> Jean-Louis Backès (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070388980
Éditeur : Gallimard (1996)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Le plus célèbre roman de la littérature russe, et qui a produit un chef-d'œuvre de l'opéra, était d'abord un poème, en strophes rimées. L'auteur y a mis sa vie - et sa mort. L'héroïne, Tatiana, tombe amoureuse d'un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de la sœur de... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 17 mars 2012

    ballad
    Eugène Onéguine c'est l'histoire d'un duel tragique dans la neige entre deux très bons amis, Eugène et le jeune poète Lenski, pour un simple malentendu, une question d'orgueil déplacé. Et c'est aussi l'histoire d'amour suspendue entre Eugène et Tatiana, une histoire qui n'a pu s'accorder au bon moment à cause des événements. Même si le sujet est très dramatique, il y a une pointe de drôlerie qui règne dans ces strophes à la poésie ronde. Les événements qui dépeignent la société russe dans des tableaux comme un bal, une fête d'anniversaire, un duel, sont écrites comme pour railler ce monde « comme il faut », où il faut tenir son rang et respecter les usages. Les portraits sont parfois comme des petites caricatures. Livre à conseiller, pour s'évader grâce à la vraie poésie et suivre une intrigue entière, que l'auteur n'a cependant pas pu terminer et qui chute de manière impromptue, mais cette fin ouverte laisse place à l'imagination, ce qui est tout aussi bien.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par lanard, le 05 janvier 2011

    lanard
    Traduction en prose d'un roman en vers écrit dans les années 1820 1830. Considéré comme le premier roman de l'histoire du roman russe, cette oeuvre vient d'une époque où l'Angleterre donnait le ton à la littérature européenne. Les romans de Richardson faisaient soupirer dans les datchas, le spleen (p 30 §38) des bourgeois russes prenait des poses Byronesques. Mais on se passionnait aussi pour l'économie politique en commentant Adam Smith, Sébastien Say et Jeremy Bentham (p. 22 Adam Smith p. 31 Say et Bentham).
    La littérature européenne depuis le XIXè siècle est un tissu de contradictions. Littérature qui en ces temps utilitaristes peine à se donner une raison d'être. Ce roman en vers est comme une déclaration d'amour à la poésie et en même temps, une sorte de dénonciation de son imposture et des ses pièges.
    La lecture comme danger :
    Comme dans Don Quichotte, Madame Bovary, on retrouve cette défiance devant le roman plusieurs fois manifestée par le narrateur (séduction des personnages de Richardson et de Rousseau auprès des jeunes filles rêveuses p. 46-47, p. 55-56 ) ; dérision des sentiments romantiques (p. 104 § 23) (p. 49 identification ridicule de Wladimir Liensky à Hamlet) ; les poses sous les influences de Childe Harold (P. 78), de Werther donnent un caractère presque stupide aux personnages. A écouter le narrateur, qui se dit son ami , Onéguine serait un lecteur sans discernement (p. 141). Sa nonchalance n'est pas une pose romantique et si elle en prend l'habit, il semble que c'est une manière de rendre son oisiveté socialement acceptable. Il reste un bourgeois apathique qui sait encore tenir son cahier de dépenses (p. 78) et rester à l'écoute des rapports quotidiens de son intendant(p. 117).
    Tatiana a quelque chose d'une Bovary ; c'est une jeune provinciale rêveuse qui rêve sur les romans (p. 46§29 Très tôt elle aima les romans ; ils lui tenaient lieu de tout. p. 55 Avec quelle attention, à présent…). Mais son livre préféré est un livre d'oniromancie(p.89§23); (elle croyait aux vielles traditions du peuple, aux songes, aux révélations des cartes et aux pronostics lunaires. p.84).
    Mais lorsqu'elle furète dans la bibliothèque d'Onéguine c'est pour enquêter sur l'homme qu'elle aime (p. 118-119).
    Comment la poésie peut être de quelque utilité :
    La chanson des jeunes servantes chantée au jardin pendant le ramassage des fraises : p. 65 Telle des maîtres était l'ordonnance, pour empêcher les bouches gourmandes, en les occupant à chanter, de cueillir les baies furtivement : astucieuse invention de campagnards!.

    Montre-moi ta bibliothèque et je te dirai qui tu es:
    P 198-199
    §23Bien des pages avaient gardé la marque coupante de l'ongle. Les yeux de la jeune fille attentive plus longuement s'y attardent. Tatiana, en frémissant, découvre quelle pensée, quelle réflexion avaient frappé Onéguine et à quoi en silence il donnait son accord. Dans les marges elle découvre les traits de son crayon ; et partout involontairement l'âme d'Onéguine se révèle, tantôt par un mot bref, tantôt par une croix, tantôt par un point d'interrogation.
    §24 Et peu à peu ma Tatiana commence à comprendre plus clairement maintenant, Dieu merci, celui auquel elle vouait ses soupirs par ordre du souverain destin : un original mélancolique et dangereux, création de l'enfer ou du ciel ? Cet ange, ce démon orgueilleux, qui est-il ? Ne serait-il qu'un pâle reflet, un imitateur des phantasmes d'autrui, ou encore un Moscovite drapé en Childe Harolde ? Un lexique bourré de vocables à la mode ? ne serait-il qu'un méprisable fantôme, une parodie ?
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ignatus-reilly, le 19 juin 2011

