AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Patrick Couton (Traducteur)
ISBN : 2266099701
Éditeur : Pocket (15/11/1999)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 366 notes)
Résumé :
Une société secrète d’encagoulés complote pour renverser le seigneur Vétérini, Patricien d’Ankh-Morpork, et lui substituer un roi.
C’est sans compter avec le guet municipal et son équipe de fins limiers.
Une affaire à la mesure du capitaine Vimaire – s’il boit, c’est pour oublier les laideurs de la vie – et de ses brillants adjoints. (« Tous pour un ! » )
Et lorsqu’on retrouve au petit jour dans les rues les corps des citoyens transformés en bis... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
InstinctPolaire
10 septembre 2013
★★★★★
★★★★★
Il est trois heures bonnes gens, tout est calme, dormez en paix !
L'imagerie spinalienne historico-médiévale donne toujours cette allure à la garde de nuit : un grand échalas avec son casque bassinet et sa lanterne au bout de sa longue lance qui trouble le sommeil des braves citadins en leur signalant l'inintérêt de la situation nocturne.
L'imagerie pratchetienne accentue encore ce trait : Car à Ankh-Morpork, le Patricien, dirigeant éclairé un rien cynique a fait réglementer les activités des organisations criminelles de voleurs et d'assassins – date, horaire, étendue du préjudice fixé à l'avance... -. Histoire qu'elles puissent gagner un peu de respectabilité...
Le guet de nuit ne se compose ainsi que de trois pittoresques préposés : le Capitaine Vimaire, notoirement plus intéressé par le contenu d'une bonne bouteille que par son sacerdoce maréchaussier, le Sergent Côlon,qu'aucune science ne peut envisager ailleurs que dans la catégorie des fonctionnaires de moyenne catégorie – le zèle n'étant évidemment pas livré en option... - et le Caporal Chicard... Parce-qu'il en fallait bien un troisième...
Et donc bonnes gens tout est calme, dormez en paix. le Patricien y a veillé...
Enfin tout est calme, tout est calme...
Y'a juste une secte qui se réunit nuitamment pour lancer des incantations magiques et des gens qui finissent carbonisés dans les rues...
Moi j'dis ça, j'dis rien...
Y'a juste que la dernière recrue du guet, c'est un volontaire. Que c'est le fils d'un nain. Et qu'il mesure pas loin de deux mètres....
Y'a juste que la dernière aristo de la ville, elle élève des petits dragons comme animaux de compagnie...
Y'a juste que le bibliothécaire de l'Académie de magie parcourt la vile pour retrouver un grimoire plein d'incantation qu'on lui a volé... J'suis l'seul à m'être rendu compte qu'a force de trainasser au milieu des bouquins, il ressemble 'achtement plus à un orang-outan qu'à un homme ?...

