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> Jean-Louis Backès (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070388980
Éditeur : Gallimard (1996)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 127 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le plus célèbre roman de la littérature russe, et qui a produit un chef-d'œuvre de l'opéra, était d'abord un poème, en strophes rimées. L'auteur y a mis sa vie - et sa mort. L'héroïne, Tatiana, tombe amoureuse d'un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de la sœur de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 avril 2013

    Nastasia-B
    Il est bien dommage qu'en français " sublime " ne rime avec Pouchkine car ç'eût été justice, pour un flamboyant tel, qu'un mot tel que " sublime " rimât avec son patronyme. le français est mal fait et c'est une méchante langue, car l'on perd en le parlant les trésors uniques et la mélodie douce du Russe-Chantant.
    Le Russe-Chantant est un très timide enfant, qui ne se montre que fort rarement. Si vous regardez clair, si vous écoutez bien, au creux du calamus noirci d'encre de spleen la plume qui servit jadis à Pouchkine pour brosser son Onéguine, vous croiserez son petit regard espiègle, sa musique et sa voix. N'allez surtout point quêter ailleurs — Malheureux ! — vous seriez horriblement déçus.
    Quel drôle de truc, franchement, que cet Eugène Onéguine ! Un roman, oui, mais un roman en vers, ce qui est déjà plus rare, et qui plus est rythmé uniformément de strophes de 14 vers, comme autant de poèmes soudés les uns aux autres.
    Chaque strophe onéguienne est composée de trois quatrains (le premier en rimes croisées, le second en rimes plates et le troisième en rimes embrassées), lesquels 12 vers sont flanqués de deux derniers vers en rimes plates qui viennent clôturer la strophe.
    Il y a donc une rythmique et une musique forte et incomparable dans cet étonnant roman et je tiens à signaler dès à présent la gageure (pour ne pas dire l'hérésie folle et vaine) que d'essayer de le traduire comme tel en français.
    Personnellement, avant de me lancer dans cette lecture, j'ai comparé la traduction rimée d'André Markowicz chez Babel et la traduction non rimée de Jean-Louis Backès pour Folio. Ma préférence est allée, et de loin, à cette dernière, car il a compris qu'il n'arriverait jamais à tout retranscrire de l'écriture de Pouchkine et a donc fait un choix, que je juge judicieux.
    Il a laissé tombé les rimes et les nombres de pieds, par contre, il a choisi de conserver le rythme et la fluidité du verbe. le résultat est vraiment remarquable, car à plein de moments, j'avais l'impression de lire de la poésie, de la belle et vraie poésie, sans la moindre rime ni le plus petit respect de la quantité syllabique.
    Chapeau bas, donc, pour Jean-Louis Backès avec cette belle traduction très osée.
    Vous dire que l'ensemble de l'œuvre me laisse rêveuse serait mentir, j'ai surtout goûté l'esprit espiègle de l'auteur et sa flamboyance stylistique, son romantisme pur jus première pression à froid, directement inspirée de Byron.
    Eugène Onéguine, c'est l'histoire d'une rencontre. C'est l'histoire d'un avortement amoureux. C'est l'histoire d'une erreur de timing qui rend chacun malheureux.
    Eugène est un dandy russe, viveur mais déjà blasé, des choses comme des gens, des amours également. Fuyant l'univers mondain, il se réfugie à la campagne, tâcher de redonner quelque sens à sa vie.
    Tatiana, elle, est jeune, intacte, non encore abîmée dans ses rêves et dans sa vie, prête à croire et à s'enflammer.
    Onéguine est celui qu'elle attend, au creux de ses rêves. Mais elle, est-elle celle qu'Onéguine espère ?
    Olga, la sœur de Tatiana en pince pour Lenski, l'ami d'Onéguine.
    Deux amours, un orgueil offensé, en faut-il davantage pour convoquer un duel ? le reste, je vous le laisse à découvrir.
    C'est surprenant de savoir, après coup, combien le duel dépeint dans Eugène Onéguine annonce la fin réelle d'Alexandre Pouchkine, mort lui aussi dans un duel, par un froid hiver...
    Adieu Pouchkine, adieu l'ami...
    Onéguine
    Tatiana
    Tatiana
    Onéguine
    À défaut du reste, au moins les rimes se seront-elles embrassées... dans ce bel ouvrage en vers, qui vaut plus, probablement, pour sa facture que pour son intrigue, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Jooh, le 19 août 2012

