> Marie-France Girod (Traducteur)

ISBN : 2253121959
Éditeur : Le Livre de Poche (2007)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Dès son enfance, Rosa Fiore trouve le réconfort dans la cuisine familiale. La "Cucina"- le coeur de la luxueuse propriété familiale- représente le lieu où des générations de Fiore ont préparé des somptueux banquets, et où le drame de la vie de famille s'est toujours jou... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 20 mars 2010

    LiliGalipette
    Premier roman de Lily Prior.
    "La 'cucina', c'est le coeur de la 'fattoria' et la toile de fond sur laquelle s'inscrit la mémoire de notre famille, les Fiore." (p. 35) Rosa est la seule fille de la famille Fiore, installée depuis des générations dans le village de Castiglione, en Sicile. Née sur la table de La Cucina familiale, entre une pâte prête à lever et des filets d'anchois, Rosa fait très vite de la cuisine son lieu d'élection. Réputée pour ses talents de cuisinière infatigable, Rosa puise réconfort et force dans la préparation de plats typiquement siciliens. Après la mort de Bartolomeo, son premier amour, elle quitte Castiglione pour Palerme. Pendant vingt-cinq, elle enterre sa nature ardente de femme gourmande entre les quatre murs d'un minable logement et les stricts rayonnages de la bibliothèque de la ville. Un matin, elle rencontre l'Inglese, un étranger aux manières délicieuses. Rosa redécouvre la vie et le plaisir auprès de lui. Mais en Sicile, la famille garde toujours un oeil sur ses membres égarés, et la famiglia, c'est toujours un peu la Mafia.
    Le prologue de cette puissante histoire est énigmatique. Paragraphe surgi de nulle part, on se doute qu'il faudra revenir en arrière pour comprendre ce qui a permis l'accomplissement de cette scène aux teintes orgaiques. le lecteur devient immédiatement voyeur, introduit de force dans une intimité chaude et odorante. Rosa, narratrice éloquente et impudique, organise son récit et sa vie en quatre parties, en quatre saisons qui offrent chacune leurs délices gastronomiques et amoureuses.
    Tout au long du roman, cuisine et violence vont de pair. Rosa se bat contre les ingrédients pour leur donner forme, elle cogne et pétrit la pâte avec rage. La scène de la mise à mort du cochon est une réussite du genre. Cette "catharsis culinaire" (p. 40) intervient à plusieurs reprises. A chaque perte intime, Rosa cuisine, et avec panache. L'abondance de plats qui sortent de sa cuisine est digne des orgies romaines. Comme partout, on mange pour noyer le chagrin, pour surmonter la perte et l'absence, pour continuer à vivre.
    La cuisine est aussi sensualité. Au-delà de l'élémentaire besoin de se nourrir, la gastronomie ouvre les portes du plaisirs. Si Rosa initie l'Inglese aux plaisirs de la confection culinaire, celui-ci lui fait découvrir l'immensité des plaisirs physiques, bien au-delà de la simple fornication. "L'art amoureux et l'art culinaire se complètent admirablement." (p. 142) Ôde aux plaisirs de la chair et de la chère, le roman se savoure page après page. Suivre un cours de cuisine avec Rosa, c'est continuer le voyeurisme, s'immiscer dans ses pensées, pétrir le même pain qu'elle et respirer les mêmes arômes capiteux. Entre L'art d'aimer d'Ovide et L'art culinaire d'Apicius, le roman de Lily Prior est un traité d'érotisme et de gastronomie qui se nourrit de références antiques, tels les textes d'Archestratos ou d'Athenaeus.
    La Sicile est terre de Mafia. L'Etna, volcan nourricier et meurtrier, est une métaphore brûlante de la famiglia et de sa toute puissance sur l'île, et même au-delà, jusqu'à Chicago, où a prospéré un des frères de Rosa. Si la Mafia a ses mensonges et ses secrets, les familles de paysans ont les leurs, tout aussi cruels et violents. J'ai particulièrement apprécié la finesse avec laquelle l'auteure a introduit la Mafia, sorte de super-personnage ou d'entité aux contours flous, au sein de son récit, sans en faire une vulgaire histoire de borsalino ou de tête de chevaux ensanglantées.
    Randolph Hunt, ou l'Inglese, est un personnage complexe, tout en mystères et en secrets. Britannique mais non flegmatique, l'homme est gourmand de tout, avide d'apprendre et de prendre, mais rétif à partager. Son ventre proéminent mis à part, je me suis représenté le personnage sous les traits du plus scottish des espions de sa Majesté, j'ai nommé Sir Sean Connery, aux belles heures de ses jours matures, loin du glabre jeune premier qui séduisait Ursula Andress en maillot blanc.
    Au sortir de cette plaisante et divertissante lecture, menée à toute allure, j'ai été prise d'une furieuse envie de fusilli, de spaghetti, de cannelloni, de ciabatta, ... Pas de doute, l'auteure s'y connait pour nous mettre l'eau à la bouche! Voilà un texte chaud qui se lit rapidement et qui ouvre l'appétit !
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    • Livres 3.00/5
    Par sassenach, le 21 avril 2011

