> Nicolas Richard (Traducteur)

ISBN : 2264041447
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux Etats-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley. Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musiq... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par keisha, le 10 décembre 2008

    keisha
    Pâques 1939. Les Filles de la Révolution Américaine ont refusé à Marian Anderson, "la plus grande contralto du pays, récemment revenue d'une tournée triomphale en Europe", le droit de chanter à Washington au Constitution Hall. Eleanor Roosevelt démissionne de ce groupe et crée un comité de protestation. Finalement 75 000 personnes assisteront au concert en plein air donné au pied du Mémorial Lincoln.

    Parmi elles, David Strom, physicien juif allemand qui vient d'émiger aux Etats Unis, et Délia Daley, jeune femme noire qui envisage de faire du chant sa carrière. C'est le début de leur belle histoire d'amour.
    Un dicton juif dit " L'oiseau et le poisson peuvent tomber amoureux. Mais où vont-ils construire leur nid ?"
    David et Délia se marient. A l'époque, dans cettains états américains, c'est un crime. Là où ils résident, c'est mal accepté et le quotidien de Délia est dur, très dur.
    "Elle aimerait marcher dans la rue avec son mari sans avoir à jouer la domestique. Elle aimerait pouvoir lui prendre le bras en public. Elle aimerait qu'ils puissent aller au cinéma ensemble, ou aller dîner quelque part, sans se faire expulser comme des malotrus. Elle aimerait pouvoir asseoir son bébé sur ses épaules, l'emmener faire les course sans pour autant que tout le magasin en soit pétrifié."
    Ils élèvent leur trois enfants dans un bain de musique, de science (ah la relativité!) et d'amour, tentant l'expérience de ne pas vouloir leur coller une étiquette. le monde extérieur s'en chargera quand même.
    L'aîné, Jonah, est très très doué pour le chant. Il aura une carrière internationale, Joseph sera longtemps dans l'ombre de son frère et Ruth se rebellera contre sa famille.
    Au travers de ce gros livre Richard Powers brosse le portrait des Etats Unis au cours du dernier siècle, parlant de façon extraordinaire de la musique et du racisme, et des tiraillements de Jonah, Joseph et Ruth entre deux "couleurs".

    Que dire ? Extraordinaire ! Ce livre m'a captivée de bout en bout. Richard Powers décrit magnifiquement la musique (toutes les sortes de musique, pas seulement la classique blanche européenne) et son effet sur les chanteurs et auditeurs.
    "Des huit vives mesures, la voix de soprano s'élève, comme un crocus poussé dans la nuit sur un gazon encore frappé parl'hiver; L'air progresse de la manière la plus simple : un do stable rentre sur le temps faible, tandis que le temps fort se rétablit sur le ré instable de la gamme. A partir de cette impulsion légère, le morceau se met en mouvement, jusqu'à se chevaucher lui-même, se livrant à une sorte de catch à quatre avec son propre double alto. Puis, en une improvisation commandée par la partition, les deux lignes de chant se replient sur le même inévitable sentier de surprise, moucheté de taches mineures et d'une lumière soudain vive. Les lignes imbriquées l'une dans l'autre débordent de leur lit pour donner naissance aux suivantes, la joie l'emporte, l'ingénuité se répand partout. "

    Un beau moment de lecture, un grand bonheur ; j'ai été portée, soulevée par cette histoire !

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-23927524.html
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  • Par petitepom, le 29 janvier 2011

    petitepom
    Voila un livre qui fut longtemps dans ma PAL, son épaisseur a de quoi impressionner, il fait parti de ses livres comme « Ambiguïté » et « le prince des marée » qui sont des chef œuvres mais qui ne se lit pas facilement et pas d'une traite pour ma part. En effet, afin d'arriver au bout de tel livre, je me donne des objectifs, tout les lundis, je lisais 150 à 200 pages et de lundi en lundi, je suis arrivée au bout ; mais je l'avoue, certains paragraphes longs et trop descriptifs ont été lu en travers, je me suis permis de sauter quelques lignes.
    L'histoire est celle de deux garçons de couleur qui veulent s'imposer dans la musique classique. Nous sommes dans les années 60, les noirs américains vont du Jazz et du blues, époque où Elvis Presley chante du rock (une musique dérivé du blues, musique d'origine noir). La révolution musicale est en marche mais cela ne se fait pas sans affrontement.
    Certains chapitres nous ramène en arrière, nous assistons à la rencontre de ses parents, la mère est noire et le père est un Allemand juif qui a fuit la guerre en Europe, là encore, il ne sera pas facile de se faire accepter.
    Ce livre est rempli de belles histoires, à travers cette famille, sur la tolérance raciale en cette fin de XX° siècle, sous fond musical et quelque fois mathématique. Ce qui fait la difficulté de ce roman sont ces passages sur la musique et parfois les dialogues du père sur la relativité du temps qui est son travail en tant que professeur.
    La relation entre les deux frères est très forte avec un dominant, Jonah, le chanteur ; Joseph, son frère est le narrateur, et spectateur admiratif de son frère. L'actualité raciale vient entacher leur relation et ceux qu'ils ont avec leur sœur, qui deviendra une militant des droits civiques.
    Ce livre est très riche du point vu de l'histoire, c'est dommage que de trop longs paragraphes viennent l'alourdir.
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    • Livres 5.00/5
    Par summerday, le 14 mai 2012

