> Charles Baudelaire (Traducteur)
> Michel Zéraffa (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253006920
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 356 notes) Ajouter à mes livres
Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. - Baudelaire.

Ce volume contient :
- Edgar Poe, sa vie et ses œuvres - Double Assassinat dans la ru... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 14 décembre 2010

    100choses
    Bilan assez mitigé pour ce recueil de nouvelles. J'ai passé dans l'ensemble un bon moment, mais si j'ai adoré certains textes, je n'ai pas non plus été franchement emballée par l'ensemble.
    D'un point de vue général, le tout à terriblement vieilli, et c'est selon moi le gros problème de cet ouvrage. Les événements extraordinaires décrits, s'ils pouvaient émerveiller, effrayer, fasciner au XIXème siècle, m'ont la plupart du temps laissée de marbre (et pourtant j'ai tendance à me complaire dans les ambiances surannées rattachées à cette époque). J'imagine sans peine ces Histoires racontées, telles des légendes urbaines, de salon en salon, (impression renforcée par la reprise de certaines trames d'une nouvelle à l'autre, ce qui s'avère très intéressant au final), et l'effet qu'elles pouvaient produire à l'époque, mais aujourd'hui ça ne passe plus vraiment.
    Du côté du style, même si j'ai beaucoup aimé découvrir la traduction de Baudelaire, j'ai parfois été dérangée par l'aspect trop scientifique de la narration dans certaines nouvelles, le narrateur analyse tout, décortique tout et ses explications parfois fastidieuses, retirent toute « magie » aux Histoires racontées et me l'ont rendu peu sympathique, un peu trop sûr de sa supériorité.

