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> Jean-Yves Tadié (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070754928
Éditeur : Gallimard

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.65/5 (sur 193 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui ! Pour en donner une idée, c'est aux arts les plus élevés et les plus différents qu'il faudrait emprunter des comparaisons ; car cet écrivain, qui d'ailleurs pour chaque carac... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 23 mai 2011

    zohar
    La critique doit « dire autre chose que l'œuvre ne dit pas » (Tzvetan Todorov).
    L'essentiel ici, est donc de mettre en relief la signature du livre pour mieux dégager des thèmes-forts et des idées structurales afin de percevoir l'œuvre dans toute son étendue !
    Tout d'abord, il serait une erreur de lire « a LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » en confondant écrivain et narrateur. Bien au contraire, le roman qui est bâti autour de la structure du double « je », évoque à la fois héros et narrateur. C'est lui qui ordonne l'œuvre selon un mouvement dialectique : le désir de révélation est toujours déçu par l'expérience du réel, et cet échec impose l'œuvre d'art comme seul moyen de salut !
    Si l'on y trouve, ensuite, une satire de la société mondaine, l'analyse minutieuse de la passion et de la jalousie annonce les amours douloureuses du héros. En fait, la description des salons ne renvoie pas seulement au thème de la mondanité s'opposant à la création. Elle révèle aussi l'épaisseur du temps perdu et réponds, par ailleurs, à un but dogmatique qui vise à établir les lois psychologiques et morales.
    Cette somme romanesque accorde, de surcroît,(comme nous l'avons dit plus haut) une grande importance au thème de la création : « a LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » souligne fortement l'idée selon laquelle le fonctionnement mondain se situe à l'opposé du fonctionnement artistique !
    Le créateur n'est pas, comme chez Honoré de Balzac par exemple, un Dieu omniscient.
    Le narrateur n'a de ses personnages qu'une image floue : ils ne se livrent à lui que de façon parcimonieuse et fragmentaire...
    De même, il ne saurait rester en dehors de l'épaisseur du temps. le narrateur est, dans le roman, une indétermination temporelle que serve la durée de la phrase proustienne.
    Enfin, le temps chez Proust est un autre élément d'une unité encore renforcée par les analogies et les métaphores qui convertissent en une même substance les réalités diverses.
    Ce monument de la littérature XXe siècle apparaît davantage comme l'aboutissement du roman traditionnel que comme l'annonce d'un roman nouveau.
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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 26 novembre 2012

    Tempuslegendae
    Parler de Proust pourrait me faire penser à Balzac, des écrivains aux mêmes manies, principes; ils arborent tous deux les mêmes réflexes de corriger, biffer, ajouter sans cesse à leurs manuscrits, bref donner l'impression de n'être jamais satisfait de leur travail.
    «A la recherche du temps perdu» n'est pas une œuvre, plutôt qualifier l'écriture de chef-d'œuvre, ça serait plus juste. N'oublions pas que cet immense travail est une revanche contre son éditeur de l'époque, celui-ci lui ayant refusé «Contre Sainte-Beuve».
    Par la rédaction de ces deux volumes, on aurait facilement la tentation de rechercher dans la vie de Proust une origine, un déclic moteur qui aurait tout engagé, tout permis. Si ce n'est déjà fait, lisez le long texte, je doute fort que votre intuition vous trahisse. A l'instar de son précédent roman, Proust évoque dans la Recherche cette magie de la réminiscence involontaire, il récidive par conviction: effectivement, la madeleine aurait été une biscotte de pain grillé, trempée dans du thé, et Painter marque précisément cette expérience du jour de l'An 1909! Nous tenons le fil, car de manière plus littéraire, il est évident que la Recherche est bâtie justement sur ce jeu de la mémoire et du temps, qu'il y a ici un des fondements structurels profonds qui organisent l'œuvre et qui apparaissent moins dans les textes antérieurs de l'auteur. On parlait de déclic, il est là. Il s'agit d'une trouvaille de taille, décisive à la fois: le plan général de «sa recherche» (l'expression m'est offerte) est tracé, il ne reste qu'à l'écrire. Encore faut-il bien le libeller le tout…
    Le temps perdu est retrouvé, on sait que la dernière partie du livre (Un amour de Swann) fut rédigée pour une bonne proportion en même temps que la première, celle correspondant à (Du côté de chez Swann). Déjà là, je reconnais que c'est faire preuve de génie; la maniabilité et l'adresse de projection littéraires de PROUST deviennent ses meilleurs atouts, sa griffe.
    Pourquoi avoir dissocié de l'œuvre «La fin de la Jalousie», diatribe modérée du snobisme, de la Jalousie bien sûr, mais plus subtilement, je pense, du chemin de la mémoire reliant l'amour à l'émotion artistique? Pour ma part, j'ai lu les trois livres en me donnant la savoureuse impression de parcourir une belle continuité dans le thème.
    L'alchimie des mots, des textes, un sentiment de plénitude, le bonheur de lire, enfin autant d'ingrédients j'ai reconnu et ressenti ici qu'à une certaine époque où j'immergeais dans «Le dernier jour du condamné» d'HUGO; au même titre je trouvais la pierre philosophale.
    Loin de moi cette volonté farouche à vouloir sacraliser à tout prix la moindre sublimation de l'esprit, mais je pense ici qu'il nous faut protéger le joyau; nous sommes dans l'antre proustien où cérémonie rime avec magie.
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    • Livres 5.00/5
    Par madameduberry, le 06 février 2014