Le Disque-Monde est l'univers fantastico-jubilatoire de Terry Pratchett. Les règles du médiéval-fantastique y croisent l'humour anglo-saxon contemporain. Les personnages y sont croustillants et les situations burlesques en diable – digne des Monthy-Pythons -
Afficionados sourcilleux du genre,lisez-le !
Novices enjoués, lisez-le !
Dépressifs de tous les pays, unissez-vous : Une dose le matin, une à midi et deux le soir !
J'vous dirais bien de me faire confiance et de le lire les yeux fermés... Mais bon, faut pas pousser tout d'même hein ?...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          276
Illion
22 avril 2015
★★★★★
★★★★★
Paru en VO sous le titre Guards ! Guards ! en 1989 et traduit en français seulement en 1997, Au Guet ! est le huitième tome de la gigantesque série des Annales du Disque-Monde du prolifique Terry Pratchett, hélas décédé le 12 Mars dernier. Cet ouvrage est également le premier consacré au personnage de Samuel Vimaire et au Guet municipal d'Ankh-Morpok, dont les membres sont hauts en couleurs !
La narration à la troisième personne passe par différents stades, selon les intérêts du scénario au moment présent. Ainsi on navigue entre un point de vue omniscient, une caméra isométrique (par dessus l'épaule des personnages si l'on peut dire) et une forme de narration "détachée" où le personnage semble parler et exprimer ses pensées directement (d'où parfois des graphies et rythmes d'énonciation pour le moins ... surprenants) mais à la troisième personne comme si quelqu'un d'autre le percevait. Il n'y a pas grand chose à dire de plus sur ce sujet, puisque l'écriture est, me semble-t-il, plutôt perçue par Pratchett pour être un outil dans son Grand Dessein Comique, qu'une fin en soit. Même si la narration y participe, elle ne suffit pas à elle seule à exprimer toute la complexité et la beauté du style de Terry Pratchett, qui est proprement inclassable ailleurs que dans sa propre et unique catégorie.
Si l'on dit si souvent cela de lui, c'est que les personnages de ces livres semblent véritablement prendre vie. Lire du Pratchett, ce n'es pas lire un livre, c'est véritablement voyager vers ce monde étonnant qu'est le Disque-Monde, le voir évoluer et vivre au quotidien comme le fait notre propre monde. Et ce parce que l'auteur assure sa propre continuité dans les livres. Bien sûr les lieux sont les mêmes et certains personnages plus que récurrents d'un livre à l'autre : Ankh-Morpok, l'Université de l'Invisible, le Bibliothécaire ou encore le Seigneur Vétérini. Mais ce serait faire preuve de grossièreté (au sens strict du terme : grossier, sans subtilité ou finesse) de la part de Pratchett de s'arrêter là. le bonhomme est bien plus subtil et malicieux. Et au lecteur attentif, il glisse des références à ses propres ouvrages. Par exemple, il est mentionné à un endroit les "hache-sueur-rances" (assurances ndlr) adoptées dans tout Ankh-Morpok sans qu'on se rappelle d'où elles viennent. Or ces "hache-sueur-rances" sont introduites par Deux-Fleurs dès le tout premier livre La huitième couleur. On retrouve également mentionnés (mais de manière presque anecdotique) les pyramides du tome éponyme ( T.7 de la série) ainsi que le Duc de Sto Helit et sa femme (dont on nous dit que c'est "un jeune couple charmant"), référence directe au T.4 Mortimer. Ainsi donc, à la manière d'un Balzac dans sa Comédie humaine, les personnages ne disparaissent pas forcément une fois leur "histoire" finie. Bien au contraire : en cherchant bien, on les retrouve entre les lignes du scénario principal et c'est ce qui fait le sel des oeuvres de Terry Pratchett, comme cela fait le sel de notre vie.
En dehors des références à ses propres oeuvres, Terry Pratchett pratique aussi, avec un art consommé, la référence sous formes de parodies ou de détournements. Pêle-mêle, on retrouve ainsi une parodie des codes des sociétés secrètes (tenues, phrases codées, rituels etc...) et autres loges ésotériques et/ou franc-maçonnes, les histoires de rois et de contes de fées, les (super-)héros justiciers "sans peur et sans reproches" qui deviennent sans peur et sous une armure sans reproche... J'ai noté aussi une occurrence à la célèbre phrase de Titi et Grosminet, une comparaison parodique entre la magie et le tabac (je peux arrêter quand je veux.), une caricature des camelots et autres charlatans-vendeurs à la sauvette prêts à tout pour vendre n'importe quoi à n'importe qui.... La liste est vraiment longue est témoigne autant de la culture de Terry Pratchett que de sa capacité absolument géniale à utiliser les lieux communs et les oeuvres célèbres de la culture populaire pour les intégrer à son propre univers tout en les tournant en dérisions. Mes préférées restent :
- l'allusion à Bilbo le Hobbit, paru en 1937, mais qui ne deviendra vraiment célèbre qu'après les films adaptés du Seigneur des Anneaux
- la citation de la célèbre phrase de Sherlock Holmes sur l'impossible et la vérité
- la référence au 36, Quai des Orfèvres, puisque le Guet municipal se réinstalle dans l'ancienne Maison des Orfèvres d'Ankh-Morpok au cours du livre et est renommé le Guet des Orfèvres.