    Jooh
    Que dire sur cet "Eugène Onéguine", œuvre ô combien sublime, portant le nom d'un personnage ô combien à part... J'aimerais rendre grâce à la magnificence de ce chant avec mes simples mots, et je sens d'emblée que cela va s'avérer une tâche ardue… Mais je me lance quand même !
    Parlons d'abord intrigue. Eugène Onéguine, c'est une histoire d'amour entre Onéguine et Tatiana, histoire d'amour évidemment impossible – même si ici elle est plutôt rendue impossible et perdue pour toujours à cause de l'aveuglement et du mépris d'Onéguine, personnage blasé et fatigué par tout ce qui constitue la vie, et notamment par les hommes et surtout l'amour. le tout est ponctué par l'intervention du poète qu'est Pouchkine, qui nous délivre avec délice son trait d'esprit.
    A travers ce roman, nous faisons également une rencontre magnifique, celle du touchant et tendre Lenski, jeune poète romantique qui ne répond qu'à la voix du cœur, et suis d'ailleurs cette même voie - celle-là même qui lui fera perdre sa précieuse vie pour l'Amour. Il apparaît ainsi comme un anti-Onéguine dans ses épanchements amoureux et sa foi en la vie, et son sacrifice fait de lui un héros splendide.
    Pour ce qui est de la forme - de grâce, ne passez pas à côté de tant de beauté -, j'ai trouvé l'écriture en vers juste divine, et je n'ai pas pu ne pas céder à l'envie de lire à voix haute cet extraordinaire chant que nous offre Pouchkine, le Grand Alexandre Pouchkine...
    Bref, j'ai adoré ce roman, qui, pour moi, ne constitue rien d'autre qu'un chef d'œuvre de la littérature, aussi bien russe que mondial.
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 21 août 2012

    juliette2a
    Ce chef-d'oeuvre d'Alexandre Pouchkine mérite toute notre considération. Ce roman en vers est d'une beauté admirable et la plume de cet auteur est vraiment d'une finesse exceptionnelle.
    Voici le portrait d'un jeune homme, Eugène Onéguine, le héros de ce livre, parfaitement singulier, qui s'ennuie de la société russe et vit cloîtré dans son manoir, las des femmes et des amis, recherchant la paix essentiellement dans ses livres. C'est également l'histoire d'une rencontre, celle de Onéguine avec Vladimir Lenski, un poète de dix-huit ans, qui le surprendra par sa joie de vivre et ses espérances concernant son futur. Pouchkine oppose ces deux caractères : l'un, misanthrope et l'autre, assoiffé de société et d'amour. Malheureusement, cette amitié conduira Lenski à la plus fatale des possibilités...
    Enfin, c'est une histoire de femmes : tout d'abord, Olga, la fiancée de Vladimir, d'une grande beauté, mais infidèle et qui oublie bien vite Vladimir ; et bien évidemment, Tatiana, celle qui tombera sous le charme d'Eugène, une femme touchante, fidèle et sincère, qui séduit avec facilité le lecteur.
    Nous suivons donc l'histoire d'amour qui unit Tatiana à Eugène mais qui hélas, ne pourra point aboutir à une fin heureuse.
    Ces quatres personnages, chacun à sa façon, écrit l'histoire d'Eugène Onéguine, et de Pouchkine lui-même.
    Mais quel bonheur de lire ces vers, de les sévourer délicatement ou passionnément selon le moment de l'histoire, bref, de dévorer cette magique tragédie !
    Tout simplement sublime.
    A lire absolument !!
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  • Par lanard, le 05 janvier 2011

