> Patrick Couton (Traducteur)

ISBN : 2266111965
Éditeur : Pocket (2001)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 77 notes) Ajouter à mes livres
La manivelle tourne...
Et les diablotins se décarcassent dans la boîte à images.
Car un alchimiste d’Ankh-Morpork a découvert la magie des images animées. Une activité fébrile s’empare d’une colline déserte au bord de l’océan : Olive-Oued.

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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 06 juin 2008

    Woland
    Moving pictures
    Traduction : Patrick Couton
    Pour le cinéphile qui se double, en général, d'un amoureux de l'Histoire du cinéma, "Les Zinzins d'Olive-Oued"*, dixième volume des Annales du Disque-Monde, est un vrai régal. Certains le trouveront un peu long mais, quand on lit et relit Pratchett, on se rend compte très vite que les longueurs, il adore.
    Tout commence une fois de plus à Ankh-Morpork où, comme nous l'avons déjà signalé, pullulent toutes les corporations professionnelles, dûment constituées en guildes. Parmi elles, la guilde des Alchimistes est plutôt méprisée. du Patricien au dernier des voleurs, tout le monde les tient pour des espèces de malades mentaux, doublés d'incurables maladroits. Qui pis est, les expériences auxquelles ils se livres, souvent tonitruantes et toujours affichées comme scientifiques, frôlent le domaine de la magie pure alors que celui-ci demeure la chasse gardée des Mages de l'Université de l'Invisible.
    En ce jour (dont j'ai oublié la date exacte) du siècle de la Roussette, à Ankh-Morpork, à l'issue d'une explosion particulièrement formidable, un alchimiste noir de suie vient donc de créer un produit appelé à un avenir surprenant : l'octocellulose. Très inflammable, l'octocellulose deviendra le support idéal pour les images animées que peignent à toute vitesse enfermés dans des boîtes derrière un objectif, les traditionnels petits diablotins verts. le résultat est fabuleux et tient presque du miracle : le clic (= nous disons film) est né.
    Peu soucieux de voir la puissante Université de l'Invisible émettre un veto quant à leur prometteuse invention et plus encore aux bénéfices pécuniaires qu'elle laisse deviner, les alchimistes décident de concert de s'exiler à Olive-Oued, un trou absolument perdu non loin de la côte, où, de toutes façons, la lumière sera idéale pour tourner les clics.

