> Jean-Yves Pellegrin (Traducteur)

ISBN : 2749102278
Éditeur : Le Cherche midi (2004)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Tout commence par une photo désormais célèbre : celle de trois fermiers sur une route de campagne, prise par August Sander à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourquoi cette photo obsède-t-elle tant le narrateur, depuis qu'il l'a vue par hasard dans un musée de ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 16 octobre 2008

    Woland
    Three farmers on their way to a dance
    Traduction : Jean-Yves Pellegrin
    Richard Powers a eu l'idée de répartir son intrigue sur trois plans. D'où les longueurs et l'impression parfois poussive de ce roman constituant par ailleurs une réflexion des plus intéressantes sur l'Histoire et son implication dans la vie des particuliers.
    Le premier plan, par lequel débute le roman, est le point de vue du narrateur. Celui-ci, en escale à Detroit entre deux trains, se rend à l'Institut d'Art moderne de la ville où il contemple, dans toute sa gloire, la fresque impérissable commandée par Henry Ford à Diego Rivera. Alors qu'il s'en revient vers la sortie, son regard tombe sur une photo, celle de trois jeunes Européens sur leur trente-et-un et fixant l'objectif par un jour de mai 1914.
    Pour on ne sait trop quelles raisons précises - mais on se doute que le phénomène est relié au "portrait" de Detroit peint par Rivera et à celui d'Henry Ford lui-même, s'affichant dans un coin de l'oeuvre du grand peintre mexicain avec, sur le visage, comme Powers prend bien garde de le spécifier, une expression "de bienveillance et de cupidité." Désormais, le narrateur n'aura de cesse de retrouver les personnages de la photo et, à défaut de les retrouver réellement dans les archives conservées, de recréer leur histoire, indissolublement liée à l'intense accélération technologique qui, en bien comme en mal, a marqué le XXème siècle.
    Le deuxième plan nous plonge directement dans la photographie elle-même, ou plutôt dans cet après-midi de mai 1914 où les trois jeunes gens rencontrent sur une route du Westerwald, dans le Limbourg, le photographe August Sander, lequel, en fixant leur image sur la pellicule et en leur remettant une épreuve de ses tirages, va si bien leur permettre de survivre à la tempête de l'Histoire qu'il y aura un jour, à l'aube du XXIème siècle, un écrivain américain désireux d'improviser à leur sujet un touffu pavé de plus de cinq cents pages.
    En les suivant dans leurs pérégrinations au-delà de cet après-midi de mai, nous en verrons disparaître deux, avalés et digérés par le conflit. le dernier - le personnage central de la photo d'ailleurs - qui est aussi le plus cynique, le plus amoral, finira par nous mener à Henry Ford.
    Quant au troisième plan, il nous ramène justement à l'époque contemporaine, où Peter Mays, rédacteur technique pour une revue traitant surtout d'informatique, est fasciné par la silhouette anachronique d'une jeune femme rousse, habillée comme on l'était dans les années 1910 et brandissant, semble-t-il, une clarinette, qu'il distingue sur un char du défilé organisé à New-York pour célébrer les anciens combattants de la Grande guerre.
    Littéralement obsédé par la chevelure rousse de la dame, Mays va mettre tout en oeuvre pour la retrouver et sa recherche aboutira, elle aussi, à Henry Ford tout en lui révélant, de façon inattendue, beaucoup de choses sur sa propre famille.
    Bien qu'un peu lente, la mécanique se révèle solide et suit un tracé d'une logique convaincante. Les moments où Powers - qui, soit-dit en passant, fait preuve d'une connaissance de l'Europe bien rare chez un auteur américain - détaille l'Histoire de la Grande guerre et l'assortit d'une réflexion passionnante sur le développement des différentes technologies modernes, sont ceux que j'ai préférés. En effet, aucun des personnages ne m'a vraiment "accrochée." Pour moi, ils sont là pour la démonstration de l'auteur et rien de plus. Peter Schreck m'a même paru très antipathique.
    Un premier roman qui, malgré sa lourdeur et ses maladresses perceptibles, donne envie de lire autre chose de Richard Powers - un premier roman qui, par conséquent, a fait son travail mais que je ne pense pas relire jamais. ;o)
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 18 octobre 2008