    lanard
    Traduction en prose d'un roman en vers écrit dans les années 1820 1830. Considéré comme le premier roman de l'histoire du roman russe, cette oeuvre vient d'une époque où l'Angleterre donnait le ton à la littérature européenne. Les romans de Richardson faisaient soupirer dans les datchas, le spleen (p 30 §38) des bourgeois russes prenait des poses Byronesques. Mais on se passionnait aussi pour l'économie politique en commentant Adam Smith, Sébastien Say et Jeremy Bentham (p. 22 Adam Smith p. 31 Say et Bentham).
    La littérature européenne depuis le XIXè siècle est un tissu de contradictions. Littérature qui en ces temps utilitaristes peine à se donner une raison d'être. Ce roman en vers est comme une déclaration d'amour à la poésie et en même temps, une sorte de dénonciation de son imposture et des ses pièges.
    La lecture comme danger :
    Comme dans Don Quichotte, Madame Bovary, on retrouve cette défiance devant le roman plusieurs fois manifestée par le narrateur (séduction des personnages de Richardson et de Rousseau auprès des jeunes filles rêveuses p. 46-47, p. 55-56 ) ; dérision des sentiments romantiques (p. 104 § 23) (p. 49 identification ridicule de Wladimir Liensky à Hamlet) ; les poses sous les influences de Childe Harold (P. 78), de Werther donnent un caractère presque stupide aux personnages. A écouter le narrateur, qui se dit son ami , Onéguine serait un lecteur sans discernement (p. 141). Sa nonchalance n'est pas une pose romantique et si elle en prend l'habit, il semble que c'est une manière de rendre son oisiveté socialement acceptable. Il reste un bourgeois apathique qui sait encore tenir son cahier de dépenses (p. 78) et rester à l'écoute des rapports quotidiens de son intendant(p. 117).
    Tatiana a quelque chose d'une Bovary ; c'est une jeune provinciale rêveuse qui rêve sur les romans (p. 46§29 Très tôt elle aima les romans ; ils lui tenaient lieu de tout. p. 55 Avec quelle attention, à présent…). Mais son livre préféré est un livre d'oniromancie(p.89§23); (elle croyait aux vielles traditions du peuple, aux songes, aux révélations des cartes et aux pronostics lunaires. p.84).
    Mais lorsqu'elle furète dans la bibliothèque d'Onéguine c'est pour enquêter sur l'homme qu'elle aime (p. 118-119).
    Comment la poésie peut être de quelque utilité :
    La chanson des jeunes servantes chantée au jardin pendant le ramassage des fraises : p. 65 Telle des maîtres était l'ordonnance, pour empêcher les bouches gourmandes, en les occupant à chanter, de cueillir les baies furtivement : astucieuse invention de campagnards!.

    Montre-moi ta bibliothèque et je te dirai qui tu es:
    P 198-199
    §23Bien des pages avaient gardé la marque coupante de l'ongle. Les yeux de la jeune fille attentive plus longuement s'y attardent. Tatiana, en frémissant, découvre quelle pensée, quelle réflexion avaient frappé Onéguine et à quoi en silence il donnait son accord. Dans les marges elle découvre les traits de son crayon ; et partout involontairement l'âme d'Onéguine se révèle, tantôt par un mot bref, tantôt par une croix, tantôt par un point d'interrogation.
    §24 Et peu à peu ma Tatiana commence à comprendre plus clairement maintenant, Dieu merci, celui auquel elle vouait ses soupirs par ordre du souverain destin : un original mélancolique et dangereux, création de l'enfer ou du ciel ? Cet ange, ce démon orgueilleux, qui est-il ? Ne serait-il qu'un pâle reflet, un imitateur des phantasmes d'autrui, ou encore un Moscovite drapé en Childe Harolde ? Un lexique bourré de vocables à la mode ? ne serait-il qu'un méprisable fantôme, une parodie ?
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 15 décembre 2013