On l'aura compris (d'autant plus que je le dis systématiquement quand je fais une chronique sur Terry Pratchett xD), l'auteur pratique l'humour avec beaucoup d'adresse et de subtilité. Il en connaît d'ailleurs toutes les ficelles ou peu s'en faut. On a ainsi un running gag sur l'engagement de Carotte dans le Guet. Un peu plus loin, on peut trouver une sorte de comic relief inversé lors de la première rencontre entre le Guet et le dragon (qui survient assez tard mine de rien dans l'intrigue), des jeux de mots qui servent à la réflexion sur les différents thèmes du livre ou une disproportion démesurée entre la taille et l'attaque impressionnantes du dragon et les dégâts minimes (chirurgicaux !) qu'il occasionne dans un premier temps. Dans tout ceci, bien souvent le trivial rejoint le noble en un choc des cultures incongru. Nous avons même droit à un scène de récompense des héros totalement ubuesque en fin de livre, une pure merveille.
Ce goût de l'humour et de la parodie imprègne intégralement l'oeuvre jusqu'au traitement des personnages. Ainsi Vimaire, le chef du Guet, ne dispose d'aucune description physique mais sa première apparition dans le livre emprunte beaucoup aux films noirs des années 30 : un détective (privé dans les films) devenu alcoolique suite à un manque d'affaires et/ou une forme de déchéance sociale. Il a une haute idée de la justice et de ce que devrait être le Guet, et souhaite lui redonner sa splendeur. Il a d'ailleurs une réflexion assez juste sur la loi et ses fonctionnaires.
le Caporal Chicard a un âge indéterminé et une si petite taille qu'il a des papiers prouvant qu'il est humain (humour quand tu nous tiens !). C'est un partisan du moindre effort et un trouillard invétéré. Il fonctionne souvent en duo avec le Sergent Colon et représente la caricature du flic plus bête que méchant mais pas vraiment efficace.
Dame Ramkin, la touche "féminine" de l'ouvrage est un personnage intéressant en termes de références : c'est une sorte de croisement entre les sculptures de femmes callipyges préhistoriques et la mythologie viking, particulièrement les valkyries. Éleveuse de dragons des marais, elle représente aussi "l'expert" que les policiers vont consulter pour avancer dans leurs enquêtes quand ils sont confrontés à des éléments inconnus.
Mais, à mes yeux, le personnage le plus intéressant, et dont l'évolution au cours du récit est la plus significative, reste Carotte Fondeurenferson (Carrot Ironfoundersson en VO), dont le nom de famille est clairement inspiré de la tradition nordique. Son prénom et sa naïveté me font profondément penser au personnage de San-Goku (dont le "vrai" nom est Carrot) dans la mythique série Dragon Ball et ses multiples dérivés. le background et le chara-design de ce personnage en fond une sorte de caricature du héros-justicier-prince spolié de son trône juste et droit, poussé à l'extrême.. Son sens de la justice est très poussé mais il prend tout au premier degré (littéralement). Il écrit régulièrement à sa famille et certaines de ses lettres sont retranscrites dans le livre, ce qui nous permet d'apprécier l'intégration progressive de Carotte et son évolution, notamment au niveau des post-scripta. Il demande toujours à ses parents d'embrasser pour lui une naine dont il était plus ou moins amoureux. Si au départ les formulations laissent à penser qu'elle lui manque et qu'il est vexé de n'avoir pas de nouvelles, l'insistance disparaît progressivement jusqu'à la dernière lettre où Gougnotte (la naine) n'est tout simplement pas mentionnée : le personnage a fait son "deuil" de sa nature naine, sans pour autant la renier, mais maintenant il vit en membre du guet parmi sa propre race : les humains.
Ce qui me permet d'introduire une autre des grandes particularités de Terry Pratchett : castigat ridendo mores. En d'autres mots, tout cet humour lui permet de mettre en avant les contradictions et absurdités de l'espèce humaine pour nous faire réfléchir sur différents thèmes. Je ne ferais ici que vous les citer, je vous invite vivement à vous plonger dans les oeuvres de Pratchett pour en apprécier la complexité et mener votre propre réflexion. Les différents thèmes abordés sont donc :
- les films noirs des années 30, les films et séries policières
- la fantasy bien sûr, présente dans tous les ouvrages reliés au Disque-Monde
- les représentants de la loi et leur utilité
- les loges secrètes et ésotériques
- le crime "organisé"
- la démagogie d'un esprit "fort" sur une multitude d'esprits "faibles" ou influençables
- le système de gouvernance : la royauté / les seigneurs dirigeants etc...
- l'intégration des minorités (rapport au fait que les personnages pensaient que Carotte était un nain)
- l'exode rural et les différences entre les villes et la campagne
- les animaux de compagnie
- la notion de "déchets sociaux", les marginaux etc...
- l'accoutumance, la dépendance à une substance ( comparaison entre magie et cigarette)
Il y en a peut-être d'autres mais voila ce que j'ai pu trouver.
