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ISBN : 2266222414
Éditeur : Pocket (2012)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 71 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En Pologne, quelques années après la chute du communisme. Lorsqu’on retrouve le cadavre d’un homme dans la forêt qui entoure le petit bourg de Jadowia, Leszek, un ami de la famille du disparu, décide de faire la lumière sur cette affaire.
Il comprend vite que cet... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Saint-Luc, le 26 mai 2011

    Saint-Luc
    C'est dans le cadre du programme de découverte LIBLY / FURET DU NORD que j'ai reçu ce roman.
    Il ne faut sans dote jamais accorder trop d'importance à l'emballage d'un livre, encore moins à ce qu'on nomme le quatrième de couverture.
    Il serait dommage de s'arrêter au noir mat peu avenant de ce petit pavé (477 pages tout de même, merci Furet du nord, soit loué Libfly…), comme il serait navrant de commencer la lecture par le mot de l'éditeur : on y découvrirait que ce dernier fait état d'un avis d'un certain Roger.Jon Ellory, un romancier anglais qui, sans doute fâché d'avoir commis « Les anonymes » a justement décidé de sortir l'auteur, Charles T.Powers, de l'anonymat, geste sans conséquence fâcheuse puisque Powers est précisément mort après avoir écrit son unique roman.
    L'éditeur décrit ce bouquin comme « un roman d'une rare intensité, d'une puissance ahurissante… C'est un chef d'œuvre, de ceux qui marquent à jamais l'esprit de leur lecteurs ». Diable ! Il poursuit en évoquant « ce thriller hors normes, au style d'une beauté et d'une puissance rares (…) Un véritable chef d'œuvre du genre ». Peste ! Victor Hugo, Balzac, Lamartine ou Mallarmé n'ont qu'à bien se tenir, la concurrence rôde…
    Je déteste ce genre de pub prétentieuse, qui fait ressembler certains bouquins à la dernière trouvaille Mammouth du coin ou à l'invendu du Monoprix dont il faut coûte que coûte se débarrasser : c'est donc méchamment prévenu que j'abordai la lecture de ce gros livre.
    Si vous cherchiez un thriller, quoiqu'en pense l'éditeur, un policier classique, ou la résurrection du Sherlock Holmes de votre enfance, passez votre chemin : il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, écrit de plus à la première personne et au présent de l'indicatif, ce qui en rebutera plus d'un.
    Mais que ce roman noir en ait passionné certains est amplement justifié. L'auteur a passé cinq années en Pologne, à Varsovie, juste après la chute du mur : c'est ce qui fait la force de ce roman, qui nous livre un remarquable témoignage sur ces premières années de liberté postcommunistes. Témoignage qui a le grand mérite de l'authenticité : « c'était la puissance soviétique qui nous avait délivrés de Hitler, qui avait lancé Gagarine dans l'espace et qui ensuite nous avait soumis à un joug d'une injustice flagrante. La première partie, nous l'avions apprise à l'école ; la seconde, autour de la table du dîner »
    Charles T.Powers était-il ce qu'on nomme habituellement un bon vivant ? Abordant la cinquantaine lorsqu'il écrit ce roman, n'était-il pas déjà fatigué, ainsi que l'un de ses personnages, auquel il prête ce propos ô combien altruiste et dont l'optimisme ne vous échappera pas « C'est ça, non ? le sens de la vie, ce à quoi tout se résume au bout du compte. Tes quatre murs, ton petit feu. Toi ». le prêtre du village, quant à lui, se fait ornithologue par dépit « Au fond, les corbeaux l'intéressaient beaucoup plus que les humains de Jadowia. Il savait que c'était mal, il en avait honte, mais enfin c'était la réalité de ses sentiments, et il s'y résignait, comme devant la vieillesse »
    Ce roman, il faut le lire comme on lirait un reportage de Life ou du Los Angeles Times, dernier titre auquel collabora ce journaliste tenté à raison par l'écriture : un reportage truffé d'anecdotes qui sentent le vécu ; ses cinq années polonaises l'ont semble-t-il marqué à jamais. Tel un Bob l'éponge au pays des isbas, Powers sait nous restituer un climat particulier, humide, pauvre, malsain, des vies faites de sacrifices, de petites lâchetés et de privations, une société qui crève, tant de vide que d'habitudes qui ne veulent pas passer.
    Si tous les reportages pouvaient être aussi bien écrits que celui-ci, les news magazines regorgeraient de nouveaux abonnements : le style d'écriture s'adapte parfaitement au contexte et la traduction de ce pavé américain est tout à fait remarquable. Les grands traducteurs ne sont pas légion : il est ainsi juste et bien mérité de saluer Clément Baude comme il se doit.
    Un très bon roman d'atmosphère, un reportage édifiant sur un pays qui ne veut pas crever, une peinture au style sculpté et vif d'êtres ordinaires et moribonds, le rendu d'une Pologne marquée par un destin souvent funeste, presque toujours misérable :
    «-Deux tracteurs. Tous neufs. Tout de suite, je veux dire. Ils sont à toi la semaine prochaine. En échange, je veux que tu me donnes huit tonnes de ciment.
    -Et où est-ce que je trouve huit tonnes de ciment ?
    -Je ne sais pas. Emprunte-les. C'est ton problème. Tu veux des tracteurs, moi j'ai besoin de ciment. »
    Saint-Luc / 26 mai 2011
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 30 décembre 2011

