Bertrand Benat revient en France à la suite du décès de sa mère. Un décès qui n'a rien de naturel et dont il va comprendre assez vite la raison ou le mobile, ce qui lui donne déjà de l'avance sur les enquêteurs officiels chargés de l'affaire.
Il décide de mener sa propre enquête, de chercher lui-même l'assassin de sa mère.
C'est un retour d'exil auquel on assiste, Benat s'était expatrié au Brésil et y vivait plutôt pas mal, satisfait, oublié de tous, ce à quoi il aspirait le plus.
Loin de sa famille, de sa mère et de sa s œur, qu'il avait fuies, loin du souvenir de son père, suicidé quelques années auparavant. Il revient donc pour se coltiner à son pays, à sa famille et au passé.
Car la vérité semble puiser sa source dans le passé, celui de son père en l'occurrence, celui que la famille s'était appliquée à oublier. La passion pour les films anciens, rares, les pellicules développées ou pas d' œuvres improbables, mystérieuses, méconnues, avait animé son paternel. Il avait été chasseur de ses raretés pour Langlois notamment, le légendaire fondateur de la cinémathèque française, pour lui aussi quand cela l'intéressait, le touchait plus.
Nous allons donc assister à cette quête qui va mener Benat d'un ancien à l'autre, qui va le voir se perdre, s'amocher un peu, pour l'unique besoin de savoir, de comprendre. Avant de repartir au Brésil.
On ne saura pas clairement pourquoi Benat est parti mais il ne le sait pas lui-même, sait-on toujours d'où nous viennent certaines envies ? Mais il n'évite pas véritablement ses propres démons, les images de son père, l'image qu'il en avait, cette petite s œur à qui il ne sait plus vraiment quoi dire ou comment.
Le cinéma était aussi politique avant la guerre, on croise quelques personnages de l'époque, artistes engagés ou non, révolutionnaires célèbres ou non. On croise quelques romanciers, les plus marquants étant Musil,
Stevenson ou
Hemingway. Il y a aussi un poète, Biga, qui accompagne le narrateur au cours de ses pérégrinations.
C'est un roman riche, noir, que j'ai lu sans effort et que j'ai fortement apprécié. Pouy sait susciter la curiosité sans en avoir l'air, curiosité pour l'intrigue, l'époque, l'envie de découvrir ce dont il parle, ce qu'il évoque en passant. On se dit en refermant ce livre que Pouy doit être de bonne compagnie et que ses livres le sont indéniablement puisqu'ils nous parlent de nous. - Jérôme Jukal
source : http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv944
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