    madameduberry
    Une seule critique ne peut rendre compte des différents plans traités dans la recherche. Il y a des perspectives interminables, des zooms, des travellings, des flash backs, des gros plans, des paysages , on glose sur une note de musique pendant six pages, puis c'est le récit désinvolte d'un dîner de snobs, plus loin on lira la description clinique de l'attaque cérébrale de sa grand mère par le Narrateur, en bien plus loin encore l'effondrement émotionneldu même très à distance de l'événement.… Plans de coupes, plongées, contre plongées, fondus enchaînés Cette oeuvre tellement cinématographique n'a encore eu aucune adaptation écran vraiment satisfaisante. Etonnant?
    C'est que l'écriture proustienne est en soi comme un palimpseste où différents plans ou niveaux sont traités simultanément. Si bien que dans une même année, que dis-je dans une même journée, que dis-je dans une même heure, on peut apercevoir dix profondeurs différentes dans un même chapitre. Ajoutons à cela la construction difficile à entrapercevoir tant qu'on n'a pas lu les deux premiers volumes (Pléiade), la longueur légendaire des phrases et l'équilibre de celles-ci, le génie de Proust sera encore à peine effleuré. Chaque lecteur de Proust étant un éxégète original en puissance, comme on dit en Normandie, on n'est pas rendus.
    Je suis de ceux qui s'en réjouissent , puisse être long le chemin, qu'on le prenne du côté de Guermantes, ou du côté de chez Swann.Le mien commence toujours avec le difficile coucher du petit Marcel, morceau dont la lecture faite à voix haute a souvent paisiblement endormi d'autres enfants. Magique. Essayez.
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  • Par bbintein, le 06 mars 2012

