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ISBN : 2070302237
Éditeur : Gallimard (1967)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 173 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Francis Ponge a vécu quatre-vingt-neuf ans, de 1899 à 1988. De 1918 à sa mort, il n'a jamais cessé d'écrire. Sa double passion fut les mots et les choses. Les choses à scruter ardemment, dans une attention proustienne, choses banales et merveilleuses, l'orange, le cageo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 06 avril 2013

    LydiaB
    C'est avec un style inimitable que Ponge nous décrit le quotidien. Il fallait oser faire de la prose poétique sur un cageot, un escargot, un verre ou du pain ! Pourtant, Ponge s'y est attaqué avec brio, nous faisant voir sous un autre angle toutes ces choses, ces objets, ces animaux que nous côtoyons, parfois sans les remarquer.
    Il les fouille, les dissèque, tentant d'en extraire toutes leurs qualités.
    Décrié par certains qui ne reconnaissent pas en lui de poésie, le trouvant quelquefois obscur, il n'en reste pas moins qu'on peut apprécier son talent car il transcende la moindre petite chose par le choix des mots.
    Je parlais de ce poète dernièrement en évoquant son texte sur le pain, que je mettais en parallèle avec celui de Maurice Bouchor. Regardez les deux textes, vous en aurez l'eau à la bouche !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 4.00/5
    Par paroles, le 17 avril 2014

    paroles
    Objets inanimés avez-vous donc une âme ?
    C'est bien la question que l'on pourrait se poser après la lecture de ces poèmes. Francis Ponge (1910-1964) nous décrit là tout un petit monde de choses que l'on croyait connaître (la pluie, la fin de l'automne, la crevette, le cageot, le galet, etc.), mais à la lecture de cet ouvrage, il faut bien reconnaître qu'il n'en est rien.
    Il observe ce qui l'entoure et son sens de l'observation est très affuté. Francis Ponge refait le monde à sa façon, sa cosmogonie est bien personnelle et sa poésie très éloignée "de l'enflure lyrique des poètes inspirés" (voilà qui est dit !).
    Elle se rapproche plus des anciennes leçons de choses que l'on côtoyait, à l'époque, dans nos classes primaires. Cependant, son sens de l'observation est parfois relié à ses sentiments et il ne se gêne pas pour lancer quelques piques.
    On est conquis par certaines tournures : "La nature déchire ses manuscrits, démolit sa bibliothèque, gaule rageusement ses derniers fruits" (Extrait de la fin de l'automne).
    Parfois l'on se prend à sourire tant la description est imagée. Par exemple, le poème dédié à l'entreprise dans laquelle il a travaillé : "Cette porte qu'il faut passer n'a qu'un seul gond de chair de la grandeur d'un homme, le surveillant qui l'obstrue à moitié : plutôt que d'un engrenage, il s'agit ici d'un sphincter. Chacun en est aussitôt expulsé, honteusement sain et sauf, fort déprime pourtant, par des boyaux lubrifies à la cire, au fly-tox, à la lumière électrique."
    D'autres fois, on se dit qu'il a la dent dure, le gymnaste en est une belle illustration : "Pour finir il choit parfois des cintres comme une chenille, mais rebondit sur pieds, et c'est alors le parangon adulé de la bêtise humaine qui vous salue."
    Et d'autres fois encore, on se sent bien humble face à l'univers : l'escargot a bien des leçons à nous donner.
    J'ai passé un agréable moment en sa compagnie, même si ce genre de poésie n'est pas celle que je préfère...
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    • Livres 4.00/5
    Par Alodia, le 30 août 2013

    Alodia
    C'est pour moi une découverte de Mr Ponge. Mais je ne regrette pas !!
    C'est un nouveau style et la poésie ne peut qu'être sublimée par son talent et ce livre. Les objets banales ou naturels nous apparaissent dans cette oeuvre comme des choses élégantes et surtout avec une âme. L'homme serait-il proche de la mure ou de l'escargot? Livre très agréable à lire. Beaucoup de poésie, de raffinement, de découvertes de notre langue française. Ainsi qu'une grande réflexion sur nous, sur l'humanité, sur l'existence.
    Les choses ont pris un parti : celui d'un poète moderne, contemporain dans son style d'écriture, précurseur, mais pourtant homme et qui a crée une oeuvre remarquable et véridique. Je le recommande vivement. Je remercie la fac qui m'a permit de le découvrir et j'ai hâte de l'étudier bientôt !
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    • Livres 4.00/5
    Par thedoc, le 18 mai 2015