    Mais, passons au détail :
    Double assassinat dans la rue Morgue et La lettre volée , nous présentent deux courtes enquêtes menées par lesmêmes protagonistes. J'ai vraiment aimé ces deux premières nouvelles, même si la clef du mystère n'a jamais fait aucun doute pour moi dans les deux cas, j'ai aimé suivre le raisonnement décrit. J'ai particulièrement aimé les premières pages de la première nouvelle, lorsque le narrateur parle des facultés d'analyse de certaines personnes, de la façon dont elles s'expriment…
    Vient ensuite le scarabé d'or, récit d'une chasse au trésor. C'est avant tout pour cette nouvelle que je souhaitais lire ce livre. Fan de crypto' depuis que je sais lire, on m'avait toujours parlé de cette nouvelle comme un passage obligé pour tous les cryptanalystes, comme un texte génial comportant toutes les bases de cet art. Et au final j'ai été assez déçue, par ce que ce qui est développé ici, c'est tout simplement le principe de l' « analyse fréquentielle », principe de base absolument génial, j'en conviens, mais comme « révélation » on a fait mieux. D'un autre côté, je reconnais que si je m'étais plongée dans ce texte des années plus tôt, il m'aurait sans doute beaucoup plu. Et puis j'étais très frustrée de ne pas avoir accès au crypto pour le décoder avant les protagonistes, avoir tout un raisonnement dans le vide, j'ai trouvé ça « creux ». La reste de la nouvelle présente peu d'intérêt, on se contente de suivre les personnages allant chercher le trésor. Je m'explique ce qu'il y a d'excitant dans une chasse au trésor, la véritable satisfaction, la vraie victoire c'est d'avantage la joie d'être arrivé au bout des décryptages, le sentiment d'avoir tout « révélé », plus que le fait de déterrer le trésor. Ce dernier point bien que sympathique n'est qu'une formalité.
    Le canard au ballon et Aventure d'un certain Hans Pfall, traitent toutes deux de voyages en ballon. le premier texte assez sympathique ne me laissera tout de même pas un souvenir impérissable, quand au deuxième il m'a profondément ennuyée. C'est la nouvelle la plus longue du recueil et j'ai souvent eu envie de sauter des pages. J'ai été horripilée par le verbiage incessant du narrateur, terriblement imbu de sa personne, rendu par de très longues phrases. L'intrigue en elle-même ne m'a pas du tout convaincue.
    Le Manuscrit trouvé dans une bouteille et Une descente dans le Maelstrom m'ont en revanche beaucoup plu. Il s'agit dans les deux cas de voyages en bateau qui virent au cauchemar. La première nouvelle en particulier évoque de nombreuses légendes pirates, ce que j'ai vraiment aimé. J'ai été très prise par cette histoire, me demandant jusqu'au bout comment cela aller se terminer. La seconde nouvelle comporte beaucoup moins de suspens puisque l'on sait que le héros à survécu, j'ai néanmoins été très prise par le récit.
    Révélation sur le cas de M. Valdemar et Révélation magnétique m'ont laissée de marbre. Il y est question d'hypnose, de « magnétisme », d'expériences au bord de la mort. La première nouvelle ne m' a pas convaincue du tout ; comme pour les voyages en ballons, je pense que ces deux nouvelles, très ancrées dans le XIXème ne conviennent plus à lecteur actuel (et pourtant c'est une période qui me fascine). Quand à la seconde elle m' a profondément ennuyée et j'avoue avoir tourné les pages un peu automatiquement : un homme, mourant est mis sous hypnose et est interrogé sur la nature de Dieu, il débite une explication fort complexe à laquelle je n'ai pas compris grand-chose. Une fois sorti de l' état d'hypnose, le narrateur se rend compte que son « patient » est mort. Sa réponse sur Dieu, venait donc de l'au-delà, eh bien malgré cette « révélation » je n'ai pas été convaincue.
    En revanche j'ai beaucoup aimé Les souvenirs de M.A. Bedloe. Une véritable histoire fantastique bien menée, où l'on ne sait pas bien où se situe la frontière entre réalité et « bad trip », le personnage central étant grand consommateur d'opium, le matin, à jeun. La fin en particulier m'a beaucoup plu.
    Morella et Ligeia, sont peut-être les meilleures de ce recueil. Il y est question de femmes mystérieuses (sont-elles réellement humaines ?), de mort, et d'une vie éventuelle après celle-ci. En quelques pages, Poe a réussi à instaurer une ambiance d'étrangeté et à me faire froid dans le dos; là encore j'ai aimé l'ambiguïté, le narrateur étant une fois de plus consommateur d'opium, où est la frontière entre délire et réalité ? Que s'est-il réellement passé ? Un très léger goût de Dracula dans ces nouvelles.
    Enfin, Metzengerstein nous relate l'histoire d'une rivalité entre deux familles, et la malédiction qui y est associée. La fin est très prévisible, mais j'ai quand même beaucoup aimé ce récit. Pour le coup, j'aurais aimé cette fois ci un texte plus long, développant plus les événements, intensifiant l'atmosphère fantastique. Si l'intrigue est bonne je suis restée sur ma faim côté ambiance.
    Pour résumé, du (très) bon, noyé au milieu de textes qui m'ont beaucoup moins plu, voire carrément déplu. Néanmoins, je suis contente d'avoir fait cette découverte et je découvrirai sans aucun doute Les nouvelles histoires extraordinaires. Et malgré toutes les critiques émises, c'est un recueil dont je garde un bon souvenir, surtout pour l'ambiance générale fantastique et sombre qui règne entre les pages et enveloppe et hypnotise le lecteur .