Pour résumer, un livre de Terry Pratchett c'est un petit bijoux de littérature, un diamant rare (même si on frise la quarantaine de tomes publiés !) et magnifique qu'il convient de savourer en prenant son temps, voire en le relisant, pour profiter de tout ce que l'auteur y a caché.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
Woland
06 juin 2008
★★★★★
★★★★★
Guards ! Guards !
Traduction : Patrick Couton
L'une des originalités les plus remarquables de la vaste cité-état d'Ankh-Morpork, c'est que toutes les corporations professionnelles y sont représentées. Légalement représentées, s'entend, y compris celle des Voleurs et celle des Assassins.
C'est au Patricien, gouverneur suprême du coin, qu'on doit cette organisation très spéciale qui, astuce jusqu'ici jamais osée par nos propres gouvernants, impose le plus officiellement des taxes à tous, fût-ce aux corps de métiers les moins recommandables. Et le plus étonnant, c'est que ça fonctionne très bien, pour la plus grande satisfaction des chefs de Guildes eux-mêmes bien entendu et de l'Ankh-Morporkien moyen ensuite.
Hélas ! du coup, les forces de l'ordre de la ville n'ont plus vraiment raison d'être. Il survit cependant un Guet de nuit, placé sous le commandement du capitaine Samuel Vimaire, homme de valeur que l'ennui et la nette impression de ne pas être tout à fait à sa place ont fait sombrer dans l'alcool et la dépression. Sous ses ordres, une bande de tocards tels le sergent Côlon et l'ineffable caporal Chicard. Leur seule tâche : se promener dans les rues la nuit et éviter de déranger voleurs et assassins dans l'exercice de leur profession. Ah ! oui ! Toutes les heures, ils ont aussi pour consigne de clamer aux ténèbres : "Il est telle heure et tout va bien !" Mais leur prudence naturelle les incite en général à susurrer la chose sans s'y attarder ...
C'est dans cette surprenante équipe que débarque un beau matin, poussé par son père qui veut en faire un homme, le jeune et vaillant Carotte Fondeurenfersson. "Techniquement parlant", comme il le dit lui-même, Carotte est un nain. Morphologiquement par contre et compte tenu du fait qu'il a été recueilli tout bébé par le couple Fondeurenfersson, c'est un humain qui mesure à peu près 2 mètres de haut (1,98 m en fait) et qu'une enfance et une adolescence passées à travailler dans les mines avec les nains ont doté d'une musculature redoutable.
Si le lecteur habitué apprend, au fils des volumes où il apparaît, à mettre en doute la naïveté un peu trop spectaculaire de Carotte, il ne remettra par contre jamais en question son honnêteté foncière. Autre trait attachant du jeune homme, de son éducation première, il a conservé une propension marquée à tout prendre au pied de la lettre. Dans de telles conditions, inutile de vous dire que les "tâches et responsabilités" auxquelles le génie politique du Patricien a réduit le Guet vont beaucoup l'étonner.
Inutile de vous dire aussi, je suppose, que, avec la bonne volonté qu'il va apporter à pourchasser dans les rues d'Ankh-Morpork aussi bien les charrettes mal garées que les meurtriers en puissance, la situation du Guet à la fin de l'ouvrage se sera considérablement améliorée.
Entretemps, il est vrai, un ignoble personnage aura cherché à évincer le Patricien et à le remplacer par un roi fantoche. Entretemps, un dragon noble* aura répandu le bruit et la fureur dans tout Ankh-Morpork. Entretemps, dame Sibylle Ramkin, qui a eu le coup de foudre pour un Samuel Vimaire désormais bien résolu, envers et contre tous, à faire son devoir de capitaine du Guet, aura été offerte en sacrifice au dragon devenu maître d'Ankh-Morpork. Entretemps, vous aurez fait la connaissance de Bravegars Balluchon Plumepierre de Quirm** et de quelques autres. Entretemps, le système digestif des dragons, nobles ou pas, ne recèlera plus pour vous aucun mystère. Entretemps, avec tout le plaisir qu'on y goûte à chaque fois, vous aurez croisé le Bibliothécaire de l'UI***, ses bananes et ses "ook."
Entretemps enfin, et toujours sans avoir l'air d'y toucher, Pratchett aura eu le temps de poser pas mal de questions essentielles, notamment sur la lâcheté, le courage et toute cette sorte de choses ...
Bref, vous aurez lu le huitième volume des Annales du Disque-Monde, intitulé en toute simplicité : "Au Guet !" Et je vous souhaite d'y prendre autant de plaisir que moi. Wink
* : dame Ramkin vous expliquera.
** : un sacré nom, hein ?
*** : pour ceux qui prennent le fil en cours et n'ont jamais entendu parler ni de Pratchett, ni du Disque-Monde, l'Université de l'Invisible. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
colimasson
02 juillet 2014
★★★★★
★★★★★
L'histoire est mauvaise et ne vaut pas grand-chose. Terry Pratchett ne se sentira pas insulté car l'acte de naissance de la série des Annales du Disque-Monde se justifie par la volonté de parodier les interminables et éprouvantes chroniques de fantasy. En revanche, la verve et le cynisme sont éblouissants bien que, comme l'écrit l'auteur lui-même : « S'il y avait une chose qui le déprimait davantage que son propre cynisme, c'était bien de le trouver souvent moins cynique que la vie réelle ».

