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Jean-Louis Backès (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070388980
Éditeur : Gallimard (1996)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 208 notes)
Résumé :
Le plus célèbre roman de la littérature russe, et qui a produit un chef-d'œuvre de l'opéra, était d'abord un poème, en strophes rimées. L'auteur y a mis sa vie - et sa mort. L'héroïne, Tatiana, tombe amoureuse d'un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de la sœur de celle-ci. Les années passent, Onéguine revient, découvre qu'il aime passionnément Tatiana, maintenant mariée ; elle l'aime aussi ; que choisira-t-ellle? "Et le bonheur était si proche, si possible" c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
06 avril 2013
  • 4/ 5
Il est bien dommage qu'en français " sublime " ne rime avec Pouchkine car ç'eût été justice, pour un flamboyant tel, qu'un mot tel que " sublime " rimât avec son patronyme. le français est mal fait et c'est une méchante langue, car l'on perd en le parlant les trésors uniques et la mélodie douce du Russe-Chantant.
Le Russe-Chantant est un très timide enfant, qui ne se montre que fort rarement. Si vous regardez clair, si vous écoutez bien, au creux du calamus noirci d'encre de spleen la plume qui servit jadis à Pouchkine pour brosser son Onéguine, vous croiserez son petit regard espiègle, sa musique et sa voix. N'allez surtout point quêter ailleurs — Malheureux ! — vous seriez horriblement déçus.
Quel drôle de truc, franchement, que cet Eugène Onéguine ! Un roman, oui, mais un roman en vers, ce qui est déjà plus rare, et qui plus est rythmé uniformément de strophes de 14 vers, comme autant de poèmes soudés les uns aux autres (pas tout à fait exact puisque certaines strophes se poursuivent sur la suivante, mais dans l'ensemble, c'est à peu près cela).
Chaque strophe onéguienne est composée de trois quatrains (le premier en rimes croisées, le second en rimes plates et le troisième en rimes embrassées), lesquels 12 vers sont flanqués de deux derniers vers en rimes plates qui viennent clôturer la strophe.
Il y a donc une rythmique et une musique forte et incomparable dans cet étonnant roman et je tiens à signaler dès à présent la gageure (pour ne pas dire l'hérésie folle et vaine) que d'essayer de le traduire comme tel en français.
Personnellement, avant de me lancer dans cette lecture, j'ai comparé la traduction rimée d'André Markowicz chez Babel et la traduction non rimée de Jean-Louis Backès pour Folio. Ma préférence est allée, et de loin, à cette dernière, car il a compris qu'il n'arriverait jamais à tout retranscrire de l'écriture de Pouchkine et a donc fait un choix, que je juge judicieux.
Il a laissé tomber les rimes et les nombres de pieds, par contre, il a choisi de conserver le rythme et la fluidité du verbe. le résultat est vraiment remarquable, car à plein de moments, j'avais l'impression de lire de la poésie, de la belle et vraie poésie, sans la moindre rime ni le plus petit respect de la quantité syllabique.
Chapeau bas, donc, pour Jean-Louis Backès avec cette belle traduction très osée.
Vous dire que l'ensemble de l'oeuvre me laisse rêveuse serait mentir, j'ai surtout goûté l'esprit espiègle de l'auteur et sa flamboyance stylistique, son romantisme pur jus première pression à froid, directement inspirée de Byron.
Eugène Onéguine, c'est l'histoire d'une rencontre. C'est l'histoire d'un avortement amoureux. C'est l'histoire d'une erreur de timing qui rend chacun malheureux.
Eugène est un dandy russe, viveur mais déjà blasé, des choses comme des gens, des amours également. Fuyant l'univers mondain, il se réfugie à la campagne, tâcher de redonner quelque sens à sa vie.
Tatiana, elle, est jeune, intacte, non encore abîmée dans ses rêves et dans sa vie, prête à croire et à s'enflammer.
Onéguine est celui qu'elle attend, au creux de ses rêves. Mais elle, est-elle celle qu'Onéguine espère ?
Olga, la soeur de Tatiana en pince pour Lenski, l'ami d'Onéguine.
Deux amours, un orgueil offensé, en faut-il davantage pour convoquer un duel ? le reste, je vous le laisse à découvrir.
C'est surprenant de savoir, après coup, combien le duel dépeint dans Eugène Onéguine annonce la fin réelle d'Alexandre Pouchkine, mort lui aussi dans un duel, par un froid hiver...
Adieu Pouchkine, adieu l'ami...
Onéguine
Tatiana
Tatiana
Onéguine
À défaut du reste, au moins les rimes se seront-elles embrassées... dans ce bel ouvrage en vers, qui vaut plus, probablement, pour sa facture que pour son intrigue, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Jooh
19 août 2012
  • 5/ 5
Que dire sur cet "Eugène Onéguine", oeuvre ô combien sublime, portant le nom d'un personnage ô combien à part... J'aimerais rendre grâce à la magnificence de ce chant avec mes simples mots, et je sens d'emblée que cela va s'avérer une tâche ardue… Mais je me lance quand même !
