L'association Colères du présent, je cite la page de présentation de leur site web, "a pour but de promouvoir l'écriture et la littérature d'expression populaire et de critique sociale par l'organisation de manifestations culturelles et ainsi de contribuer à la la lutte contre l'exclusion sociale et culturelle."
Et organise notamment, chaque 1er mai, un salon du livre d'expression populaire et de critique sociale au coeur d'Arras.
Ainsi
Jean-Bernard Pouy avec sa verve habituelle rend hommage à la fois à l'association et à la manifestation en question dans ce roman où il imagine une édition du salon qui se termine par une insurrection de certains participants qui vont occuper le centre ville et notamment tout le quartier historique, barricadant les rues et réclamant de pouvoir mettre en place une commune libre (rien que ça).
Le lecteur suit essentiellement d'un côté le général Marc de La Villardeuse, chargé de gérer cette crise et de négocier avec les "rebelles" et de l'autre côté Henry Fonda (c'est un pseudo nous dit-on), Amila (le livre est dédié à
Jean Meckert) ou encore Zo, insurgés aux idées qui leurs sont propres, pas toujours d'accord entre eux.
En plus de cette espèce de rêve utopiste, sorte de coup de pied à l'état social, politique... actuels, Pouy réussit à mettre deux camps en conflit sans aucun raccourci qui verrait d'un côté les bons et de l'autre les méchants. Les militaires font leur boulot (et je dirais que les partisans gauchistes de tout poil ne font pas autre chose), obéissent à la hiérarchie et sont gentiment égratignés par l'auteur mais au même titre que chaque personnage.
Un roman très drôle, au bon goût de révolution en marche, avec des citations à chaque début de chapitre savoureuses.
Le genre de livres qui donnent à rêver, en un mot: salutaires.