    Dans le but très louable de présenter à la population ankh-morporkienne "la kinématographie amusante et instructive", Gauledoin, président de la Guilde des Alchimistes, se charge d'organiser quelques séances publiques.
    Et c'est à l'issue de l'une d'entre elles que, comme beaucoup d'autres avant eux, Victor Tugenbeld, apprenti-mage à la veille de passer son examen du 3ème cycle ; Mme Marietta Cosmopilite, couturière de son état ; Détritus le Troll, éjecteur préposé à la porte du "Tambour Rafistolé" qui ne sait pas encore qu'un jour, il sera sous-officier du Guet de Nuit et le chien prodige Gaspode, lequel parle et raisonne avec un cynisme pratiquement humain, laissent tout tomber pour prendre (à pied et pratiquement sans rien dans les poches) le chemin menant à Olive-Oued.
    Tout à fait comme si des voix mystérieuses leur soufflaient à l'oreille de s'y rendre sans plus tarder ...
    Encore plus fort : Planteur Je-m'tranche-la-gorge, dit la Gorge, marchand de saucisses immangeables parfaitement à jour dans ses cotisations à la Guilde des Voleurs, célébrité locale de la population marchande et indicateur occasionnel du Guet, s'y laisse prendre lui aussi. Dans ces images qui sautillaient sur le drap ayant servi d'écran à la démonstration de Gauledoin, la Gorge a en effet repéré le reflet impérieux de milliers de pièces d'or.
    Bussinessman-né (avec tout ce que cela implique d'audace, d'arrogance, de mauvaise foi et de malhonnêteté), Planteur J.M.T.L.G. s'impose très vite au malheureux Gauledoin qu'il finira par évincer de la compagnie d'images animées qu'il a pourtant créée. Metteur-en-scène visionnaire avant la lettre (style Cecil B. de Mille revu et corrigé façon Terry Pratchett), hanté par des visions glorieuses de troupeaux d'éléphants en marche, de danseuses adroitement dénudées aux plis et rondeurs stratégiques et de batailles homériques filmées à grand renfort de figurants, il ne met pas longtemps à initier sur Le disque-monde ce que notre monde à nous désigne sous le terme de star system.
    Pour financer tout ça, Planteur aura le premier l'idée des sponsors et des encarts publicitaires. (Ses prises de bec sur la question avec son neveu, Sol, donnent d'ailleurs quelques uns des dialogues les plus hilarants du livre.)
    Mais revenons aux "étoiles" de Planteur J.M.T.L.G. et de son studio (l'ex-studio de Gauledoin rebaptisé "Les Films du Siècle de la Roussette").
    Elles s'appellent Victor Marasquino (alias Victor Tugenbeld) et Delores de Vyce (alias Theda Whitel, Ginger pour les intimes). L'ancien marchand de saucisses chaudes fourrées dans des petits pains rassis ne sait pas trop comment ça se fait mais dès que l'opérateur Electro commence à tourner sa manivelle pour enregistrer les images animées, ces deux-là changent. Une alchimie incompréhensible se produit, les hommes soupirent, les femmes se pâment ... le tiroir-caisse tinte.
    Fort heureusement pour nous et surtout pour la survie du Disque-Monde, on ne fait pas des études de mage sans que la chose ne laisse sa marque sur vous. Aussi Victor se rend-il très vite compte que, dans cet Olive-Oued qui grouille de figurants, où les maisons ne sont que des décors interchangeables et où chacun - humain, nain, troll et même elfe - ne semble penser qu'à l'image de lui-même qu'il donne au monde extérieur, quelque chose ne tourne pas rond.
    Aidé par Gaspode, le chien parlant qui s'est attaché à lui, Victor s'aperçoit que, presque toutes les nuits, Ginger se transforme en une somnanbule qui s'en va dans les dunes afin d'y creuser le sable et d'en dégager une porte. Cette découverte, ajoutée à un livre écrit dans une langue pictographique visiblement très ancienne qu'il a récupéré entre les mains d'un cadavre abandonné sur une plage voisine, finit par le persuader que quelque chose d'invisible (Olive-Oued ? son genius loci ? autre chose de bien pire ?) tire toutes les ficelles de cette ruée sur les images animées ...
    Mais dans quel but ?
    L'ouvrage abonde de clins d'oeil et de jeux de mots qui raviront et/ou attendriront les amoureux du cinéma. C'est aussi dans cet opus qu'apparaît pour la première fois le personnage de Mustrum Ridculle, dit Ridculle le Brun, nouvel archichancelier - et pour longtemps, croyez-moi ! - de l'Université de l'Invisible. Un anticonformiste de très haut niveau qu'on se réjouira de retrouver dans les volumes ultérieurs. Ses échanges avec le malheureux économe - qui commence ici à osciller doucement vers la folie douce - sont des plus savoureux et j'avoue y trouver, je ne sais trop pourquoi, un son qui me rappelle les pires délires d'Alphonse Allais ou de Pierre Dac.
    Enfin, détail très important pour la suite des volumes, c'est à la fin des "Zinzins ..." que la Mort s'autorise deux "irrégularités" qui seront à l'origine de l'intrigue du "Faucheur", le tome suivant.
    La Mort, de plus en plus sympathique, il faut bien le dire.
    * : dans le texte original, Pratchett a utilisé le nom "Holly-Wood."
    Enfin, je ne résiste pas à vous placer ici ce lien :
    http://pratchett.free.fr/apfdsc10.html
    Vous y trouverez pas mal de notes, notamment sur les clins d'oeil cinéphiliques par lesquels Pratchett, dans son "Olive-Oued", rend hommage au cinéma tout en le tournant en dérision. On notera le nom anglais de Gauledoin : Silverfish qui, évidemment, fait penser à Samuel Goldwyn, de son vrai nom Samuel ... Goldfish.
    Eh ! oui ! N'en déplaise à certains bonnets de nuit tout à fait primaires, Terry Pratchett est un monsieur bougrement cultivé. Par exemple, si les premiers cinéastes décidèrent de quitter l'Est des USA pour s'installer à Hollywood, c'était bel et bien en raison de la lumière ...
    P.S. : Je précise que le physique de Victor Tugenbeld est un mélange de Clark Gable et de Douglas Fairbanks. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 11 septembre 2011

