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> Luc Brisson (Éditeur scientifique)

ISBN : 2081207249
Éditeur : Flammarion (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.79/5 (sur 439 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qu'est-ce que l'amour ? Tour à tour, les convives du Banquet se proposent de répondre à la question. Tous font l'éloge d'Éros en le divinisant, révélant ainsi un aspect essentiel du vécu amoureux : l'idéalisation de... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 19 février 2013

    peloignon
    On pourra bien s'opposer à la philosophie de Platon, personne ne va nier la puissance exceptionnelle avec laquelle il l'a l'extériorisée. Et en plein coeur de cette oeuvre sublime, les caractères du premier alphabet disposant de voyelles brillent comme jamais dans le dialogue consacré à l'amour qu'est « le Banquet ».
    L'atmosphère festive où se déroule la discussion donne au lecteur une impression de fraîcheur et de légèreté, alors qu'il assiste à une discussion portant sur des sujets parmi les plus graves et les plus sérieux, comme l'amour, le sens de la vie, le Beau et le Bien. de plus, comme on le dit avec tant de justesse depuis si longtemps « In vino veritas ». Chacun des convives (exception faite de Socrate dont l'esprit est toujours le plus libre), l'esprit délié par le vin s'y exprimera en toute franchise et avec plus de souplesse et d'ingéniosité qu'il le ferait habituellement.
    Dans la continuité de l'Apologie, Platon présente à son banquet un Socrate parfaitement chaste qui ne corrompt en rien la jeunesse. Bien au contraire, l'interruption de la discussion par Alcibiade permet de montrer toute la fausseté de cette accusation faite contre Socrate à son procès, puisque ce dernier, dédaignant même le corps du plus joli des jeunes hommes d'Athènes, n'a jamais fait mine de séduire les jeunes gens que pour leur faire accoucher de leurs meilleures possibilités spirituelles et morales.
    Sur le plan du discours, Platon réalise aussi sur son lecteur le même phénomène maïeutique que Socrate pratiquait dans les rues de sa cité. Il sait que personne ne peut s'élever à la moralité si elle est présentée directement, mais qu'en appâtant habilement le lecteur avec des discours esthétiques et légers, l'amour du Bien viendra couronner le tout d'une manière toute naturelle. Son apparent éloge du dionysiaque se transforme ainsi insensiblement et d'autant plus sûrement en un triomphe complet des principes apolliniens.
    Quel admirable réussite que ce Banquet!
    Platon demeure d'ailleurs le seul auteur de l'Antiquité dont l'oeuvre entière nous soit parvenue (dans la mesure, évidemment où l'on met de côté les hypothèses sur une oeuvre ésotérique qui n'aurait été distribuée qu'entre les seuls murs de l'Académie).
    Véritable étoile au ciel de la philosophie, mais aussi de la moralité et de l'art, Platon reste éternellement présent, depuis le moment où il a dicté ou écrit lui-même ses dialogues, en passant par les multiples mains des copistes et traducteurs, puis par les presses d'imprimerie jusqu'aux formats numériques, d'environ 380 avant le Christ jusqu'à aujourd'hui, presque 2500 ans plus tard, il continue encore et toujours à servir aussi magnifiquement de point repère dans l'horizon spirituel humain.
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    • Livres 5.00/5
    Par GrandGousierGuerin, le 14 mai 2014

