> Frances McCullough (Éditeur scientifique)
> Ted Hughes (Éditeur scientifique)
> Christine Savinel (Traducteur)

ISBN : 2070749207
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Pour beaucoup de lecteurs à travers le monde, le poète Sylvia Plath est devenu une figure culte. Sa destinée exemplaire, son mariage au poète britannique Ted Hugues (figure contestée, gourou pour les uns, démon pour les autres), son suicide en 1963, à l'âge de 31 ans, l... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Chouchane
    Le talent est-il mortel ? On peut le penser en lisant les journaux de Sylvia Plath, son écriture y est très tôt d'une grande clarté et sa lucidité étonnante pour son âge. A 18 ans, elle écrit « Moi je suis le présent mais je sais que je passerai aussi. Les grands moments, les éclairs brûlants passent comme ils viennent, dans d'incessants sables mouvants. Je ne veux pas mourir» . Ces journaux malgré leur organisation chronologique sont troués dans tous les sens du terme. Des morceaux entiers ont été perdus et même volés par des gens de passage dans l'appartement de Plath après sa mort, troués aussi parce que l'image psychique qu'ils nous transmettent est celle d'une jeune femme pleine de vie mais qui va puiser dans ses souvenirs et ses fantasmes les plus sombres pour sublimer le présent. Son besoin d'écrire est toujours très puissant "je veux écrire parce que je ressens le besoin d'exceller dans un moyen d'expression et de traduction de la vie", tout comme sa peur de la mort « je sens déjà le poids des siècles qui m'étouffent ». Mais sa passion pour la vie « je brûle d'envie de pénétrer la matière du monde ." donne à son travail et à son existence une détermination peu commune. La lecture de ces journaux apporte aussi un éclairage sur sa vision du monde qu'elle sait percevoir différemment « Ce que je redoute le plus, je crois, c'est la mort de l'imagination. Quand dehors le ciel est tout simplement rose et les toits simplement noirs : cette disposition photographique de l'esprit, qui paradoxalement dit la vérité sur le monde, mais une vérité sans valeur. » On comprend mieux l'exigence poétique qui pour éviter toute mièvrerie doit aller très loin dans l'univers sensible, à tel point que cela doit sans doute nécessité de frôler une sorte de folie. Ted Hugues qui était encore son mari, malgré leur séparation, lors de son suicide a supervisé cette édition, il en a coupé les passages qu'il trouvait trop intimes ou trop critiques ; ceci en affadit un peu la deuxième partie qui comprend la rencontre avec Ted « je vis pour lui en attendant d'avoir une vie à moi » et leur séparation. Hugues a d'ailleurs détruit un des derniers carnets de Plath très violent à son égard pour que leurs enfants n'aient jamais à les lire. Dans la dernière année de la vie de Sylvia Plath, on sent l'importance du travail poétique, elle joue beaucoup à décrire les gens qui l'entourent et fait des descriptions savoureuses de ce qu'elle mange ou cuisine. Cette plongée dans la vie intérieure d'une poétesse surdouée, ne nous donne aucune explication sur le talent, le suicide ou la joie de vivre, on y découvre simplement l'alchimie de la vie qui nous traverse tous.
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    • Livres 4.00/5
    Par Glacha, le 30 avril 2012

    Glacha
    Ces journaux sont intéressants, car on y suit la vie de Sylvia Plath de ses 18 ans, jusqu'à sa mort prématurée à 31 ans : ses doutes, ses peines, ses passions, ses obsessions, ses profondes dépressions, son évolution littéraire et son histoire d'amour avec le poète Ted Hugues. Bref, sa vie intérieure, son âme.
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Citations et extraits

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  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Mon désespoir : avoir des idées, manquer de savoir-faire. Et aussi, manquer d'idées. Combien de filles après leurs études s'endorment dans le mariage, et on les retrouve vingt-cinq ans plus tard, la rosée de leurs yeux prise en glace, avec le même regard, aucune évolution hormis les accréditions externes, comme la coquille d'une bernacle. Attention.
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  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Me vient ce sentiment, vague et obscur, lorsque je réfléchis à l'adolescence prolongée de l'espèce : les rites de la naissance, du mariage et de la mort ; toutes ces cérémonies primitives et barbares qui ont survécu en s'affinant jusqu'à l'époque contemporaine. La pureté de la bestialité aveugle me semble presque préférable. Quand je médite ainsi, je sais qu'il y a là quelque chose qui m'attend. Un jour peut-être j'aurai une révélation, et je verrai l'autre côté de cette farce monumentale. Alors je pourrai rire. Alors je saurai ce que la vie signifie.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Je brûle d'envie de pénétrer la matière du monde : m'ancrer dans la vie grâce aux lilas et à la lessive, au pain quotidien et aux oeufs frits, et à un homme, l'étranger aux yeux noirs, qui se nourrira de ma cuisine, de mon corps et de mon amour, parcourra le monde tout le jour et rentrera trouver le réconfort la nuit auprès de moi. Qui me donnera un enfant, qui refera de moi un membre de cette race qui lance des boules de neige, peut-être parce qu'ils sentent cette pourriture qu'ils visent.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Ce que je redoute le plus, je crois, c'est la mort de l'imagination. Quand dehors le ciel est tout simplement rose et les toits tout simplement noirs : cette disposition photographique de l'esprit, qui paradoxalement dit la vérité sur le monde, mais une vérité sans valeur. Ce que je désire, c'est une pensée synthétique, une force 'constructive,' qui pousse avec fertilité et fabrique ses propres mondes avec plus d'inventivité que Dieu.
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  • Par Chouchane, le 26 mars 2012

    Et puis il y a cette fausse idée de l'existence, qui voudrait qu'on soit toujours heureux et que l'on vieillisse dans une situation donnée ou en ayant accompli beaucoup de chose. Pourquoi le suicide de Virgini Woolf ? ou de Sara Teasdale, ou d'autres femmes brillantes ?
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