    Luniver
    Au fin fond d'un désert, un gardien d'un temple meurt sans avoir formé de successeur ... Peu de temps après, les alchimistes font une découverte stupéfiante : ils ont trouvé le moyen de conserver les images peintes à toute vitesse par de petits démons, et en les assemblant, de produire des films. N'étant pas certains de convaincre les magiciens que tout cela n'a pas de lien avec la magie, ils décident d'aller s'installer plus à leur aise dans le désert d'Olive-Oued.
    Même si l'idée de départ est d'instruire les citoyens, certains individus parviennent à imposer leur large définition de "fait historique" et de "fait réel" : les stars vites montées vite oubliées, la publicité, les effets spéciaux font doucement leur apparition. Mais les gens, et les animaux, réagissent de manière curieuse en approchant d'Olive-Oued...
    Un excellent livre de Pratchett ! On revit l'histoire du cinéma en accéléré, le récit est rempli de clins d'œil à l'histoire réelle !
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    • Livres 4.00/5
    Par Abettik, le 14 octobre 2010

    Abettik
    Un des propos de la SF est de proposer une lecture de notre société en la projetant dans un futur plus ou moins proche tout en extrapolant un ou plusieurs de ses travers.
    Cependant, la plume la plus acérée et l'analyse la plus pertinente des dérives de notre temps ne sont pas celles d'un auteur de SF classique mais celles d'un écrivain de Fantasy.
    De la SF, il garde l'idée de porter un regard critique sur les absurdités de notre monde tandis qu'il emprunte à la Fantasy le cadre et tout le bestiaire ( mages, héros en muscles et en cuir, nains, troll,s vampires, loups-garous ...) mais en donnant une version déformée qui se joue des archétypes que l'on retrouve traditionnellement dans la Fantasy.
    A ce titre, Terry Pratchett est donc effectivement le meilleur écrivain de SF.
    Je reviendrai plus longuement dans un prochain billet sur la richesse de son écriture qui va bien au-delà de sa capacité à faire rire son lecteur à gorge déployée à coup de bon mots et de répliques affûtées (ce qui m'a valu souvent quelques regards étonnés dans les transports en commun) et je me contenterai d'écrire quelques remarques sur le 10ème opus des Annales du Disque-Monde, "Les Zinzins d'Olive Oued"

    Lien : http://sfetal.blogspot.com/2010/10/les-zinzins-dolive-oued-terry-pra..
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    • Livres 4.00/5
    Par S-aureus, le 05 février 2009

    S-aureus
    La première fois que j'ai lu ce livre je n'ai pas bien compris et il m'a semblé qu'il n'était pas terrible. C'est en le relisant que j'ai finalement découvert toute ces qualités. Les clins d' oeuil et la critiques du milieu pas toujours réjouissant du cinéma, sans parler de la dernière apparition fracassante des créatures de la basse-fosse, ça vaut le détoure !
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    • Livres 3.00/5
    Par bibliophage, le 08 août 2009

    bibliophage
    Thème du cinéma, puissance de la fiction
    (et oui, j'ai mis quand même 10 pages avant de comprendre que "Olive-Oued" est la parodie d'"Hollywood"... :-D)
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Citations et extraits

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  • Par Abettik, le 09 octobre 2010