    sentinelle
    Richard Powers est un auteur à succès reconnu par la critique comme un des écrivains les plus originaux de la génération après guerre. Il a notamment été cité par le magazine Esquire comme l'un des trois plus grands écrivains de la décennie, aux côtés de Martin Amis et Don Lillo. Trois romans ont été traduits à ce jour : « Trois fermiers s'en vont au bal », « Le temps où nous chantions » et « La chambre aux échos », couronné par le National Book Adward, l'une des plus importantes distinctions littéraires américaines.
    Trois histoires dans un même roman, un seul point commun : une photo du célèbre photographe August Sander, portraitiste professionnel allemand dont l'ambition était d'établir une sorte de cartographie de l'homme du XXe siècle. le cliché en question, repris sur la couverture du roman, est celui de trois jeunes fermiers endimanchés s'en allant au bal du 1e mai, immortalisés par Sander en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale.
    Le narrateur, de passage à Détroit, profite de ses quelques heures de transit disponibles pour aller visiter le Détroit Institut of Arts, un des plus grands musées des États-Unis. Il y découvre cette photo qui deviendra une véritable obsession : qui sont ces fermiers ? Qu'est-il advenu de ces trois jeunes hommes pris en photo la veille de la Grande Guerre ?
    A Boston, Peter Mays, journaliste pour magazine informatique, découvre par un curieux hasard de circonstance une vieille photo jaunie de Henri Ford accompagné d'un jeune homme qui lui ressemble étrangement.
    Pendant ce temps, de l'Europe dévastée par la guerre 14-18, nous suivons les pérégrinations de trois jeunes fermiers emportés dans le tourbillon de l'histoire.
    Les éléments étant posés, Richard Powers nous invite à une grande saga familiale et historique de l'Europe dévastée par la Grande Guerre à l'Amérique contemporaine, en passant par quelques personnages illustres tels qu'August Sander mais également Henri Ford ou Sarah Bernhardt. Destins qui se croisent, mémoires, réminiscences et résonances du passé, échos dans le présent, les pièces du puzzle commencent à se mettre en place à mi-parcours du récit.
    Que penser de ce roman foisonnant ? Je suis assez indécise, il y a du bon et du moins bon, l'auteur m'interpelle par son érudition mais j'ai parfois eu l'impression d'être un peu hors piste, n'étant pas toujours certaine d'emprunter le bon chemin vers lequel l'auteur tentait de me mener. Les cents premières pages sont particulièrement touffues et denses, il faut s'accrocher pour ne pas se perdre en cours de route, mais les choses se tassent progressivement pour prendre un rythme de croisière plus mesuré. Je ne peux pas m'empêcher de considérer ce genre de roman clinquant et un peu tape à l'œil, contenant parfois des digressions un chouia ampoulées qui ont fait qu'il m'est arrivé de survoler quelques passages un peu trop hermétiques et pédants à mon goût. Beaucoup d'érudition et de cérébralité pour peu d'émotions en fin de compte. Néanmoins, je n'oublie pas non plus qu'il s'agit d'un premier roman ambitieux et original au sujet assez casse gueule, raison pour laquelle je ne m'arrêterais pas à ce roman. D'autant plus qu'on se sent plus intelligent après qu'avant ! A suivre donc, mais pas tout de suite, histoire de se donner du temps pour digérer un peu tout ça…