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/04/29/poe-edgar-allan-his..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Je sais que je vais en faire rugir certains, mais je crains, à la lecture de ce recueil de nouvelles, d'être moins dithyrambique que pouvait le laisser espérer sa grande notoriété. Il est difficile d'émettre un avis plutôt négatif pour une œuvre et un auteur qu'on trouve incontournables, mais telle est la gageure que je m'impose et qui d'ailleurs n'engage que moi. En effet, Edgar Poe est à sa façon un explorateur, un pionnier, un génie. On pourrait, au bas mot, citer son œuvre comme initiatrice d'au moins deux genres devenus majeurs de nos jours: le polar et la SF. Il est indéniable qu'il y a une influence décisive de Poe dans Robert-Louis Stevenson, dans Jules Verne, dans Conan Doyle et tous ceux qui ont suivi. le problème, c'est justement qu'en raison de son statut d'initiateur, les nouvelles qu'il nous a légué sont des stades embryonnaires de genres désormais enrichis de chef-d'œuvres, à mon sens, beaucoup plus retentissants que les malheureuses petites Histoires de ce recueil. Aussi, lisez-les à titre d'héritage culturel, de curiosités ou d'étape dans l'histoire de la littérature, mais pas vraiment pour leur intérêt intrinsèque. le double assassinat de la rue Morgue, c'est du proto-Sherlock Holmes, La lettre volée, c'est du proto-Hercule Poirot, Le Scarabée d'or, c'est du proto-Jim Hawkins, le canard au ballon et l'Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall, c'est du proto-Phileas Fogg, etc., etc.
    Que dire également de la traduction "positivement" imparfaite de Baudelaire et de son efflorescence de "positivement", j'adore pourtant Baudelaire, mais sa carrière de critique d'art et de poète est cent fois meilleure que celle de traducteur.
    En somme, c'est un ouvrage qui a marqué son temps, qui revêt un caractère prophétique, mais qui a beaucoup, beaucoup, beaucoup vieilli au point de devenir des "Histoires extraordinairement dépassées" et qui risque fort d'en décevoir s'ils s'attendent à mieux. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Traduction : Charles Baudelaire.
    L'oeuvre de critique d'Edgar Poe, sa passion pour tout ce qui, dans la jeune littérature américaine, faisait montre d'originalité et d'ardeur novatrice, lui vaudraient certainement une place "normale" dans notre rubrique "Littérature made in USA" si l'ensemble de ses textes, Poèmes, Contes et nouvelles, n'était intégralement imprégné de fantastique.
    Un fantastique qui, parfois, peut rappeler le sens du grotesque d'un Hoffmann ou les féeries d'un Nodier ou d'un Walter Scott, mais qui, déjà, galope loin devant ces grands noms. Car le fantastique et l'horreur que distille l'univers de Poe prend ses racines non plus dans des entités maléfiques extérieures à l'être humain : c'est des angoisses et des fantasmes les plus noirs de celui-ci qu'il se nourrit.
    Même une nouvelle policière, comme le "Double Assassinat rue Morgue", dominée qui plus est par cet ancêtre de Sherlock Holmes qu'est le chevalier Dupin - c'est-à-dire par le raisonnement le plus logique - se pare des couleurs de l'épouvante avec cette maison isolée, ces deux femmes qu'on devine vivant en recluses (par avarice ? par folie ?), ce cadavre fourré la tête en bas dans le conduit de cheminée et cet assassin si peu conforme au criminel habituel.
    Dans "Le Scarabée d'or", si célèbre et qui nous conte en fait une histoire de pirates, c'est une tête de mort qui, la première, fait parler le fameux parchemin. le "Manuscrit trouvé dans une bouteille" laisse présager les profondeurs monstrueuses que vénéreront Hodgson, puis Lovecraft et la fin de "La Vérité sur M. Valdemar" a, quant à elle, quelque chose de purement lovecraftien avant la lettre.
    La Mort triomphe partout. Et si, quand Poe brode sur le thème du mesmérisme, elle demeure somme toute "normale", elle dévie carrément avec ces nouvelles nécrophiliques que sont "Morella", "Ligeia" et bien sûr, dans les "Nouvelles Histoires extraordinaires", les sublimes "Bérénice" et "La Chute de la Maison Usher." En outre, dans la majeure partie de ces nouvelles, le fantasme oedipien, s'il reste plus ou moins discrètement à l'arrière-plan (sauf dans "La Chute ..." ou "Metzengerstein") s'impose avec tout autant de puissance.
    Avec une efficacité de raisonnement peu ordinaire, Poe se penche sur les angoisses qui le rongent - qui nous rongent. On dirait presque qu'il ne se soucie que de l'aspect le plus noir de sa personnalité et le thème du double, si cher au fantastique allemand, s'exprime chez l'auteur américain avec une richesse, une amertume et une terreur rarement égalées depuis lors. Folie, schizophrénie, hallucinations, alcoolisme, désirs de meurtre, sexualité trouble, Poe a pratiquement sublimé chacun de ses démons.
    Il lui est même arrivé - comme dans la "Petite discussion avec une momie" - de faire sourire son lecteur à moins que, comme dans "Colloque entre Monos et Una" ou "Puissance de la Parole", il ne l'entraîne dans une discussion philosophique et spirituelle.
    Mais toujours, il revient à l'ombre et à ce qui y attend, patient et silencieux et quand, par exception, il donne à une nouvelle aussi éprouvante que "Le Puits et le Pendule" une fin heureuse, on a peine à croire à celle-ci.
    De Shakespeare, on a dit que son oeuvre contenait l'univers entier. D'Edgar Allan Poe, on peut prétendre sans exagération qu'il a enfermé dans son oeuvre, laquelle paraîtra pourtant bien froide aux amateurs de "gore", la totalité des terreurs humaines. Et cette réussite relève du génie pur et simple. ;o)
    Nota Bene : cette critique couvre en fait les deux volumes : "Histoires extraordinaires" et "Nouvelles Histoires extraordinaires" de Poe.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 juin 2011