    caro64
    Nous sommes prévenus par le narrateur lui-même ; il ne s'agit pas d'un roman policier habituel. Ici, pas de coupable, pas d'étranges coïncidences, pas de héros aux capacités physiques ou intellectuelles hors du commun...
    
L'action se situe à Jadowia, petit village polonais à peine sorti du communisme. le meurtre d'un jeune homme, ami du personnage principal, Leszek, va secouer ses habitants et agir tel un révélateur sur les secrets du bourg. du plus anodin adultère aux lourds souvenirs de la seconde guerre mondiale, en passant par les magouilles de certains bureaucrates véreux ; chaque personnage de ce roman polyphonique en sortira changé. 

    Ce n'est donc pas un thriller mais un roman noir au suspens subtilement distillé, très prenant où tout se croise. Un roman très riche, pas manichéen, qui traite du devoir de mémoire, du deuil et du pardon avec une grande justesse et une profonde humanité. Un roman dans lequel Histoire et suspens se conjuguent à merveille.
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    • Livres 3.00/5
    Par oops, le 14 août 2012

    oops
    Dans un village de Pologne à quelques kilomètres de Varsovie, fin des années 80, juste après la chute du communisme, un habitant du village découvre le cadavre du jeune Tomek Powierza . C'était un jeune homme du village parti quelques semaines plus tôt pour faire du « business » ne voulant pas finir paysan comme son père. Il était l'ami d'enfance et le voisin de Leszek, un des narrateurs également fils de paysan qui a repris sans réelles ambitions la ferme de son père décédé. Leszek vit avec son grand-père âgé de 74 ans, soldat pendant la Seconde Guerre mondiale et sa mère. Comme la police incarnée par un homme négligent à la solde de l'ancien maire communiste ne semble pas chercher le ou les coupables. Leszek et le père de Tomek fouillent dans le passé ténébreux de ce village pour comprendre pourquoi ce jeune homme a été sauvagement tué. Plusieurs voix alternent et révèlent l'histoire de ce village « Jadowia » habité par une communauté juive jusque dans les années 40 et dont on a fait disparaître toutes traces ! Au travers des différents protagonistes c'est aussi l'histoire de la Pologne, qui nous est raconté, ce pays pris en étau entre l'Allemagne et la Russie, occupé par les nazis puis sous l'emprise du parti communiste ou la corruption et la délation règnent. L'auteur sous forme de roman noir nous parle d'un pays qu'il a beaucoup côtoyé dans le cadre de son travail de journaliste, on est frappé par le côté sombre, englué, pesant dans lequel les villageois se réfugient pour ne surtout pas se souvenir. Un récit subtil empreint d'une certaine poésie ou le devoir de mémoire prend une grande part.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 15 octobre 2011