    bbintein
    Proust fait dire à la duchesse de Guermantes, à propos de Zola, qu'il est le Homère de la vidange.
    Proust, lui, c'est le Homère de l'introspection, le Zola des rapports de castes.
    Avec son everest littéraire, il a fait beaucoup de mal à la littérature française... Tous ses suiveurs ont eu l'obligation de se trouver une place dans son sillage écumant. La sécheresse stylistique et psychologique du Nouveau Roman, c'est entre autres choses le refus de la prolifération propre à la Recherche. Les déballages des petits parisiens d'aujourd'hui, c'est la croyance que leurs "petites affaires privées" ont valeur universelle, dès lors qu'elles sont ordonnées sur le papier. Qu'est-ce qui les a autorisés à confondre nombrilisme et universalisme? Leur émoi devant les architectures proustiennes, qu'ils ont eu le mérite, autant que la malchance, de découvrir trop tôt.
    Ecrire après Proust, c'est comme être un saxophoniste tenor après John Coltrane : délicat.
    Marcel, génie indécent, tu as eu tant de choses à écrire et tu t'es si peu retenu. D'ailleurs tout lecteur fanatique de ta prose t'aurait su gré de lui épargner une ou deux descriptions obsessionnelles, de fleurs notamment, de couper par-ci par-là dans l'examen de tes troubles nerveux, surtout à partir du quatrième tome, parce qu'après tout, si on te suit amoureusement par delà les mille pages, c'est que tu nous as déjà un peu convaincus, qu'on a un peu compris tes états et ton propos. Pourtant on ne peut même pas t'accuser de bavardage : c'est par grande nécessité que tu chemines en circumnavigations, et à la lassitude qu'inspirent parfois tes digressions, succède toujours quelque puissante vérité vers laquelle tu ne cessais de nous conduire en tirant des bords, pendant que nous pensions à tort nous ennuyer.
    Voilà pourquoi moi j'y reviens chaque printemps depuis quatre ans et quatre tomes, à cette lecture qui n'est jamais si saine qu'à l'ombre d'un jeune arbre en fleur.
    Cela dit, amoureux de Proust, ne le surestimez pas. Sur le plan de l'analyse psychologique, il emprunte beaucoup à Bergson.
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    • Livres 5.00/5
    Par kikobaus, le 24 juin 2011

    kikobaus
    [Je reprends ici une critique que j'avais faite sur le tome 1, parce qu'il m'est apparu qu'elle y avait plus sa place]
    Sauf à écrire à mon tour une somme pour dire mon immense admiration pour Proust, les intenses émotions que je lui dois, la délicate profondeur de sa pensée, je ne parviendrai pas à épuiser ici l'expression de mon sentiment.
    Alors je m'en tiendrais à vous raconter -une fois n'est pas coutume- ma rencontre étonnamment proustienne avec cette œuvre. Alors adolescent, j'avais acheté en poche Du côté de chez Swann sans vraiment en savoir autre chose qu'il s'agissait d'un "chef d'œuvre". Il resta plusieurs semaines sur les rayons de la bibliothèque de ma chambre sans que je m'y intéressasse, affairé à d'autres lectures. Une première approche avorta au bout d'une trentaine de pages. Trop lent, trop alambiqué, et pas vraiment porté sur l'action. le livre retourna sur les rayonnages. Quelques semaines plus tard, quelque peu vexé que le livre n'ait pas voulu se livrer à mon premier assaut, j'y retournai. La même lassitude me gagna, à peine plus loin qu'à ma première tentative. Cette fois-ci, je le rangeai pensant ne plus jamais le revoir.
    Un dimanche pluvieux d'ennui dans le pavillon de mes parents, j'errai sans énergie ni détermination, dans une sorte de flottement. Je croisai la tranche du livre qui m'évoqua immédiatement, avec une limpidité surprenante, cet épisode de la lampe aidant le narrateur à trouver le sommeil. Cette évocation, pleine de poésie, s'accompagnait d'une sorte de nostalgie accordée au climat pluvieux. Il n'y avait pas de doute, le livre m'appelait. Et il m'avala. Je manquais de sommeil à prolonger tard ma lecture, en dépit des reproches de ma maman.
    Noël approchait, et je demandai La recherche dans la Pléiade, moi qui n'avait jamais prêté trop d'importance au support. Je consacrai à La recherche un trimestre entier, au grand contentement de mon chat dans ces mois d'hiver. Mes résultats scolaires s'en ressentirent, mes parents ne comprenaient pas bien. La phrase proustienne m'avait comme ensorcelé. Sa longueur et son rythme me portaient comme les vagues d'une mer calme, m'emplissaient, me nourrissaient. Il me suffisait de la suivre dans ses entrelacs pour avancer, à la manière du brasseur appliqué que je m'efforçais d'être en tirant parti de l'ondulation-même de la nage pour rejoindre le bord.
    Dans les mois qui suivirent, je n'ai pas pu ouvrir un livre sans qu'il me tombât des mains. Il me manquait cette qualité d'émotion, mais par dessus tout cette complicité avec une œuvre qui me semblait n'avoir été écrite que pour moi. de toutes les qualités de La recherche, celle-ci me semble la plus étonnante. Ce livre épouse votre subjectivité sans jamais la heurter, de sorte que lors d'une relecture de La recherche vers mes trente ans, il me semblait avoir affaire à une œuvre entièrement nouvelle et pourtant familière, comme la réminiscence d'un souvenir, en quelque sorte...
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Critiques presse (1)