    LiliGalipette
    Double assassinat dans la rue Morgue – Un double meurtre a été commis dans une maison fermée. Tout indique que le criminel n'a pas pu sortir de la demeure en passant par la porte ou les fenêtres. Et pourtant, il a disparu. Qui a donc tué Madame et Mademoiselle de L'Espanaye ?
    La lettre volée – Une lettre de la plus haute importance a disparu. La police use de ses meilleures méthodes pour la retrouver. Mais la science est bien inutile face à un esprit supérieur. Pour comprendre, il faut penser comme le coupable.
    Le Scarabée d'or – Un étrange scarabée semble être la clé qui ouvre la carte qui mène à un fabuleux trésor. Mais l'insolite insecte alimente les craintes et les superstitions.
    Le canard au ballon – Où il est question d'un voyage aérien.
    Aventure sans pareil d'un certain Hans Pfaal – Cette nouvelle m'a ennuyée, je l'ai abandonnée après quelques pages…
    Manuscrit Trouvé dans une bouteille – On découvre la terrible histoire d'un homme désabusé qui s'est embarqué sur un navire bientôt soumis à de terribles avanies.
    Une descente dans le Maelstrom – Il existe en Norvège un lieu où deux courants se rencontrent. À une certaine heure de la journée, les eaux entrent en furie. Malheur au frêle esquif qui se laissera prendre dans ses terrifiants remous !
    La vérité sur le cas de M. Valdemar – M. Valdemar souffre d'un mal étrange. Son somnambulisme s'apparente tout autant au sommeil qu'à la mort. Faut-il le réveiller ? Peut-on le réveiller ?
    Révélation magnétique – Deux hommes entament une discussion métaphysique des plus intéressantes. Mais l'un des interlocuteurs est plongé dans un profond sommeil magnétique. Un tel état pour une telle discussion n'est-il pas dangereux ?
    Les souvenirs de M. Auguste Bedloe – Auguste Bedloe raconte une singulière vision qui le hante. Mais cette vision est le souvenir d'un autre homme. Se dessine alors une ressemblance d'outre-tombe.
    Morella – le narrateur de cette histoire est veuf d'une femme énigmatique. Leur enfant, une charmante fillette, n'est pas moins singulière. Entre morts et vivants, l'homme vit en étrange compagnie.
    Ligeia - le narrateur est veuf deux fois ? Ou presque…
    Metzengerstein – Un jeune baron récemment orphelin nourrit une étrange relation avec un cheval. Qui, de l'homme ou de l'animal, maîtrise l'autre ?
    Toutes les nouvelles sont des défis lancés à l'esprit, qu'il s'agisse de jeu de logique, d'examen de conscience ou de confrontation avec la mort. Chaque nouvelle est tenue par un narrateur qui s'exprime à la première personne : on assiste alors à son cheminement intellectuel et spirituel. Mais tout cela est très artificiel puisque, au terme de chaque histoire, c'est le lecteur qui est dupé.
    On frôle le fantastique, on ose y avancer un pied, mais très vite on recule. Ces Histoires sont extraordinaires parce qu'elles défient l'ordre naturel et normal des choses. Mais l'auteur/narrateur les présente en toute bonne foi selon un discours qui peut se résumer, pour chaque texte, en cette phrase : « Voyez à quoi j'ai assisté et osez ne pas y croire ! »
    Depuis le temps que j'entendais du bien de ces nouvelles, je m'attendais à une explosion de plaisir. Mais je suis magistralement ennuyée ! L'introduction de la première nouvelle m'a immédiatement rendue dubitative. La lenteur et la fausse complexité des intrigues m'ont ensuite profondément agacée. Je me suis forcée à finir ce recueil qui figure parmi les grands classiques de la langue anglaise, mais quelle purge !
    J'ai lu les textes de Poe dans la traduction de Baudelaire, si souvent décriée. Ne connaissant pas d'autre traduction, je m'abstiens de toute comparaison. Mais Baudelaire ou pas, Poe ou pas, ce livre n'a pas retenu mon attention et je pense que je vais rapidement l'oublier.


