ISBN : 9782226229786
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Warren Ziller décide de délaisser son bonheur paisible du Wisconsin pour partir en quête du rêve américain en Californie, tout en entraînant avec lui sa famille. Mais lorsque son projet immobilier tourne au désastre, il ne peut se résoudre à avouer la perte de leurs éco... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 09 septembre 2011

    Melopee
    Warren Ziller a tout quitté (son Wisconsin, son métier, son passé sûr et confortable) pour venir s'installer avec sa famille dans la Californie rêvée. C'est qu'il espère faire fortune dans l'immobilier en vendant des propriétés perdues dans le désert. le hic c'est qu'une décharge pas loin est en train de se construire. Espérant flouer son monde en vendant tout de même les maisons déjà en place, il engage tout l'argent de la famille dans la désastreuse entreprise.
    Dans sa course effrénée à l'argent (qu'il espère) facile, il y a les membres collatéraux qui le suivent dans l'aventure. C'est sa famille qui va pâtir en premier lieu de l'inconscience du paternel. Parmi eux, il y a la mère, femme toute puissante et un brin castratrice, qui se sent bien dans le luxe (mais durera-t-il?). Ensuite il y a Dustin, l'aîné de la fratrie, un ado rebelle, accro à la guitare et un brin goujat avec les filles. Puis c'est Lyle, la cadette, influençable et délurée, elle n'a qu'une idée : se faire un nom dans la société. Enfin le petit dernier c'est Jonas, l'extraterrestre de la fratrie, aux idées un peu morbides, aux manies agaçantes et qui s'isole du reste du monde.
    D'entrée de jeu on se dit que cette famille, même si elle est loin d'être "parfaite", est en fait comme toutes les familles, avec son lot de petites misères, d'habitudes et de travers. Sauf que tout dérape rapidement vers un joyeux n'importe quoi : Warren (le père) persiste à croire que son investissement dans l'immobilier deviendra rentable et lorsqu'il prend conscience des dommages sur le budget familial mais aussi sur les siens, il est peut-être déjà trop tard.
    Je ne veux pas trop dévoiler tous les ingrédients qui pimentent l'action car c'est dans cette totale découverte que j'ai pris le plus de plaisir. Plus on voit la famille s'engluer dans ses problèmes, plus on sent que la chute sera rude. Les enfants sont comme tous les enfants : à tester les adultes, à jouer avec le feu lorsqu'ils sont en groupe, mais ils sont quand même des êtres en construction, avec des rêves, des projets qu'ils comptent bien réaliser.
    La trame avance et cette famille Ziller fait peu à peu face à ses difficultés. Elle ne les pallie pas mais prend conscience de son cauchemar américain devenu réalité.
    Ce que j'ai aimé le plus dans ce livre, ça a été le style de l'auteur qui est pour moi incomparable. Il dresse un monde fragile, tenu par des illusions, et se fait un malin plaisir à faire évoluer ses personnages dans des situations qui tiennent du tragi-comique. Car dans la débâcle qu'on observe, on ne peut s'empêcher de rire, d'être sidéré par les réactions des uns et des autres : la mère versant un petit verre d'urine dans le café de son mari (qui la délaisse depuis ces derniers temps... et il y a de quoi !). Plus les personnages sont empêtrés dans leur misérable condition, plus on jubile. Car les pages défilent et avec frénésie on veut savoir jusqu'où toute cette arnaque pourra aller. Et laissez-moi vous dire qu'on n'est pas au bout de ses surprises !
    Une plume précise et incisive, racontant un fiasco familial avec brio. Entre l'hilarité et le désespoir, le lecteur a tôt fait de choisir son camp. J'ai été happée de bout en bout (et pourtant il est rare que je ne flanche pas lorsque ça excède 500 pages) et couronne donc ça d'un énorme coup de cœur.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 01 décembre 2011

