> Monique Canto-Sperber (Autre)

ISBN : 2080704656
Éditeur : Flammarion (2007)


Note moyenne : 3.16/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Dans son Gorgias, Platon livre bataille à ces marchands de sagesse qu'on appelait les sophistes. À la différence du savant incapable de faire valoir son point de vue en dehors du cercle de ses pairs, le sophiste, lui, grâce à sa compétence ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Socrate est un séducteur à qui il est bien difficile de ne pas succomber. Est-ce précisément parce que Platon fait précisément ce que Socrate dénonce, de la rhétorique, c'est-à-dire de la flatterie ? Certes, Socrate ne flatte pas ses auditeurs, ils leur rentre dans le cadre, il les déstabilise en leur posant des questions dont les réponses sont des évidences mais dont ils ne voient pas les conséquences, que Socrate exhibe devant leurs yeux ébaubis, il reprend leurs discours en les ridiculisant, etc., etc.
    Bref, ce que fait Socrate, c'est se mettre dans la poche le lecteur. le Gorgias, tout en dénonçant la rhétorique, est lui-même un texte bassement rhétorique. Bassement ? Si l'on adhère aux thèses de Socrate (et de Platon, bien sûr, bien plus), oui, car le lecteur, le Délos, éprouve, en voyant Socrate foutre la pâtée à Calliclès, à Polos et à Gorgias, un plaisir certain, sans pour autant éprouver, me semble-t-il une élévation de l'âme, à moins, mais dans ce cas-là il faut réfuter l'opposition plaisir-bien élaborée sur des a priori contestables par Socrate, comme le fera Aristote, que le plaisir soit justement une élévation de l'âme. C'est cette question du plaisir qui me semble être la faiblesse de la pensée par ailleurs séduisante de Socrate et Platon. Qu'entendent-ils par plaisir ? C'est bien flou. Que retenir, alors, quelles idées méritent notre acquiescement ? La distinction entre la rhétorique, qui est un savoir-faire, au même titre que la cuisine, et ce que je vais appeler, en m'éloignant un peu du texte de Platon, le discours juste.
    La rhétorique produit la conviction, plaisir de l'âme (le même que quand on rigole de la déformation par Socrate des propos de Calliclès), comme la cuisine produit le plaisir du corps. le discours juste, la rhétorique dans son idéal, produit l'amélioration de l'âme malade, comme la médecine provoque l'amélioration du corps malade. Si l'on transpose ceci sur le plan politique, on se trouve nez à nez avec Sarkozy (et consort). Que cherchent à faire les politiciens en campagne ? à flatter l'opinion en promettant monts et merveilles ou à élaborer un discours qui dit, même si c'est contraire à l'opinion publique, la vérité ? Mais voilà le second problème. C'est quoi la vérité, en politique ? La vérité, est-ce vraiment une affaire politique ? Paradoxalement, Socrate fait de la politique une éthique tout en refusant tout engagement politique pour lui-même. le politicien doit améliorer les citoyens, comme le juge doit améliorer, par les sanctions justes qu'il inflige, ceux qui ont commis une mauvais action, mais force est de constater qu'un politicien qui améliore les habitants de sa cité, ça n'existe pas, que ce sont seuls les philosophes, qui, loin des plaisirs du pouvoir, peuvent rendre meilleurs leur propre âme et, par la dialectique, c'est-à-dire par un dialogue permettant à l'autre de comprendre que sa façon de voir les choses contrevient à la raison, l'âme de ses amis. le philosophe, sans se mêler en aucune façon de politique, est finalement le seul à vraiment faire de la politique. Voilà qui pose question à nos démocraties basées sur l'opinion publique, c'est-à-dire sur un socle majoritaire d'idées toutes faites qu'aucun Socrate ne vient interroger.
    Le caractère subversif, dangereux pour la cité, de la méthode de Socrate, même si on peut et on doit critiquer ses a priori et sa logique, demeure sans doute encore aujourd'hui le meilleur moyen de faire évoluer ce qui doit évoluer pour qu'un peu plus de bien inonde un monde qui se complaît dans le confort des stéréotypes.
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    • Livres 3.00/5
    Par Avalon, le 15 octobre 2009

    Avalon
    Sincèrement, si le professeur de Philosophie nous avait pas obligé à le lire, je ne l'aurait jamais fait. le résumé, la couverture ne donnent pas envie de le lire ainsi que le sujet. J'ai pris mon mal en patience et je l'ai lu en entier. Certains passages sont facilement compréhensibles et d'autres le sont moins. Néanmoins, de manière générale, je suis quand même arrivée à comprendre le sens global du dialogue entre Socrate, Gorgias, Polos et Calliclès. De plus, certains passages sont, à mon avis, peu digne d'intérêt. Généralement, les interlocuteurs de Socrate se contentent dès fois juste d'opiner ou de ne pas être d'accord.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 20 mai 2012

    Suppose (...) la confrontation (...) avec n'importe quel autre spécialiste, c'est toujours l'orateur qui, mieux que personne, saurait convaincre que l'on choisît. Car il n'y a rien dont l'orateur ne puisse parler en public, avec une plus grande force de persuasion que celle de n'importe quel spécialiste. Ah, si grande est la puissance de cet art rhétorique !
    Toutefois, Socrate, il faut se servir de la rhétorique comme de tout autre art de combat. En effet, ce n'est pas parce qu'on a appris à se battre aux poings, à se servir du pancrace ou à faire de l'escrime qu'il faut employer contre tout un chacun l'un ou l'autre de ces arts de combat, simplement afin de voir si l'on peut maîtriser et ses amis et ses ennemis ! Non, ce n'est pas une raison pour frapper ses amis, pour les transpercer de coups, et pour les faire périr !
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  • Par nastasiabuergo, le 20 mai 2012

    SOCRATE :
    Bon, à ton avis, savoir et croire, est-ce pareil ? Est-ce que savoir et croyance sont la même chose ? ou bien deux choses différentes ?
    GORGIAS :
    Pour ma part, Socrate, je crois qu'elles sont différentes.
    SOCRATE :
    Et tu as raison de le croire.
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  • Par nastasiabuergo, le 20 mai 2012

    Chaque forme d'art se rapporte à des discours, qui eux-mêmes portent sur l'objet dont s'occupe l'art en question.
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  • Par nastasiabuergo, le 13 avril 2012

    La cuisine, donc, est la forme de flatterie qui s'est insinuée sous la médecine. Et, selon le même schéma, sous la gymnastique, c'est l'esthétique qui s'est glissée ; l'esthétique, chose malhonnête, trompeuse, vulgaire, servile et qui fait illusion en se servant de talons et de postiches, de fards, d'épilations et de vêtements ! La conséquence de tout cela est qu'on s'affuble d'une beauté d'emprunt et qu'on ne s'occupe plus de la vraie beauté du corps que donne la gymnastique.
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  • Par Scrap-girl, le 26 septembre 2010

    Socrate: Y a -t-il, Gorgias, une croyance fausse et une vraie? Tu répondrais oui, je pense.
    Gorgias: Oui
    Socrate: Mais y a-t-il un savoir faux et un vrai?
    Gorgias: Aucunement.
    Socrate: Savoir et croyance ne sont donc pas la même chose, c'est évident.
    Gorgias: Tu dis vrai.
    Socrate: Pourtant, il est vrai que ceux qui savent sont convaincus, et que ceux qui croient le sont aussi.
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une animation inspirée d'un texte de platon , le discours d'aristophane dans le "banquet"











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