    sylvaine
    Pologne dans les années 1990/2000, le communisme étatique est tombé remplacé par .....
    Jadowia petite ville de l'ouest de la Pologne ,pas très loin de la frontière russe, entourée de forêts denses où ont eu lieu de très nombreux combats pendant la dernière guerre entre allemands ,russes ,résistants polonais.
    L'histoire nous est racontée par Jeszek jeune homme fermier fier de l'être et voulant le rester.Il a repris la ferme après la mort de son père et y est resté avec son grand-père ,ancien résistant maquisard , et sa mère.
    Tout son univers va basculer avec la mort de Tomek ,son voisin ,copain d'école ,assassiné sans doute mélé à de sombres trafics .
    Va alors commencé pour Jeszek le début d'une enquête dans sa ville puis à Varsovie ,de vieilles histoires enfouies dans les mémoires vont resurgir
    Charles T Powers nous fait alors découvrir la vie de toutes ces familles , des anciens hommes de pouvoir et d'influence qui ont fait leur loi pendant des années , le rôle de l'église catholique et surtout le silence sur ces millions de juifs polonais déportés à quelques km de là ...
    Un livre fascinant , à l'écriture sobre mais puissante ( merci au traducteur) qui ne peut laisser indemne , delà à parler de thriller il y a un pas que je ne franchirais pas .
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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 23 février 2012

    Apikrus
    En Pologne, quelques années après la chute du communisme, le cadavre d'un jeune homme du village de Jadowia est retrouvé par hasard. L'ambiance au village est tendue, pas seulement à cause de ce décès brutal mais aussi parce que divers règlements de comptes semblent s'y préparer... Les anciens notables adoubés par le Parti Communiste doivent en effet rendre compte de leurs actes passés, et des magouilles qu'ils continuent à mettre en oeuvre. Mais ils restent forts de leur expérience, de leurs réseaux et de leur absence de scrupules.
    Des personnes aux motivations diverses cherchent à en savoir plus sur les circonstances de la mort du jeune homme et sur les activités troubles des uns et des autres, notamment le jeune Leszek, le narrateur.
    L'alternance du récit de chacune de ces enquêtes et la façon dont celles-ci s'imbriquent les unes avec les autres ainsi qu'à la vie passée et présente d'habitants du village crée un suspense croissant. le roman se penche aussi de manière intéressante sur L Histoire dramatique de la Pologne, notamment sur l'épisode de la seconde guerre mondiale. le tout est raconté dans un style agréable et sans manichéisme : les personnages sont entiers, ils ne sont ni des héros parfaits, ni de parfaits salauds. C'est donc aussi l'occasion de questionnements intéressants sur la nature humaine et ses faiblesses.
    Un très bon thriller, comme souvent aux éditions Sonatine.
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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 14 septembre 2011
    Tout en ménageant la précision journalistique, l'auteur est porté par une écriture poétique et réussit à décrire les ambiguïtés de la vie collective sans imposer une morale réductrice.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Lucide et honnête, plus qu'un roman noir, c'est un grand roman gris.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par ELINNA, le 30 octobre 2012

    Il se rendit compte que tout avait déjà été pillé. Des poutres déplacées, des traces de pas. Pour y trouver quoi ? Il savait, maintenant : de l'or. Ils cherchaient de l'or. Ils étaient fous, perdus par leurs superstitions, leurs légendes, leurs jalousie, leur inextinguible cupidité. De l'or ! Les gens vendaient des casseroles et des poêles, travaillaient jour et nuit, habillaient leurs enfants de haillons, gagnaient leur vie en réparant des souliers, raccommodaient de vieux habits, nourrissaient leurs familles de soupe aux choux... et les autres les soupçonnaient de cacher de l'or ! Ils avaient brûlé le temple pour le trouver, ou regardé avidement d'autres le faire, puis ils avaient passé au peigne fin les cendres à la recherche de morceaux fondus, emportant dans leurs mains noirs des bouts de laiton, traînant derrière eux du bois encore intact pour faire du feu.
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  • Par BMR, le 10 juin 2012