    EMOTION
    Un roman qui se déroule au rythme d'un humour mélancolique. Nous assistons d'une part à une forme de destruction familiale suite à un placement hasardeux du père, Warren, qui va placer toute sa famille dans une détresse financière et morale réelle. Mais d'autre part nous voyons se tisser entre certains membres de la famille des liens qui sont particulièrement émouvants. le père n'est pas le moins attachant des personnages. Camille, la mère, va remettre en question sa vie, ses pensées ; de même leur fille, lyle, deviendra une autre personne. Un drame concernant le fils, Dustin, servira également de catalyseur à ce « désastre familial ». C'est un roman des non-dits, du mensonge et de la suspicion, de la souffrance totale : souffrance de Dustin qui subit le regard plein de compassion des autres, souffrance absolue du petit frère, Jonas, qui doit affronter le regard accusateur (pour une faute qu'il n'a pas commise) et haineux de sa propre famille (« il aurait voulu que sa famille cesse de le détester »), souffrance de l'Ami de Lyle qui doit vivre avec sa conscience et sa faute, souffrance de Taz aussi autodestructrice que bouleversante. C'est aussi le roman de personnes qui voudraient être comme les autres et ne pas être regardées comme des bêtes curieuses, ou d'adolescents qui souhaitent violemment se distinguer de la société où ils vivent. Mais derrière ces drames affleurent une intense tendresse et une force de vie inaltérable ; sans oublier cet humour et cette légèreté qui nous accompagnent au long de ces pages. Il n'y a pas un seul personnage de ce roman qui ne fasse naître en nous l'émotion qui est l'un des fondements de la lecture. Même Mister Léonard ( !) que je vous laisse découvrir. Ce roman, enfin, nous dit que tout est passager, que rien n'est immuable et que le bonheur ou le malheur s'interrompent toujours à un moment ou à un autre. Courrez acheter cette merveilleuse réflexion sur la vie et sur les relations entre les êtres et cessons d' imposer notre regard aux personnes « différentes de nous » lorsque ce regard n'est pas assez généreux et fin.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 16 septembre 2011

    Sando
    « Famille modèle » est LE roman de la rentrée littéraire étrangère chez Albin Michel!
    La première partie de ce roman construit en trois temps, s'attache à nous raconter l'implosion d'une famille bien sous tous rapports. Warren Ziller, mari aimant et père exemplaire, est agent immobilier dans le Wisconsin où il mène une petite vie paisible entouré des siens. Jusqu'au jour où il se lance dans un projet immobilier de grande ampleur et doit pour cela emménager en Californie.
    Commence alors une toute autre vie, faite de soleil, de plages et de luxe. Si Dustin, ado branché, populaire, surfer et musicien à ses heures, semble particulièrement bien s'adapter à ce nouveau rythme, ce n'est pas le cas de sa sœur. Lyle, plutôt austère et misanthrope, a tendance à prendre la vie du mauvais côté. Pas facile dans ces cas-là d'avoir une vie sociale épanouie. En revanche, Jonas, le petit dernier, n'est pas du genre à se plaindre. Marginal mais optimiste, en dépit de son obsession pour le morbide, il prend la vie comme elle vient et fait preuve de bonne volonté. Ce petit groupe évolue sous l'œil vigilant de Camille, mère presque parfaite qui ne fume pas, ne boit pas, ne jure pas, cuisine équilibré et se consacre à des œuvres caritatives. Elle renvoie l'image assez lisse d'une femme au foyer aux valeurs très traditionnelles.
    Les choses tournent mal le jour où Warren apprend que son projet immobilier est tombé à l'eau. Les économies de toute une vie ont été englouties dans des maisons inhabitables. Incapable d'annoncer à sa famille la misère dans laquelle il l'a plongée, Warren s'enlise dans le mensonge, une lâcheté qu'il payera très chère… Peu à peu, le rêve américain s'éloigne, jusqu'à atteindre le point de non-retour. Conscient qu'il est allé trop loin, Warren avoue tout, prêt à assumer la conséquence de ses actes…
    La deuxième partie du roman commence tout de suite après les aveux de Warren et s'ouvre sur une explosion, au sens propre, de la maison des Ziller, brûlant à 40% Dustin. Débute alors une véritable descente aux enfers pour toute la famille. Entre déni, remords, fuite, rancœur, haine, colère et culpabilité, chacun trouvera sa propre solution, jamais bonne, pour surmonter le drame…
    « Famille modèle » est un premier roman absolument brillant. Choisissant le ton de la tragi-comédie, il alterne les passages drôles et émouvants avec des passages particulièrement dramatiques qui laissent le lecteur sans voix. le ton sarcastique et grinçant utilisé pour raconter les déboires de cette famille américaine lambda rend d'autant plus cruel le sort qui leur est réservé. L'écriture est fine, savoureuse et intelligente et révèle un véritable talent d'écrivain. Bref, un bijou !
    Un énorme merci à Liblfy, Furet du Nord et Albin Michel pour s'être associés et m'avoir permis de découvrir cette petite merveille !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 29 février 2012