    summerday
    Je suis tombée amoureuse de cette histoire que j'ai trouvé bouleversante et divinement écrite. C'est l'histoire d'un homme juif immigré à New York, qui épouse une femme noire. Lui, physicien brillant qui se passionne pour la musique rencontre cette chanteuse talentueuse et ils donneront naissance à trois enfants métis qui ne vivront que par et pour la musique, avant de prendre des chemins divergents. L'histoire d'une famille peu ordinaire sur plusieurs décennies, racontée avec beauté et intelligence. C'est un roman de passion. Celle de l'amour pour la musique surtout, celle de l'amour de cette famille. Un chef-d'œuvre qui brasse des questions graves comme la couleur, l'appartenance, la foi, le courage.
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    • Livres 4.00/5
    Par vanillabricot, le 29 juillet 2008

    vanillabricot
    Un Pavé! J'avais demandé à maman de m'amener de gros livres (vu la vitesse à laquelle je lis en ce moment) et ben celui là il est gros! Et bien!
    Difficile d'expliquer l'histoire parcequ'elle n'est pas chronologique. Mais on découvre la vie d'une famille sur plusieurs génération. Une famille mixte, ya du blanc, du noir, du café au lait, du juif.
    Une famille se démenant dans un contexte de ségrégation raciale et de lutte des noirs américains pour leurs droits.
    Une famille qui est elle même déchirée par ses couleurs ou ses "non-couleurs"
    Une famille aussi qui vit à travers la musique et le chant.
    C'est bien écrit. Les personnages sonnent vrais et singuliers. La musique est belle (sisi!!) même si un peu trop présente pour moi (de longs passages musicaux)
    La narration n'est pas chronologique et pourtant ça s'achève sur un beau sentiment d'harmonie, la boucle est bouclée. Un peu comme l'histoire de Pi, c'est "une histoire qui vous fera croire au destin", je ne vous en dis pas plus....
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    • Livres 4.00/5
    Par Salihaadultes, le 23 août 2010

    Salihaadultes
    Mes amies me tannaient depuis longtemps pour que je lise ce livre... bien m'en a pris, ce livre incroyable et improbable met en scène un couple lui est juif allemand réfugié aux States juste avant que débute la seconde guerre mondiale, elle est noire. Ils s'aiment et aiment la musique et le chant classique. Ils auront 3 enfants tous doués pour le chant et la musique, ils essayent de créer pour leurs enfants une éducation au dessus des races. le narrateur est le 2e fils, il sera pianiste et suivra son frère aîné dans sa carrière de ténor, ils vivront comme des Blancs. Leur soeur a choisi son camp, elle milite au sein du mouvement des droits civiques. Leur vie sera globalement un gâchis incapable de se dépêtrer dans ce monde régi par la couleur de peau. Sinon attention chef d'oeuvre, l'auteur qui doit sûrement être un musicien nous parle avec talent et profusion de musique classique et d'opéras pendant des pages et des pages sans nous lasser et même si parfois on ne comprend pas nécessairement ces discours musicaux on se laisse emporter dans cet amour de la musique et on se laisse aller à ce bonheur de livre !!!
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Citations et extraits

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  • Par keisha, le 10 décembre 2008