    [...] - La pompe que j'ai réparée chez vous l'été dernier, elle marche bien ?
    - Oui, merci.
    - Bien. Je me demandais ... Est-ce que vous avez discuté avec Karol, le vétérinaire ?
    - Non. Pourquoi ?
    - Je l'ai entendu dire des choses l'autre jour.
    - Quoi donc ?
    - Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Comme quoi lui aussi aurait entendu certaines choses. Il voit du monde, vous savez. Il est intelligent, malgré son penchant pour la bouteille. Très intelligent. Certains hommes intelligents sont comme ça. Surtout dans un village comme le nôtre. C'est leur manière de survivre.
    - D'accord, Andrzej. Qu'est-ce qu'il a dit ?
    - Je n'en suis pas sûr, mais il a parlé de camions. Des camions russes, peut-être.
    - Oui ?
    - Quelqu'un les voit régulièrement, ces camions. Je ne sais pas quand. Mais quelqu'un les a vus, peut-être plusieurs fois, sur l'ancienne route de la carrière, près de la distillerie. La nuit, je crois me souvenir. Enfin, vous connaissez Karol ... Parfois c'est difficile de le comprendre. N'empêche qu'il entend des choses.
    - La route de la carrière ? Mais il n'y a rien, là-bas, si ?
    Il s'agissait d'une petite carrière, qui fournissait autrefois du gravier pour les routes. Elle était désaffectée depuis vingt ans.
    - Il y a la distillerie pas loin.
    - La distillerie ?
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  • Par luocine, le 25 janvier 2012

    Parce qu'ils (les Polonais) survivent et que le reste de la planète ne se montre pas assez compatissant avec eux. Parce qu'ils ne sont pas considérés comme des victimes. Ils ont l'impression qu'on leur a vole ça. Les Polonais sont toujours la. Pas les juifs. Dis-moi un peu, qu'est ce qui rend la Pologne célèbre dans le monde?"
    J'essayais de comprendre où il voulait en venir.
    " Copernic? Répondit-il? Lech Walesa?
    - le pape, fis-je
    - ach ! dit-il avec une grimace. D'accord le pape. Et quoi d'autre?
    Je n'avais aucune réponse.
    "Auschwitz: voilà. Auschwitz, Treblinka, Sobibor.6 millions de juifs sont morts et le monde entier pense qu'ils sont tous morts en Pologne.
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  • Par Aifelle, le 10 janvier 2012

    "Répondez-moi : est-ce que vous avez l'impression qu'ils manquent aux villageois ? Est-ce que vous voyez le moindre signe ne serait-ce que de leur présence ici jadis ? La trace de ceux qui ont construit ces maisons ? Est-ce que vous entendez les vieux parler du challah de Klemsztein, le boulanger ? Du calme des rues les vendredis après-midi ? Est-ce que vous les entendez raconter qu'il y avait autrefois un homme dans le village qui savait réparer les souliers ? Ou raccommoder les manteaux ? Vous avez vu des plaques pour ces gens-là ? Un pierre posée à l'endroit où reposent leurs morts ?"

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  • Par luocine, le 25 janvier 2012

    La faux coupait et envoyait le foin d'une manière qui lui convenait beaucoup mieux - plus lentement, certes, mais si le travail était bien fait, le foin, projeté par vagues irrégulières, séchait plus uniformément, comme son père et son grand-père le lui avaient appris. Pour lui, les vieilles méthodes étaient en harmonie avec les saisons, le soleil, le climat. Il savait qu'elles étaient moins efficaces ; mais elles avaient un avantage : elles étaient solitaires.
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En mémoire de la forêt / Charles T. Powers .
« Un roman d?une rare intensité, d?une puissance ahurissante, aussi bien sur le fond que sur la forme. Ce livre extraordinaire restera hélas, mille fois hélas, le seul ouvrage de son auteur, mais c?est un chef-d?oeuvre, et en tant que tel, je suis sûr qu?il marquera durablement l?esprit de ses lecteurs. Il le mérite. » R. J. Elloryhttp://www.sonatine-editions.fr/En-memoire-de-la-foret








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