    - J'suis sûr que tu te demandes, dit l'animal en posant encore son regard pénétrant sur Victor, comment ça s'fait que je parle
    - M'était même pas venu à l'idée, répondit Victor
    - A moi non plus. Jusqu'à y a deux semaines. De toute ma vie, j'ai jamais sorti un putain de mot. J'travaillais pour un type, là-bas, dans la grande ville. J'faisais des tours, tout ça. J'tenais un ballon en équilibre sur mon nez. J'marchais sur mes pattes de derrière. J'sautais à trvaers un cerceau. Et après, j'passais l'chapeau dans ma gueule. Tu vois, quoi. L'show-biz. Puis vl'a une bonne femme qui me tape sur la tête et qui fait:"Hou, le mignon pt'tit toutout, on a l'impression qu'il comprend tout ce qu'on raconte." Alors, moi, je m'dis "Ho ho, j'ai même plus besoin d'faire d'effort, m'dame", et alors je m'rends compte que j'entends les mots et qu'ils me sortent de ma gueule à moi. Du coup, j'ai attrapé l'chapeau et j'ai filé à toutes pattes avant qu'ils réagissent.
    - pourquoi donc? demanda Victor
    Gaspode roula des yeux. " A ton avis, à quelle existence exactement peut s'attendre un authentique chien qui parle ? fit-il. J'aurais pas dû l'ouvrir, ma putain d'gueule.
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  • Par Abettik, le 09 octobre 2010

    L'archichancelier en exercice était différent. D'abord, il était rarement chez lui, sauf pour changer ses vêtements crottés. Et il criait sur tout le monde. D'abord sur l'économe.
    [...]
    Un épluchage des registres avait mis à jour le nom de Ridculle le Brun, un mage qu, après avoir atteint le septième niveau à l'âge incroyablement jeune de vngt-sept ans, avait quitté l'Université pour s'occuper du domaine familial au fin fond de la campagne.
    [..]
    On avait envoyé un messager? Ridculle le Brun avait soupiré, lâché quelques jurons, retrouvé son bourdon dans le potager où il maintenait debout un épouvantail, et s'était mis en route.
    [...]
    Dans les douze heures suivant son arrivée, Ridculle avait installé une meute de dragons de chasse à l'office, tiré des carreaux de son horrible arbalète sur les corbeaux de l'antique tour de l'Art, brun une douzaine de bouteilles de vin rouge, et regagné son lit à deux heures du matin, en chantant des chansons aux paroles dont certains mages âgés à la mémoire défaillante avaient dû vérifier le sens.
    Puis il s'était levé à cinq heures pour aller chasser le canard dans les marais de l'estuaire.
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  • Par Luniver, le 30 juillet 2011

    The origins of the Ankh-Morpock Civil War has always been a subject of heated debate among historians. There are two main theories: 1. The common people, having been heavily taxed by a particularly stupid and unpleasant king, decided that enough was enough and that it was time to do away with the outmoded concept of monarchy and replace it with, as it turned out, a series of despotic overlords who still taxed heavily but at least had the decency not to pretend the gods had given them the right to do it, which made everyone feel a bit better [...]
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  • Par Abettik, le 18 octobre 2010

    La Ginger du film sortait de l'écran. Elle faisait trois fois la taille de l'originale et luisait par intermittence. Elle était aussi vaguement transparente, mais elle pesait un certain poids parce que le plancher de déforma et se fendit en éclat sous ses pieds.
    [...]
    " C'est normal que ça fasse une chose pareil ? demanda-t-il.
    - Non!
    - Ce n'est pas une genre d'effet spécial cinématographique, alors ? fit le président avec espoir.
    - Sauf s'ils ont beaucoup progressé dans les dernières vingt-quatre heures, répondit Victor.
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  • Par bibliophage, le 28 août 2009

    "Ce pot, fit-il en l'examinant de près, c'est en réalité un vieux vase Ming." Il se tut, l'air d'attendre.
    "Pourquoi il s'appelle Ming ?" demanda comme prévu l'archichancelier.
    L'économe donna un petit coup sur le pot.
    Qui fit "ming".
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