    thedoc
    Ce recueil de courts poèmes écrit en prose est consacré aux éléments du quotidien, qu'ils soient d'origine minérale, végétale ou animale.
    Francis Ponge nous offre ici sa propre perception du monde où ce n'est plus l'Homme qui est au centre du monde mais bien plutôt les choses qui l'entourent. Ainsi, s'appuyant avant tout sur les qualités physiques et surtout linguistiques des éléments évoqués, l'auteur s'inspire de deux modèles littéraires : la leçon de choses et la fable. C'est donc à travers une prose à la fois scientifique et poétique que le lecteur pose un nouveau regard sur le cageot, l'huître, le papillon ou encore le pain.
    Avec précision, poésie et originalité, toute la beauté des objets du quotidien est révélée. Découvert lors de mes études, ce recueil n'a pas pris une ride et offre une lecture légère et amusante.
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    • Livres 3.00/5
    Par Holmes02, le 19 mai 2015

    Holmes02
    Quand l'on pense à tous les brillants poètes que l'on étudie à l'école, on peut se demander pourquoi Francis Ponge n'en fait pas forcément parti. Et pour cause, même si son nom ne sonne pas à travers le monde au même titre que Baudelaire ou Victor Hugo, il n'en demeure pas moins un poète remarquable dont le style est tout aussi agréable que révélateur. En effet, Ponge ne s'escrime pas, dans "Le parti pris des choses", à déclamer de grandes déclarations d'amour empreintes de lyrisme, non ! Au contraire, ce poète choisi des choses du quotidien -une porte, une huître, ou même un galet- desquels il s'amuse à tirer l'essence poétique, ce qui définit réellement l'objet en question.
    J'ai beaucoup aimé ce recueil, à la fois très moderne dans les sujets abordés et la manière un petit peu spéciale de le faire, bien que je ne lui donne que trois étoiles. Non pas que je remette le talent de Ponge en question, je reconnais son mérite et recommande son œuvre avec plaisir, même si ma sensibilité ne correspond pas tout à fait à celle de cet artiste et qu'en conséquence, je n'ai pas ressenti les mêmes élans passionnés qu'un amateur du genre.
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Citations et extraits

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  • Par thedoc, le 18 mai 2015

    La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. [...] Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.
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  • Par thedoc, le 18 mai 2015

    A l'intérieur [de l'huître] l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
    Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.
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  • Par petitours, le 26 janvier 2010

    Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.
    Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant... C'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.

    Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.

    Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
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  • Par 11livresalire, le 11 juin 2012

    La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.
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  • Par coco4649, le 05 septembre 2014

    LE MOLLUSQUE

    Le mollusque est un être – presque une – qualité. Il n’a pas besoin de charpente mais seulement d’un rempart, quelque chose comme la couleur dans le tube.
    La nature renonce ici à la présentation du plasma en forme. Elle montre seulement qu’elle y tient en l’abritant soigneusement, dans un écrin dont la face intérieure est la plus belle.
    Ce n’est donc pas un simple crachat, mais une réalité des plus précieuses.
    Le mollusque est doué d’une énergie puissante à se renfermer. Ce n’est à vrai dire qu’un muscle, un gond, un blount * et sa porte.
    Le blount ayant sécrété la porte. Deux portes légèrement concaves constituent sa demeure entière.
    Première et dernière demeure. Il y loge jusqu’après sa mort.
    Rien à faire pour l’en tirer vivant.
    La moindre cellule du corps de l’homme tient ainsi, et avec cette force, à la parole, – et réciproquement.
    Mais parfois un autre être vient violer ce tombeau, lorsqu’il est bien fait, et s’y fixer à la place du constructeur défunt.
    C’est le cas du pagure.

    un blount *: le cadre de la porte.

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Vidéo de Francis Ponge

Au coeur des choses avec Ponge - Séminaire de la RDJ .
Le séminaire littéraire de Yann Moix : Au c?ur des choses avec Ponge Dimanche 9 juin 2013 à 11h L?huître ? Francis Ponge " L?huître, de la grosseur d?un galet moyen, est d?une apparence plus rugueuse, d?une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C?est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l?ouvrir : il faut alors la tenir au creux d?un torchon, se servir d?un couteau ébréché et peu franc, s?y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s?y coupent, s?y cassent les ongles : c?est un travail grossier. Les coups qu?on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d?une sorte de halos. À l?intérieur l?on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d?en dessus s?affaissent sur les cieux d?en dessous, pour ne plus former qu?une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l?odeur et à la vue, frangé d?une dentelle noirâtre sur les bords. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d?où l?on trouve aussitôt à s?orner." Le parti pris des choses (1942)








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