    GrandGousierGuerin
    Non non … Je n'ai pas laissé prise à la tendance actuelle de mettre la cuisine à toutes les sauces ! D'ailleurs, on mange peu et si on boit, c'est avec mesure à une exception près. Si on a des plats toniques (sic), ce sera uniquement de nature spirituelle.
    Non non … Ce n'est pas non plus le repas regroupant la famille au sens large autour d'une table pour la communion du petit dernier. Pas d'enfant ici … et côté festivité, la joueuse de flûte est gentiment priée d'aller souffler dans son tuyau chez les femmes.
    Car ce banquet est donné en l'honneur d'un jeune homme, Agathon, brillamment couronné le jour précédent à un concours de tragédie. Et non au raout organisé par la petite Patricia en l'honneur de son « tonton »Fernand de Montauban. On est avec Platon donc et on va philosopher en s'abreuvant à une coupe et non dans une cuisine avec un tord-boyau de composition et de degré inconnu.
    On choisit donc de parler et faire l'éloge de l'Amour (aucun espoir qu'on parle de Lulu la nantaise). Et chacun expose à tour de rôle sa perception du sujet.
    Et croyez-moi, on en apprend plus que ce qu'on trouverait dans le cul d'une bouteille ! Vraiment pas des propos d'ivrogne … Car Platon tient les rênes et évidemment notre philosophe même pas masqué Socrate saura faire mordre la poussière à ses opposants dont je trouve la naïveté touchante de croire toujours pouvoir battre le héros modeste de ces textes.
    On retrouvera notamment un joyeux Aristophane au hoquet opportun, un Socrate laid mais que l'intelligence auréole, Alcibiade éméché qui arrive lorsque la fête est finie et à l'éloge ironique du maître.
    Et si on parlait un peu d'amour ? Car c'est tout de même bien de cela qu'on disserte et philosophe dans ce Banquet ! Je laisse la place aux protagonistes afin qu'ils puissent émettre leurs arguments et tentez d'oublier que tout ce qui sera exposé à la fin sera balayé par Socrate …
    Et de commentaire … eh bien vous n'en aurez point !
    Mais je peux me raviser si vous n'avez toujours pas envie de vous plonger dans la lecture du Banquet …
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    • Livres 5.00/5
    Par Lanto_Onirina, le 20 décembre 2013

    Lanto_Onirina
    J'ai lu les sept discours sur l'Amour du banquet de Platon dans mon adolescence et c'est probablement un des textes qui a eu le plus d'influence sur moi et sur ce que je suis devenue. Mes souvenirs sont certainement émoussés et je ne me lancerai d'ailleurs pas dans une critique philosophique du contenu mais me contenterai de citer ce qui m'est resté.
    Les convives de l'auteur dramatique Agathon exposent leur avis sur l'Amour à travers une joute oratoire au cours d'un dîner arrosé. Phèdre se lance dans une apologie du grand et antique Eros. Pausanias distingue deux Amours, un noble et un vulgaire, Eryximaque différencie lui aussi les deux Aphrodite et étend sa théorie à des considérations physiciennes, artistiques, médicales d'harmonie universelle. Pour Agathon, l'Amour est, contrairement à ce qu'en dit Phèdre, le plus jeune des dieux, et inspire création poétique, convivialité et sociabilité. Enfin Socrate s'emploie à convaincre les autres des vertus de l'amour « platonique », celui de l'absolu. Je passe sur le discours d'Alcibiade, saoul, qui refusera de parler de l'Amour mais fera un éloge de Socrate.
    Mais c'est surtout le discours d'Aristophane qui m'a laissé le plus de souvenirs. Il raconte comment l'ancêtre des hommes était autrefois double, deux corps ne faisant qu'un avec deux têtes, huit membres et deux sexes. Ces êtres pouvaient être composés de deux hommes, un homme et une femme ou deux femmes. Pour affaiblir ces êtres, Zeus les a divisés en deux, avec l'aide d'Apollon, et les a ainsi condamnés à rechercher sans cesse leur moitié. La quête de l'amour... de nos jours où nombre de discussions font débats et polémiques sur les thèmes de l'homosexualité, l'intervention d'Aristophane trouve un écho fort moderne.
    À mon avis, un grand texte fondateur. de tous les dialogues platoniciens, « le banquet » est l'un des plus accessibles et celui qu'il faut lire pour comprendre les sources de notre manière de concevoir le monde.