  • LaLibreBelgique , le 17 août 2011
    "La Recherche" est bien une œuvre magistrale sur le temps qui passe, sur la nostalgie. Une somme sur la condition humaine, une métaphysique, une esthétique.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 09 octobre 2013

    Odette avait maintenant, dans son salon, au commencement de l’hiver, des chrysanthèmes énormes et d’une variété de couleurs comme Swann jadis n’eût pu en voir chez elle. Mon admiration pour eux [ ... ] venait sans doute de ce que, rose pâle comme la soie Louis XV de ses fauteuils, blancs de neige comme sa robe de chambre en crêpe de Chine, ou d’un rouge métallique comme son samovar, ils superposaient  à celle du salon une décoration supplémentaire, d’un coloris aussi riche, aussi raffiné, mais vivante et qui ne durerait que quelques jours. Mais j’étais touché par ce que ces chrysanthèmes avaient moins d’éphémère que de relativement durable par rapport à ces tons, aussi roses ou aussi cuivrés, que le soleil couché exalte si somptueusement dans la brume des fins d’après-midi de novembre et qu’après les avoir aperçus avant que j’entrasse chez Mme Swann, s’éteignant dans le ciel, je retrouvais prolongés, transposés dans la palette enflammée des fleurs. Comme des feux arrachés par un grand coloriste à l’instabilité de l’atmosphère et du soleil afin qu’ils vinssent orner une demeure humaine, ils m’invitaient, ces chrysanthèmes, et malgré toute ma tristesse à goûter avidement pendant cette heure du thé les plaisirs si courts de novembre dont ils faisaient flamboyer près de moi la splendeur intime et mystérieuse.
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  • Par petitours, le 25 mai 2010 Première phrase du livre

    Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint.
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  • Par Laetirature, le 02 mai 2011

    Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur et avant d'avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu'il faisait. Les premiers bruits de la rue me l'avaient appris, selon qu'il me parvenaient amortis et déviés par l'humidité ou vibrants comme des flèches dans l'aire résonnante et vide d'un matin spacieux, glacial et pur.
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  • Par aleatoire, le 10 juillet 2011

    Puis il arriva qu'une seule variation atmosphérique suffit à provoquer en moi cette modulation sans qu'il y eût besoin d'attendre le retour d'une saison. Car souvent dans l'une on trouve égaré un jour d'une autre, qui nous y fait vivre, en évoque aussitôt, en fait désirer les plaisirs particuliers et interrompt les rêves que nous étions en train de faire, en plaçant, plus tôt ou plus tard qu'à son tour, ce feuillet détaché d'un autre chapitre, dans le calendrier interpolé du Bonheur.
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  • Par solasub, le 19 janvier 2012

    D’autres fois le bonheur baignait ses joues d’une clarté si mobile que la peau devenue fluide et vague laissait passer comme des regards sous-jacents qui la faisaient paraître d’une autre couleur, mais non d’une autre matière que les yeux; quelquefois, sans y penser, quand on regardait sa figure ponctuée de petits points bruns et où flottaient seulement deux taches plus bleues, c’était comme on eût fait d’un oeuf de chardonneret, souvent comme d’une agate opaline travaillée et polie à deux places seulement, où, au milieu de la pierre brune, luisaient comme les ailes transparentes d’un papillon d’azur, les yeux où la chair devient miroir et nous donne l’illusion de nous laisser plus qu’en les autres parties du corps, approcher de l’âme.
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