    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/06/22/214327..
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    • Livres 4.00/5
    Par valetudinaire, le 23 août 2010

    valetudinaire
    Ces Histoire extraordinaires ont deux avantages (et bien plus, mais surtout deux). D'abord, c'est de développer l'imaginaire et la déraison dans un environnement totalement commun et ordinaire. On a du mal à se dire qu'aller sur la Lune en montgolfière est impossible quand Poe nous raconte l'aventure de Pfaal. Il ancre tellement ses Histoires incroyables dans un contexte réel (qui est pourtant évident, et dans lequel on tombe les deux pieds devant) que quand on finit l'une d'elles, on est persuadé que ça s'est passé au coin de la rue, juste à côté. Que oui, par exemple, Valdemar a continué à parler sept mois après sa mort, et puis qu'il s'est décomposé d'un trait.
    Ensuite, c'est la naïveté de Poe qui fait la force d'une grande partie de cette œuvre. Son regard d'enfant et son imagination débordante sur la réalité qui l'entoure. Allier une maitrise et un intérêt scientifique à des Nouvelles fantastiques, c'est allier deux mondes paradoxales. Poe sait nous faire voyager et rêver dans le monde réel. Il n'y a pas forcément à chercher très loin ; juste de tourner la page et de regarder d'un œil neuf la réalité qui nous entoure.
    Et un jour, pourquoi pas, on ira sur la lune en montgolfière.
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Citations et extraits

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  • Par Pessoa, le 17 juin 2011

    Il est néanmoins un sujet très-cher sur lequel ma mémoire n’est pas en défaut. C’est la personne de Ligeia. Elle était d’une grande taille, un peu mince, et même dans les derniers jours très-amaigrie. J’essayerais en vain de dépeindre la majesté, l’aisance tranquille de sa démarche, et l’incompréhensible légèreté, l’élasticité de son pas ; elle venait et s’en allait comme une ombre. Je ne m’apercevais jamais de son entrée dans mon cabinet de travail que par la chère musique de sa voix douce et profonde, quand elle posait sa main de marbre sur mon épaule. Quant à la beauté de la figure, aucune femme ne l’a jamais égalée. C’était l’éclat d’un rêve d’opium, une vision aérienne et ravissante, plus étrangement céleste que les rêveries qui voltigent dans les âmes assoupies des filles de Délos.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Il est évident que nous nous précipitons vers quelque entraînante découverte, - quelque incommunicable secret dont la connaissance implique la mort.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Le monde matériel est plein d'analogies exactes avec l'immatériel, et c'est ce qui donne une couleur de vérité à ce dogme de rhétorique, qu'une métaphore ou une comparaison peut fortifier un argument aussi bien qu'embellir une description.
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  • Par heloo0, le 09 mars 2011

    Ile me semble que le mystère est considéré comme insoluble, par la raison même qui devrait le faire regarder comme facile à résoudre, je veux parler du caractère excessif sous lequel il apparaît. Les gens de police sont confondus par l'absence apparente de motifs légitimant, non le meurtre en lui-même, mais l'atrocité du meurtre.
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  • Par trizonak, le 12 avril 2011

    Dans une nuit telle qu'est pour moi celle-ci, un homme vit, - il vit un siècle de vie ordinaire, - et je ne donnerais pas ce délice ravissant pour ce siècle d'existence vulgaire.
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