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-23857349.html
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    On trouve déjà dans ce premier roman certaines des marottes de Richard Powers qui ont fait la force du Temps où nous chantions : un récit foisonnant où se croisent personnages réels et imaginés, des destins éclatés dans le temps mais liés les uns aux autres d'une manière ou d'une autre, des réflexions philosophiques à propos des conséquences de l'Histoire sur les destins personnels, ou des effets des avancées technologiques et scientifiques sur l'humanité (les épigraphes placées en exergue de chaque chapitre sont de précieuses indications).
    Par exemple, la formule de Charles Péguy qui veut que "« le monde avait davantage changé en trente ans que depuis la mort de Jésus-Christ »", ou le principe d'incertitude du physicien Werner Heisenberg selon lequel il est impossible d'étudier quoi que ce soit ou qui que ce soit sans que le chercheur influe sur ce qu'il observe, sont prétextes à des digressions qui m'ont passionné.
    De même, l'irruption de figures historiques dans le cours du récit donne lieu à des développements biographiques et historiques très riches, notamment sur August Sander, l'avénement de la photographie et son influence sur une nouvelle conception de l'art, Henry Ford et l'épisode du Bateau pour la paix, Sarah Bernhardt et sa carrière exceptionnelle…
    Dans Trois fermiers s'en vont au bal, le style de Powers est déjà bien marqué. J'y ai retrouvé ce même plaisir, avec en plus, une pointe d'ironie que je n'avais pas décelée dans Le temps où nous chantions.
    Alors, Trois fermiers s'en vont au bal, nouveau chef d'œuvre à placer aux côtés du Temps où nous chantions ? Il s'en est fallu de peu pourtant, mais Trois fermiers s'en vont au bal souffre d'un grave défaut : un récit souvent flou qui rend la lecture fastidieuse, surtout dans le premier tiers du roman (peut-être est-il plus fluide quand on le lit d'une traite ?).
    On a beau passer régulièrement d'un destin à l'autre à chaque chapitre, j'ai eu vite fait de m'y perdre dans les personnages, d'autant que plusieurs portent un prénom identique ou que d'autres ont un arbre généalogique tortueux, difficile à suivre. J'ai eu un mal fou à m'immerger dans le récit et j'ai décroché plusieurs fois. Toutefois, une fois le roman bien entamé, j'ai réussi à trouver mon rythme de croisière et à profiter pleinement de ma lecture. Même l'histoire qui se déroule dans la rédaction du magazine de Boston, qui m'était la plus pénible, a fini par m'emporter.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Trois%20fermiers%20s%27en%20..
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    • Livres 5.00/5
    Par ljodoin, le 26 juillet 2011

    ljodoin
    Le premier roman de Powers. Un regard américain sur l'aventure de l'Europe (première guerre mondiale. ). Polyphonie. Lien à faire avec l'oeuvre de Kundera, sa manière : utilisation des thèmes, de la variation et témoignage sur les paradoxes terminaux
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Citations et extraits

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  • Par SPQR, le 28 mai 2008

    "Parmi les opposants, quelques esprits moins échauffés savaient que la destruction d'une oeuvre ambigue rend celle-ci résolument subversive, tandis qu'une fresque ambitieuse et pleine d'effervescence signe son propre arrêt de mort. Laissée en l'état, elle daterait de plus en plus chaque année, s'adresserait à un public de moins en moins intéressé jusqu'au jour où, les racines de la civilisation toujours intactes, elle passerait un cap magique pour devenir cette chose tout à fait inoffensive, qui entre même dans le patrimoine commun : un artefact historique.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    L’hiver venu, je reçus ma première augmentation, d’environ 2,5 %. Associée à une inflation de 14 %, celle-ci représentait une baisse de salaire assez considérable. Le directeur adjoint des ressources humaines (les gens, dans le jargon vernaculaire) s’empressa de m’assurer en privé que cette augmentation ne reflétait pas la qualité de mon travail. Il me confia que j’étais l’un des rares à faire le poids dans le service. Mais il est vrai que j’ai toujours été un peu léger pour mon poids.
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  • Par deriblek, le 03 avril 2012

    Pendant trente-trois ans, je me suis très bien passé de Détroit. Il faut dire que je ne suis pas à l'aise en voiture, et que je n'en ai jamais possédé. Tout ce qui ressemble à du cuir, même de loin, me donne la nausée. Il ne m'en fallait pas davantage pour que la Capitale de l'Automobile figurât dans les trois dernières au palmarès des Villes d'Amérique que j'aimerais visiter.
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Vidéo de Richard Powers

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Richard Powers Le périple de François Busnel commence dans le New Jersey avec Joyce Carol Oates puis va se poursuivre à travers les Grandes Plaines avec en toile de fond ce mythe américain toujours vivace : se réinventer encore et toujours. La liste est longue de noms qui évoquent la conquête de l'Ouest, les règlements de comptes entre desperados, les batailles rangées opposant tuniques bleues et Indiens, les massacres des populations indigènes... Avec les écrivains Joyce Carol Oates, Elmore Leonard, Laura Kasischke, Michael Collins, Dan Chaon, Richard Powers et Louise Hendricks...








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