Parlons d'abord intrigue. Eugène Onéguine, c'est une histoire d'amour entre Onéguine et Tatiana, histoire d'amour évidemment impossible – même si ici elle est plutôt rendue impossible et perdue pour toujours à cause de l'aveuglement et du mépris d'Onéguine, personnage blasé et fatigué par tout ce qui constitue la vie, et notamment par les hommes et surtout l'amour. le tout est ponctué par l'intervention du poète qu'est Pouchkine, qui nous délivre avec délice son trait d'esprit.
A travers ce roman, nous faisons également une rencontre magnifique, celle du touchant et tendre Lenski, jeune poète romantique qui ne répond qu'à la voix du coeur, et suis d'ailleurs cette même voie - celle-là même qui lui fera perdre sa précieuse vie pour l'Amour. Il apparaît ainsi comme un anti-Onéguine dans ses épanchements amoureux et sa foi en la vie, et son sacrifice fait de lui un héros splendide.
Pour ce qui est de la forme - de grâce, ne passez pas à côté de tant de beauté -, j'ai trouvé l'écriture en vers juste divine, et je n'ai pas pu résister à l'envie de lire à voix haute cet extraordinaire chant que nous offre Pouchkine, le Grand Alexandre Pouchkine...
Bref, j'ai adoré ce roman, qui, pour moi, ne constitue rien d'autre qu'un chef d'oeuvre de la littérature, aussi bien russe que mondial.
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juliette2a
21 août 2012
  • 4/ 5
Ce chef-d'oeuvre d'Alexandre Pouchkine mérite toute notre considération. Ce roman en vers est d'une beauté admirable et la plume de cet auteur est vraiment d'une finesse exceptionnelle.
Voici le portrait d'un jeune homme, Eugène Onéguine, le héros de ce livre, parfaitement singulier, qui s'ennuie de la société russe et vit cloîtré dans son manoir, las des femmes et des amis, recherchant la paix essentiellement dans ses livres. C'est également l'histoire d'une rencontre, celle de Onéguine avec Vladimir Lenski, un poète de dix-huit ans, qui le surprendra par sa joie de vivre et ses espérances concernant son futur. Pouchkine oppose ces deux caractères : l'un, misanthrope et l'autre, assoiffé de société et d'amour. Malheureusement, cette amitié conduira Lenski à la plus fatale des possibilités...
Enfin, c'est une histoire de femmes : tout d'abord, Olga, la fiancée de Vladimir, d'une grande beauté, mais infidèle et qui oublie bien vite Vladimir ; et bien évidemment, Tatiana, celle qui tombera sous le charme d'Eugène, une femme touchante, fidèle et sincère, qui séduit avec facilité le lecteur.
Nous suivons donc l'histoire d'amour qui unit Tatiana à Eugène mais qui hélas, ne pourra point aboutir à une fin heureuse.
Ces quatres personnages, chacun à sa façon, écrit l'histoire d'Eugène Onéguine, et de Pouchkine lui-même.
Mais quel bonheur de lire ces vers, de les sévourer délicatement ou passionnément selon le moment de l'histoire, bref, de dévorer cette magique tragédie !
Tout simplement sublime.
A lire absolument !!
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Under_The_Moon
17 janvier 2016
  • 4/ 5
Ce livre est incontestablement un chef d'oeuvre de la littérature. Une oeuvre tantôt en vers tantôt en prose d'une virtuosité et d'une puissance magistrale.
Pouchkine nous a laissé avec son Eugène Onéguine des vers sublimes sur la jeunesse et ses vanités, le temps qui passe, le destin, la création, la nature sauvage de Russie et l'effervescence des grandes villes russes du XIXème siècle.
C'est bien plus qu'une histoire d'amour et une oeuvre atypique par sa forme (un roman-poème !) .
Que dire de plus ? Utiliser trop de mots pour en parler est déjà une insulte à l'auteur.
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Pirouette0001
08 septembre 2016
  • 5/ 5
Voici un roman en vers, ou un poème romancé, qu'importe, on vous le présente comme le roman russe qui a initié ce qui a suivi, et on le croit sans peine, il y a des points de suspension, l'auteur n'a pas achevé son ouvrage, qu'importe encore... Ce duel amoureux plus que le duel armé est si bien mené que l'on ne peut qu'être pris au charme.
Une oeuvre majeure assurément, qui se lit aisément, de l'amour tous azimuts, que demandez de plus.
Vraiment, si c'est par hasard que j'ai pris ce livre sur une table de ma librairie, moi qui ai parfois de la littérature russe une vue limitée à des oeuvres kilométriques et au développement retenu sinon lent, je n'ai pu être que délicieusement surprise par ce court ouvrage plein de charme et de talent littéraire majuscule.
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Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B01 avril 2013
Les générations se succèdent ;
Ainsi notre tribu frivole
Grandit, s'agite, se démène
Et pousse au tombeau les aïeux.
Notre temps viendra à son tour.
Nos descendants auront leur heure
Et nous chasseront de ce monde.

