ISBN : B0014QMO2Q
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
(Source Wikipedia)

"Le Parti pris des choses" tente de rendre compte des objets de la manière la plus précise et la plus rigoureuse possible, cherchant en particulier à exprimer leurs qualités caractéristiques. Ce compte-rendu porte sur les qualités physi... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 21 juin 2011

    Le Pain

    La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
    Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, -- sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
    Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
    Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.
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  • Par mandarine43, le 21 juillet 2011

    PLUIE

    La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très diverses. Au centre c'est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d'un grain de blé, là d'un pois, ailleurs presque d'une bille. Sur des tringles, sur les accoudoirs de la fenêtre la pluie court horizontalement tandis que sur la face inférieure des mêmes obstacles elle se sus-pend en berlingots convexes. Selon la surface entière d'un petit toit de zinc que le regard surplombe elle ruisselle en nappe très mince, moirée à cause de courants très variés par les imperceptibles ondulations et bosses de la couverture. De la gouttière attenante où elle coule avec la contention d'un ruisseau creux sans grande pente, elle choit tout à coup en un filet par-faitement vertical, assez grossièrement tressé, jusqu'au sol où elle se brise et rejaillit en aiguil-lettes brillantes.

    Chacune de ses formes a une allure particulière: il y répond un bruit particulier. Le tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué, aussi précis que hasardeux, comme une hor-logerie dont le ressort est la pesanteur d'une masse donnée de vapeur en précipitation.

    La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse.

    Lorsque le ressort s'est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s'arrête. Alors si le soleil reparaît tout s'efface bientôt, le brillant appareil s'évapore : il a plu.
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  • Par ay_guadalquivir, le 20 juillet 2011

    "Qu'on s'en persuade : il nous a bien fallu quelques raisons impérieuses pour devenir ou pour rester poètes. Notre premier mobile fut sans doute le dégoût de ce qu'on nous oblige à penser et à dire, de ce à quoi notre nature d'hommes nous force à prendre part. " (Des raisons d'écrire)
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  • Par Orphea, le 21 juin 2011

    PROÊMES

    Fragments de masque

    A quel calme dans le désespoir je suis parvenu sous l'écorce la plus commune, nul ne peut le croire ; nul ne s'y retrouve, car je ne lui en fournis pas le décor, ni aucune réplique : je parle seul.

    Nul ne peut croire non plus à l'absolu creux de chaque rôle que je joue.

    Plus d'intérêt aucun, plus d'importance aucune : tout me semble fragment de masque, fragment d'habitude, fragment du commun, nullement capital, des pelures d'aulx.
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  • Par mandarine43, le 31 août 2011

    LE GYMNASTE

    Comme son G l'indique le gymnaste porte le bouc et la moustache que rejoint presque une grosse mèche en accroche-cœur sur un front bas.
    Moulé dans un maillot qui fait deux plis sur l'aine il porte aussi, comme son Y, la queue à gauche.
    Tous les cœurs il dévaste mais se doit d'être chaste et son juron est BASTE !
    Plus rose que nature est moins adroit qu'un singe il bondit aux agrès saisi d'un zèle pur. Puis du chef de son corps pris dans la corde à nœuds il interroge l'air comme un ver de sa motte.
    Pour finir il choit parfois des cintres comme une chenille, mais rebondit sur pieds, et c'est alors le parangon adulé de la bêtise humaine qui vous salue.
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Jean Tardieu ; 4
- Jean TARDIEU : ses débuts dans la littérature et dans la vie, son mariage, l'obligation de gagner sa vie et ses conséquences ; sa rencontre avec Francis PONGE, leur désaccord à propos de son poème "Figures de la mort" ; les mots privilégiés ; les problèmes sociaux et son attitude à l'égard de l'engagement politique ; son sentiment d'être dépossédé à cause de la nécessité de...








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