L'histoire balourde des dragons vous fait piquer du nez et aussitôt, Terry Pratchett vous lance une claque verbale qui fait crier au génie. On reste sur des jeux de mots d'apparence frivole, énoncés dans un contexte grotesque où l'absurde et la dérision sont les seuls règles qui vaillent. Toutefois, le mot fait son effet, l'histoire drôle tend malgré tout à prendre la forme d'une vérité éternelle.

« Il était le premier à voir le dragon d'Ankh-Morpork. Ce qui lui faisait une belle jambe, maintenant qu'il était mort. »

L'humour noir et le cynisme de Terry Pratchett ne visent aucun être vivant en particulier –qu'il soit homme, dragon ou singe-bibliothécaire- mais il s'en prend à la VIE en elle-même, stupide agglomérat de trucs et de bidules qui a même permis aux séries de fantasy d'exister. Heureusement, il existe des remèdes à ces entités à la présence inexplicable, et cela pourrait être, par exemple, un film des Monty Python, dont Terry Pratchett ne s'éloigne jamais dangereusement.

Merci à l'Ami bienfaiteur qui m'a encouragé à lire cette histoire malgré ma mauvaise volonté : bien que je n'ai rien appris et bien que l'histoire ne m'ait pas passionnée, je me suis toutefois régalée avec les bons mots d'un Terry Pratchett plus philosophe qu'un triste Kant, et je sais désormais à quelles sources d'inspiration s'abreuve le sens de l'humour de mon généreux donateur. Tel maître écrivain, tel disciple conseiller.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1715
cicou45
21 novembre 2011
★★★★★
★★★★★
Tout commence par l'histoire d'un nain qui en fait n'en ai pas un puisqu'il a en réalité été trouvé à sa naissance par un couple de nains se voit révéler qu'il appartient en réalité au monde des hommes. Carotte, tel est son nom, se voit alors contraint d'abandonner ceux qu'il considère comme sa famille afin de rejoindre la cité d'Ankh-Morpork et de travailler le service de police de nuit de la vielle se nommant "Le guet". Là, il découvrira une abominable machination qui a été mise au point par une société secrète qui vise à renverser le Praticien au pouvoir. Leur dessein est de mettre un nouveau roi sur le trône, un roi qui serait légitime grâce à sa victoire sur un dragon issu de l'une de leurs invocations. Ainsi, ce nouveau roi, qui ne devrait pas avoir un brin de jugeote, pourrait ainsi accomplir leurs machiavéliques intentions.
Mais cela était sans compter sans le capitaine du Guet, Vilaire, qui croit encore, naïvement peut-être, que le Bien pourrait régner sur le monde. Carotte, quant à lui, légèrement idiot sur les bords mais très attachant, accomplit son devoir en respectant les règles avec soin, ne sachant pas que ces règles ont jusqu'ici été élaborées pour être violées ou disons plutôt ignorées puisque le Guet, sous les ordres du Praticien, se doit de passer outre les infractions commises par la Guilde des voleurs ou par celle des Assassins.
Carotte et Vimaire, cependant, eux, ne voient pas les choses sous le même oeil et tendent bien rétablir l'ordre dans la cité. Cependant, ce parcours et cette rébellion, sera parsemée d'embûches et ils devront souvent accepter l'injustice.
Bande-dessinée adaptée du roman de Terry Pratchett par Graham Higgins et Stephen Briggs, celle-ci est très fidèle à l'univers créé par Pratchett dans Les Annales du Disque-monde. L'ambiance est tantôt lugubre, tantôt comique et tout cela mis en images donne un ouvrage très agréable à lire ! le lecteur ne rencontre aucune difficulté pour comprendre l'histoire, même s'il n'a jamais lu un quelconque tome des Annales du Disque-monde et je dirais que, au contraire, cela ne peut que lui donner d'en savoir plus sur cet univers. A découvrir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth18 septembre 2010
Il paraissait parfaitement logique au bibliothécaire, puisqu'il y avait des passages bordés d'étagères tournées dans l'autre sens, qu'il devait donc exister d'autres allées dans l'espace entre les livres eux-mêmes, dues aux ondulations quantiques générées par le simple poids des mots. Assurément, des bruits bizarres parvenaient depuis l'arrière de certains rayonnages, et le bibliothécaire savait que s'il retirait doucment un livre ou deux, il apercevrait d'autres bibliothèques sous d''autres cieux.