Enivrez-vous, en attendant,
Amis, de cette vie légère.
Je sais qu'elle a peu de valeur
Et n'y tiens pas outre mesure.
J'ai dit adieu aux illusions ;
Mais de lointaines espérances
Viennent parfois troubler mon cœur.
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EnrouteEnroute31 août 2015
LETTRE DE TATIANA A ONEGUINE

Je vous écris - quoi d'autre à dire ?
J'ai tout dit si je vous écris.
Je sais, cela peut vous suffire
Pour me punir par le mépris.
Mais dans ma peine, mon martyre,
Vous qui gardez un coeur qui bat,
Vous ne vous détournerez pas.
Au début, j'ai voulu me taire ;
Croyez-moi, vous n'auriez pas su
Mon déshonneur, si j'avais pu
Nourrir l'espoir, même éphémère,
De vous revoir de temps en temps
Dans la maison de mes parents.
Juste écouter ce que vous dites,
Répondre un mot, et, seule, après,
Penser, penser, oui, sans arrêt,
Attendre encore une visite.
Les gens, dit-on, vous les fuyez ;
Tout vous ennuie dans nos retraites ;
Chez nous, si vous vous ennuyez,
Pour nous, vous voir est une fête.

Par quel hasard être venu ?
Dans mon désert, dans mon silence,
Je ne vous aurais pas connu,
J'aurais pu vivre sans souffrance,
Le feu d'un coeur sans expérience,
Avec le temps se serait tu,
Quelqu'un aurait compris mon âme,
Je serais devenue sa femme,
Mère et modèle de vertu.

