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Comme tous les après-midi4Ajouter à mes livres
Alieh, Rowshanak ou Raheleh sont souvent à leur fenêtre. Entre riz pilaf aux lentilles et les pétunias, le voile et une paire de bas, le mari, les enfants, les aïeuls ou les voisines, elles guettent ce qui va venir conforter ou bousculer leurs habitudes.
Au fil d... > voir plus
Une poésie simple, pour décrire en quelques pages et quelques fleurs d'amandiers l'existence des femmes qui sont au centre de ces nouvelles. Des vies simples, chaque jour identiques, comme dans « La Tache », ou suivant son chemin tout tracé comme dans « L'Hiver » ou « Une vie ». le titre du recueil, qui est aussi celui d'une des nouvelles, résume bien le lisse de ces vies, que Zoyâ Pirzâd restitue avec une jolie tendresse et beaucoup de douceur. Et, dans cette simplicité, il est beaucoup question de transmission, que ce soit symbolisé par une jolie robe verte ou un couvre-lit tricoté à quatre mains.
Beaucoup de tendresse dans ces petites nouvelles qui fondent sous la langue et que l'on finit tranquillement de sucer pendant quelques minutes avant de tourner la page pour commencer la suivante. Comme des bonbons sucrés, même si les dernières nouvelles, avec des femmes qui ne rentrent pas dans ce modèle de vie, pour un instant ou pour plus longtemps, laisse entrevoir qu'il existe autre chose, ni mieux ni moins bien. Juste d'autres choix possibles.
'est un recueil de nouvelles d'une écrivaine que je ne connaissais pas, il y a encore quelques jours. C'est une lecture très agréable de petites histoires de la vie quotidienne en Orient (Zoyâ Pirzâd est Iranienne). Souvent des histoires de femmes, bien écrites. Quelques nouvelles tendent vers la poésie, l'imaginaire voire le surréalisme. Je reste cependant un peu sur ma faim, mais le conseille quand même. Par contre, plutôt un beau livre : belle couverture et belle mise en page.
Lecture jeune, n°122 - Zoyâ Pirzâd nous invite à entrer dans le quotidien familial de femmes iraniennes. Que nous dit ce quotidien ? Qu’il existe des analogies dans les univers féminins du monde entier, des pratiques, des réflexions, des touches sensibles qui régulent la vie familiale, la douce et hypnotique routine. En Iran comme ici ou ailleurs, que fait-on dans sa cuisine, comment et de quoi y rêve-t-on ? Que cuisine-t-on à ses proches ? Ces dix-huit nouvelles brèves nous font vivre au rythme lent de ces femmes recluses. L’écriture épurée, juste et pourtant sensible nous émeut, l’empathie que nous développons à l’égard de ces sœurs proches mais lointaines nous interroge sur notre féminité. Qui sont ces femmes dans leur parcours de vie, qui sommes-nous dans le nôtre ? Le temps est primordial dans ce recueil, il scande de manière étouffée les étapes de la vie : de l’adolescente à la jeune femme, de l’épouse à la grand-mère, qu’est-ce qui fait la qualité d’une existence ? L’air de rien, ces jolis textes sobres révèlent des identités : celles d’un pays, de femmes, de vies. Comme tous les après-midi, premier livre de l’auteur traduit en français, est un véritable plaisir de lecture. Adolescents et jeunes adultes y trouveront un art de vivre et une certaine leçon de bonheur. On pourrait même imaginer une lecture à voix haute pour donner à entendre la sensualité de la langue. Michelle Charbonnier
Courrier international reçoit le groupe folk Girbig et l'auteure iranienne Zoya Pirzad au musée du Jeu de paume à Paris pour la remise du prix Courrier international du meilleur livre étranger 2009 "Le goût âpre des kakis"