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Critiques sur La Blessure et la Soif (5)


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    • Livres 4.00/5
    Par gigi55 le 20/04/2010


    Voilà un roman incandescent qui ne quitte l'extase mystique et l'ivresse des sens que pour entrer dans l'horreur la plus absolue.
    De la France de la Fronde avec M. de La tour à la Chine de la dynastie finissante des Ming avec Lu Wei, nous découvrons les vertiges de l'amour et les souffrances de la guerre, le raffinement des lettrés et la brutalité des armées.
    Nous suivons la rencontre improbable de M. de La Tour et de Lu Wei et partageons leur inimité d'ermites reclus au milieu d'un lac de montagne.
    Nous souffrons avec Mme de Clermont, unique amour de M. de La Tour, qui est abandonnée et reniée et qui laisse la place à la recherche délirante de Dieu ou du Vide.
    Nous assistons à la destruction par les troupes de Louis XIV du couvent de Port Royal (sans doute ?) dernier refuge de M de La Tour.
    Tout celà, écrit dans une langue ciselée mais sobre, nous donne à apercevoir l'exigence et la radicalité d'une vie qui se rapproche fortement du jansénisme.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par guika le 19/02/2010


    La première partie du roman décrit la naissance d'une liaison entre Mme de Clermont, épouse qui n'a pour son mari « que la dilection que Dieu recommande », et M de la Tour, jeune soldat dégoûté de la guerre, neveu du mari. On suit chronologiquement, presque sous la forme d'un compte rendu journalistique, l'éclosion puis l'épanouissement de cette histoire d'amour, fleur abandonnée au milieu du champ de ruine qu'est devenue la France. En effet, cette passion coupable se développe pendant la période de La Fronde, avec tout le cortège d'horreurs engendrées par la guerre.
    M de la Tour va ensuite s'exiler en Chine, après qu'il ait assisté au viol de sa maîtresse par M de Clermont. On découvre alors le troisième personnage du roman, Lu Wei. Lui aussi a vécu une passion tragique, au sein d'une société en guerre. De la rencontre de ces deux destins parallèles va naître une amitié. Nous allons découvrir que ces deux hommes ont vécu la même expérience, malgré tout ce qui les sépare.

    Le bandeau de couverture, « De Pékin à Port-Royal », promettait une aventure hors des sentiers battus, un voyage inédit, presque impossible, entre la France et la Chine du 17ème siècle. le dépaysement est certes au rendez-vous. Mais curieusement, il paraît anecdotique tant les points de convergence se multiplient entre ces deux histoires entremêlées. Les deux héros malheureux, pourtant culturellement si éloignés, vont trouver la même réponse à leur malheur, dans une quête mystique passant par la voie de l'ascétisme :
    « Les mois se succèdent. Deux hommes hors du monde n'arrêtent pas les saisons. La neige a fondu. L'équinoxe du printemps a passé. le printemps, à son tour, s'achève. Les paupières des deux suppliants sont closes. Au-dedans de cette barrière, défilent, purs filaments de couleur, tantôt pourpres, tantôt noirs comme l'âtre d'un four ou ivoire comme les boucles aux oreilles des femmes, des vestiges des mondes où ils ont vécu. »

    De la même manière, on ne peut s'empêcher de tisser des liens cette fois diachroniques entre le 17ème siècle et l'époque contemporaine. le roman invite à s'interroger sur la soit disant spécificité de la barbarie dans les sociétés modernes : famines organisées, massacres, viols, tortures, ces fléaux sont de tout temps, de toute époque. On est convaincus à la lecture de certaines pages du livre que ce qui unit l'humanité au-delà des distances géographiques ou temporelle est plus fort que ce qui la divise.

    Quant à l'écriture, elle nous tient en haleine de pages en pages. Avec virtuosité, l'auteur alterne des paragraphes d'une écriture sèche, à l'os, avec des moments de lyrisme absolu, lorsqu'elle laisse la parole à ses personnages. La langue baroque de ses héros alterne avec les comptes rendus distanciés. On retrouve l'ambiance des tableaux des maîtres hollandais de cette époque, l'utilisation du clair obscur pour attirer l'attention du spectateur sur de menus détails, qui donnent tout leur sens à la scène décrite.

    Ce qui m'a le plus enchanté dans ce roman, c'est moins la rencontre de personnages attachants, ou d'une époque ancienne, que la fréquentation d'une langue magnifique, d'un style flamboyant. Laurence Plazenet a réussi à écrire à la fois un roman historique et une œuvre littéraire. C'est du Troyat revisité par Cohen. Admirable.


    Lien : http://arnivi.blogspot.com/2010/02/la-blessure-et-la-soif-laurence.h..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Culturopoing le 28/04/2011


    Incompréhensiblement oublié des prix littéraires de l'automne 2009, alors qu'il aurait pu prétendre aux plus hautes récompenses, autant, en tout cas, que certains des ouvrages qui ont alors été couronnés, La Blessure et la Soif, deuxième roman de Laurence Plazenet réédité aujourd'hui en collection de poche, est un livre impressionnant, à cause de ses plus de 500 pages, bien sûr, mais surtout par le caractère abrupt de son chapitre liminaire où se succèdent le dépeçage d'un cadavre, la syncope puis le suicide d'une femme définitivement brisée, une averse vagabonde aux allures de fin du monde. Pour peu qu'il s'accoutume au métal effilé de ces premières pages, le récit happe ensuite le lecteur et, comme un piège dont la morsure serait à la fois déchirante et salutaire, le maintient entièrement captif.

    La suite de cette chronique sur Culturopoing !


    Lien : http://www.culturopoing.com/Livres/Laurence+Plazenet+La+blessure+et+..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par wakinasimba le 05/03/2010


    La Fronde bouleverse la France. La dynastie des Ming, en Chine, meurt. Deux hommes, passionnément, aiment des femmes qu'ils tremblent de perdre. L'un est français, l'autre chinois. Dans le chaos, ils cherchent la vérité et la justice.

    Des continents les séparent : M. de La Tour et Lu Wei ne devraient pas se rencontrer. L'amour fou. Dieu et le Vide vont avoir raison des continents entre eux. Pendant douze ans, deux hommes s'efforcent de briser l'absence qui les ronge. la privation, la ruine, les spectres du deuil. Ils leur opposent la fidélité, l'extase. Un jour, Lu Wei confie à M. de La Tour quelques sceaux qui sont tout ce qu'il a conservé de son univers. Les chemins les plus merveilleux sont des détours.

    Port-Royal et Louis XIV attendent encore M. de La Tour. Une femme aussi.

    Mon avis :

    555 pages sur la Fronde et la fin de l'empire Ming, autant vous dire que l'auteure a bien délaillée son texte et ne nous épargne aucun fait historique.

    De plus, pour parler de l'amour, j'ai trouvé son style empoulé et vain. A trop vouloir décrire, j'ai trouvé qu'elle se perdait dans des détails pour revenir, toujours, sur la vanité de l'existence.

    Certe, j'aime quand les phrases ne sont pas trop longues, mais parfois, j'ai trouvé certaines tournures un peu lapidaires.

    Ma conclusion : un roman qui aurait pu être beau s'il avait été plus ramassé sur lui-même.


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2010/02/24/16987062.html#comm..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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