Un autre !... Non, personne au monde
N'aurait jamais reçu ma foi ;
C'est un décret des cieux qui grondent :
Ils ont tranché - je suis à toi !...
Ma vie entière fut un gage
De notre alliance dans l'amour -
Des dieux tu portes le message,
Gardien fidèle de mes jours.
C'est toi qui me venais en rêve,
Invisible et déjà chéri,
Tes yeux brûlaient dans mon esprit,
Ta voix me poursuivait sans trêve
Depuis longtemps... Rêver cela ?
Non, tu entras, j'en fus certaine,
Un froid brasier emplit mes veines,
Je lus dans l'âme : le voilà !
Eh quoi ? Ta voix m'est familière,
Tu me parlais, douce lumière,
Lorsque j'aidais les miséreux
Ou soulageais par la prière
Du coeur le trouble douloureux.
Et là, à la minute même,
N'est-ce pas toi, vision que j'aime,
Qui dans la transparente nuit
Viens effleurer ma chevelure,
Toi dont la voix aimante et pure
Ressuscite l'espoir enfui ?
Qui donc es-tu, es-tu un ange
Ou un démon au charme étrange :
Résous le doute qui me prend.
Peut-être tout cela est vide,
L'erreur d'un coeur encor candide !
Mon sort, peut-être, est différent...
Mais soit ! accepte mon offrande :
Mes jours sont tiens, si lourds qu'ils soient,
Je suis en larmes devant toi,
J'implore que tu me défendes...
Tu vois que je suis seule ici ;
Qui me comprends ici ? - personne ;
Je me languis, je déraisonne,
Et je dois donc me perdre ainsi.
Viens me chercher. J'attends. Ranime
D'un seul regard ce feu qui joue
Ou, par un blâme légitime,
Romps l'illusion d'un songe fou.

C'est fait. Je ferme cette lettre,
L'effroi, la honte au fond du coeur...
Mais mon garant est votre honneur,
J'ai foi en lui de tout mon être.
+ Lire la suite
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Nastasia-BNastasia-B03 mai 2013
Mais il est triste de se dire
Qu'on a gaspillé sa jeunesse,
Qu'on l'a trahie à chaque instant
Et qu'elle nous l'a bien rendu,
Que les meilleurs de nos désirs,
Que les plus pures rêveries
Sont allés à la pourriture
Comme les feuilles de l'automne.

Chapitre huitième, Strophe 11.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon15 janvier 2016
XXI

Mais fiez-vous plutôt aux femmes
Qu'à la famille ou l'amitié ;
Sur elles dans les pires flammes
Vous conservez vos droits entiers.
Pourtant - la mode vire, vole,
Souvent les femmes sont frivoles,
Duvet au vent, ces cœurs mignons
Craignent le flot de l'opinion ;
Puis, pour la vertueuse épouse
Les jugements de son époux
Sont respectables plus que tout ;
Si bien que votre amie jalouse
Change d'ami en un instant :
L'amour bouffonne avec Satan.


XXII

Qui donc aimer dans cette faune ?
Qui ne nous trahira jamais ?
Qui jugera selon notre aune
Obligeamment, sur ton sujet,
Sans calomnies sur notre compte,
En épargnant toujours nos hontes ?
A qui nos vices plaisent-ils ?
Qui nous paraît profond, subtil ?
Quêteur fiévreux d'un spectre blême,
Ne perdez pas vos vains efforts,
Lecteur que je respecte fort -
Aimez - vous savez qui ? - vous-même !
Carrière digne, on le conçoit :
Rien n'est aimable autant que soi.


Chapitre Quatrième
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Nastasia-BNastasia-B24 avril 2013
Les deux ennemis attendaient.
Ennemis ? Mais qui les oppose ?
Depuis quand ont-ils soif de sang ?
Ils avaient en commun naguère
Divertissements, table, affaires,
Pensées. Maintenant on dirait
Des ennemis héréditaires.
C'est comme un affreux cauchemar.
Chacun d'eux, sans le dire, pense
De sang-froid à la mort de l'autre.
S'ils pouvaient éclater de rire
Et se séparer bons amis
Avant que leurs mains ne soient rouges...
+ Lire la suite
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Vidéo de Alexandre Pouchkine
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