    liliba
    C'est dans l'intimité d'une famille que nous entrons à travers ce roman, mais une famille qui est tout sauf modèle ! En effet, les non-dits, les rancœurs, les mensonges y sont rois et il semble que les quatre membres de cette famille américaine ne soient d'accord que sur ce qui concerne… le chien !

    Pourtant, tout allait bien, avant que Warren ne décide de déménager et de quitter le Wisconsin, sa région d'origine, pour la Californie. Il pensait que le soleil et son nouveau job les rendraient tous heureux et qu'ils atteindraient alors ce fameux « rêve américain », celui de la réussite sociale. C'était sans compter ses déboires professionnels, par lesquels une lente glissade vers la désunion s'est amorcée. le projet immobilier que son associé lui avait fait miroiter s'avère être irréalisable et l'argent investi vite englouti, dont on ne reverra pas la couleur. Impossible pourtant d'avouer à sa femme et à ses enfants l'ampleur du désastre, le fait que leur train de vie, les frais de la maison, des écoles ou des meubles de nouveaux riches loués ne pourront pas être couverts. Warren commence donc à dissimuler la vérité, à mentir… Pas de bol si le terrain acheté en plein désert pour y bâtir le complexe immobilier qui doit lui apporter la fortune se trouve rempli de déchets toxiques et que personne ne veut y habiter…

    Sa femme Camille sent bien que quelque chose ne va pas mais pense au départ à une maîtresse. de son coté, on ne peut pas dire que ça soit non plus le bonheur total. Elle est réalisatrice de films éducatifs, mais ses films sont des bides parfaits et seuls ses enfants arrivent à rire de ses idées farfelues (le petit garçon déguisé en spermatozoïde pour expliquer la contraception aux enfants, il fallait y penser !!!). Elle se complait dans ses idées écolo, qu'elle tente tant bien que mal de faire appliquer par ses ados, ses chemisiers pastels, et refuse de se remettre en question. Elle est douce et soumise, et se veut le stéréotype de l'épouse parfaite. Enfin, c'est ce qu'elle semble être, car la nouvelle donne familiale mettra au jour un caractère que nul ne soupçonnait…

    Les enfants de leur coté ne sont pas en reste. Dustin est beau, intelligent, charmeur et sûr de lui comme peut l'être un ado comblé. Il est intéressé uniquement par son groupe de musique, dont il est persuadé qu'il le mènera sur les plus grands scènes, par le fait qu'il peut faire du surf à loisir et par sa petite amie Kira, archétype de la fille avec laquelle il est de bon ton de sortir : belle, intelligente, issue d'une famille aisée, très bourgeoise... Il ne comprend cependant pas pourquoi il est également attiré par Taz, la petite sœur de Kira, complètement marginale, droguée et suicidaire.

    Lyle est une ado révoltée… on en a vu d'autres. Intello, elle passe son temps dans les bouquins, déteste ce climat et le soleil qui la fait ressembler à un homard, et n'est pas du tout sûr d'elle-même, malgré sa révolte.

    Jonas, lui, est le vilain petit canard de la famille. Il est celui qui m'a brisé le cœur, également. Enfant mal aimé, mal compris, il semble qu'il soit quelque chose entre un enfant autiste, ou bien un surdoué. Il traine des idées morbides, est complètement asocial, renfermé et sent bien que sa mère pose parfois sur lui un regard qui n'a rien de tendre.