Les livres gauchissent le temps et l'espace. Une des raisons pour lesquelles les bouquinistes, dans les petites boutiques exiguës et pleines de recoins dont on a déjà parlé, ont toujours l'air de tomber du ciel, c'est que nombre d'entre eux débarquent effectivement d'ailleurs, qu'ils se sont égarés chez nous après avoir pris un mauvais embranchement dans leurs propres librairies, sur des mondes où l'on estime de bon ton pour la profession l'habitude de porter en permanence des pantoufles et d'ouvrir à la clientèle uniquement quand on en a envie. On s'égare dans l'espace B à ses risques et périls.

Les bibliothécaires de haut niveau, cependant, dès lors qu'ils ont accompli un acte professionnel héroïque qui les en rend dignes, sont admis dans un ordre secret où ils apprennent les techniques de la survie au-delà des Etagères Connues.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
shogwunshogwun03 octobre 2012
On disait qu’on pouvait errer des jours durant parmi ses rayonnages les plus reculés, qu’il y vivait des tribus perdues d’étudiants de doctorat, que des créatures étranges se tapissaient dans des alcôves oubliées dont se repaissaient d’autres créatures plus étranges encore*.


* Tout ceci était faux. La vérité, c’est que même les grosses collections de livres courants déforment l’espace, comme peut en attester tout amateur ayant déjà fouiné chez un très vieux bouquiniste à l’ancienne, à l’intérieur d’une de ces boutiques qu’on dirait conçues par monsieur Escher dans un de ses mauvais jours, avec plus d’escaliers que d’étages et des rayonnages qui aboutissent à de petites portes sûrement trop basses pour le passage d’un humain de taille normale. L’équation appropriée est la suivante :
Savoir = pouvoir = énergie = matière = masse ;

une bonne librairie n’est qu’un trou noir distingué qui sait lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
colimassoncolimasson28 juillet 2014
L’expression « A voleur, voleur et demi » en avait à l’époque supplanté une autre qui disait : « Il faut un voleur pour attraper un voleur », laquelle avait elle-même (après des démarches véhémentes de la Guilde des Voleurs) remplacé un proverbe typiquement morporkien beaucoup plus ancien qui, lui, prétendait : « Il faut un grand trou aux parois truffées de ressorts, de fils de détente, de lames de couteaux tournoyantes mues par la force hydraulique, de verre pilé et de scorpions pour attraper un voleur ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
shogwunshogwun09 novembre 2012
La retraite des dragons.Ils sont couchés…
Ils ne sont pas morts, ni endormis. Ni en attente, parce que l’attente suppose une espérance. L’expression que nous cherchons dans leur cas, c’est peut-être…
… en sommeil.
Et bien que l’espace qu’ils occupent ne ressemble pas à l’espace habituel, ils s’y tiennent serrés les uns contre les autres. Pas un centimètre cube que ne remplisse une griffe, une serre, une écaille, un bout de queue, si bien qu’on a l’impression de ces dessins astucieux où l’oeil finit par s’apercevoir que l’intervalle séparant chaque dragon est en réalité un autre dragon.
Ils pourraient faire penser à une boîte de sardines, à condition d’imaginer les sardines gigantesques, squameuses, fières et
arrogantes.
Et, quelque part, existe sûrement l’ouvre-boîte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
ArakasiArakasi29 mars 2014
On les appelle parfois la Garde du Palais, le Guet ou la Patrouille. Quel que soit le nom qu'on leur donne, leur fonction dans toute oeuvre d'aventures fantastiques reste la même : vers le chapitre trois (ou dix minutes après le début du film), ils font irruption dans la pièce un par un et se font massacrer. Jamais on ne leur demande s'ils en avaient envie.
Le présent livre est dédié à ces hommes valeureux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
autres livres classés : fantasyVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Connaissez vous bien Terry Pratchett ?

En quelle année est né Terry Pratchett ?

1943
1948
1950
1955

10 questions
81 lecteurs ont répondu
Thème : Terry PratchettCréer un quiz sur ce livre
. .