    "Des huit vives mesures, la voix de soprano s'élève, comme un crocus poussé dans la nuit sur un gazon encore frappé parl'hiver; L'air progresse de la manière la plus simple : un do stable rentre sur le temps faible, tandis que le temps fort se rétablit sur le ré instable de la gamme. A partir de cette impulsion légère, le morceau se met en mouvement, jusqu'à se chevaucher lui-même, se livrant à une sorte de catch à quatre avec son propre double alto. Puis, en une improvisation commandée par la partition, les deux lignes de chant se replient sur le même inévitable sentier de surprise, moucheté de taches mineures et d'une lumière soudain vive. Les lignes imbriquées l'une dans l'autre débordent de leur lit pour donner naissance aux suivantes, la joie l'emporte, l'ingénuité se répand partout. "
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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    Part One
    Cranes keep landing as night falls. Ribbons of them roll down, slack against the sky. They float in from all compass points, in kettles of a dozen, dropping with the dusk. Scores of Grus canadensis settle on the thawing river. They gather on the island flats, grazing, beating their wings, trumpeting: the advance wave of a mass evacuation. More birds land by the minute, the air red with calls.
    A neck stretches long; legs drape behind. Wings curl forward, the length of a man. Spread like fingers, primaries tip the bird into the wind’s plane. The blood-red head bows and the wings sweep together, a cloaked priest giving benediction. Tail cups and belly buckles, surprised by the upsurge of ground. Legs kick out, their backward knees flapping like broken landing gear. Another bird plummets and stumbles forward, fighting for a spot in the packed staging ground along those few miles of water still clear and wide enough to pass as safe.
    Twilight comes early, as it will for a few more weeks. The sky, ice blue through the encroaching willows and cottonwoods, flares up, a brief rose, before collapsing to indigo. Late February on the Platte, and the night’s chill haze hangs over this river, frosting the stubble from last fall that still fills the bordering fields. The nervous birds, tall as children, crowd together wing by wing on this stretch of river, one that they’ve learned to find by memory.
    They converge on the river at winter’s end as they have for eons, carpeting the wetlands. In this light, something saurian still clings to them: the oldest flying things on earth, one stutter-step away from pterodactyls. As darkness falls for real, it’s a beginner’s world again, the same evening as that day sixty million years ago when this migration began.
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  • Par bibliophage, le 13 janvier 2009

    Mais je vois la foi qui subsiste encore dans les replis de ses paupières : les temps - passé, présent, futur - sont une illusion bornée. Aucun élément de ce trio impie ne possède d'existence mathématique distincte. Le passé et le futur se trouvent tous deux repliés dans cette fausse piste qu'est le présent. Ce sont juste trois coupes différentes tranchées dans la même carte.
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  • Par jouanfranc, le 07 février 2012

    Elle était très noire. D'un noir tellement noir qu'il n'a rien à voir avec ses mulets de fils. D'un noir imposé, d'un noir comme un refuge. Noire par la mémoire et noire par l'invention. Chaque jour sur la défensive, à esquiver avec le sourire. Le fruit de vingt générations de violence intégrée, à ployer sous les coups, même quand on croyait ne pas ployer. Pas une journée ne se passait sans qu'elle ait à ravaler sa salive, sans qu'elle soit obligée de se remémorer ce joyau intérieur qui la protégeait. Et pourtant, elle était claire de peau, de chevelure, de traits, d'aspect extérieur... comme sa fille métis qui se déteste de n'être pas plus simple.
    "Noire, Ruth. Elle était noire.
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  • Par bibliophage, le 13 janvier 2009

    Elle était très noire. D'un noir tellement noir qu'il n'a rien à voir avec la couleur de ses mulets de fils. D'un noir imposé, d'un noir comme un refuge. Noire par la mémoire et noire par l'invention. Chaque jour sur la défensive, à esquiver avec le sourire. Le fruit de vingt générations de violence intégrée, à ployer sous les coups, même quand on croyait ne pas ployer. Pas une journée ne passait sans qu'elle ait à ravaler sa salive, sans qu'elle soit obligée de se remémorer ce joyau intérieur qui la protégeait. Et pourtant, elle était claire de peau, de chevelure, de traits, d'aspect extérieur... comme sa fille métis qui se déteste de n'être pas plus simple.
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Vidéo de Richard Powers

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Richard Powers Le périple de François Busnel commence dans le New Jersey avec Joyce Carol Oates puis va se poursuivre à travers les Grandes Plaines avec en toile de fond ce mythe américain toujours vivace : se réinventer encore et toujours. La liste est longue de noms qui évoquent la conquête de l'Ouest, les règlements de comptes entre desperados, les batailles rangées opposant tuniques bleues et Indiens, les massacres des populations indigènes... Avec les écrivains Joyce Carol Oates, Elmore Leonard, Laura Kasischke, Michael Collins, Dan Chaon, Richard Powers et Louise Hendricks...








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