    Rien de très grave, donc. Au début. Car de mensonges en fausses vérité, la situation se dégrade entre les membres de cette famille. Les clichés sont écornés avec talent et l'on sent le ton ironique qui rappelle que tout n'est pas si rose en ce bas monde, même si on vit en Californie, le pays du bonheur facile… La famille est épinglée, bien sûr, mais aussi la société de consommation, ce désir de « toujours plus » que certains n'arrivent plus à surmonter et qui causera leur perte. C'est réaliste, et ça fait froid dans le dos… L'auteur décrit avec humour les travers des uns et des autres et cette mauvaise passe, alors que l'histoire vire au drame.
    Suite sur Les lectures de Lilliba

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2012/02/25/index.html
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 26 décembre 2011

    kathel
    Une histoire de famille, voilà une lecture idéale pour la fin de l'année… enfin, cette famille en particulier n'est peut-être pas justement celle dont vous rêvez, même si elle s'est installée au plus près du mirage californien. Dans la famille Ziller, demandez le père : Warren est l'instigateur de cette installation en Californie, il a investi tout ce qu'il avait et même davantage, dans un projet de lotissement dans le désert (un peu semblable au lotissement de la couverture, mais inhabité, à cause de la proximité d'une décharge de produits toxiques, je vous laisse l'imaginer…) Vous choisissez Camille, la mère ? Elle réalise des courts métrages pédagogiques et tente d'inculquer tant bien que mal à ses propres enfants des concepts tel que la diététique ou un semblant de rangement dans le désordre. Les enfants ? Deux ados et un plus jeune, qui s'entendent comme chiens et chats sauf pour leur passe-temps préféré qui est de mettre en boîte leur mère. Tout cela est exposé sur quelques pages, présentant une famille plutôt modèle... Mais le modèle se fissure, très vite, essentiellement quand le nerf de la guerre vient à manquer, à savoir l'argent. Un enchaînement implacable de circonstances va mettre la famille sens dessus dessous. Je ne vous en dis pas plus, même les métaphores que je trouverais pourraient être trop explicites !
    Dans ce roman magistralement construit, on oscille sans cesse entre drame et humour plutôt noir. Les membres de la famille réagissent avec vivacité aux évènements, épaulés par des seconds rôles qui bien souvent apportent la touche plus comique. Les portraits sont tous excellents, les relations entre les membres de la famille évoluent, se recomposent, se distendent ou se resserrent, l'un perd une place que l'autre retrouve... Les situations, les dialogues sonnent toujours très juste. Ce roman est beaucoup plus bluffant que la présentation ne le laisse imaginer. Pour moi, c'est une réussite !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-eric-puchner-famille-mod..
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Critiques presse (8)


  • Cyberpresse , le 24 octobre 2011
    La chute de cette famille modèle était peut-être inévitable, mais sous la plume de Puchner, nous découvrons encore une fois que chaque famille malheureuse a son histoire à raconter.
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  • Lexpress , le 24 octobre 2011
    C'est [...] l'histoire d'un fiasco professionnel que raconte Puchner en posant son zoom sur un looser qui s'escrime à cacher sa faillite à ses proches, même lorsque les huissiers débarquent dans sa luxueuse villa. [...] Résultat : un premier roman particulièrement réussi, entre Franzen et Updike.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 19 octobre 2011
    Eric Puchner est particulièrement doué pour passer du loufoque au drame. Cependant, à côté du savoir-faire, du dialogue virtuose, de la chronique hyperréaliste, le romancier se montre plus rugueux, elliptique et original dans sa manière de désintégrer les clichés de la famille idéale et de la société de consommation.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 03 octobre 2011
    D'un été à l'autre, le roman bascule peu à peu dans quelque chose de plus sombre avant de tourner au drame. Mais même arrivé là, l'Américain Eric Puchner, découvert en 2008 avec les nouvelles du recueil La Musique des autres, réussit à éviter tout manichéisme. Donnant la parole aux uns et aux autres, il alterne humour et désespoir avec une aisance surprenante pour un écrivain aussi «neuf».
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Bibliobs , le 27 septembre 2011
    Un regard sur une Amérique blessée, mais aussi sur l’homme, sur les relations au sein d’une famille «modèle», traitant ainsi à la fois d’une époque, et de l’universel par l’analyse de l’intime.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LeSoir , le 26 septembre 2011
    Si le roman est aussi prenant, c'est aussi parce que chaque personnage se présente à son tour au lecteur. Puchner est un conteur talentueux. Il tient son public en haleine en même temps qu'il sonde finement l'âme humaine. Cousin proche de Wells Tower, il se révèle déjà comme un grand écrivain américain.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LesEchos , le 13 septembre 2011
    Nouveau venu dans le club des auteurs de grandes sagas yankees, Eric Puchner, déjà remarqué pour ses nouvelles singulières […], nous livre avec « Famille modèle » (« Model Home ») un premier roman tordu et mordant, qui n'épargne rien du modèle américain.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeMonde , le 19 août 2011
    En apparence, c'est une énième variation sur l'échec du rêve américain. […] Heureusement, une fois la fumée dispersée, apparaît dans ce premier roman une forme singulière : celle d'une famille, de sa vie quotidienne.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par Melopee, le 09 septembre 2011