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 30 août 2011

    cicou45
    Agathon, jeune dramaturge qui a été couronné de succès lors d'un festival pour l'une de ses tragédies, décide se fêter ça dignement avec ses amis.
    Après un premier festin qui s'est terminé en beuverie, Agathon décide d'en organiser un autre, en comité plus réduit cette fois, en en invitant uniquement des grands penseurs de l'époque. Aussi, le dîner s'organise-t-il autour du thème de l'amour et à chacun des sept personnalités présentes autour de cette table d'exposer ses théories.
    Oeuvre majeure de Platon, découverte au cours de mon année de Terminale, dont je garde un très bon souvenir puisque le sujet traité dans cet ouvrage était on ne peut plus passionnant et dont j'ai trouvé la lecture relativement facile d'accès. Une oeuvre fondamentale qui nous permet de réfléchir à le façon dont "tourne" le mode. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 16 juillet 2014

    fx131
    Et si l'on avait ici tout simplement le plus grand ouvrage de l'histoire sur l'amour ? Chaque mot est parfaitement â sa place , l'intelligence est partout présente , l'on découvre avec une sensation troublante que ce que l'on pensait étre la véritable vision de l'amour n'était en réalité qu'un leurre . Platon apporte avec ces mots , sa sagesse , une nouvelle maniére de concevoir l'amour , différente , qui vient sans que l'on s'en rende compte , se substituer à notre vision faussée .... Dire que ces mots sont importants c'est peu dire . Essentiel.
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Citations et extraits

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  • Par Hekla_38, le 16 août 2015

    Il est donc nécessaire que l'initié qui veut, par la voie droite, parvenir à ce but, commence tout jeune à rechercher la beauté dans les corps et qu'il n'aime d'abord, s'il a un bon guide, qu'un seul corps qui lui inspire de belles paroles ; pui qu'il se rende compte que la beauté de tel ou tel corps est pareille à celle de tel autre et qu'enfin, tant qu'on poursuit la beauté dans la forme, ne pas voir que tous les corps n'ont qu'une seule et même beauté serait folie. Pénétré de cette pensée, il s'éprendra dès lors de la beauté en tous les corps, se dépouillera de toute passion qui serait fixée sur un seul, ne pouvant plus désormais que dédaigner et compter pour rien sa singularité. Après quoi, la beauté des âmes lui paraîtra tellement plus précieuse encore que, même s'il trouve une âme de qualité dans un corps médiocrement beau, il n'en demandera pas plus, l'aimera, l'entourera de soins, enfantant et recherchant des paroles capables de rendre sa jeunesse meilleure ; de là, il sera nécessairement amené à considérer la beauté des actions et des règles et à voir qu'elle relève toujours de la même beauté originelle, en sorte qu'il donnera toujours moins de prix à la beauté des corps. Des actions, il s'élèvera aux connaissances, afin qu'il en découvre à son tour la beauté et que, mesurant du regard l'étendue déjà plus vaste du Beau, il renonce à n'en aimer qu'un fragment, tel beau garçon, tel bel homme, telle belle action, comme un esclave avili par son esclavage, et que, tourné désormais vers le vaste océan du Beau, il enfante de nombreuses et admirables paroles et de ces pensées qu'inspire, l'insatiable soif de la sagesse, jusqu'au jour où, fortifié, grandi par la contemplation, il discernera enfin une connaissance unique, celle du Beau dont je vais maintenant te parler.
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  • Par CoralieLeboucher, le 13 août 2015

    Or, les éléments qui se haïssent le plus sont les plus contraires : le froid et le chaud, l'amer et le doux, le sec et l'humide, et toutes choses analogues. C'est pour avoir su mettre l'amour et la concorde entre ces éléments que notre ancêtre Asclépios, à ce que disent nos poètes -et je les en crois-, a fondé notre art.

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  • Par CoralieLeboucher, le 13 août 2015

    C'est évidemment de ce temps lointain que date l'amour inné des hommes les uns pour les autres, celui qui rassemble des parties de notre nature ancienne, qui de deux êtres essaye d'en faire un seul, et de guérir la nature humaine.

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  • Par CoralieLeboucher, le 13 août 2015

    Chacun d'entre nous est donc une fraction d'être humain dont il existe le complément, puisque cet être a été coupé comme on coupe les soles, et s'est dédoublé. Chacun, bien entendu, est en quête perpétuelle de son complément.

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  • Par CoralieLeboucher, le 13 août 2015

    Il passe toute sa vie à faire le naïf, à plaisanter avec les gens. Mais quand il est sérieux et que le silène s'ouvre, je ne sais si quelqu'un a vu les images fascinantes qu'il contient.

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