    ignatus-reilly
    Il semble en lisant les critiques que cette traduction ne soit pas idéale.
    Or, moi je ne lis pas le russe dans le texte, je suis donc condamnée aux traductions.
    Eugène Onéguine est un roman en vers donc forcément quelque chose de très difficile à traduire.
    J'ai beaucoup apprécié ce texte, sa langue, son héros byronien et sombre à souhait.
    Onéguine est un jeune homme blasé qui s'ennuie de tout, il n'a de goût à rien. Il a tout vécu et tout le lasse.
    Un jour, il fait la connaissance de Tatiana qui tombe éperdument amoureuse de lui.
    Cette dernière lui écrit une lettre et lui avoue ses sentiments mais Onéguine, malgré une certaine tendresse pour cette jeune fille si simple et si pure, n'en a cure et lui conseille de l'oublier.
    De plus, Onéguine va tuer en duel le fiancé d'Olga, la sœur de Tatiana.
    Onéguine va disparaitre et faire un long périple. A son retour, Tatiana est mariée, princesse, elle est devenue une grande dame et tient salon.
    Onéguine va tomber amoureux de la nouvelle Tatiana, de venue inaccessible pour lui.
    Tatiana restera fidèle à son mari malgré l'amour qu'elle ne cesse d'éprouver pour Onéguine.
    Ce roman n'a pas de réel fin, c'est l'histoire d'une rencontre manquée, d'un amour qui ne concrétisera jamais et pourtant "le bonheur est si proche, si possible".
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  • Par systool, le 25 janvier 2011

    systool
    Toucher à l'œuvre d'Alexandre Pouchkine, c'est vouloir s'emparer du Saint Graal de la littérature russe. Mais l'aborder dans une langue autre que l'originale nous vaudra certainement l'opprobre des natifs. Comme le dit Jean-Louis Backès dans sa préface à Eugène Onéguine, aussi agréable et judicieuse soit sa traduction, elle ne pourra jamais rivaliser avec la « langue de cristal » de l'enfant chéri des lettres russes. Première raison : les rimes de ce roman en vers n'ont pas été reconduites en français. Il est vrai qu'au risque de sembler pompeux et de privilégier la forme, Backès a préféré se libérer de cette contrainte et mettre le fond au premier plan. Deuxième problème, la subtilité et la richesse du russe en prend forcément un coup lorsqu'elle est transposée dans la langue de Molière (avec tout le respect qu'il faut adresser au français). Ainsi, n'importe quel Russe vous exhortera à apprendre sa langue avant d'attaquer les œuvres grandioses du XIXème siècle… car même si c'est Lomonossov qui a établi les bases du russe moderne, il n'est pas innocent que l'on parle plutôt de « langue de Pouchkine » pour dénommer cet idiome. Cela veut tout dire…
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    Lien : http://www.gueusif.com/article-a-pouchkine-eugene-oneguine-65534999...
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    • Livres 1.00/5
    Par Sarah_DD, le 09 juin 2008

    Sarah_DD
    Il s'agit d'un poème sur deux jeunes gens qui se sont ratés quand ils auraient pu s'aimer. le récit date de 1831 et sent bon le héros byronien. Les thèmes abordés dans ces amours manqués sont classiques (le duel, les remords, il tue le fiancé de la soeur de celle qu'il aimera plus tard,...). Découpé par 14 strophes, donc un récit très haché et non achevé. Cette édition propose des commentaires pour donner quelques clés de lecture. Tout classique qu'il soit, ce genre ne me séduit pas beaucoup.
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Citations et extraits

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  • Par gaillard1, le 28 septembre 2010

    Je vous écris - quoi d'autre à dire ? J'ai tout dit si je vous écris.(...) Par quel hasard être venu ? Dans mon désert, dans mon silence, je ne vous aurai pas connu, j'aurai pu vivre en souffrance.(...) Non, tu entras, je fus certaine, un froid brasier emplit mes veines, je lus dans l'âme : Le voilà! (...) Qui donc es-tu, es-tu un ange ou un démon au charme étrange ? : résous le doute qui me prends. Peut-être que tout cela est vide, l'erreur d'un coeur encore candide ! mon sort, peut-être, est différent... mais soit ! accepte mon offrande : mes jours sont tiens, si lourds qu'ils soient. Je suis en larmes devant toi.
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  • Par gaillard1, le 28 septembre 2010

    Bien des pages avaient gardé la marque coupante de l'ongle. Les yeux de la jeune fille attentive plus longuement s'y attardent. Tatiana, en frémissant, découvre quelle pensée, quelle réflexion avaient frappé Onéguine et à quoi en silence il donnait son accord. Dans les marges elle découvre les traits de son crayon ; et partout l'âme d'Onéguine involontairement se révèle, tantôt par un mot bref, tantôt par une croix, tantôt par un point d'interrogation.
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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Sachenka, le 10 décembre 2011

    Dommage qu'inutilement
    La jeunesse nous fût donnée.
    Nous la trahîmes à chaque instant,
    Et par elle fûmes dupés,
    Ainsi nos désirs les meilleurs,
    Ainsi nos rêves pleins de fraîcheur,
    Comme des feuilles, par le temps d'automne pourri,
    Vite en poussière, se sont réduits.
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  • Par ballad, le 17 mars 2012

    Il ressemblait à un poète
    Lorsqu’il restait seul dans son coin
    Et que, devant la cheminée,
    Il murmurait Benedetta
    Ou Idol mio, cependant
    Que ses pantoufles prenaient feu.
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  • Par lanard, le 05 janvier 2011

    Et peu à peu ma Tatiana commence à comprendre plus clairement maintenant, Dieu merci, celui auquel elle vouait ses soupirs par ordre du souverain destin : un original mélancolique et dangereux, création de l'enfer ou du ciel ? Cet ange, ce démon orgueilleux, qui est-il ? Ne serait-il qu'un pâle reflet, un imitateur des phantasmes d'autrui, ou encore un Moscovite drapé en Childe Harolde ? Un lexique bourré de vocables à la mode ? ne serait-il qu'un méprisable fantôme, une parodie ?
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