    Au pays des oiseaux sous-marins, tout est inversé. Par exemple, les poissons volent dans le ciel et font leur nid dans les arbres. Les sconses sentent aussi bon que les fleurs. Lorsqu'ils se marient, les gens disent : "Je te hais". Le prêtre annonce : Vous pouvez maintenant donner un coup de poing à la mariée. Les filles font pipi debout. Au pays des oiseaux sous-marins, c'est en courant le plus lentement qu'on gagne aux jeux olympiques. L'enfance est le pire moment de la vie ; plus on vieillit, plus on devient heureux. Et puis c'est avant la naissance qu'on va au paradis. Quand quelqu'un meurt, on distribue des cigares. Au pays des oiseaux sous-marins, il y a un proverbe qui dit : "Des chez-soi, on en a par millions". (p. 479)
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  • Par yv1, le 12 septembre 2011

    Toute la famille semblait au bord de l'implosion. Dustin espérait se faire dévorer par un puma ; son père s'était fait arrêter pour une raison mystérieuse dont personne ne voulait parler ; sa soeur, toujours couverte de cloques, ne quitterait pas sa tente pour éviter le soleil brûlant ; et malgré ça, ils partaient quand même passer le week-end dans le désert, parce qu'ils le faisaient chaque année. Sa mère le lui avait expliqué plusieurs fois, comme pour se convaincre elle-même que c'était une bonne idée. Il se demanda si sa famille n'était pas un organisme moribond. A l'image de ces mantes religieuses qui se font manger par leur partenaire, mais continuent de s'accoupler malgré leur tête manquante. (p.233/234)
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  • Par kathel, le 26 décembre 2011

    Enfin l’aube. Allongé sur son lit, Warren écoutait les cris des paons sauvages se répercuter dans le canyon. En trois ans, il ne s’était toujours pas habitué à leurs étranges miaulements. Réveillé depuis quatre heures du matin, il attendait que le monde se matérialise à nouveau. Ces deux longues heures avaient été mouvementées. Il y avait eu la peur, l’apitoiement sur soi, un désespoir abyssal. L’idée l’avait effleuré de quitter sa famille. Il y avait eu la fureur et le remords. Couché dans l’obscurité, il s’était demandé si le soleil se lèverait jamais.
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  • Par petitours, le 21 juillet 2011 Première phrase du livre

    Deux jours après que sa voiture – une Chrysler LeBaron avec sièges en cuir et options haut de gamme – eut disparu de l'allée du garage, Warren Ziller longeait discrètement les demeures cossues de ses voisins, s'appliquant à boiter au même rythme que son chien. Le brouillard qui enveloppait Buggy Whip Lane embuait ses lunettes. On était en juin, mois des matins brumeux ; les lianes des bougainvillées grimpaient à l'assaut des poteaux télégraphiques, accrochées aux fils telles des guirlandes de Noël.
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  • Par EMOTION, le 29 novembre 2011

    A l'angle de la piece, dans un aquarium empli de corail, flottait un hippocampe solitaire. Amorphe, l'air sans vie, il se laissait porter par le courant telle la moitie perdue d'un monogramme.
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