    sassenach
    Dans les années 1920, en Sicile, Rosa Fiore a huit ans quand naissent ses derniers frères. Elle est la seule fille d'une famille nombreuse et adore faire la cuisine, chose qui la calme et lui permet d'oublier tous les soucis. Mais quelques années plus tard, alors qu'elle s'éveille à l'amour, un événement tragique va bouleverser sa vie de jeune fille qui et provoquer sa fuite vers Palerme, où elle va vivre seule avec son perroquet dans une petite pension de famille, tout en travaillant travaille dans une bibliothèque de Palerme. Son seul loisir est toujours de cuisiner mais l'arrivée d'un étranger sur son lieu de travail va la sortir de sa routine quotidienne …
    Ce court roman, qui se rapproche plus de la fable ou du conte que d'un roman traditionnel, a les senteurs et la saveur de la Sicile et de sa cuisine. Rosa, l'héroïne, adore cuisiner, comme son corps généreux le montre, et ce sera l'occasion pour l'auteure de parsemer des petits plats typiques tout au long des pages. Mais si le plaisir de cuisiner et ensuite de manger est sensuel, il va donc aussi de pair avec d'autres plaisirs tout aussi charnels. Rosa, qui est plutôt du type « vieille fille » au début du roman et qui nous raconte son passé, va se réveiller son corps et sa sensualité, grâce à un étranger très mystérieux. Cette histoire est donc truffée de scènes assez érotiques mais pour lesquelles je n'ai pas vraiment accroché et que je n'ai pas trouvées très « motivantes ». de même, je ne suis pas fan de cuisine (je fais le minimum) et donc la description des plats m'a laissé plutôt indifférente. L'histoire de Rosa est aussi très haute en couleurs, avec des personnages très typés (voire carrément clichés) et on découvre un enchainement de faits plutôt amusants à défaut d'être crédibles (mais je ne pense pas que l'auteure cherchait à être crédible !). Quant à la fin, elle m'a paru un peu facile et commode mais correspond au reste du roman. Cela reste une agréable lecture de détente mais que j'ai trouvé un peu trop exagérée dans ses descriptions, ses personnages et ses rebondissements.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Ce livre est un délice mais si vous avez l'humour frileux, ne le lisez pas. Tout est dans l'outrance et l'on sait qu'elle se bâtit souvent sur un fond de vérité. Sicile mafieuse, sensualité et sexualité brutales et tendres à la fois, amoralité, immoralité, personnages monstrueux felliniens, excès du Sud dans les sentiments, les images, les situations, les odeurs, les goûts. Nous rions aux éclats devant l'énormité de cette Italie parodiée et des images en noir et blanc à la De Sica montent devant nos yeux, on le verrait bien adapter au cinéma ce livre, tant il est riche et visuel. Quatre saisons qui bâtissent l'héroïne et affirment la relation nourriture/frustration, nourriture/amour (ne dit-on pas dans le langage quotidien : "j'ai envie de te manger"...). Passion et nourriture vont de pair et constituent le fil conducteur de tout ce roman.
    "Ainsi, nous avions l'un et l'autre appris notre leçon : l'Inglese était passé maître dans l'art de la cuisine sicilienne et moi, la bibliothécaire, j'avais appris ce que c'était que d'aimer un homme et d'en être aimée. Et cela avait été un vrai festin des sens."
    Le festin est aussi pour nous, lecteurs et ce premier roman de Lily Prior (romancière anglaise) me donne envie de découvrir les suivants.
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    • Livres 3.00/5
    Par Bill, le 05 juin 2009

    Bill
    Hymne aux sens, au sexe, à la sensualité, aux bienfaits de la cuisine, défouloir et partage, ce roman touffu épique et joyeux jette un regard parfois critique sur la vie de la campagne sicilienne d'avant la seconde guerre mondiale.
    Mélant superstitions et vie rustique, préparation des plats - de l'abattage des bêtes à la confection des gâteaux, l'histoire de Rosa est déroulée de contraintes familiales, en fuite vers la ville avec omniprésente mais à peine évoquée l'ombre des Hommes de la Mafia qui dicte leurs lois, même de loin ...
    Pas un chef d'oeuvre, mais assez agréable à lire.
    Un regret : l'absence d'index des recettes et les explications détaillées des recettes qui émaillent ce roman
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    • Livres 4.00/5
    Par noryane, le 31 mai 2009

    noryane
    Reçu dans le cadre de Babelio masse critique.
    Un roman tout en sensualité où sexe et cuisine tiennent le rôle principal. La cuisine c'est la vie de Rosa surtout après la mort de son premier amour. Elle quitte la ferme familiale pour Palerme convaincue de ne plus aimer ni être aimée. 25 ans plus tard elle recontre un étranger qui lui la révèle à elle même.
    Une cuisine chaleureuse qui met l'eau à la bouche, on s'y croirait, on aimerait sentir les odeurs qui sortent de la fenêtre de l'appartement de Rosa. Une sexualité inexistant chez elle qui devient exacerbée grace à son amant.Une sensualité à fleur de peau tout le long du roman. Une mafia peu présente mais dont l'ombre plane vaguement sur le récit pour ne pas nous faire oublier que nous sommes tout de même en Sicile.
    Un roman plutot féminin selon moi, à découvrir .....


    Lien : http://noryane.canalblog.com/
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Citations et extraits

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  • Par veronique55, le 28 juillet 2010

    Sans que je m’en aperçoive, une année avait passé depuis mon retour de Castiglione. Je dirigeais la ferme à la place de Mamma. J’avais apporté quelques changements dont j’étais assez fière, je dois le reconnaître. J’avais introduit une comptabilité digne de ce nom et je consignais les comptes dans des registres soigneusement tenus comme à la bibliothèque.
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  • Par crapette, le 03 février 2011

    Certaines se retirent au couvent...Moi, je me retirais dans ma cuisine.
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Vidéo de Lily Prior

La Cucina de Lily Prior au Livre de Poche .
Marie-Hélène Mariette, de la librairie L'Oeil écoute (75006 Paris) vous recommande le délicieux roman d'amour et de gastronomie de Lily Prior !http://www.livredepoche.com/livre-de-poche-3121951-lily-prior-la-cucina.html








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