions en ressortent : qu'est-ce qu'être mère ? Comment le devient-on ? Quelle est la place du père dans cette maternité ?
    Difficile d'éprouver de la sympathie pour cette femme, encore moins pour son mari qui est décrit comme un monstre odieux d'égoïsme, mais on finit par comprendre les raisons profondes qui l'ont conduite à ce geste. Un livre qui ne m'a pas laissée indifférente, en tout cas...


    Lien : http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-34376972.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Lencreuse, le 27 juillet 2010

    Lencreuse
    Dans une longue lettre adressée à son mari, une femme se confie, tentant d'expliquer l'inexplicable : le meurtre de son nouveau-né. Elle dit sa vie d'enfant, d'adolescente, de mère aimante, de femme soumise. Une vie passée à tenter d'être aimée, d'abord par une mère bien trop occupée puis par un mari qui nie son statut de femme. Une vie passée dans l'ombre et l'angoisse, à tenter en vain de satisfaire les autres. Elle livre aussi la dernière grossesse tue, cachée, vécue dans la solitude.
    Le roman de Mazarine Pingeot a déjà fait couler beaucoup d'encre, certains lui reprochant d'exploiter le terrible fait divers dit « des bébés congelés ». Au-delà de cette polémique, ce livre est un monologue enragé qui dit la violence et dérange. Il aborde le quotidien d'une femme humiliée par un mari qu'elle admire, d'une femme qui subit parce qu'elle ne se sent pas digne d'amour. Il évoque ces violences qui ne laissent pas de traces sur les corps mais bousillent les cœurs et les êtres de l'intérieur. C'est un texte fort qui dérange car, si l'on ne peut excuser l'infanticide – dont le déroulement n'est d'ailleurs pas révélé, une bonne chose ! -, la narratrice déroule sous nos yeux un processus macabre dont on « comprend » la finalité. Non que cela rende le geste excusable mais il répond à une logique propre qui ne procède pas d'un esprit sadique mais d'un geste d'amour réfléchi. Pire encore, me direz-vous. Peut-être. En tout cas, ce texte court et tenu ne laisse pas indifférent.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par zelig, le 10 avril 2011

    zelig
    Retour à la fiction pour Mazarine Pingeot qui faisait en 2005 une halte par des souvenirs touchant de sincérité avec Bouche cousue dont j'ai parlé ici. Avec Le Cimetière des poupées, l'auteur s'attaque cette fois à la tragédie dans la lente confession d'un infanticide. Depuis sa prison, elle adresse une lettre à son mari, qu'il ne lira probablement jamais, sur les origines de son crime...

    Lien : http://lirevoirentendre.blogspot.com/2008/11/le-cimetire-des-poupes-..
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 31 juillet 2009

    Je t'ai sans doute un peu dépaysé, je ne te paraissais pas comme les autres, j'étais maladroite et timide, tu pensais peut-être que tu pourrais me faire, me modeler, et je n'ai rien contre cet instinct de pygmalion qui habite tant d'hommes. Au contraire, jai éprouvé du plaisir à me laisser construire, transformer et, si mes résistances ont finalement été l'obstacle à ton chef-d'oeuvre, tu étais parvenu à un résultat convaincant. J'ai tout fait échouer. Tu dirais sans doute que c'était pour te nuire, mais je ne peux l'accepter. Je ne peux accepter l'idée d'avoir fait quoi que ce soit pour te nuire. C'est par amour que je suis devenue cette femme-là, que j'ai élevé tes enfants comme tu l'entendais, que je tâchais de tenir une maison ordonnée. Mais c'était oublier mon propre poids, la passivité de ma matière, de mon corps, de mon être, cette force de gravitation qui entraîne tout vers le bas. C'était oublier qui j'étais, d'où je venais, quelle petite fille j'avais été, pesante déjà pour les autres et pour moi-même, obstacle déjà à la carrière de ma mère et à son repos. Epine dans son pied, j'avais enrayé son mécanisme à être heureuse.
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  • Par Lencreuse, le 27 juillet 2010

    Mon âme – et j’ai conscience que ce mot est excessif s’agissant de ce qui m’a régi depuis que je suis en âge de penser et d’agir – a grandi sous diverses influences, la plupart du temps celle de mon imaginaire, rempli de desseins chaotiques, d’images piochées dans de mauvais romans policiers que je lisais à la pelle dans le grenier de la maison. Je n’avais pas d’amis dans cette province pourrie où les sangs ne se mêlent pas, et j’ai fini par préférer l’enfermement que les rares ouvertures qu’on a pu me proposer. J’avais pris peur de moi-même et protégeais jalousement mes monologues et mes jeux au goût de supplice. Je n’aurais laissé personne entrer dans mon intimité que je savais déjà dangereuse.
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  • Par She_Night, le 18 octobre 2010

    En moi il vivra toujours, pour vous il ne vivra jamais, et c'est mon privilège, mon unique privilège, que vous ne m'enlèverez pas.
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Vidéo de Mazarine Pingeot

Interview de Michel Drucker et Wendy Bouchard pour Studio Europe 1








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