    chartel
    Après la lecture d'"Eugène Onéguine", je comprends pourquoi Nicolas Gogol appréciait tant le style de Pouchkine. L'auteur des "Âmes mortes" s'inspirera en effet de ce merveilleux ton satirique et des nombreuses digressions d'un narrateur bien bavard, qui ne peut se retenir de commenter son récit, jouant ainsi avec son lecteur qui se demande, au bout du compte, si ce ne sont pas les événements mêmes du récit qui importent le plus, mais bien plutôt la manière de les raconter.
    Enfin, lire un roman en vers, même traduit, reste une belle expérience. On est trop habitué à l'immuable forme prosaïque du roman contemporain. La composition en strophes de quatorze octosyllabes change la perception du récit. L'attention du lecteur change, le rythme de la lecture s'adapte au rythme des vers, les sons et les couleurs y résonnent d'une tout autre manière.
    Encore une bonne raison pour lire ou relire les Classiques.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 01 avril 2013

    Les générations se succèdent ;
    Ainsi notre tribu frivole
    Grandit, s'agite, se démène
    Et pousse au tombeau les aïeux.
    Notre temps viendra à son tour.
    Nos descendants auront leur heure
    Et nous chasseront de ce monde.

    Enivrez-vous, en attendant,
    Amis, de cette vie légère.
    Je sais qu'elle a peu de valeur
    Et n'y tiens pas outre mesure.
    J'ai dit adieu aux illusions ;
    Mais de lointaines espérances
    Viennent parfois troubler mon cœur.
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  • Par Nastasia-B, le 03 mai 2013

    Mais il est triste de se dire
    Qu'on a gaspillé sa jeunesse,
    Qu'on l'a trahie à chaque instant
    Et qu'elle nous l'a bien rendu,
    Que les meilleurs de nos désirs,
    Que les plus pures rêveries
    Sont allés à la pourriture
    Comme les feuilles de l'automne.

    Chapitre huitième, Strophe 11.
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  • Par Nastasia-B, le 24 avril 2013

    Les deux ennemis attendaient.
    Ennemis ? Mais qui les oppose ?
    Depuis quand ont-ils soif de sang ?
    Ils avaient en commun naguère
    Divertissements, table, affaires,
    Pensées. Maintenant on dirait
    Des ennemis héréditaires.
    C'est comme un affreux cauchemar.
    Chacun d'eux, sans le dire, pense
    De sang-froid à la mort de l'autre.
    S'ils pouvaient éclater de rire
    Et se séparer bons amis
    Avant que leurs mains ne soient rouges...
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  • Par Nastasia-B, le 25 avril 2013

    La démarche assurée, égale
    Et tranquille, les ennemis,
    Sans viser encore, ont franchi
    Quatre pas, quatre pas mortels.
    Sans cesser d'avancer, Eugène,
    Le premier, commence à lever
    Le bras armé du pistolet.
    Encore cinq pas, et Lenski,
    Clignant de l'œil gauche, à son tour
    Prend sa visée. — Mais Onéguine
    A déjà tiré... Le destin
    Frappe. Sans un mot le poète
    Laisse tomber son pistolet.
    Sa main se pose sur son cœur.
    (...)
    Sur sa poitrine la blessure
    Est franche ; le sang coule encore.
    Il y a juste une seconde
    Un cœur battait là, plein d'ardeur,
    De haine, d'amour, d'espérance,
    Plein de sang, de vie ; maintenant
    On dirait une maison vide.
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  • Par Nastasia-B, le 30 avril 2013

    Le vent du nord pousse les nuages,
    Il souffle, il hurle. Et, en personne,
    Voici le magicien Hiver.
    Il est là, se glisse partout,
    Se suspend aux branches des chênes,
    Se couche en tapis ondulés
    Sur les champs, autour des collines,
    Confond la rivière figée
    Avec la rive, sous son voile.
    Le givre brille. Et nous rions
    Des farces du bonhomme Hiver.
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Déclamation du poème "Le poète" de Pouchkine par le pianiste Vladimir Sverdlov - Mars 2009











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